les armes de la critique

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Présentation du blog

Classé dans : Non classé — 27 juin, 2009 @ 8:50

Le présent blog vise à réfléchir aux événements et questions d’actualité présentés par les faits et discours politiques ou économiques. Il émane d’un socialiste libertaire déjà bien rassis (65 ans), ex-militant syndical (CFDT puis CGT), chroniqueur au Monde Libertaire, intervenant dans http:/divergences.be. Il s’agit de décrypter les choses et d’en dégager la ligne générale derrière les discours plus ou moins mensongers et les pratiques réelles. L’auteur s’appuie sur sur une dizaine d’ouvrages de sciences sociales qu’il a pondus (sans succès) et sur sa bonne vieille expérience d’homme engagé. Le blog reprend  la vieille idée de Marx: substituer à la critique par les armes, les armes de la critique. tant pis si ses propos finiront dans la « critique rongeuse des souris ». L’auteur est un vieux disciple de Proudhon.

Comment la production allemande se développe au détriment de ses voisins

Classé dans : politique — 25 août, 2016 @ 11:27

Il ne faut pas voir dans la domination allemande (montrée par exemple par l’excédent de sa balance commerciale de 145 milliards dont 70 % sur l’UE) une stratégie montée dès le départ de la construction européenne en 1957. Ce serait donner à ses dirigeants des qualités de pythonisse et de stratèges hors du commun. Mais, cependant et par suite d’un enchaînement d’événements dont elle a tiré le meilleur parti en fonction de ses intérêts, qu’elle est le seul pays à défendre avec constance et intelligence alors que les élites francaises n’y ont vu que du feu quand elles n’ont pas démissionné comme en 40, l’Allemagne a réussi à tirer les marrons du feu. Evidemment en profitant des abandons d’autres pays, menés par des sortes de gauleiter et de collabos libéraux et défaitistes à l’instar de Flanby planqué dans les jupes d’Angela, et en s’appuyant soit sur des pays reconnaissants de leur entrée dans l’UE grâce à elle, soit sur des pays du Nord partageant la même idéologie libérale et le même credo luthérien.
Tout commence avec la mise en place dès 1957 d’un cadre institutionnel et réglementaire fondé sur l’ordo-libéralisme (ou gouvernement sous la domination de règles formelles instituées et gravées dans le marbre). Cela arrangeait les vrais maîtres des choses, à savoir les USA, car c’était libéral de chez libéral. Cela arrangeait les invertébrés de la IVème ripoublique qui y virent une façon d’imposer l’ordre mercantile et capitaliste à un pays divisé et rétif (déjà la « contrainte extérieure) avec près de 30 % de votes communistes et une puissante CGT associée à un fort PCF. En gros l’OL signifie faisons un cadre légal perpétuel qui donne les règles du jeu économique et laissons faire la boutique. Et le problème n’est pas tant de violer la démocratie en faisant pondre ce cadre par des experts et des élites que son contenu. Car ce dernier n’envisageait rien sur les autres dimensions du sociétal, dont le volet social. En gros, l’idée est: pays, observez les seules règles communes et d’obédience seulement économiques, et pour le reste vous êtes libres. Or, on ne peut pas faire de social dans un cadre hyper libéral et outrancièrement concurrentiel. Et cela le curé Delors, soit ne l’a jamais compris, soit l’a caché pour faire gagner son libéralisme camouflé en socialisme francisque à la Tonton. Je penche pour la 2ème hypothèse car le mensonge est le sérum de vérité des socialos. C’est la méthode La Ballue: ce cardinal séditieux avait été enfermé par louis XI dans « une fillette », cage à claire-voie où on ne pouvait se tenir ni debout ni couché. Louis XI allait périodiquement se moquer de La Ballue et lui demandait que veux-tu? Réponse invariable, une cage plus grande. Eh bien, la cage des pays de l’UE, ce sont les directives de Bruxelles, issues de l’ordo-libéralisme tudesque. la cage, étant là, les gouvernements n’ont plus qu’à agir avec les maigres pouvoirs qui leur restent, dont la répression.
Avec l’acte unique de 1986, les Allemands comprirent tout de suite que la libre circulation des capitaux était le moyen d’obliger leurs partenaires à tenir leur budget pour cause de surveillance par les marchés financiers internationaux. Puis avec Maastricht en 1992, les Germains purent imposer des règles budgétaires sévères (dites ensuite « de convergence » lors du « pacte de stabilité » pour préparer l’euro: pas plus de 3 % de déficit par rapport au PIB, dette publique inférieure à 60 %. Et quand Tonton proposa la création de la monnaie unique (euro), ils virent aisément que cela pouvait se faire à leurs conditions; BCE indépendante, réduite au rôle de surveillante de l’inflation (seulement des prix et des salaires, pas des actifs mobiliers ou immobiliers, ni des taux d’intérêt; pas de prêts de la BCE, ni des banques centrales aux Etats). les Allemands comprirent illico qu’ils échangeaient leur mark fort contre un euro plus faible, ce qui permettrait de doper leurs exportations.
Les Allemands comprirent rapidement (pas de complot, pas de projet mais une saisie efficace des possibilités offertes par le carcan bruxellois, lequel était renforcé par la cour de justice de l’UE [CJUE, ex-CJCE]), que dans la cage La Ballue on ne pouvait plus jouer sur le taux de change, ni sur une fiscalité créant des subventions cachées. On pouvait faire de « la désinflation compétitive » en diminuant tous les coûts sociaux. Ce furent alors les lois Hartz sous le « socialiste » Schröder (ensuite vendu à Gazprom) qui furent équivalentes à une dévaluation de 10 % afin de vendre dans l’UE sans respecter le fond des règles, seulement la forme. Et Angela en rajouta une couche avec une TVA sociale de 3 points, ce qui facilite les exportations (la TVA est remboursée à l’export) et renchérit les importations, soit l’équivalent d’une dévaluation interne de 3 %. Cette stratégie est tout simplement celle d’un passager clandestin, d’un easy rider qui ne paie pas sont ticket d’entrée dans le club. Mais Flanby, lui, ne saisit pas les opportunités; il n’est que Zizi Rider. il n’a pas non plus l’humour de Marx (Groucho, car Fraise Des Bois, visiblement, ne connaît pas l’autre)) qui n’entrerait pas dans un club qui l’accepterait.
Pourquoi les autres pays n’en firent-ils pas autant? Parce que ce serait débuter une course générale au moins-disant créant une énorme déflation en Europe. Et surtout parce que tous les autres peuples ne sont pas soumis au pouvoir en tant que bons luthériens qui ne songent qu’à parfaire leur spiritualité chez eux (Bildung) et laissent à César, ce qui est à César. L’ordnung peut régner, l’obéissance est sacralisée et on a vu ce que cela a donné de 1933 à 1945. Il est clair que si le gouvernement français avait fait cette brutale opération les chassepots seraient partis tout seuls. D’où la démarche en crabe des politicards français: des petits pas homéopathiques, des glissements progressifs de déplaisir pour le peuple, en espérant que celui-ci peuple ne verrait pas trop vite (avant les élections) la « solution finale ».
Et puis, sur demande US relayée par la Gibbye et l’Allemagne, l’élargissement, sans approfondissement, de l’UE aux ex-pays de l’Europe Centrale et Orientale (PECO). Demande US pour éviter que l’ex-URSS ne se reconstitue. L’Allemagne y vit tout se suite la possibilité de reconstituer son ex-hinterland d’esclaves 39:45. D’ailleurs, l’Allemagne, en solo, a reconnu tout de suite la Croatie où avait sévi Ante Pavelic allié d’Hitler, lors de l’éclatement de la Yougoslavie. On a vu arriver ainsi dans l’UE une masse de pays très low cost. C’est dans ce contexte-étau institutionnel que la production allemande a pu dominer toute l’UE. Elle a été prodigieusement avantagée sans que Bruxelles réagisse, ni les collabos français, fussent-ils socialistes. Voilà une liste de quelques avantages:
*la délocalisation, la sous-traitance, l’achat low cost dans les PECO; c’était permis et même conseillé par la « concurrence libre et non faussée » qui ne fonctionne bien pour faire baisser les coûts que s’il y a des différentiels (de droit social et syndical, de coût de la vie, de cotisations sociales, etc.) importants; Ainsi le Made In Germany a été remplacé par le Made by Germany (assemblage du produit fini après découpage de la chaîne de valeur en fonction des « avantages compétitifs » des différents Pecos. Plus fort encore: avec l’euro l’Allemagne gagne en plus sur les taux de change des monnaies de ses fournisseurs déjà low cost et hors zone euro! L’automobile française, surtout Renault firme détenue à 20 % par l’Etat!, a imité ce modèle d’extension du lebensraum de l’Allemagne vers l’EST. La Suède fit de même avec les pays baltes. il est à noter que ces merveilles ne sont possibles qu’avec des pays proches, sinon les frais de transport viennent trop alourdir la facture. Hélas pour eux, les pays d’Europe du Sud n’ont pas d’hinterland de proximité.
*la subvention de la production industrielle par le secteur des services; en effet les lois Hartz ont créé 7,5 millions de « mini-jobs » à temps partiel à 400 euros par mois pour les travailleurs peu qualifiés et surtout les femmes. C’est le secteur services qui a, et de très loin, créé ces petits boulots, ce qui a drastiquement diminué le coût de leurs prestations à l’industrie. Le poids du temps partiel fait qu’en réalité on travaille en moyenne moins longtemps en Allemagne qu’en France, ce que cachent les statistiques compradores qui disent le contraire.
*des tarifs de l’électricité bien plus faibles pour l’industrie que pour les usagers domestiques qui subventionnent ainsi l’industrie ; l’usage à marches forcées des centrales au lignite en vue d’une électricité nationale et moins chère quoique fort peu verte. Au passage les fumées et pollutions partent vers l’Europe de l’Ouest mais sans que l’Allemagne pays pour ces nuisances chez les autres. Il faut dire qu’en Allemagne la législation permet, afin d’exploiter le sous-sol, notamment le lignite, d’exproprier, de détruire des villages et même leur cimetière. Là encore, en France les escopettes et les tromblons partiraient tout seuls. En Allemagne, on se réfugie dans la lecture de la bible au lieu de luther.
*l’usage massif de « travailleurs détachés » (directive ad hoc de 1996) dans l’agriculture; travailleurs à 4 euros de l’heure, logés dans des hangars sommaires et payants, sans heures.sup car elles ne sont pas comptées. Ajoutés aux ex-kolkhoses de l’ex-RDA (fermes de 3 000 hectares) élevant des milliers de porcs, de poules, de vaches pour faire du bas de gamme (l’Allemagne n’a pas d’AOP et se bat du reste pour leur disparition), on a une bouffe low cost, ce qui permet de moins payer les travailleurs ainsi que l’avait bien vu Ricardo. En outre, l’Allemagne est moins regardante que la France sur les règles sanitaires et de toxicité. Tout cela alimente la surproduction à bas prix, ce qui a, par exemple, facilité la crise du lait en Europe et en France. Usage aussi massif d’immigrés avec ou sans papiers. Avec les délocalisations et autres et les travailleurs détachés, l’Allemagne a pu se constituer une cour de féaux-PECO, qui la suivent aveuglément à Bruxelles.
*de faibles impôts locaux, dus au manque d’entretien des infrastructures et aux jobs à 1 euro de l’heure que les chômeurs doivent avoir dans les collectivités locales (ou associations) pour toucher leurs indemnités; une grosse baisse des retraites et des cotisations sociales qui diminuent largement les charges pesant sur les entreprises; vive la concurrence libre et non faussée.
*l’aide des banques régionales, où figurent les collectivités locales et les länder, qui prêtent à bas taux d’intérêt aux entreprises intermédiaires. Ces banques ne sont pas solides et c’est la raison pour laquelle l’Allemagne les a fait exclure de l’union bancaire européenne. mais cela explique partiellement le bon financement des grosses PME allemandes alors que les banques françaises préfèrent la spéculation et les produits financiers dérivés.
*une aide solide aux trusts chimiques (Bayer, BASF, etc. , ex-fleurons du zyclon B) et automobiles pour limiter au maximum la réglementation européenne contre la toxicité des produits (dont pollutions au diesel). Récemment un groupe ad hoc à Bruxelles a décidé, avec le vote favorable du représentant de la France, quoiqu’en dise la menteuse Ségolène, de ne pas fixer des normes diesel trop élevées et de donner un important délai d’adaptation aux firmes tricheuses, dont la célèbre Volkswagen. L’Allemagne, cependant, menait le bal des hypocrites.
*une politique du logement à bas coût, ce qui diminue la pression sur les hausses de salaires. la chose, fondée sur le primat de la location et des logements sociaux-publics, est bien facilité par la démographie en berne de l’Allemagne. La France au contraire a abandonné l’aide à la pierre (surtout construction publique) pour l’aide à la personne afin de faciliter la résolution du problème du logement par le seul marché.
Le lecteur aura remarqué que j’ai abandonné les épithètes (doryphores, schleus, etc.). Est-ce que cela change quelque chose au fait que l’Allemagne s’est vue accorder par les autres pays le droit de faire la pluie et le beau temps en Europe? Il est vrai que l’Europe du Sud était devenue très minoritaire dans une UE à 27 (28 maintenant) regroupant les PECO, les pays d’Europe du Nord luthériens de même idéologie que celle de l’Allemagne et la Grande-Bretagne hyper libérale. La bonne nouvelle est que le Brexit va diminuer le poids du néolibéralisme dans l’UE. Si Flanby veut en profiter… Pour envoyer la puissance allemande à la niche, c’est simple: menacer celle-ci d’un Frexit.

Compléments sur le PIB et le trucage des statistiques ou leur mésusage

Classé dans : politique — 23 août, 2016 @ 11:29

Le PIB camoufle des transferts d’activités en montant en épingle le total plutôt que la répartition entre secteurs et la façon dont il se forme ou est constitué. Depuis la mise en place du néolibéralisme, il y a déjà 30 ans (1983 en France sous Tonton et avec le curé Delors, le pape du libre-échange dans l’UE et le toutou caché de l’ordo-libéralisme teuton associé au libre-échangisme anglo-saxon), les entreprises, libres de transférer leurs capitaux et de courir après la maximum de profit réclamé par la finance, les fonds de pension en capitalisation, la valeur pour l’actionnaire, ont à la fois sous-traité et délocalisé. La sous-traitance (par exemple des activités de nettoyage, de gardiennage, de sécurité, de la comptabilité ou de l’informatique, contentieux, etc.) a fait passer des activités de la valeur ajoutée industrielle (car comptées dans la VA de la production manufacturière) vers le secteur des services. Ce qui explique en partie la baisse de la part de l’industrie dans le PIB puisqu’elle a rejoint la part des services. Parallèlement, le secteur des services s’est gonflé de toute une série de fonctions parasitaires comme la publicité, la communication, la promotion des ventes et le marketing, etc. La moindre des choses voudrait que ces activités soient exclues des dépenses d’exploitation des entreprises et ne soient payées par elles que sur le bénéfice après impôt sur les sociétés. Le secteur des services ayant ainsi doublement gonflé, cela crée un effet d’optique: la place relative de la production dans le PIB régresse même si elle reste la même en valeur absolue, voire progresse.
Les délocalisations d’entreprises (ou la sous-traitance d’activités industrielles à l’étranger) ont aussi fortement contribué à la diminution de la VA productive car les usines (investissement direct à l’étranger) ont été largement transportées ou créées à l’étranger pour profiter des pays low cost (salaires charges sociales, contraintes de sécurité et d’environnement). Au passage, on se débarrassait des syndicats puissants de la vieille Europe, des contraintes écologiques (ce qui explique que la Tudesquie pollue de moins en moins hormis ses centrales au lignite), de » la gestion des déchets » (sous-traitée à la mafia napolitaine), etc. La chaîne de valeurs était découpée en rondelles de sous-traitance en fonction des coûts de production ici et là et on faisait le montage au pays. C’est le remplacement du made in Germany par le made by Germany. Or si cela accroît les importations, cela conserve la valeur du produit tout entier puisqu’il est vendu et exporté par celui-ci. En revanche, la VA industrielle reste dans le pays où elle est produite et disparaît du pays qui a délocalisé ou sous-traité. Cela explique que le PIB nominal soit inférieur au potentiel si l’industrie était restée en Allemagne. Par ailleurs, celle-ci se targue d’avoir encore 25 % de son PIB dans l’industrie; ce chiffre mirifique ne doit pas faire ignorer que cette part n’est que relative puisqu’il faut la comparer à celle des services. Or si ceux-ci ont augmenté en volume, la valeur n’a pas cru dans les mêmes proportions car les salaires dans ce secteur ont été laminés par les lois Hartz (2003/4) qui ont fait créer 7,5 millions d’emplois à temps partiels payés 400 euros par mois. CQFD: le PIB ne dit rien des évolutions et des raisons de celles-ci dans les différents secteurs.
Le PIB fait l’objet d’analyses dites de partage de la valeur ajoutée entre le travail et le capital. En gros, en France on est passé de 70 % pour le travail (salaires, primes et cotisations sociales) à 60. Et itou à peu près pareil dans tout l’Occident. le chiffre de 60 % est par ailleurs abusivement gonflé parce que on a inclus, grâce aux gouvernements, dans le salariat des activités appartenant an fait et auparavant au capital: avocats salariés au lieu d’être associés, disparition des agents de change qui se sont retrouvés salariés dans les banques, rémunérations des PDG transformées pour une bonne part en salaires et primes (ce qui, évidemment, diminue le bénéfice imposable). Il y aurait donc à distinguer entre la part des salariés lambdas et celle des dirigeants et autres fonctions du capital. On peut le compléter par la comparaison des évolutions du salaire médian (celui qui partage la population en 2 moitiés égales) et du salaire moyen (le PIB par habitant en donne une bonne image). Force est de constater que l’écart entre les deux a énormément grandi, ce qui signifie que les inégalités ont augmenté drastiquement. En effet, le salaire moyen, contrairement au salaire médian n’est qu’une moyenne comme dirait La Palisse. On nous bassine avec le progrès du salaire moyen sans différencier entre catégories sociales. La différence entre moyen et médian est illustrée par la blague de Bill Gates entrant dans un bar où il y a 30 buveurs: le revenu moyen grimpe de façon astronomique, le revenu médian, lui, ne bouge pas.
Voilà comment on trompe le peuple en interprétant faussement les statistiques et en choisissant les indicateurs susceptibles de le tromper. Et en ne construisant les systèmes d’information que sur les données intéressant le pouvoir et le capital et pouvant berner le peuple. Et en laissant des journaleux compradores se livrer à des interprétations faussées et oiseuse à partir de statistiques tronquées et biaisées.

Zizi Rider, chanoine de Latran au Vatican-(yes I)can

Classé dans : politique — 22 août, 2016 @ 11:15

Flanby est allé réclamer l’absolution (pas le consolamentum des Cathares) au bon pape François. Il pouvait être reçu car il n’est ni gay, ni divorcé, ni défroqué. Chamallow 1er a toutefois toujours vécu dans le pêché car il ne s’est jamais marié bien qu’ayant plombé 4 polichinelles à Ségolène. Ce qui suggère que son engagement pour la France ne serait pas très solide; il est déjà du dernier bien avec la Teutonie et flirte depuis longtemps avec les USA. Et on sait jusqu’à quel point notre François Francaoui est un jésuite confirmé aussi pugnace que Loyola. Et il est jésuite, ce qui facilite la compréhension mutuelle. rappelons que 2 jésuites ne peuvent pas se rencontrer sans rigoler…
L’affaire Sauvage vient nous le rappeler. Le malhomme, toujours aussi Normand (pas Viking), avait pris une décision de grâce partielle, mi-chèvre, mi-chou, mi-figue, mi-raisin, mi-compassion-mi-raison d’Etat vu le caractère emblématique du crime Sauvage ayant assassiné un mari violent et violeur de ses filles pendant 47 ans. L’opinion publique ayant pris parti pour la meurtrière, Flanby devait faire quelque chose mais sans trop vexer la corporation des magistrats. D’où une demie décision de remise de 18 mois de peine devant permettre une libération anticipée. Las le juge de l’application des peines a fichu en l’air cette brillante stratégie de François le Mirifique. Les « petits pois » ont de la mémoire et la rancune tenace. Cette affaire a réveillé les instincts humains de BB, instincts longtemps cachés par sa dévotion aux causes animales plus qu’humaines ou sociales. BB a donc demandé à Guimauve le Concurrent d’assumer maintenant une grâce totale pour Mme Sauvage. Cela va être dur pour notre président bifide: voyez mes ailes, je suis oiseau, voyez ma peau, je suis souris (chauve surtout comme chez la Fontaine), de prendre une décision qui risque de queuillir à froid une partie de l’opinion alors que tous les votes vont compter pour ne pas arriver 3ème aux pestilentielles de 2017. Car Edam le Rouge est la réincarnation du petit père Queuille qui a prononcé cette immémoriale sentence: il n’y a pas de problème qu’une absence de solution ne finisse par résoudre. C’est du reste le fond de la doctrine néolibérale: la société avance spontanément et toute seule vers le mieux à condition que les gouvernants ne s’en mêlent pas. En réalité, la « main invisible » du marché a reçu un solide coup de pouce: ce sont les gouvernants qui en tout dérégulant ont permis son expansion; le vase des toilettes étant la planète tout entière.
Le but de cette visite était évidemment très intéressé; il s’agissait de se rabibocher avec la Catho après l’épisode du mariage pour tous (sauf pour lui). Papoter avec la papeauté pourrait ramener quelques électeurs dans le giron socialiste. On ne sait pas si la mission a réussi et on se demande ce qu’il en reste une fois le Pape ôté?
Le jésuite, en tant que Lying Dutchman, envoie son sbire, l’ex-trostskard et ex-repris de justice Cambadélis, faire sa course aux présidentielles. Camba s’est félicité de ce que le Monte-En-L’aire de Frangy se porte candidat. Il espérait que ce serait aux primaires car le mol Edam le Rouge ne peut que bénéficier d’une dispersion des candidatures, ce qui, en montrant la divison du PS, fait passer Malborough II, maréchal de la lapalisssade, comme l’homme du rassemblement et surtout le seul candidat ayant assez de potentiel « suffragique » pour se placer dans la course contre Tsarko et la Marine. Las, Monte-en-L’air, le haï du rose PS légitimiste, n’a pas dit s’il participerait à la primaire bidon des socialos. Il n’y a aucun intérêt car en perdant contre le France-Ouais il serait obligé ensuite de le soutenir. Or il ne peut que perdre car la primaire, comme chez LR, sera organisée pour. Seul, notre nouveau et apprenti baron de Münchhausen, est pourtant incapable de se soulever lui-même dans les sondages car la place est déjà prise par Méluche. La « gôche », dont l’électorat potentiel ne dépasse pas 36 % des exprimés, est totalement éparpillée et ne montre que la lutte des Ego dressés sur leurs ergots (ergo sum, mais pas cogito). La moindre des choses, si on fait un peu de politique sérieuse, serait que les Duflot, Méluche, Montenbourg, Hamon (commandement) et autres futurs aspirants à la notoriété (le fameux quart d’heure de célébrité) s’allient pour faire front et, placés ainsi en position de force, négocient un ticket avec le Néerlandais: lui président, un des autres premiers ministre, sur la base d’un vrai programme socialiste de changement contre l’Europe hyper libérale et teutonisée. Si non, le capitaine de pédalo ne sera que 4ème et Tsarko vaincra. Pauvre France! Mais quand les jésuites font de la politique, c’est le seul résultat à attendre en 2017.

Affaire du burkini de Sisco: les politicards font tout pour minimiser

Classé dans : politique — 20 août, 2016 @ 11:18

Le procureur de Bastia, non indépendant du pouvoir comme tous les magistrats du parquet, a annoncé triomphalement que cette affaire n’avait rien de religieux: c’était une rixe provoquée par des Maghrébins afin de privatiser une petite plage. Cette affaire, plus les propos de Vallse et du Che sur la discrétion de l’Islam, a semé la confusion, qui est entretenue par les politicards afin de ne pas être accusés d’islamophobie tout en ayant l’air de répondre aux attentes, en général de droite, de certains des Francaouis. Remettons un peu d’ordre et de distinction des dimensions en jeu dans ces problèmes d’identité culturelle et de communautarisme anti-universalisme républicain.
En premier lieu, il y a à séparer la religion de ses acteurs. L’Islam est comme toutes les religions qui, par essence, donnent des règles de bonne vie aux gens. Or dans une société moderne, plurielle, tolérante, égalitaire (en principe), acquise aux libertés individuelles d’expression, de pensée et de pratiques, le pouvoir politique doit se méfier de toute conception du monde (religieuse ou idéologique) qui prétend détenir la vérité du bien et du mal, qui pousse à normaliser les comportements dans une seule direction, qui essaie de l’influencer pour transformer ses vues en normes sociales pour tous. C’est du reste pourquoi le sens profond de la laïcité est la neutralité du pouvoir politique et du droit vis-à-vis des conceptions du monde associée à la liberté individuelle de pratiquer sa religion ou de propager ses conceptions pour autant que cela ne détruise pas l’espace public. La seule spécificité de l’Islam est que sa doctrine ne sépare pas le religieux du politique, ni même le privé du public. Il est donc tout à fait légitime que le pouvoir et les citoyens veillent à éviter que cette religion ne phagocyte le politique qui doit rester indépendant de toute conception particulière du monde puisque sa finalité est l’intérêt général, le bien commun et public.
Remarquez que c’est là qu’est la trahison de leur mission par nos politicards depuis 30 ans: ils ont favorisé une conception spéciale du monde, à savoir le néolibéralisme économique, la concurrence sauvage, l’utilitarisme, la réduction de toute chose aux « eaux glacées du calcul économique ». D’où le fait que notre actuel président ne soit en fait qu’un comptable (de la Cour des Comptes). Ce qui fait forcément tâche d’huile: si le pouvoir politique admet qu’une conception particulière le domine, pourquoi pas celle-ci ou celle-là? Or il est assez facile de voir que les spiritualités religieuses ont un contenu bien moins matérialiste et réducteur que le néolibéralisme et sont donc perçues à nouveau comme bien plus légitimes que la démocrassouille libérale, sans principes substantiels, réduite à une procédure électorale périodique.
Ensuite, il convient de distinguer la religion de ses acteurs: individus, groupes culturels et cultuels, communautés organisées, entrepreneurs de religion, prêtres. On doit aussi discriminer entre la religion, son dogme, son contenu et les pratiques de ses porteurs ou véhicules dans les espaces sociaux. Il est clair que l’énorme majorité des croyants et pratiquants de l’Islam ne cherchent pas à imposer leurs vues, se concentrent, à l’instar des luthériens, sur leur formation morale personnelle, ne font pas de prosélytisme ni d’affichage ostentatoire de leur foi. Il est donc tout à fait inapproprié de faire porter aux croyants lambdas et à la religion une part de responsabilité pratique dans l’islamisme radical. Cela dit, bien qu’en toute innocence et au nom des libertés individuelles, certains revendiquent de pouvoir porter l’habillement de leur choix. Ils ne voient pas que cette attitude normale va être récupérée par les entrepreneurs de religion qui vont en faire un étendard pour avancer et pour crier à la discrimination religieuse. Ces entrepreneurs (car il y va non de la religion, mais de leur pouvoir et de leur statut y compris financier) exploitent avec bonheur les libertés qu’offre la culture occidentale des droits de l’homme et à la différence. Ils se servent de ces principes pour les retourner contre l’Occident pluraliste et démocratique. Une défense possible de nos libertés seraient d’exiger la réciprocité: burkini en France si bikini (en excluant la taule pour les porteuses) en Arabie Saoudite. Cela demanderait du courage à nos politicards.
Les responsables indirects mais en premier sont les communautés organisées, voire manipulées, de retour à l’Islam des origines: Salafisme, Frères Musulmans et autres courants puristes et rigoristes répandus en Europe par nos richissimes amis pétroliers et acheteurs d’armes via des fondations et des activités charitables. Ces communautés ne font aucune concession sur leur identité et tiennent à ce qu’elle soit visible; d’où les protestations de ceux qui disent qu’interdire le burkini c’est vouloir les rendre invisibles comme femmes musulmanes. C’est faire abstraction de ce que des dirigeants religieux et communautaires se servent précisément de cette ostentation pour faire avancer leurs pions de l’islamophobie. Cela n’induit naturellement pas le terrorisme et cela fait partie du programme identitaire consistant à obtenir par rondelles des concessions pour la visibilité sans cesse accrue de l’Islam puriste. Et les politicards, en faisant des “accommodements” raisonnables (dont l’insupportable droit d’égorger des animaux sans étourdissement préalable) à des fins électorales sont tombés dans le piège de la stratégie des petits pas, voire du salami chère à Staline: tout accommodement est un point de non-retour et la préparation du suivant. En outre, le burkini est loin d’être le seul signe de visibilité; d’autres existent déjà et sont parfaitement autorisés (voile, tenues masculines traditionnelles d’ordinaire pratiques là où il fait 45 degrés, ramadan, mosquées, nourriture halal, horaires hommes/femmes dans les piscines, prières dans la rue, etc.). Le burkini est potentiellement un signe religieux ostentatoire destiné par les entrepreneurs de religion à provoquer de façon à “étendre le domaine de la lutte”. Un pouvoir politique soucieux de cohésion sociale, d’universalité ne peut admettre une extension de la visibilité ostentatoire dont l’effet probable est de faire monter les tensions entre communautés et de faire revenir la société globale sur l’égalité femmes/hommes, sur le droit d’être homosexuel, d’être incroyant, de critiquer les religions, d’apostasier et même de blasphémer. Ce qui est alors exploité avec bonheur par les émules de Daech.
Le procureur de Bastia parle d’actes de petits caïds voulant monopoliser une plage et, au passage, il gomme le burkini en tant qu’ostentation identitaire. Il rabat le danger de son exploitation identitaire et religieuse sur un comportement mafieux. Ce monsieur n’a sûrement jamais vécu en Arabie, ni même dans un quartier communautarisé. Il saurait alors que la culture qui y règne fait fi des espaces communs et publics. Les individus n’ont de devoirs que vis-à-vis de leur famille, de leur tribu ou clan, de leur communauté; polluer ou gêner l’environnement et les autres habitants n’est pas condamnable; au contraire, c’est afficher l’existence du clan auquel tous doivent le respect malgré ses incivilités. C’est du reste l’explication principale de l’omerta de bien des Musulmans: même si on n’approuve pas, on ne va pas dénoncer un coreligionnaire, un membre de la communauté. Et quand les incivilités culturelles rencontrent la densité et la concentration d’une communauté dans un même lieu de résidence, alors tout est prêt pour le communautarisme, la vie à part, le succès des entrepreneurs de religion, lesquels sont pour la plupart pacifiques.
Et il y a encore un acteur; les frustrés, les stigmatisés dans leur amour-propre, les exclus de la consommation et même des cinglés. Il devient alors facile de rejeter ce qu’on aurait aimé et de s’exonérer de toute culpabilité en rejetant toutes les causes de sa situation sur la société. Cela tombe bien car elle est décrite comme raciste, colonialiste, islamophobe, impie, pourrie et dépravée par les Imams rigoristes et, naturellement, par Daech. Il devient donc saint de contribuer à faire exploser cette société, ce qui, au passage, rachète les péchés. On devient enclin à préparer une action d’éclat mais il ne faut pas se faire repérer. On pratiquera donc un art ancestral (et une recommandation en territoire hostile) de l’Islam: la dissimulation. Notons que cette stratégie n’est pas propre à l’Islam; c’est le fait de toutes les communautés persécutées. Il importe donc aux entrepreneurs de religion, ceux qui sont très minoritaires, violents que la société soit décrite comme discriminatoire même si ce n’est pas le cas. C’est le sens de tous les hurlements contre l’islamophobie française. Cela apporte aux potentiels révoltés et aspirants terroristes les justifications nécessaires pour passer à l’acte.
Il y a donc une espèce de continuum, d’enchaînement potentiel entre la visibilité revendiquée, l’attaque en règle de notre mode de vie, le refus de la laïcité, le communautarisme, l’entreprise de religion et les activistes dévoyés et instrumentalisés. C’est cette percolation entre les facteurs de conformation des comportements, cet enchaînement et cette interpénétration des causes que nos politicards ne voient toujours pas car leur seul but est de se faire réélire en racolant partout, y compris dans les communautés potentiellement créatrices de problèmes pour le vivre ensemble et notre modèle sociopolitique.

Flanby, quand fais-tu revoir les indicateurs de richesse du pays?

Classé dans : politique — 15 août, 2016 @ 11:31

Sans doute jamais car ce serait empiéter sur la toute-puissance de l’administration énarchique, laquelle gouverne de fait à partir de sa forteresse technocratique et libérale de Bercy. Il en provient et, naturellement, ne saurait faire de peine à ses collègues qui alternent les postes dans le privé juteux (surtout bancaire, d’où le peu de considération de nos élites pour la production industrielle), la haute fonction publique et la politique politicienne. Or, cacher la réalité avec des statistiques truquées et des informations ad hoc construites pour le pouvoir et lui seul et ne donnant donc qu’une représentation tronquée de la réalité, est la technique la plus simple pour dissimuler la vérité et conserver le pouvoir: pas vu, pas pris.
Les indicateurs, informations et statistiques nécessaires à une bonne compréhension de la situation du pays sont de deux sortes: de flux et de stock. Sur le stock, c’est la bouteille à l’encre car il est fort mal connu, peu enregistré par l’Etat, sous-évalué par les collectivités locales, envoyé à l’étranger (on parle de 500 milliards d’actifs évaporés dans des paradis fiscaux). Le stock immobilier est par ailleurs souvent inestimable (châteaux de la Loire, par exemple, et tout bien historique et culturel acheté par les Emirs qui en retour nous achètent des armes, oeuvres d’art des musées), ce qui n’empêche pas le gouvernement de brader les bijoux de famille pour équilibrer son budget et réduire la progression du déficit. Le stock de valeurs mobilières est soumis aux fluctuations du marché boursier et par ailleurs la valeur d’une action n’est maintenant établie qu’en fonction de son prix de marché, lequel dépend des dividendes versés et des plus-values la concernant. Plus un pays est en crise plus la valeur de marché de ses actifs diminue et, donc, ces derniers peuvent être rachetés à bas prix par l’étranger. C’est ce qui arrive à la Grèce étranglée par les exigences austéritaires des Schleus. On peut même se demander si cette politique de mise à genou d’un pays n’est pas délibérée, justement pour permettre aux Doryphores d’acheter ces actifs bradés par suite de leur politique. C’est plus malin que de tout détruire comme en 39/45 et plus efficace. la Teutonie a inventé la bombe propre à neutrons financiers. C’est moins violent que de voler des tableaux comme Goering. On estime (pour l’instant car la Vert-De-Grisie amie des USA s’applique à tout torpiller) à 10 000 milliards d’euros les actifs des Francaouis, surtout constitués de biens immobiliers, de PEA, d’assurances-vie et de livrets A. Pour l’instant car la politique européenne, sous la direction de Die Grosse Angela, fait que l’Espagne, le Portugal [les immeubles vides de ces pays sont déjà rachetés pour une bouchée de pain par des Casques-A-Pointe], l’Italie et le France sont sur la liste des prochains pays spoliables par les Tudesques et leurs copains du Nord et de Wall Street. Il serait donc très urgent que Flanby réagisse contre cette Europe-là. Beaucoup d’actifs sont immatériels et peu évaluables car d’essence qualitative (les AOP et la qualité des produits, les logos, les labels, les réputations, le niveau de la recherche et de scientifiques, la qualité de vie, la culture…). C’est justement cela que Bruxelles se prépare à dynamiter avec le TAFTA avalisé en douce par Zizi Rider. La valeur de la richesse, exprimée à partir du stock d’actifs, est donc hautement problématique car elle ne dépend plus de leur intérêt historique et qualitatif et culturel mais de leur valeur de marché (comme pour les tableaux et les oeuvres d’art et cela depuis longtemps) et que cette valeur, devenue un prix, dépend des circonstances de la concurrence mondiale et de l’état du pays. La richesse du pays est par ailleurs diminuée par la dette privée et publique et augmentée par les créances et actifs à l’étranger, ce dont on n’a qu’une idée fort approximative car les statistiques d’Etat s’en moquent comme des premières chaussettes en soie rouge de Ballamou..
Sur le flux, on a le sacro-saint PIB qui mesure la richesse produite en une année et permet d’afficher le taux de croissance. Le PIB, c’est l’ensemble de la valeur ajoutée produite, vendue et achetée, mesurée en unités de compte monétaire. On voit que le PIB ne s’intéresse qu’à ce qui est marchandisé et valorisé; foin de ce qui n’est pas vendu comme le travail domestique, le travail clandestin au noir, le bénévolat. Foin, en principe, des trafics illicites qui permettent à bien des gens de survivre faute de travail. Encore que certains pays innovent en comptant la prostitution (officiellement en luthérienne Doryphorie, en loucédé en Gibbye). En France certains préconisent de légaliser la vente de cannabis; bravo car cela augmenterait le PIB. Ce dernier ne compte pas non plus les « externalités » positives comme par exemple la qualité des infrastructures ou de l’éducation et font des négatives un ressort de croissance: plus il y a de nuisances, de catastrophes, d’accidents à réparer, plus le PIB s’accroît. Le PIB ne dit évidemment rien sur la qualité de la vie, sur le bonheur réel, sur le bien vivre, sur les inégalités, sur la pauvreté. Heureusement des tableaux de bord en ces matières ont été conçus et mis en place notamment par le PNUD ou, en France le BIP 40, 40 indicateurs de pauvreté, créé par le Réseau Alertes Inégalités (RAI, réseau associatif car le pouvoir ne s’intéresse pas à ça). Et on est obligé de constater que le PIB compte la consommation, y compris celle de produits étrangers comme vecteur de croissance! C’est pousse au crime contre la planète et cela fait fi du déficit commercial qui dure depuis plus de 10 ans, ce qui se transforme en emprunts à l’étranger pour continuer de lui acheter à crédit. C’est l’astuce des Doryphores, celle qui a tué la Grèce par suite de la dette privée (notamment auprès des banques teutonnes qu’on a sauvées bien plus que la Grèce) devenue pourrie avec l’austérité tudesque.
le PIB ne permet pas de s’y retrouver en ce qui concerne la consistance réelle du flux de richesses car il met en quelques sorte toutes les activités marchandes sur le même plan dans un gigantesque fourre-tout où une chatte ne retrouverait pas ses petits. Et ile ne permet de s’y retrouver en ce qui concerne la circulation des flux économiques entre acteurs, ce qui nous fait régresser bien en deça du fameux tableau d’échanges économiques du physiocrate (avant 1789, imité de la circulation sanguine découverte par Harvey). N’étant ni physiocrate, ni technocrate, je vais me contenter de donner quelques principes de construction d’un véritable tableau de production, de circulation et de répartition de la richesse pour aujourd’hui.
* commencer par disqualifier le rabattement actuel du revenu national sur le PIB dont il serait l’équivalent comptable strict (ah! les eaux glacées du calcul égoïste cher à Marx). On doit, pour notre but de vérité de la répartition et de la grandeur réelle du flux de richesse, se concentrer sur une approche sui generis du revenu national.
* partir de la production, le vrai secteur de création des richesses et de la valeur. on doit donc commencer par totaliser les valeurs ajoutées produites dans les secteurs primaire (extraction minière, produits agricoles, pêche, forêt) et secondaire (transformation, produits manufacturés, produits agro-alimentaires). Et comme la production doit être livrée aux consommateurs pour conserver sa valeur, on ajoute la valeur ajoutée des transports et des activités de distribution Cela nous donne le revenu national primaire, le RNP. Les productions des établissements publics, industriels et commerciaux (EPIC) en font partie.
* calculer le revenu national secondaire (RNS): les services en concurrence internationale et exportables (logistique, ingénierie, NTIC, banque et assurance, téléphonie, cinéma et vidéos ou jeux, etc.). Cela pour moi ne concerne que les services qui sont un adjuvant à la production, à la productivité et qui sont sources de rentrées par exportation. Le RNS comprend aussi toutes les dépenses sociales et collectives faisant partie du financement des prélèvements « obligatoires » (Sécu, services publics). J’exclue donc tous les services à usage domestique comme la coiffure, les assurances privées, les services à la personne qui ne sont produits et consommables que localement. et qui surtout font partie de la dépense des revenus acquis dans le RNB. Si vous achetez une vidéo ou une place de cinéma ou de théâtre, c’est sur vos deniers personnels après avoir reçu votre revenu acquis dans le secteur productif.
* RNP plus RNS donne le revenu national de base brut (RNBB), c’est-à-dire l’assiette et la source de tous les revenus. Le RNBB est à examiner maintenant en fonction de sa répartition et de son affectation. le RNBB se ventile entre: les salaires directs et indirects (retraites et cotisations sociales payées par les entreprises), les profits (distribués ou dividendes et réinvestis, les rémunérations des dirigeants que les politicards ont laissé être assimilées à des salaires pour une bonne part), les impôts et taxes et cotisations sociales prélevées sur les revenus, dont CSG-RDS (les prélèvements dits obligatoires qui font actuellement 46 % du PIB), les redevances en tout genre qui sont des impôts déguisés, les frais bancaires qui sont considérables et toujours oubliés (agios, commissions, intérêts, soi-disant frais en tout genre; le pouvoir autorise depuis toujours une véritable rente des banques privées prélevées sur leurs clients). Pour plus de clarté, ajoutons que le RNBB, après déduction des seules impôts, taxes, cotisations, redevances (aux niveaux nationale et des collectivités locales), devient le revenu national de base net (RNBN).
* pour chaque catégorie d’acteur, on pourra ainsi calculer son revenu net et l’affectation de ses dépenses; par exemple pour un salarié: frais bancaires, assurances privées, services privés, achats divers… on voit bien ainsi que si les services privés et autres dépenses font partie du PIB, ils ne relèvent pourtant pas du revenu national, car ils ne sont qu’une affectation de celui-ci à la dépense ex post après son calcul dans le RNBN et sa formation dans le RNBB. C’est ainsi qu’on peut mesurer la formidable perte de flux de richesse du pays (perte qui s’accumule ensuite en stock car les effets des pertes sont cumulatifs dans le temps) depuis que les gouvernements ont abandonné l’industrie au profit de la finance, qui n’est qu’un prélèvement sur la richesse produite, et laissé le pays flotter aux vents mauvais de la concurrence ordo-libérale et tudesque qui sévit en Europe depuis 1957.
On comprend ainsi combien la structuration des statistiques officielles par le pouvoir politique et ses sbires est un enjeu politique; notre petite expérience de pensée, bien qu’approximative, a permis de lever le lièvre de la raison cachée pour laquelle le pouvoir (francaoui, européen, de l’OCDE, etc.) ne s’intéresse qu’au PIB. C’est pour se concentrer sur la croissance qui détruit la planète, ne prendre en compte que ce qui est valorisable et marchand et cacher les diverses prédations capitalistes et étatiques qui pèsent sur les salariés et les petites entreprises.

Adieu veau, vache, cochon, couvée

Classé dans : politique — 10 août, 2016 @ 10:44

Flanby, le laid au pot car il a eu le cul bordé de nouilles en 2012 (élimination du priapique DSK, détestation de Tsarko, ralliement des concurrents de gauche à sa candidature, dont Montebourg et Méluche), a un esprit libéralo-capitaliste qui le pousse à la fois à l’optimisme et à la politique du chien crevé au fil de l’eau (le wait and See). Guimauve le Concurrent pense que le capitalisme s’autorégule automatiquement et produit le « meilleur des mondes possibles » à condition de ne rien toucher à son évolutions spontanée, ce qui est la doctrine libéralo-capitaliste. Notre moderne Pangloss n’a vu dans la crise de 2008 qu’un avatar des tribulations d’un capitaliste en Chine, croit que le capitalisme est naturellement cyclique et qu’après une phase de déréliction il y a toujours une étape de reprise. Il suffit d’attendre et la croissance reviendra; et il suppose que ce sera avant la fin de son 1er quinquennat. Comme soeur Anne, cet âne attend, ce que lui disent aussi les charlatans de l’économie de l’offre comme Maqueron, la reprise pour rapiécer son manteau d’Arlequin et redorer son blason.
Las, notre Aliboron, enfermé dans son minaret élyséen et protégé des mauvaises nouvelles par ses sbires ne voit que la reprise qui merdoie et le concurrent Tsarko qui poudroie. Pas de croissance au 2ème trimestre, agriculture en berne, tourisme à la dérive, Brexit, crise chez les BRICS, concurrence exacerbée des « PIGS », attentats non stop, banques européennes en grandes difficulté, extension de la spéculation, menace d’une nouvelle crise économique et financière mondiale, afflux de migrants. Fraise des Bois comptait sur une victoire de la France lors de la coupe de foot européenne; c’est manqué. Les Francaouis au Brésil ont démarré les JO dans les choux, ce qui ne va pas lui profiter. Malgré les truquages des statistiques, les radiations, la formation annoncée de 500 000 chômeurs de plus (sans doute des stages parking car les moyens ne suivent pas; ce n’est pas trop grave car le but est de désinscrire les 500 000 soi-disant formés de Pôle-emploi) l’emploi continue de se dégrader. Mais maître Boronali continue de peindre l’avenir en rose car il pense disposer de martingales imparables dans le cirque électoral qui s’annonce. Il croit qu’il sera au moins 2ème aux pestilentielles de 2017, ce qui lui vaudra réélection (le retour de Martin Gale) par la grâce d’un n’importe qui sauf la Marine. Tsarko fait le même pari. Tant pis pour le pays et le socialisme: perinde ac cadaver pourvu que la Compagnie de Jésus perdure, pourvu que le social-libéralisme continue d’avoir les manettes avec moi à sa tête. Ce pari repose sur quelques données ou actions de regonflage:
*jouer le (faux) rassemblement des forces électorales de « gôche » via le vote utile sur le thème « avec moi, cela a été moins pire que si Tsarko avait été réélu ou s’il revient au pouvoir ». pour ce faire, on empêche les écolos d’avoir un candidat en divisant leur parti (ça, c’est déjà fait), on menace les frondeurs ou autres comme les amis de Monte En Bourg de n’avoir pas l’investiture du PS, on tente de séparer les Cocos du Front de gauche du camarade Méluche, on promet des postes aux amis comme les radicaux ou les Placé. Je parie qu’on augmentera le nombre nécessaire de parrainages pour se porter candidat afin d’éliminer les petits candidats qui grignoteraient des voix au PS. Il n’est pas sûr que cette ragoutante cuisine électorale fonctionne car la gauche tout entière plafonne aujourd’hui à 36 % des voix. il n’est pas impossible du tout que Méluche arrive 3ème en 2017. Adieu alors la couvée; il restera la cuvée du redressement de la droite alliée ensuite, aux législatives, au FN.
*jouer à fond le jeu sécuritaire, le père de la nation, faire don de sa personne à la lutte anti-terroriste; ça peut marcher car les grenouilles francaouie demandent un roi qui les protège, fût-il un soli-veau (un veau qui joue en solo). Continuer de faire la guerre à l’étranger avec les USA, genre Malbrough et maréchal de la Palisse afin de flatter le sens patriotard des Francaouis. Comme l’on sait, le maréchal un quart d’heure avant sa mort était encore vivant. Et voilà ce qu’il en est de la mort politique de Flanby. Plus de veau, etc. mais il conserve ses poulets
*faire semblant de demander à die Grosse Angela de donner son feu vert à une réorientation moins austéritaire et libéralo-capitaliste de l’UE; le Brexit permet cette manip qui serait appuyée par l’Europe du Sud. il s’agit de faire semblant car in petto notre roi Pétaud est un libéral forcené en total accord avec les prescriptions de Bruxelles (voir la loi El Khonery, par exemple, en tant que « réforme structurelle » du marché du travail exigée par l’ordolibéralisme tudesque). Cela afin de montrer une posture de gauche susceptible de contrer celle du FN et de récupérer les déçus du quinquennat, notamment au pays du petit Quinquin cher à Martine.
*lâcher du pognon ici et là dans la dernière ligne tordue ante électorale; on est fauché et le déficit s’aggravera mais ce n’est pas grave car Bruxelles fermera les yeux; du reste Chamallow 1er lui a demandé de ne pas sanctionner l’Espagne et le Portugal, ce qui a été accepté car toute le monde craint que le Brexit ne fasse des émules. Naturellement le fric atterrira chez ceux qui gueulent le plus fort plus une petite pincée pour les plus défavorisés et une décélération de la charge qui pèse sur les seules classes moyennes. Cela aidera à croire que le pays va mieux. Comme, du reste, une baisse factice du chômage de catégorie 1 via la formation déjà évoquée de maints chômeurs supplémentaires. On lâchera du lest et on assistera à 9 mois en ballon, le temps de la gestation du nouveau Flanby le reconquérant un nouveau mandat en évitant les mandales.
*monter en épingle la lutte contre la fraude fiscale; ce qui est facilité par un don gracieux d’une longue liste de fraudeurs effectué par le land de Rhénanie-Westphalie; évidemment en cachant qu’après seul Bercy est habilitée à lancer des poursuites pénales. On y préfère les transactions secrètes et à fort moindre rendement.
ETC. Voilà ce qu’est la politique de nos jours car le politique a été passé à l’as. C’est que le politique, c’est hard, demande des valeurs et un projet, requiert de la constance et une ligne directrice et ferme. Ce qui est en jeu, ce sont: un projet d’intérêt général, le pacte social dont les principes structurent la constitution et al république, les valeurs communes de justice, de solidarité, d’universalité d’accès à la vie bonne, la laïcité. Réponse de l’impétrant empêtré: what’s me worry.

Les problèmes de l’Islam cachées par nos politicards clientélistes

Classé dans : politique — 9 août, 2016 @ 9:50

A chaque attentat ils nous ressortent le couplet de la normalité des Musulmans et de l’innocuité de leur religion. Certes, l’énorme majorité des Musulmans pratique sa religion en privé et ne songe nullement à détruire nos institutions. Certes, il n’y a pas de lien direct entre l’Islam et les terroristes. Mais c’est oublier les communautés religieuses qui ont une autre vue des choses et un objectif socio-politique lié directement à leur texte sacré, lequel a des caractéristiques tout à fait spéciales.
Le Coran a cette particularité d’être en quelque sorte incréé; c’est directement la parole de Dieu simplement reçue et transmise au Prophète, y compris dans sa langue de révélation, laquelle en reçoit un caractère sacré. Les papes et les sous-papes (souvent à voile et à vapeur) cathos se sont longtemps battus pour le latin qui, évidemment n’était pas la langue d’origine du Christ, mais ils ont finis par céder car la bible (ancien et nouveau testament) n’a jamais été considérée comme directement dictée par Dieu. Ce qui a permis de faire des recherches et de savoir qu’elle a été écrite sur plusieurs siècles et par maints auteurs avec les différences et les contradictions que cela implique. En matière de coran, il n’y a guère d’exégèse possible car ce serait immédiatement mettre en doute la parole de Dieu. Les savants de l’Islam sont donc dans une situation impossible en ce qui concerne une lecture moderne du Coran, vu que le texte a été livré clef en mains par Dieu lui-même. Cela amuse beaucoup les spécialistes qui savent que le Coran a été formalisé plusieurs décennies après la mort de Mahomet et cela à des fins apologétiques et politiques.
On sait aussi que le Coran montre deux parties bien distinctes dans ses périodes d’écriture. Il y a la période du séjour de Mahomet à la Mecque au cours de laquelle il essayait de convaincre et qui montre avant tout une exigence spirituelle hors toute contingence historique. Puis il y a eu la phase de Médine où Mahomet, repoussé à la Mecque, s’est transformé en chef de guerre contre les impies et a construit une doctrine sociopolitique indiquant les bonnes moeurs, donc une conception politique de la religion placée au-dessus de la politique de l’époque. Il s’ensuit qu’il y a déjà deux lectures du Coran suivant l’orientation qu’on prend: spirituelle (approche soufie) ou politico-religieuse. C’est naturellement l’interprétation à dominante politique qui a fait les choux gras des princes musulmans, comme du reste dans la catholicité après la conversion de Constantin. La différence est que le dogme catho ne dit rien sur la prédominance du religieux vis-à-vis du politique alors que les islamistes maintiennent ne varietur que le politique est asservi à la loi divine. il s’ensuit que le seul bon régime politique pour les musulmans très orthodoxes est la théocratie à l’instar de celle de l’Iran ou de l’Arabie Saoudite. Les deux religions ont en commun de ne pas se préoccuper du tout du système économique (hors l’usure abandonnée par la catho et facilement détournée en régime d’Islam) ce qui est incongru dans le monde moderne hyper commercial et financier.
En revanche, l’Islam indique au bon musulman qu’il doit tout faire pour aider à la propagation de sa religion dans le monde. Ce qui a des implications concrètes. Avant de les voir, rappelons que le Coran est complété par les Hadits, les propos et aphorismes de Mahomet lui-même recueillis par ses fidèles partisans. Les exégètes religieux classent ces Hadits en deux catégories: les avérés, vérifiés, prouvables et les autres. Par exemple le hadith sur la punition des sodomites, bien que faisant partie de la 2ème catégorie informelle, fait le sel des islamistes les plus rigoureux.
Ce qui en résulte est l’infinité des interprétations possibles de la religion ce qui ressemble beaucoup aux synthèses foireuses de Flanby et au discours idéologique qui, pour rassembler, est conçu pour être le plus flou possible. Et comme dit Martien Aux Abris, quand c’est flou, il y a un loup. Il s’ensuit des discussions byzantines à l’infini et le pouvoir de ceux qui se sont consacrés à l’islamologie en général sans rien savoir du reste des autres domaines de connaissance. Ce qui explique qu’après sa période fastueuse pendant laquelle il a recueilli et heureusement transmis le savoir des autres peuples et des antiques (les chiffres indiens, les philosophes grecs, l’architecture byzantine, les techniques romaines ou parfois chinoises…), le régime sociopolitique islamique dominé par la Sublime Porte (fermée) n’a rien inventé du tout. Cependant, le bon musulman doit veiller à développer la présence de sa religion dans le monde tout comme le voulaient les papes cathos. Il y alors trois attitudes possibles:
*la quiétiste dans laquelle le musulman se concentre sur son salut personnel à l’instar de la bildung luthérienne; cette attitude favorise le développement de la religion par l’exemplarité de la conduite des croyants. Ce quiétisme individuel n’empêche pas que ses adeptes soient toujours solidaires de leurs coreligionnaires, ce qui pousse à l’omerta et au communautarisme. D’où les faibles réactions de ces adeptes, de loin les plus nombreux, aux attentats islamistes. Cela fonctionne suivant le vieux principe: les Amish de mes Amish sont mes Amish. En outre, beaucoup de quiétistes ont le malheur d’habiter des endroits où le marché a fait se regrouper la « misère du monde », misère bien davantage supportée par les immigrés et leurs descendants que par les « Blancos », comme dirait Vallse. Dans ces lieux, il y a souvent des salafistes qui font la police des moeurs et parfois vont jusqu’aux menaces physiques ou l’ostracisme des déviants. Raison de plus pour fermer son clapet.
*la spirituelle et communautaire dans laquelle les croyants ne songent qu’à implanter leur religion dans leur environnement social. Ils cherchent à faire reconnaître leurs pratiques dans le monde d’accueil, notamment dans les autres cultures. C’est ce qui a permis le grignotage, qui n’a pas de limite car toute concession est un pas en avant et en appelle une autre, ce qui a été facilité en Occident par la thèse des accommodements raisonnables à consentir à une culture différente mais de même valeur que les autres. Mais aussi par les concessions électoralistes qui ont permis peu à peu que les accommodements forment un système intégré et indéboulonnable quand bien même les valeurs des cultures d’accueil seraient mises en cause. On frôle l’opposition entre cultures, notamment sur le caractère essentiel de la modernité française, à savoir la séparation du religieux et du politique et le refus que le premier impose ses normes au second, le politique devant rester indépendant de toute conception particulière de la vie bonne. Le conflit potentiel est aggravé quand la voie pacifique et communautaire est portée par des mouvements de retour à l’Islam des origines (salafisme ou frères musulmans), celui-là même qui a fondu le politique et le religieux dans un modèle théocratique.
*l’agressive qui veut pousser les feux de l’extension de l’Islam par tous les moyens y compris ceux de la violence, notamment dans les « terres de conquête » où l’islam tout en étant minoritaire dispose déjà d’une puissance considérable eu égard au nombre de ses adeptes. C’est évidemment la cas de la France avec ses 5 à 6 millions de musulmans croyants ou agnostiques et surtout de même culture.
Ce petit tableau de la situation rappelle clairement qu’Islam et islamisme ne sont pas indépendants de même que la chrétienté n’était pas innocente des guerres de religion, de l’inquisition, de la chasse aux sorcières, de l’esclavage, du colonialisme, etc. Hélas, toute religion peut être instrumentalisée par des fanatiques et des politicards et autres « entrepreneurs de religion ». La chose est naturellement plus aisée si le dogme ne sépare pas le social, le politique et le religieux. les religions deviennent très difficiles à contenir quand le communautarisme s’en empare pour rassembler les ouailles au nom d’une identité commune qui n’existe pas a priori mais que, justement, ledit communautarisme, facilité par la concentration de populations, contribue à créer. Les politicards auraient donc dû être très attentifs à ces manifestations et surtout à surveiller les entrepreneurs de religion, de la même façon que la république avait su contenir le catholicisme et contrôler les sectes si en honneur aux USA. C’est raté au nom de l’électoralisme le plus clientéliste depuis plus de 30 ans. Cette attitude a été renforcée par les courants relativistes; si toutes les cultures ont la même valeur, ces braves gens ont ignoré que certaines de leurs pratiques n’étaient guère compatibles avec la modernité républicaine, à commencer par l’indépendance de la politique et du droit vis-à-vis du religieux.

Il n’y a que la médaille qui m’aille ou Flanby aux JO

Classé dans : politique — 6 août, 2016 @ 10:57

Rassurez-vous, ce n’est pas comme compétiteur car il n’y a pas encore de JO des présidents petits grassouillets chauves à lunettes. C’est pour rassembler nos troupes, les encourager au nom du bon vieux nationalisme qui anime les JO depuis 1936; c’est pour appuyer la candidature de Paris aux JO de 2024; c’est pour montrer sa trombine partout et occuper le terrain médiatique; c’est pour capitaliser sur le nombre de nos futures médailles et redorer son blason, chose manquée avec le mondial de foot. Et tout cela à nos frais de contribuables captifs.
Cela donne des idées. Et si pour remplacer la guerre, où Flanby prétend exceller, on renouait avec les horaces et les curiaces (aujourd’hui remplacés par les voraces et les coriaces): des JO des chefs d’Etat, dont le vainqueur aurait le droit de dominer la planète pendant un an? Gageons que la Walkyrie Angela n’aurait pas Thor et l’emporterait en Europe sur Lou Ravi qui rit mais n’est pas vache; il faudra cependant ne pas ouvrir la compétition à Poutine ou à Erdogan qui sont très entraînés. Cela coûterait beaucoup moins cher que les guerres et les colossales sommes économisées pourraient être consacrées au développement du Tiers Monde bien au-delà des 0,7 % du PIB recommandés par l’ONU-PNUD depuis des lustres et jamais atteints par les gouvernements francouis (0,38 % sous Flanby).
On pourrait aussi organiser des olympiades gouvernementales du sexe avec pour représenter la France Zizi Rider, DSK (le priapique, ithyphallique, phanérogame, libidineux ex-candidat à la présidence) et Denis Bellepine conseillés par L’amer Michel Sapine. On aurait là un Tron commun et pas de casse-pieds du plaisir. On n’aurait pas à le Troquer. Là, Angela perdrait sans doute, Clinton ressusciterait avec Berlusconi; Poutine aurait sans doute toutes ses chances vu ses exploits physiques, de même que les potentats des Emirats qui pourraient se payer la meilleure dope. On pourrait avoir Trump qui trompe énormément. La compétition serait placée sous le haut patronage de Chiracos et de Fiscart Déteint. Mgr Barbarin bénirait les athlètes pourtant sans tablettes. Les robes et autres vêtements amples seraient interdits car ils masqueraient les effets des bimbos sur les concurrents à moins que les compétitrices ne soient obligées par le réglement établi à Doha de concourir en burka. Pour complaire aux Emirats, les compétitions auraient lieu au Burkini-Fessu sous la surveillance de Marabouts Cela serait filmé en direct par la téléréalité, ce qui rapporterait des sommes considérables en publicité, sommes alimentant les budgets publics au bord de la faillite.
On pourrait créer un « Intergouvernements » sur le modèle d’Intervilles du regretté Guy Lux; ce serait un plaisir que de voir Le Foll poursuivi par des vachettes landaises et Le Drian piétiné par des cochons bretons, Vallse danser la sardane, Urvoas jouer les arbitres, Najat Vallaud-Belkacem en burka, Touraine en infirmière, Maqueron en homme-sandwich, Vieillecase en pompier de service, etc.
Finalement, s’en remettre à la glorieuse incertitude du sport et à l’enthousiasme des jeux serait sans doute plus légitime que la fausse démocratie représentative. En effet, la corruption y serait moindre car aucun des compétiteurs ne laisseraient truquer les choses. Le citoyen saurait où passe son pognon; du reste les épreuves ne coûteraient rien aux contribuables car elles seraient payées par la publicité et les paris.

Brexit et Flanby

Classé dans : politique — 4 août, 2016 @ 11:22

Rendons grâce aux dirigeants britanniques d’avoir consulté le pays sur le Brexit et d’avoir respecté le vote des Gibbys. Ce vote montre la voie et surtout ouvre des fenêtres « d’opportunité » aux dirigeants des autres pays, surtout ceux qui se prétendent socialistes, afin de faire bouger les lignes d’une construction européenne qui s’est visiblement faite contre les peuples, sauvagement mis en concurrence illimitée, et pour le capital et les riches. Qui a été aussi conduite par les Teutons par suite des lâches, multiples et successifs abandons de souveraineté par les autres dirigeants européens en faveur des dogmes de l’ordo-libéralisme tudesque. L’actuelle absence de réaction significative de Guimauve le Con-Courant après un autre mandat montre à l’envi qu’il est un disciple de Sacher Masoch soumis au knout de la Vénus de Willendorf, à savoir die Grosse Angela. Celle-ci se trouve pourtant bien démunie, en tant que fourmi luthérienne, car l’ordo-libéralisme (le libéralisme par des règles intangibles en faveur de « l’économie sociale de marché » et la stabilité de la monnaie) est compatible avec le libéralisme classique et échevelé des Anglo-Saxons. Angela a perdu un fidèle allié avec lequel elle a fait la pluie et le beau temps dans l’UE. Ce qui explique en partie toutes les concessions obtenues par la Gibbye (les clauses « d’opt out » l’exemptant de règles infligées aux autres pays, par exemple d’observer la règle de pas plus de 48 heures de travail par semaine) Zizi Rider devrait en profiter pour bien repositionner les pions de la France sur le damier doryphorien. Eh bien, non car le Capitaine de pédalo reste confit en libéralisme comme s’il en était dans ce cas soulé.
Et la France est loin d’être le seul pays à avoir intérêt à monter au créneau pour défendre une autre conception de l’UE et de la zone euro. L’Europe du Sud n’a rien à voir avec l’austérité anti-inflationniste (quelle Inflation, svp?) des dirigeants Casque-à-pointe, dont l’impayable Staubel, le ministre des finances à roulettes qui a humilié la Grèce et envoyé promener Varoufakis, et a tout intérêt à se fédérer contre le club germano-capitaliste (Allemagne plus ses obligés des pays de l’Est ex-soviétique plus ses copains luthériens de l’Europe du Nord). La Teutonie est à l’origine de l’élargissement indéfini de l’UE vers l’Est car elle y trouve une force de travail pas chère pour délocaliser et sous-traiter des éléments de sa chaîne de production et pour importer des travailleurs low cost. Il lui suffit ensuite de faire le montage chez elle et d’y apposer « made in Germany ». C’est une bonne stratégie pour continuer la guerre par d’autres moyens et reconstituer son « lebens raum », son « espace vital ». Grâce aux peuples britanniques, on peut enfin utiliser une arme de négociation massive: ou l’UE modifie ses règles vers le social et le collectif, au lieu de l’économique individuel, ou on menace de partir, sans doute avec d’autres pays lassés de la schlague des dirigeants fritz et des recettes libéralo-capitalistes. Repérons quelques secteurs pour lesquels la France pourrait récupérer de l’autonomie:
*celui des entreprises publiques industrielles et commerciales (EPIC) comme la SNCF, EDF, RATP, Orange, toutes entreprises de réseau indispensables à l’intérêt général et qui plus est et normalement « monopoles naturels » car nul pays n’a intérêt à créer plusieurs réseaux; à quoi ajouter une socialisation de l’eau. Tous les EPIC devraient être « socialisés », c’est-à-dire gérés en mains communes par des représentants des usagers (particuliers, collectivités locales, représentants de syndicats) et non par une administration étatique qui les exploite au service de gouvernements qui, à force, les tue (comme EDF dont on exige des investissements en Gibbye tout en diminuant ses tarifs et tout en acceptant la concurrence low cost des centrales au lignite très polluant de Doryphorie). il en est de même pour les ports, les aéroports et tous les services publics dont la mission est de satisfaire aux besoins généraux du bien public et non d’obéir à des règles commerciales.
*celui de la santé publique en fédérant les mutuelles pour remplacer l’étatique Sécu et en leur donnant des privilèges fiscaux contre les assurances privées; ces privilèges ne seraient accordés qu’aux vraies mutuelles assurant une réelle mutualisation des risques (c’est-à-dire sans tarifs établis en fonction de ceux-ci, ce qui, par exemple, casse la solidarité entre jeunes et vieux); répudier toutes les règles et normes européennes pour les produits toxiques et la santé établies sous la dictée des lobbys qui règnent à Bruxelles sur la base des conflits d’intérêts.
*celui du traité de commerce transatlantique (TAFTA) qui ruinerait la petite agriculture française et ses produits de qualité-AOC, permettrait d’importer de la viande US aux hormones et aux antibiotiques, des poulets au chlore, des carcasses lavées avec un acide dangereux, des OGM; qui abaisserait toutes les normes européennes au niveau US, qui soumettrait les contentieux entre Etats et industriels à des tribunaux arbitraux de droit US et sis aux USA pour la plupart. Ce serait un abandon de souveraineté sans précédent.
*celui de la hiérarchie des normes juridiques dans lesquelles la CJUE a réussi à imposer, et cela en dehors de son mandat, que les directives européennes soient supérieures à la constitution française. Ainsi, l’UE est parvenue à obliger EDF à renoncer à ses centrales hydrauliques lors du renouvellement des contrats de concession. Or l’électricité de « houille blanche » a un rôle central car elle permet une gestion intégrée de la ressource et permet d’abaisser le coût de revient moyen. Le contrat de concession, hélas invention française, a comme caractéristique de donner à un autre exploitant les investissements du concessionnaire précédent à l’issue de la concession. c’est ainsi que la ville de Paris rançonne EDF (500 millions par an) avec une « redevance de concession » sur la distribution d’électricité, impôt caché aux usagers en plus des taxes municipales et départementales; il lui suffit de faire du chantage au non-renouvellement de la concession.
*celui des coopérations renforcées entre Etats pour des investissements communs; celles-ci sont pourchassées par l’UE et la CJUE au nom de « la concurrence libre et non faussée, celui des fusions d’entreprises afin d’atteindre une taille mondiale, chose que l’UE assimile à des trusts ou des cartels anti-concurrence. Résultat, par exemple: on a a au moins 3 avions de combat en Europe (un britannique, un européen et un français; à quoi ajouter que les PECOS préfèrent acheter des F16 US; itou pour les hélicoptères). la France doit exiger la mise en place d’une préférence communautaire pour les achats en Europe.
*celui de l’ouverture au libre-échange; par exemple la Chine va bientôt tomber dans le régime général de l’OMC, ce qui lui permettra de continuer ses opérations de dumping, notamment pour l’acier. La France doit pouvoir se donner le droit de recréer ses services de douane contre la contrefaçon, les produits dangereux ou frelatés (spécialité de la Chine), le dumping.
*celui de l’écologie car les normes de l’UE sont laxistes; par exemple, la Doryphorie et la Pologne sont autorisées à produire de l’électricité avec du lignite; fastoche car les fumées et pollutions, poussées par les vents, atterrissent en France dans le temps même où les Tudesques s’appliquent à attaquer les centrales nucléaires françaises. En outre, cette électricité surabondante et low cost fait baisser les prix de l’électricité, ce qui déstabilise EDF. Rappelons-nous aussi la violation des normes diesel par Volkswagen et l’appui de la Teutonie à ses industriels pour ne pas trop les abaisser ni trop vite.
*celui de la banque pour récupérer le droit d’avoir des avances budgétaires; le droit au financement étatique d’investissements même en dépassant les normes du déficit public, qui, d’ailleurs, ne devrait compter que pour les dépenses de fonctionnement. Créer un fonds public européen d’investissement (écologie, nouvelles techniques), évidemment hors déficit de chaque Etat.
*celui des paradis fiscaux en interdisant, notamment aux banques, tout transfert de capitaux chez eux (Luxembourg, Irlande, Iles britanniques, Pays-Bas, etc.); donc contrôler la circulation des capitaux.
Et on peut se reporter à mes précédents articles sur ce que l’on peut faire en France

Le baiser Lamourette entre hiérarques religieux, journaleux et politicards

Classé dans : politique — 2 août, 2016 @ 10:31

Depuis le macabre assassinat du curé normand, on assiste à un nouveau « embrassons-nous Folleville, entre représentants des différentes religions sur le thème de la commune humanité des croyants. On voit la classe politicarde, qui, par ailleurs, fait assaut de critiques et de propositions anti-terroristes et se déchire en prévision des élections de 2017, communier à l’unisson à Notre-Dame (au mépris de la loi de séparation des églises et de l’Etat). On fait, semble-t-il plus de battage que pour la tuerie de Nice. On appelle au rassemblement du peuple toutes confessions confondues. Tout cela est émouvant et, hélas, sans doute trompeur en voulant susciter un mouvement de masse, sinon, généralisé ou y faire croire. Il ne faut pas oublier que l’Islam répudie toute séparation entre le politique et le religieux et que la stratégie des frères musulmans pour intégrer peu à peu cette conception d’un Islam politique dans notre pays est celle des avancées progressives (technique du salami chère à Staline) par succession « d’accommodements raisonnables » consentis par des politicards locaux aux communautés. On est déjà allé très loin, notamment avec la reconnaissance institutionnelle de lobbys religieux (CRIF, UIOF, CFCM). Certes, toute religion est instrumentalisée par des entrepreneurs politiques qui n’ont de cesse que de plier le politique à leur volonté de puissance. Ce fut le grand mérite de la loi de 1905 que de renvoyer l’église catholique dans sa niche par la séparation de l4eglise et de l’Etat. Voyez comment procède Erdogan pour en revenir à une Turquie religieuse, voyez comment la vertueuse papesse birmane, enfin au pouvoir, laisse chasser les minorités non bouddhistes, voyez le poids des intégristes religieux en Iran, en Israël, aux USA et en Russie.
Samedi, un rassemblement interreligieux a réuni 500 personnes à Lyon et 400 à la cathédrale de Bordeaux. Ces nombres montrent à l’envi le peu de mobilisation réelle des populations musulmanes. On dirait du pâté d’alouette: un cheval de cathos et une alouette de musulmans. Quelques Imams non salafistes ou hors frères musulmans sont montrés à l’envi, mais cela ne fait pas encore le printemps. Ce n’est pas étonnant car un élément de la doctrine des partisans d’un Islam de retour aux sources (salafistes, frères musulmans) est la dissimulation des convictions chez ceux qui envisagent des actes non conformes aux pratiques et us d’un pays non musulman. Et il ne faut pas négliger les intimidations et les ostracismes qu’encourent les déviants par rapport aux rigoristes. Cela ne veut pas dire que les rigoristes soutiennent ou s’engagent dans le djihad, ni que l’énorme majorité des musulmans soit enclins à la confrontation. Cela signifie seulement que la culture tribale qu’ils développent fait qu’ils ne dénonceront pas les activistes qui, par ailleurs, ne reculent pas devant l’intimidation. C’est un effet du communautarisme: l’entre soi, l’omerta, le respect des frères.
Si nos agents de renseignement faisaient l’effort de comprendre une autre culture et de lire la propagande djihadiste, ils sauraient que le musulman qui drague, boit de l’alcool, rase sa barbe, ne va pas à la mosquée n’est pas forcément un agnostique; ce peut être un terroriste en puissance qui déguise son but afin de brouiller les pistes. Ils sauraient aussi que tous les moyens d’attentat, notamment low cost, ont été décrits et annoncés et mis en relief; par exemple l’attaque à la voiture bélier ou au camion fou ou à l’arme blanche. Donc, un peu de lecture et de réflexion, au lieu de travailler sur des données informatiques, auraient incité à mettre des plots de béton pour protéger l’esplanade des Anglais…
Si nos édiles municipaux faisaient attention aux signaux faibles et aux terreaux favorables aux déviations des comportements, ils verraient que la culture communautaire-tribale fréquente dans les cités, où les concentrations de populations de cette même culture autorise les palabres et les cris à haute voix dans les cours ou les espaces publics de voisinage, supporte qu’on jette ses déchets dans les espaces publics (on est propre chez soi et sur soi et on s’y moque du reste et des autres), laisse faire les incivilités au nom de la cohésion de la communauté. Il sauraient que les garçons sont des petits rois, qu’ils ont tous les droits, qu’ils n’ont pas besoin d’étudier, que les filles sont à leur service et qu’ils ne sont redevables de leur conduite qu’à leur famille ou à leur communauté. D’où des glissements progressifs des pratiques vers l’incivilité, le contrôle de la vie des autres, à commencer par celle des femmes, la petite délinquance, le racket, les trafics. Toute incivilité ou toute atteinte aux normes de la république (notamment sur la liberté et l’égalité des femmes) devrait donc être surveillée et enregistrée par une police non seulement de proximité mais encore d’immédiateté. On établirait une « FIS » (eh eh, fiche individuelle de suivi). Et, ensuite, à cause de la fragilité des pratiquants de ces choses-là, on obtient la possible mainmise d’entrepreneurs de religion autrement plus dangereux pour la paix dans le pays, notamment lors d’un passage en taule ou par imprégnation en communauté religieuse. Cette conduite du je ne me dois qu’à ma relation avec mon Dieu rappelle le luthérianisme teuton et sa « Bildung » (auto-formation) qui laisse le politique de côté ou s’y soumet au nom d’un repli sur la sphère privée et son salut individuel. On sait à quoi a conduit cette abstention du politique en Allemagne, ce qui avait laissé les mains libres à Hitler comme aujourd’hui à des masses religieuses fanatisées pour Erdogan. Protestantisme et islamisme sunnite sont analogues: chacun a son livre sacré, laissé à interprétation soit par soi-même, soit avec l’aide de prêtres plus ou moins cooptés, envoyés en mission ou auto-proclamés. Et on ne peut pas dire que la religion est étrangère aux extrémismes qui la détournent: Luther a bien aidé à zigouiller les paysans révoltés contre les princes et les anabaptistes et Calvin fait exécuter Jean Servet et asservi Genève; le catholicisme a bien instauré l’inquisition, brûlé les sorcières, conduit des guerres de religion, couvert l’esclavage. En fait c’est le même contenu de fond et l’extrémisme n’en diffère que par les méthodes et la forme tout en puisant dans la doctrine commune pour justifier ses outrances. Toute religion doit être surveillée et doit être interdite d’immixtion dans le champ politique. le faire pour l’Islam n’est donc pas de l’islamophobie; c’est défendre le pacte sociopolitique républicain.
Nos politicards nationaux devraient savoir que laisser faire le communautarisme et ces pratiques culturelles ne peut être compensé par l’enseignement et des valeurs de la république et de la laïcité à l’école. ce n’est pas son rôle et on ne corrige pas un océan de culture différente par une pincée de morale. Ils devraient comprendre qu’on ne peut pas à la fois dénigrer l’histoire du pays, faire de la repentance et demander la fidélité des pièces rapportées à la société. Pourquoi vouloir s’intégrer dans un pays si mauvais, qui, du reste, se montre toujours discriminateur et montre ainsi des relents de néocolonialisme? Ils devraient comprendre que le « droit à la différence » monté au pinacle encourage les comportements opposés au modèle sociétal républicain d’universalité et d’égalité. Ce qu d’ailleurs est contredit par la montée de la précarité, de la pauvreté, des inégalités de fait, des enfermements dans des cités défavorisées. Avant de critiquer (maintenant après y avoir poussé) le communautarisme, ils devraient s’attaquer à ce qui le renforce (par exemple la politique hyper libérale du logement et des transports, la discrimination à l’emploi et les contrôles au faciès, etc.) et conduit à l’entre soi des laissés pour compte.
N’oublions pas que les islamistes ont de bonnes raisons d’en vouloir aux Occidentaux, tant historiques que récentes avec les guerres menées au Moyen Orient par Bush, Tsarko, Flanby et compagnie. Ils attribuent la décadence de l’Islam à la domination occidentale et à ses habitudes dissolues et à l’abandon du vrai Islam des origines, auquel il convient de retourner pour retrouver son honneur et son âge d’or. Mais c’est une ânerie car la décadence de l’Islam a commencé bien avant la montée en puissance de l’Occident. Elle date de la théocratie de la Sublime Porte qui a tué toute aptitude de cette théocratie au changement après 3 siècles de splendeur. la dictature religieuse des sultans turcs a conduit à refuser tout ce qui pouvait la mettre en cause; or le changement crée des évolutions potentiellement dangereuses pour le pouvoir. Dès lors, celui-ci s’y oppose, ce qui explique que la Turquie n’a rien inventé pendant des siècles et s’est contentée d’exploiter ses domaines colonisés, lesquels ont eux aussi été stérilisés. Donc, revenir à la théocratie, c’est retrouver la stérilité et la décadence et non redémarrer.
Et voilà que les socialos reparlent de l’organisation du culte musulman en France. Ce n’est pas le job de la puissance publique. Sa mission est d’empêcher que les religieux nuisent aux libertés privées et publiques et s’immiscent dans les décisions d’intérêt général; son rôle est de repérer et sanctionner les pratiques contraires au vivre ensemble républicain suivant ses lois, ses valeurs et ses normes. Demerden sie sich comme dirait die Grosse Angela. Sinon, il n’y aura plus d’indépendance du politique vis-à-vis du religieux et la laïcité-neutralité de l’Etat par rapport aux convictions disparaîtra. C’est en outre favoriser une religion par rapport aux autres car ces dernières se sont historiquement organisées toutes seules et ont payé elles-mêmes leurs lieux de culte et leurs organismes (écoles, charité…).

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