les armes de la critique

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Présentation du blog

Classé dans : Non classé — 27 juin, 2009 @ 8:50

Le présent blog vise à réfléchir aux événements et questions d’actualité présentés par les faits et discours politiques ou économiques. Il émane d’un socialiste libertaire déjà bien rassis (65 ans), ex-militant syndical (CFDT puis CGT), chroniqueur au Monde Libertaire, intervenant dans http:/divergences.be. Il s’agit de décrypter les choses et d’en dégager la ligne générale derrière les discours plus ou moins mensongers et les pratiques réelles. L’auteur s’appuie sur sur une dizaine d’ouvrages de sciences sociales qu’il a pondus (sans succès) et sur sa bonne vieille expérience d’homme engagé. Le blog reprend  la vieille idée de Marx: substituer à la critique par les armes, les armes de la critique. tant pis si ses propos finiront dans la « critique rongeuse des souris ». L’auteur est un vieux disciple de Proudhon.

Et maintenant, que va-t-on faire ?

Classé dans : politique — 14 mai, 2012 @ 10:20

Flanby a été élu ; tant mieux car on est débarrassé d’un individu dangereux pour les libertés publiques, le droit, la justice et même l’économie. Bling Bling est en effet depuis toujours, malgré ses appels aux mânes de Jaurès, de Blum, du grand Charles, etc. un indécrottable admirateur de la secte néolibérale. Celle-ci est un bien commun des gouvernants libéraux qui assassinent l’Europe à grands coups de stabilité budgétaire, d’austérité, de « règle d’or ». C’était emblématique du couple Merkozy, champions de la politique de « l’offre » qui consiste à restaurer les marges des entreprises en réduisant le salariat à zéro : salaires réduits, flexibilité totale, suppression du droit du travail, laminage des retraites et des droits sociaux, privatisation de ce qui reste de services publics ; dogme de la « concurrence libre et non faussée », des effets bienheureux de la libre circulation des marchandises et des capitaux, stéréotype des effets positifs de la spécialisation de chaque pays dans ses « avantages compétitifs », monétarisme, etc.
Guimauve le conquérant a gagné mais pas encore son parti qui peut redouter les législatives avec convergence du FN et de certains députés UMP de la « droite libérale ». Quel est le programme de fraise des bois ? Les 60 propositions du candidat de la rose sont modérées ; elles vont seulement mettre un peu de guimauve socialiste dans la forêt noire du libéralisme dont tous les processus et dispositifs ou règles sont conservés pieu-sement. Le supplice du pal socialiste sera agréable au début mais ne pourra que mal se terminer car le système libéralo-capitaliste, malgré sa faillite démontrée, va perdurer. Flanby sera coincé entre les écologistes, qui veulent à juste titre une économie sans carbone et sans nucléaire, sans pesticides, sans bagnoles avec économies d’énergie et énergies renouvelables, et le gauche de la gauche qui maintient les saintes écritures marxistes. Or la transition vers l’économie couterait les yeux de la tête en ces périodes d’endettement massif et exponentiel. Plus grave est que comme les pays concurrents ne feront rien (les échecs des conférences sur le climat l’ont montré) afin de conserver leur compétitivité dans la concurrence internationale la France sera isolée et mettra en danger ce qui reste de son industrie (13 % du PIB). Dans la crise actuelle, chaque pays joue en effet en solo, ce qu’avait tenté de contrer Tsarkowitch en s’alliant avec Merkel. C’était le baiser de la mort car l’euro ne profite qu’à la Germanie. Laquelle, bêtement afin de maintenir son avantage monétaire et commercial (40 % de ses exportations sont dans la zone euro et 70 au sein de l’UE), veut punir les cigales : la Grèce (à laquelle elle n’a pas fini de payer les réparations de guerre 39/45), l’Espagne, le Portugal. Ces pays n’en peuvent plus de l’austérité teutonne et ils ne sont pas les seuls dans la mouise : Grande-Bretagne, Irlande, Italie, France, pays Baltes, etc. Flanby se contentera d’un peu de pacte de croissance à l’intérieur du pacte de stabilité concocté en traité européen par Merkozy. Il obtiendra peut être un renforcement de la banque européenne d’investissement (BEI), quelques « euro-bonds » pour financer des investissements d’avenir, une taxation européenne sur les transactions financières, une légère réorientation des fonds structurels européens qui sont d’un médiocre niveau (car le budget de l’UE n’est que de 1 % de son PIB, contre 25 % de budget fédéral aux USA, et 45 % de ce maigre 1 % vont à la PAC). Il n’aura pas de mutualisation de la dette au niveau de la zone euro, ni d’avances ou de prêts de la BCE aux Etats en panne, ni de taxes aux frontières contre les exportateurs déloyaux, ni de réforme sérieuse du système financier, ni d’harmonisation de l’imposition des bénéfices des entreprises, etc. Et cela à cause du chacun pour soi et d’une UE non fédérée et restée une Europe des Etats.
Flanby étant l’héritier du socialisme social-démocrate qui dès 1983 s’est converti au néo-libéralisme, étant déformé par sa formation commercialo-énarchique comme la plupart de ses copains et des pseudo-élites françaises ne pourra ni ne voudra faire grand-chose pour le peuple. Par ailleurs, le reste du monde fera tout pour s’opposer à la fin du libéralo-capitalisme. Que faire alors, dirait Lénine ? Eh bien je préconise la création d’une fédération des pays de l’Europe du Sud ; comme cela, le monde anglo-saxon (utilitarisme, empirisme, égoïsme, individualisme et culs bénits, dollarophone), la dictature libérale chinoise, l’ordo-libéralisme tudesque, etc. auront le sud au cul.
Les Etats Fédérés du Sud Européen (EFSE) auront une monnaie commune, l’eurosud, pour leurs échanges entre eux, chaque pays conservant sa devise propre à l’intérieur d’un serpent monétaire commun permettant des variations des taux de change dans des limites préfixées et révisées tous les 3 mois afin de permettre aux pays les moins compétitifs de se refaire une santé en dévaluant leur monnaie. Cette monnaie sera gérée par une banque centrale faisant des avances aux différents pays et leur consentant des prêts. Les dettes seront mutualisées dans cette EFSE et celle-ci n’empruntera qu’à l’intérieur de ses frontières auprès de ses habitants admis à souscrire aux empruntes publics sans passer par les banques privées. Une grande banque publique et socialisée de financement de grands travaux d’infrastructure ou de transformations des outils de production ou de projets d’avenir (R-D et innovation) sera créée au niveau de l’EFSE. Elle fonctionnera comme la banque du peuple créée par Proudhon. Toutes les combines de la phynance ubuesque du privé seront interdites : LBO, produits dérivés, titrisation des dettes, private equities et hedge funds, opérations spéculatives à découvert, marchés boursiers de gré à gré, spéculation sur les matières premières et les denrées alimentaires ou produits agricoles, placements spéculatifs à court terme les obliger à rester 10 ans dans le pays de destination), usage des paradis fiscaux, etc. Les « évadés fiscaux » verront leurs biens confisqués et leur nationalité annulée ; les artistes expatriés seront interdits de production dans l’EFSE et leurs DVD, films et autres seront taxés comme des produits étrangers.
Au début, l’EFSE vivra en autarcie. Prenons l’exemple de la France. Pourquoi pas l’autarcie ? Y perdrait-on ? Cela dépend de qui serait concerné et de la nature de ce qui serait perdu. Certes, on y perdrait du faux argent en refusant l’idéologie de la seule valorisation monétaire et financière du PIB. Mais il nous resterait les quantités naturelles et objectives de la production sur notre territoire. La France a tout ce qu’il faut : quantités de bons vins et alcools, une énorme quantité de produits du terroir, une grande variété de fromages, des races bovines magnifiques (Aubrac, Charolais, Salers, blonde d’Aquitaine, etc.), des moutons pour la laine, une grande agriculture fournissant de tout, des forêts, des eaux territoriales pour la pêche (à condition de pourchasser par exemple les chalutiers espagnols qui y braconnent et ruinent la ressource), encore une industrie, de l’artisanat, des PME/PMI, etc.
Ce serait plus coûteux, moins productif et moins rentable nous diraient en cœur les libéraux et les économistes. Plus coûteux ? Pourquoi puisqu’on ne compterait que des quantités produites et échangées et non du fric, notamment en créant une monnaie d’échange établie sur la base du contenu de la production (exprimé en temps et en niveau de qualification) en travail incorporé dans les produits. Moins productif ? Et alors, pourquoi faudrait-il continuer à courir après la productivité en comprimant le travail et en stressant les travailleurs ? Certes, il nous manque du pétrole et du gaz, mais il y a la ressource inépuisable des énergies renouvelables et la possible utilisation des algues et de la biomasse pour faire des carburants et des matières transformables en équivalent plastique ou entrants chimiques ; il nous manque certains produits (électronique, électroménager, informatique) ; rien n’empêche d’en refaire chez nous car nous en avons les compétences. On ne les a perdus que pour des raisons de rentabilité et de productivité dans la concurrence internationale axée sur le profit. On perdrait le dynamisme de l’innovation propulsée par le marché et la concurrence ? Rien ne dit que cette fonction sociale ne pourrait pas être assurée par une recherche socialisée valorisant les savants et les chercheurs et libérée des contraintes du profit et des demandes étatiques en faveur du militaire, qui serait d’ailleurs supprimé. On peut honorer et motiver les chercheurs par des avantages en nature et un statut social reconnu comme, du reste, celui des enseignants. On n’aurait plus de produits exotiques ? Mais on en a déjà avec nos territoires tropicaux et on peut y produire (café, chocolat, fruits, etc.) si on laisse de côté la rentabilité exaspérée par la concurrence internationale et la division afférente du travail. On peut faire de très grosses économies de consommations. Par exemple, on peut remplacer le ciment et le béton par des habitations en paille, en pisé, voire en briques de terre (comme dans la splendide ville de Tombouctou), les toits en tuile par du chaume ou de l’ardoise. Les transports en voiture individuelle seront remplacés par les transports en commun dans les agglomérations et par des véhicules « gazogènes » (dont hydrogène par pile à combustible) ailleurs. Les prospectus publicitaires seront interdits et les journaux et livres deviendront électroniques afin d’économiser le papier et les forêts. Je signale qu’à l’heure actuelle la France exporte notre bois en Chine, laquelle nous réexpédie des meubles low cost qui ruinent la filière bois française ! On peut remplacer les textiles synthétiques par la laine, le lin et même le chanvre. On peut aussi miser sur la qualité et la durabilité des produits de façon à décourager le gaspillage et le zapping consumériste par la publicité, laquelle serait interdite. On sait qu’actuellement les industriels font que les produits aient une durée de vie limitée pour vendre ensuite leurs remplaçants. Une économie frugale et économe des ressources non renouvelables peut être mise en place contre l’hyper consommation ostentatoire propulsée par le néo-libéralisme.
En réalité, la question est de savoir qui gagnerait ou perdrait dans l’autarcie. Le peuple n’y perdrait rien si la richesse est exprimée en volume et si la monnaie est calée sur la production dont elle serait le reflet. Cet aspect est parfaitement établi par « l’abondancisme ». Les perdants seraient les spéculateurs, les rentiers, les banquiers, les PDG et autres managers, les assureurs, les journaleux, les experts médiatiques stipendiés, les politicards plus ou moins achetés et surtout vivant sur la bête de la fausse démocratie représentative, bref tous ceux qui bénéficient de la rente financière assise sur rien de concret et n’étant qu’une simple valorisation monétaire des prédations du capital, bref tous ceux qui profitent des inégalités de pouvoir et de situation patrimoniale. Soyons en sûrs, l’argent n’est pas la richesse, il n’en est qu’un signe particulièrement artificiel et manipulable. Il est l’unité de compte de la richesse monétaire qui n’a rien à voir avec celle des biens réels satisfaisant aux besoins des humains. La preuve en est que le PIB mondial n’était que de 60 000 milliards de dollars en 2007 alors que les produits financiers dérivés montaient à 10 fois plus. La valeur purement financière d‘empilement de dettes de dettes, de titres sur titres atteignait donc une somme fantastique mais imaginaire car dépourvue de toute garantie réelle. On peut sans passer et se concentrer sur des biens réels et utiles à tous. Par ailleurs, le PIB n’est qu’un calcul monétaire de la richesse et, en outre, il y compte les nuisances et les dégâts du capitalisme et il oublie les externalités positives apportées par les services et bien publics.
L’autarcie de l’EFSE serait mieux que celle de la seule France. En effet, on aurait alors la puissante industrie de l’Italie, la grande agriculture et la pêche espagnoles, les ressources agricoles et maritimes de la Grèce, les relations du Portugal (ou de l’Espagne) avec l’Amérique du Sud. L’Europe du Sud peut commencer en se suffisant à elle-même et, dans ce cadre, peut cependant installer des rapports privilégiés et coopératifs (au début sous forme de troc) avec le Maghreb, l’Afrique, l’Amérique du Sud, la Turquie, l’Asie (hors pays totalitaires sans Etat de droit, ce qui exclut aussi la Russie).
L’EFSE devrait n’être pas trop difficile à construire. En effet les pays du sud européen disposent de la même culture et sont complémentaires et moins hétérogènes que l’actuelle UE à 28 pays. L’EFSE prendra grand soin de se construire comme union politique fédérale et exclura ce qui a tué l’Europe, à savoir l’élargissement sans frein en vue seulement de la constitution d’un grand marché concurrentiel. L’EFSE est très riche de son patrimoine culturel, de ses sites naturels, de ses bâtiments historiques, de sa cuisine variée. C’est chez elle que la culture occidentale a été forgée, non pas chez les Gibbies ou les Teutons. Bref, l’EFSE est un monde pluriel et commun tout à la fois, monde qui n’a pas besoin des diktats prussiens, ni de l’utilitarisme écossais. Elle n’a pas besoin ni des Huns ni des autres. Ni d’Attila, ni d’Attali.

Dégagez M. Sarkozy de Nagy-Bocsa

Classé dans : politique — 14 avril, 2012 @ 10:50

L’élection du 22 avril va permettre de se débarrasser d’un individu nuisible à tous points de vue. Certes, Hollande n’offre rien de bien attrayant. C’est en effet un politicard blanchi sous le harnais depuis si longtemps. Mais surtout c’est un exemplaire membre du courant libéralo-capitalisto-financier (comme le compassionnel Bayrou de secours) qui a ruiné la planète. Il ne faut pas attendre de cet homme un changement de modèle socio-économique ou politique. Seulement, un peu plus de moralité publique. Mélenchon nous ramène aux illusions communistes et à 1981. On ne peut faire qu’un gros poutou à Poutou qui ranime la flamme trostskarde comme Arthaud. Etc. On a un gaulliste avec Dupont-Aignan, alors que le gaullisme est d’essence étatico-libérale. On n ‘a pas envie de cheminer avec Cheminade. L’écologie est hélas sur le reculoir car les urgences économiques l’on fait remiser au placard. Bref, on ne sait à quel saint se vouer. Mais il y a une chose sûre, c’est qu’il faut dégager TsarKo. Pourquoi ?
Cet individu a détruit les principes généraux du droit et a asservi la magistrature (hors quelques juges pugnaces comme Trévidic ou Van Ruynbecke) à son profit. Sa réélection entraînerait une fantastique progression de la magistrature « couchée » et une inflation de textes sécuritaires en général et en fonction des circonstances.
Cet individu est mouillé dans nombre d’affaires obscures. Il y a l’affaire Karachi à partir de la candidature Balladur en 1995 ; avant il était ministre du budget au nom duquel il a signé l’acte de création de la société offshore Heine au Luxembourg, société boite aux lettres chargée de recevoir et de faire circuler les grosses commissions, voire les rétro-commissions. Il est donc impliqué comme dans la blague sur les œufs au bacon : la poule est concernée, le cochon, lui, est impliqué.
Il est impliqué dans l’affaire Woerth-Bettencourt sur le volet financement occulte de l’UMP ; il est soupçonné de détournement de la loi sur le financement des partis avec la profusion de la création de micro-partis à son service. Il a aux fesses le financement de l’achat de son luxueux appartement de l’Ile de la Jatte à Nanterre. Il a été entouré d’intermédiaires douteux comme Takhiedine, Djouhri, Bourgi. Ce type n’est pas net du tout et le réélire reviendrait à reporter de 5 ans des poursuites judiciaires éventuelles. Il a de l’espoir ; Chiracos a tenu plus de 15 ans.
Cet individu est un spécialiste du discours à géométrie variable en fonction des auditoires et des circonstances. Voyez mes ailes, je suis anticapitaliste et anti-financier, voyez ma peau j’aide les banquiers à ne pas faire face à leurs turpitudes. Voyez mes ailes, je suis pour le peuple contre l’establishment ; voyez mes actes, j’ai favorisé la rente et la richesse. Voyez ma peau, je suis un perdreau de l’année qui n’a pas géré les affaires depuis 10 ans ; voyez mes ailes, je vais prendre un nouvel envol car j’ai changé comme je l’ai déjà promis en 2007. C’est un pro des promesses démagogiques comme pour me zéro SDF dans le rue ou la baisse d’un tiers de la pauvreté. Et il recommence avec le permis de conduire, la taxe sur les transactions financières, la baisse du prix de l’essence, etc. Sa politique est erratique et l’a conduit à se contredire avec notamment la suppression d’une part de sa loi TEPA de 2007. Bref, c’est un politicard clientéliste de la plus belle eau.
Il a accru la dette de 500 milliards tout en essayant de faire croire que c’était dû à la crise alors que celle-ci n’explique que 150 milliards (soit plus 650 milliards de dette) ; dette qui du reste a cru de façon pharaonique sous le gouvernement Chirac auquel il a participé. Et i a le culot de se présenter comme le protecteur de la nation, comme le rassembleur alors qu’il n’ a cessé de diviser en dressant les populations les unes contre les autres, notamment les salariés du privé contre les fonctionnaires.
Sa mentalité est hyper libérale même s’il a prononcé des discours nombreux en sens contraire pour s’attirer les grâces d’une partie de l’électorat. Avant la chute des subprimes en 2007 aux USA, il préconisait le même système d’accession à la propriété et au crédit revolving pour la France. Il ne jurait que par Bush II, il était américanophile comme le montre la réintégration du pays dans les forces de l’OTAN. Il est toujours un disciple d’Israël contre l’émancipation du peuple palestinien. C’était un VRP de la vente des armes françaises, avec réception de Kadhafi, d’Assad à Paris, c’était un soutien de Ben Ali et de Moubarak avant les révolutions arabes.
Normalement, un président élu est transcendé par sa fonction de représentant de l’intérêt général. Il n’a cessé de dégrader l’autorité de la fonction en s’affichant dans les médias avec ses affaires privées, en s’affichant avec ses riches amis, en employant un langage de corps de garde, en massacrant la langue française, en ne privilégiant que le mérite financier. Il n’a pas de dessein pour la France car c’est un libéral invétéré ; or le libéralisme fait tout reposer sur les forces impersonnelles et automatiques du marché, ce qui exclut la notion de projet ; il suffit d’attendre les résultats des forces économiques et financières. C’est de l’empirisme à la petite semaine et à la sauce anglo-saxonne et non du pragmatisme que résume la formule de Proudhon : « la théorie vient de l’action et retourne à l’action à peine de déchéance pour l’agent ».
Ce keum est un menteur pathologique ; par exemple, il a fait croire en 2007 pour les élections qu’il formait un bon couple avec Cécilia alors que celle-ci était déjà avec Attias. Il a eu le culot de se présenter au Pape bien que divorcé 2 fois, lequel pape, du reste, n’aurait jamais dû le recevoir pour cette raison. C’est un type sans ambition pour le pays car il n’a que des intérêts. Ce en quoi il est bien un libéral pur sucre car cette idéologie développe un utilitarisme individualiste généralisé. Dans ce cadre, il n’y a pas d’honneur, de dignité, de morale ; il n’y a que des intérêts. Ainsi, il se présente comme chrétien (le curé est supérieur à l’instituteur) alors que toute sa conduite piétine les valeurs catholiques. Il avait promis le dialogue social mais il n’a cessé de passer en force en violant la loi Larcher de janvier 2007.
Il pratique la fuite en avant, une loi de circonstance chassant l’autre, pour se présenter comme un réformateur alors qu’il fait du surplace avec des réformettes. Par exemple, sa réforme surprise des retraites en 2010 (l’échéance normale était 2013) n’a pas assuré la continuité du système puisque le nouveau régime n’est plus financé à partir de 2018. Il croit que l’agitation remplace la sérénité et le travail de long terme et les réflexions et négociations approfondies. C’est un ludion agité car il raisonne comme un avocat d’affaires : chaque affaire doit être traitée au coup par coup avant de passer à la suivante. C’est du « wait and see » permanent, sans continuité ni projet.
Il se représente comme ayant changé, ce qu’il avait déjà dit en 2007. C’est vrai, il change tout le temps au gré des circonstances et des clientèles électorales à séduire, surtout celle du Front National. Il fait trafiquer les chiffres du chômage et du pouvoir d’achat de l’INSEE dont il s’est emparé. D’ailleurs, il a mis en place un Etat UMP en nommant ses séides et amis à tous les postes de responsabilité de l’administration, à commencer par ceux du service public de l’audiovisuel ou ceux de la magistrature et de la police. C’est un bonapartiste sans scrupule.

Le partage du travail

Classé dans : politique — 20 mars, 2012 @ 12:29

Les socialistes ont inauguré le thème du partage du travail avec la loi sur les 25 heures moyennant 20 milliards d’euros d’exonérations de charges sociales pour les entreprises. Celles-ci en ont profité pour rationaliser leurs méthodes de travail, pour ajuster les temps de production sur toute l’année en fonction des carnets de commande, pour augmenter les cadences et diminuer les temps morts. Des experts disent que cela aurait créé 300 000 emplois (ou permis de conserver)… De quelle nature ? Car en réalité et de façon bien plus large et profonde, le partage du travail (de l’emploi plutôt) ressortit à des facteurs bien différents.
Le 1er aspect de la chose est le partage entre travailleurs employés et chômeurs. Fin 2011, la France recensait 2,8 millions de chômeurs de catégorie 1 (disponibles aussitôt, n’ayant pas travaillé dans le mois précédent et demandeurs d’emplois inscrits ; on sait qu’il y a beaucoup de non-inscrits pour des tas de raison). Passé partout, avec les autres catégories, on obtient en gros plus de 4,5 millions de personnes en sous-emploi. Le chômage ou le sous-emploi sont la 1ère forme du partage du travail. Une 2ème forme réside dans la différence entre emplois stables, à temps complet, en CDI et emplois précaires (CDD, intérim) ou à temps partiel (17 %, essentiellement des femmes à 60 %). Ce ne sont pas les mêmes statuts d’emploi qui sont partagés ; la forme précaire ou à temps partiel (dont les emplois saisonniers) est celle qui entraîne quasiment automatiquement la pauvreté du travailleur (3 millions de travailleurs pauvres). Le modèle tudesque est soi-disant supérieur : il y a 5 millions de travailleurs disposant de « mini-jobs » (à 400 euros par mois, à 5 euros de l’heure voire 2 euros, étant entendu que la Teutonie ne dispose pas d un SMIC national et que le travailleur est forcé d’accepter ce type d’emploi sous peine de perdre l’indemnisation de 358 euros mensuels offerts au chômeur après un an de chômage ; à comparer au 458 de l’ASS française).
Une 3ème ligne de partage concerne la position des personnes en fonction de leur âge. C’est ainsi que les jeunes de moins de 25 ans arrivent à un taux de chômage de 24 % contre un peu moins de 10 pour l’ensemble de la population (il y a pire : 40 % et 20 % par exemple en Espagne). Ceux qui sont largement le plus en emploi sont les 25-55 ans. Au-delà de 55 ans on entre dans l’inactivité des salariés âgés dont le taux d’emploi (chômeurs sur ensemble de la population concernée) après 58 ans est d’environ 57 %. Il faut aussi prendre en considération les heureux bénéficiaires d’un emploi aidé ou en formation ; ils ont la chance de ne plus figurer dans les statistiques.
On peut aussi observer qu’il y a des travailleurs qui ont des heures-sup et non d’autres. Il est évident qu’il y a un partage du travail entre les « insiders » plus ou moins titulaires d’heures-sup et les « outsiders » au chômedu ; les premiers contribuent à refouler les seconds du marché du travail. Certes, les heures-sup apportent de la souplesse dans les plannings eu égard aux charges de travail mais ce n’est pas un raison pour les défiscaliser (loi TEPA de 2007) en partie au coût annuel de plus de 4 milliards d’euros. Nous avons aussi les travailleurs en chômage technique comme variante du temps partiel dans les boîtes en sous-activité. Ils sont indemnisés (par le patron et une aide étatique) à hauteur de 80 % du salaire plein en attendant la reprise du carnet de commandes. La France a consacré 600 millions à la chose et la Germanie 5 milliards en 2008. C’est qu’en Teutonie, les patrons négocient avec les syndicats pour sauver l’emploi. En France, lesdits patrons préfèrent reporter sur la collectivité le coût du chômage ou du sous-emploi.
Le partage du travail est aussi largement lié à l’état des technologies, à la division du travail et au degré de qualification des travailleurs. Il y a une séparation nette entre les agents bien formés et ceux qui n’ont pas de qualification ; or 150 000 jeunes sortent chaque année de l’Education nationale sans le moindre diplôme, lequel est le critère même de la méritocratie à la française. Ce qui se redouble du clivage entre ceux qui sont dans une boîte ou ont un statut collectif (notamment via les conventions collectives de branche) et ceux qui sont isolés, individualisés comme l’essentiel des emplois de service à la personne, emplois facilités par le chèque emploi-service universel (CESU) qui laisse le salarié seul face à plusieurs employeurs individuels éloignés les uns des autres et donnant des horaires entre lesquels le travailleur doit jongler pour essayer d’avoir un salaire raisonnable.
On a aussi le travail au noir notamment avec des clandestins surexploités, ou les « auto-entrepreneurs » qui assument tous les frais tout en étant souvent employés totalement par leur ancien patron qui les a virés pour faire des éconocroques. Le partage porte donc aussi bien sur les statuts des travailleurs que sur la durée de l’emploi. Cela va encore plus loin car il y a manifestement un partage entre les résidents nationaux et les travailleurs de l’étranger via les entreprises délocalisées. La division du travail est mondialisée en fonction de la spécialisation internationale des activités économiques.
En conclusion, tout cela montre bien que la vraie variable de lutte contre le partage inégalitaire du travail réside dans l’industrialisation du pays ou plutôt la ré-industrialisation. Ce n’est pas dans la croissance, surtout si elle est fondée sur la consommation… de produits importés. C’est dans le rééquilibrage de la balance commerciale en produisant dans le pays et en exportant. Le comment y parvenir est une autre question qu’on ne traitera pas ici. Elle passe aussi par une réforme totale des structures de formation de façon que chacun aille jusqu’au maximum de son potentiel (sans préjudice d’une formation générale) et dispose de plusieurs chances de requalification au cours de sa vie active et de ses périodes de chômage. C’est pourquoi très justement le gouvernement a réduit les moyens de l’AFPA…

On ne nous dit pas tout sur la dette

Classé dans : Non classé — 8 février, 2012 @ 12:04

Les mensonges ou omissions sur la dette sont légion de tous les cotés du spectre politique. La droite, parée des plumes de la gestion, ne dit pas que la dette publique était de 900 milliards en 2002, de 1267 en 2007 et de 1780 début 2012. On voit donc que la vertueuse droite en 10 ans a accru la dette publique de 880 milliards, dont plus de 500 sous Tsarkocescu. L’aggravation de la dette n’est pas due à un accroissement des dépenses de l’Etat qui ont diminué de 25 % du PIB en 1990 à 22 % en 2008. C’est dû aux exonérations fiscales…
Mais ce qui est le plus omis, ce sont les raisons profondes de l’accumulation des déficits budgétaires amenant l’empilement incessant des créances étrangères puisque la dette est détenue à 66 % par les non-résidents. C’est l’inverse en Italie. Au japon, ce sont les Japonais qui ne sont pas absents : ils détiennent 95 % de la dette de plus de 200 % du PIB de leur pays. Aux USA, les Ricains en ont 70 %. Les déficits proviennent en partie du caractère déficitaire de la balance commerciale (70 milliards en 2011 après 55 en 2010) qui a plongé sous Tsarkowitch. Car les déficits de la balance des paiements courants sont un appel à des flux compensatoires de fric, en sens inverse, en provenance de l’étranger.
En 2006, Galouzeau avait commandé un rapport sur l’endettement du pays au banquier ( ! BNP) Pébereau. Ce dernier avait chargé la barque en ajoutant à la dette de 1160 milliards le montant cumulé des retraites à verser par l’Etat aux fonctionnaires sur plus de 30 ans, soit 900 milliards. M. Pébereau combinait gentiment un stock à l’instant T avec un flux ! Cela, c’est du calcul sérieux à dire d’expert. Il omettait de soustraire de la dette le montant des actifs financiers de l’Etat, soit 650 milliards à l’époque, ni encore moins les actifs physiques (routes, écoles bâtiments, etc.). En les prenant en compte il se fait qu’en réalité la France a un solde positif de 6500 euros par personne et non une dette ; de surcroît, les Français ont aussi un patrimoine immobilier considérable. Pébereau négligeait l’endettement privé alors que c’est celui-ci qui a plombé l’Espagne et l’Irlande. En France, l’endettement privé est de 120 % du PIB (soit avec la dette publique 200 % de dette). Mais les USA ont 100 % de PIB de dette publique et 175 de dette privée, soit 275 %. La dette privée des GB est de 200 % à ajouter à la publique de 80. Pébereau ne parlait pas de l’épargne française (16 % du revenu) et des avoirs privés des Français ; par exemple 1400 milliards d’assurance-vie (hélas placés à 80 % dans des obligations étrangères) ou près de 400 de livret A. Evidemment car l’idée cachée était d’empêcher que l’Etat ne se tourne vers cette épargne pour se financer, ce qui aurait ôté aux banques le monopole de la chose et aurait nui à son exportation à l’étranger (considérable) ou à son utilisation par les banques pour spéculer. Il n’empêche : il y avait déjà alarme dont Rodotarin 1er n’a pas tenu compte.
Le discours de Duracell 1er consiste à s’exonérer de toute responsabilité au nom de la crise éclatée en 2008. C’est manifestement faux car sur les 500 milliards, seulement 110 sont dus à la crise ; la grosse part provient de l’accumulation des cadeaux fiscaux aux riches et aux entreprises : en gros 100 milliards par an. Le processus de limitation des impôts et d’exonération de charges sociales a démarré sous Jospin et a continué sous l’hipponyme Galouzeau de Villepin (inventeur du bouclier fiscal et de nombreuses niches fiscales) ; il a été aggravé par Zébulon 1er avec la loi TEPA de 2007. On en est à 486 niches fiscales qui coûtent 73 milliards au budget, à 15 milliards de baisse de l’IRPP par an et à 30 milliards d’exonérations de cotisations sociales pour les entreprises. Les multinationales du CAC 40 ne paient que 8 % en moyenne d’impôts sur les sociétés (zéro pour Total) contre 23 pour les PME. En revanche, le peuple a vu augmenter constamment les taxes qui pèsent sur lui en contrepartie des cadeaux fiscaux faits aux riches. Rappelons que Raskoltignac avait promis de baisser les prélèvements obligatoires de 5 % sous sa présidence (on a eu en fait + 4 points sous sa présidence éclairée). Les socialos se font oublier en omettant de préciser que ce sont eux qui ont précipité la France dans la course à la mondialisation commerciale et à la libre circulation des capitaux. C’est le conseiller de Bérégovoy, le sieur Naouri, devenu PDG richissime, qui a lancé les mécanismes de la spéculation boursière en France. Flanby vient d’annoncer sans rire qu’il supprimerait les stock- options reprises en France par Fabius ou DSK.
Mais ne nous y trompons pas : cette baisse vertigineuse des recettes publiques a été voulue par tous les politicards ; son but caché est la « stratégie du chaos » ou la « politique de la caisse vide ». Elle consiste à assécher les sources de financement des services publics afin de pouvoir enfin les sabrer au profit du privé quand il n’y aura plus de fric pour les assurer. On les accusera alors de mauvaise gestion après leur avoir coupé les vivres. C’est pourquoi la crise est pour les libéraux « une divine surprise » : on va pouvoir enfin casser la fonction publique, les fonctionnaires, les hôpitaux, les écoles, etc. pour les faire assurer (dans les deux sens du terme) par le privé et l’argent des consommateurs enfin individualisés et responsabilisés.
Il faut aussi se souvenir des faveurs accordées aux banquiers sous Pompidur (ex-Rotschild) par Valéry Fiscard Déteint : suppression des avances de la banque de France au gouvernement, suppression aussi des prêts d’icelle. ; ensuite, on a accordé aux banques privées le monopole de la souscription-organisation des emprunts d’Etat (avant un quidam pouvait souscrire par exemple auprès des trésoreries générales). L’idée était que les marchés internationaux, bourrés de pétro-dollars et de fonds à placer, prêteraient moins cher qu’en France. Ce fut faux car, avant, l’inflation en France faisait que les taux d’intérêt réels étaient négatifs ou très faibles. C’est d’ailleurs avec les prêts de la Banque de France et une inflation de 8 % que le pays s’est redressé après 1945 et a connu les « 30 glorieuses ». A l’étranger, on était déjà dans la protection du patrimoine rentier sans inflation ou presque et avec des taux élevés (pour sauver le dollar victime de déficits budgétaires très élevés). Enfin la politique du franc fort (de Francfort car notre monnaie était alignée par les socialos sur le mark) fit monter le taux de change du franc puis de l’euro. Ce taux de change unique, en face de pays très différents, fait que l’euro est surévalué de 20 % pour la France et sous-évalué d’autant pour l’Allemagne. Résultat : les gouvernements ont payé très cher les emprunts, ce qui d’après certains économistes, a créé 900 milliards de dette depuis 1985, soit la moitié des 1800 de début 2012. Ce fut très bien pour les riches qui mieux munis par la grâce des baisses d’impôt souscrivaient aux emprunts et donc touchaient deux fois (moins d’impôt, plus de rente). Dans cette dette « odieuse », il faut enregistrer les stupéfiantes commissions que touchaient les banques pour placer les emprunts. Il faut savoir aussi que les banques empruntaient à très faible taux réel auprès de la banque centrale pour prêter bien plus cher ou spéculer avec effet de levier (en empruntant l’essentiel du montant de la spéculation). Vous voyez, c’est facile la finance quand le pouvoir facilite au maximum ses exactions par socialisation des pertes et privatisation des profits. Evidemment, Chamallow, dit aussi fraise des bois ou guimauve le conquérant, ne nous dit rien de ces merveilles et n’a pas dit qu’il y mettrait fin. Il n’a rien dit sur la suppression des LBO (achat d’entreprise par effet de levier) autorisés par DSK…
Une grosse part des déficits, donc de la dette, est liée à la mondialisation commerciale. D’une part, les multinationales ont beaucoup délocalisé dans les pays low cost pour augmenter leurs marges, d’autre part les distributeurs et les industriels sont allés se fournir dans ces pays. Résultat : une désindustrialisation du pays passé en 15 ans de 25 % de pays dans l’industrie à 14 aujourd’hui. Il en résulte un chômage structurel qui mine les comptes de la protection sociale et des aides d’Etat aux plus défavorisés et augmente donc les déficits des comptes sociaux. Notons cependant que les délocalisations ne sont directement responsables de pertes d’emploi que dans de faibles proportions. Mais il faut prendre en compte les volumineuses pertes indirectes : chez les sous-traitants, dans les activités de service associées, chez les producteurs locaux dont les produits ne peuvent concurrencer les marchandises et les produits agricoles importés. Le cumul des choses a été dévastateur pour l’emploi et la balance commerciale. A laquelle il faut ajouter la balance des paiements, ce qui prend en compte le solde des revenus financiers (par exemple, les sommes envoyées au pays par les immigrés ou les dividendes ou les royalties) et des flux financiers (sorties ou entrées de capitaux). Les socialos étaient en 1983 très contents d’emprunter à l’étranger notamment pour le programme nucléaire ; cela faisait des entrées de fric rendant positives la balance des paiements… mais à court terme car le service de la dette (intérêts et amortissements du principal) fonctionne en sens inverse. C’est la même astuce que pour les partenariats sarkozystes public/privé : on évite de payer l’investissement en le finançant par la dette mais on verse un loyer exorbitant et sur 30 ans qui grève les déficits annuels. En fait, cela coûte plus cher et ne fait que diluer la progression de la dette dans le temps.
Or, je ne le dirai jamais assez, c’est la valeur ajoutée de la production consommée en interne (notamment par les touristes) ou exportée et des autres exportations (de services financiers ou d’ingénierie, par exemple) qui permet de payer tout le reste : fonctionnaires, soins de santé, logement, coiffeur, cinéma, loisirs, alimentation, retraites, etc. Cela donne ce que j’appelle la production primaire source des autres revenus. Les loisirs, les services à la personne comme le petit commerce ou l’artisanat procurent la production et le revenu secondaires financés par le niveau primaire ou premier. Le PIB mélange donc des carottes et des lapins. La dette, d’ailleurs, devrait être rapportée au PIB primaire et non à sa totalité. Ce qui est important, c’est de voir que c’est le primaire qui origine les excédents de la balance commerciale et la part structurelle de la sacro-sainte croissance. Donc, tant que la capacité industrielle primaire du pays n’est pas restaurée, la dette ne peut que croître et embellir via la compensation des déficits commerciaux par des arrivées (d’emprunt) dans la balance des paiements. On attend que les gouvernants, seraient-ils socialistes, arrêtent cette sarabande.

Ah Ah Ah, plus de triple A

Classé dans : Non classé — 18 janvier, 2012 @ 12:27

On l’annonçait pour avant Noël, c’est fait et l’Association des Amis de l’Andouillette (de Troye : un cheval, une alouette) est contrite. Le Sarkopte (parasite acarien qui provoque la gale) avait tout misé sur la conservation du triple A et voyant la catastrophe arriver, malgré les n + 1 plans merkozyens de sauvetage de la zone euro, a eu le culot de dire que ce n’était pas important : Baroin a proclamé que c’était comme de passer de 20 à 19 pour les notes d’un écolier. Objections, M. Tsarko ; c’est le début de la fin pour la France « rance » ou « moisie » et la zone euro. Standard et Poors, le notateur, dit clairement que les plans de sauvetage et le fonds européen de stabilité financière (FESF) sont de la roupie de sansonnet ; par ailleurs, la Grèce replonge parce que les banques privées ne veulent pas abandonner 50 % de leur créances en obligations grecques comme cela était prévu par Merkozy. En prolongement avec le dernier accord de sauvetage, la BCE a largué 485 milliards d’euros à 1 % sur 3 ans auxdites banques européennes pour refaire leurs liquidités afin de financer l’économie ; savez-vous ce qu’elles en ont fait ? Elles les ont replacés à la BCE pour 0,25 % ! Car elles ne se font pas confiance entre elles (plus de crédit interbancaire à court terme) et ne veulent plus acheter des obligations étatiques. Mal creusé vieilles taupes, Angela et l’homme au top, Tsarkozy. Ainsi au 4ème top, la chouette de Minerve sortira. Mais ne nous y berlurons pas, la note n’est rien ; ce qui est gravissime, c’est la déréliction de la zone euro parce que les fondamentaux de moult pays européennes ne sont pas bons par suite des politiques d’austérité : croissance négative, chômage exponentiel, déficits commerciaux affolants, dette explosant, etc.
Le dernier emprunt de Sarkozy, le sarkome, s’est fait à 3,055 de taux d’intérêt soit 1,30 points de plus que pour la Teutonie (le spread, dit-on, ou écart de taux est de 130). L’Italie emprunte à 7 %, l’Espagne à 6, la Grèce en est à 30 ! Ces taux sont insoutenables. Par ailleurs, les politiques d’austérité minent la croissance de chaque pays et, par effet de système, celle de l’ensemble de la zone euro, ce qui fait que les déficits budgétaires vont s’accroître au lieu de diminuer, faute de rentrées fiscales par suite de récession économique. C’est ce que sanctionne Standard and Poors : les politiques d’austérité généralisées en zone euro amènent une récession sévère, accroissent les déficits et la dette qui devient non remboursable. Du reste, c’est déjà le cas de la Grèce qui est en dépression économique et dont la faillite est maintenant patente. Or cette faillite creusera des trous énormes dans les capitaux propres des banques (d’où la demande par le FMI qu’elles soient recapitalisées) par perte de valeur de la dette qu’elles détiennent et par le jeu des CDS (assurances sur la dette) qu’elles devront honorer ainsi que les compagnies d’assurance. En attendant le défaut du Portugal, de l’Espagne et de l’Italie. Les fonds du FESF (440 milliards déjà bien mités par la Grèce, l’Irlande et le Portugal) sont d’ores et déjà très insuffisants pour faire face à de nouvelles difficultés de pays aussi gros que l’Italie et l’Espagne.
Or la France, avec l’Allemagne, est le principal garant du FESF, ce qui entraîne pour notre pays une dette supplémentaire d’au bas mot 20 milliards. C’est pourquoi la baisse de note de la France a amené celle du FESF. L’enjeu de la dégradation de la note française est que pour emprunter les 180 milliards nécessaires en 2012 (renouvellement des emprunts existants et nouveaux emprunts pour couvrir le déficit budgétaire récent) il faudrait payer plus de taux d’intérêt (ce que pourtant l’emprunt du 16 janvier à hauteur de 8,5 milliards n’a pas encore montré). On le verra tantôt puisque la France doit aussi lever 7 milliards le 19 janvier 2012. Or le taux de la dette publique gouverne les autres taux ce qui poussera les banques à augmenter les taux des crédits aux particuliers et aux entreprises et à raréfier le crédit en direction des emprunteurs les plus solvables ; d’où une baisse des investissements, de l’immobilier et de la consommation. Ce qui est une cause de récession au même titre que l’austérité gouvernementale. Par ailleurs, les banques vont voir leur fonds propres beaucoup baisser (elles détiennent beaucoup d’obligations de dette publique en Europe) au moment même où on exige d’elles un ratio de 9 % de ressources propres en regard de leurs engagements (mise en place des accords de Bâle III au 30 juin 2012) ; elles vont donc restreindre le crédit car elles se débarrassent des actifs toxiques (obligations pourries d’Etat), ce qui diminue leurs propres actifs eux-mêmes écornés par la chute de leur capitalisation boursière (valeur de leurs actions). C’est encore une raison de restriction des prêts. La situation s’est beaucoup aggravée depuis 2009 à cause des atermoiements et palinodies des politiciens européens : trop peu et trop tard, faute d’entente entre gouvernements malgré les multiples plans de sauvetage de la zone euro concoctés par Merkozy. Les gouvernants ne songent qu’à sauver l’euro et non pas les peuples qu’ils condamnent à la rigueur sans fin. Pourquoi cet entêtement dans l’erreur ?
C’est qu’ils n’ont en rien renoncé, en dépit de beaux discours contraires notamment de la part de notre menteur de chez menteur, aux vertus du libéralisme et du monétarisme ; ils ne veulent pas revenir sur la libre circulation mondialisée des capitaux et cela sans contrôle ni sur le libre-échange sans protections qui sont la doctrine de l’Europe, l’idée étant de créer une cage de fer commune dans laquelle chacun devait se disputer les marchés. Pour l’aspect monétariste, il s’agit de la croyance en la neutralité de la monnaie par rapport aux échanges et à la production, monnaie qui, en outre, n’évoluerait à la baisse que par suite de l’inflation des salaires et des prix des biens (d’où la surveillance du seul taux d’inflation par la BCE pour assurer la stabilité de l’euro ; aucune surveillance sur les actifs financiers et immobiliers, aucune prise en compte des dettes privées des banques, des promoteurs, des entreprises et des particuliers, dettes privées astronomiques en Espagne et en Irlande, aucune surveillance du crédit, qui pourtant est une création de monnaie en volume infiniment supérieur à celui créé par les banques centrales !). L’euro surévalué d’au moins 25 % par rapport au dollar (et aux monnaies indexées sur celui-ci) a aggravé les choses car une monnaie unique, alors que les structures économiques (et autres) des différents pays sont divergentes, n’a fait qu’accentuer lesdites divergences bien que les concepteurs de l’euro aient assuré qu’il pousserait à la convergence des économies. L’idée était qu’un taux de change unique faciliterait les transactions (pas de risque de change et baisse des coûts de transaction dans les échanges) et amènerait une heureuse spécialisation de chaque pays dans ses avantages compétitifs. Or les taux d’inflation nationale (la BCE interdisant plus de 2 % d’inflation pour la zone et non pour les Etats qui cependant devaient converger en la matière) étaient asymétriques. Par exemple, la France avec sa haute natalité a un taux structurel d’inflation supérieur à celui de la vieille Allemagne. Or la monnaie unique a offert la possibilité aux pays inflationnistes d’emprunter à bas taux, d’où l’endettement immobilier en Espagne et budgétaire en France. Or, si l’euro a cassé la spéculation sur le taux de change, en réalité celle-ci s’est reportée sur les taux d’intérêt des emprunts publics ce qui fait la crise actuelle des dettes publiques et qui entraine dans la foulée une crise de liquidité (chez les banques et pour le crédit).
Comme les économies étaient différentes, il aurait fallu une solidarité budgétaire entre pays avec des aides des riches aux pauvres et des transferts importants ; or le budget riquiqui de l’Europe (1% de son PIB contre 25 aux USA) interdisait ces transferts et par ailleurs les riches (l’Allemagne, les Pays-Bas…) ne voulaient pas payer pour les autres, de même que le Nord de l’Italie ne veut pas payer pour le Sud et les Hauts-de-Seine pour Sr-Denis. Qu’est-ce qu’une nation soi-disant unie si les régions aisées ne subventionnent pas les déshéritées ? C’est le problème numéro 1 : il n’y a pas de fédération européenne du tout et, du reste, les gouvernements européens ont tous joué la carte du nationalisme local au sein d’un conseil européen fonctionnant sur la base de l’unanimité pour les décisions essentielles. Du coup, chaque pays a essayé de jouer solo y compris contre les autres et a refusé toute harmonisation fiscale, sociale, budgétaire, industrielle, etc. Le pire a été l’Allemagne qui a en 2004 a mis en place une politique de désinflation compétitive (TVA sociale de 3 points, austérité salariale, lois anti chômeurs et anti protection sociale). Par ailleurs, elle a joué sur son ex lebens raum (les ex-pays de l’Est et de l’Europe centrale auxquels l’UE a été élargie sans approfondissement) en y délocalisant sa production et en y exportant sa technique très productive. Résultat : du « made by Germany » (et non in) à bas coût conjuguant une haute productivité avec de très bas frais de main d’œuvre. Du coup, l’Allemagne a piraté les marchés de ses voisins et a contribué à leur désindustrialisation accélérée (notamment la France passée en 10 ans de 23 % d’industrie dans son PIB à 14). Les Tudesques disent aux autres soyez vertueux comme nous et exportez ; idiotie car dans la zone euro tout le monde ne peut pas avoir une balance commerciale excédentaire en même temps. Il faudrait exporter à l’extérieur de la zone, ce qui est impossible compte tenu des différences de coûts de production (très faibles salaires ailleurs et productivité équivalente par suite de la délocalisation des techniques européennes).
Ce qui nous amène à la vraie raison de la crise, cause fondamentale ignorée par les gouvernants libéraux, Tsarko en tête. C’est l’absence de croissance due à un euro trop fort (de 25 à 30 %), aux différences de compétitivité par rapport aux pays émergents (énormes et ce n’est pas une TVA sociale à 3 points de plus qui compensera l’écart) et à la spécialisation internationale de la production qui a fait disparaître d’Europe un tas d’industries manufacturières par suite de la recherche de rentabilité maximale par les multinationales délocalisatrices et par les distributeurs achetant dans les pays low cost des produits bon marché mais vendus bien au dessus de leur prix (toutefois inférieur à celui des productions locales) pour dégager de la marge. C’est donc le début de la fin qu’annoncent les agences de notation et la hausse des taux d’intérêt. Est-ce que la zone euro tiendra jusqu’en avril 2012 ? Tsarko espère, in petto, que non car la crise une fois vraiment éclatée le transformera en sauveur de la nation. La France reconduirait alors à la magistrature suprême celui qui a aggravé notablement sa situation avec les cadeaux fiscaux faits aux riches dès 2007 ! Celui qui, aussi, a participé à la déréliction des fiances publiques sous la 2ème présidence Chirac dès 2002. Las, les socialos sont aussi des responsables majeurs de la fuite en avant française vers l’hyper libéralisme financier et commercial depuis 1983. Oremus, bien chers frères.

La société de défiance

Classé dans : Non classé — 27 décembre, 2011 @ 12:12

Les libéraux se targuent de prôner une « société de confiance » comme l’écrivit, years ago, le gaulliste Alain Peyrefitte; c’est amusant parce que toute leurs théories, de même que les faits, démontrent le contraire. Prenez, par exemple, les pratiques et les discours de Tsarkozescu. Tout y est fait pour encourager le conflit, l’opposition, la rivalité, la lutte des classes les unes contre les autres, la décomposition de la société en groupes hostiles les uns envers les autres. Ce n’est que de l’électoralisme consistant à se dire que, en cas de groupements en lutte, le prince est le sauveur, le pacificateur, le petit père de la nation. Actuellement, qui plus est exacerbée par Tsarkowitch, la défiance est partout : les jeunes contre les vieux, les pauvres contre les « assistés », les gagnants qui réussissent contre les perdants responsables de leur sort, les banlieusards contre les riches habitants du centre-ville, les « bons français » contre les immigrés, les « racailles » et les clandestins, les aisés des classes moyennes supérieures contre les prolos, les travailleurs ou les entrepreneurs contre les rentiers, les banquiers et les financiers, les politicards contre les citoyens, les avocaillons d’affaires contre les diplômés des grandes écoles, les Français contre l’Europe allemande et maintenant les Anglais, les Turcs contre les Arméniens, les PME contre les multinationales, les fonctionnaires contre les salariés du privé, les syndiqués contre les inorganisés, les juges contre les flics, les proviseurs contre les enseignants, les gestionnaires d’hôpitaux contre les soignants, l’Occident contre les autres cultures, etc. Ainsi, via cette politique et la crise, la méfiance est partout, à commencer chez les banquiers qui ne trouvent plus à se refinancer et qui soupçonnent les emprunteurs. Cependant la méfiance concerne au 1er chef les politicards et les « médiateux » qui, tous, bourrent le mou au peuple qui les répudie. Le taux d’abstention et de non-inscrits sur les listes électorales le confirmera tantôt.
Mais Tsarko n’est qu’un suiveur de la thèse dominante du libéralisme, à savoir celle de l’individualisme, de l’égoïsme et de l’utilitarisme foncier de la nature humaine ; cette prétendue constitution anthropologique des hommes, et par le mot homme j’embrasse toutes les femmes, contient la méfiance car dans les relations sociales chacun se demande quel est son intérêt à poursuivre égoïstement et prête le même dessein à son vis-à-vis. C’est pourquoi, le libéralisme postule des lois répressives et la police pour contenir les envies mutuelles, résoudre les conflits, punir les violents et les tricheurs. L’autre théorie libérale, ignorée et éliminée par les libéraux à la sauce Tsarko, est celle de la bienveillance, de la sympathie, de la réciprocité dans les relations intersubjectives (Rousseau, Smith, etc.). Ce qu’il y a d’étonnant c’est que le courant dominant du libéralisme continue de faire du contrat l’alpha et l’oméga des relations sociales rabattues sur les commerciales. Or le contrat suppose la confiance et la morale sinon pour acquérir ce que l’on veut la force suffirait, le vol serait préférable et plus rapide. C’est pourquoi la prison est la gardienne en dernière instance de la pacification de la société. La société libérale contient donc le conflit et la compétition comme la nuée l’orage. Alors se pose la question de ce qui peut encore permettre de faire société. C’est la notion de justice mais à la sauce libérale ; la justice consiste seulement en une égalité strictement juridique de considération ou de dignité à base de droit de faire ce que l’on veut si cela ne lèse pas le voisin (« liberté négative »). La justice ne va pas jusqu’à accorder des droits réels d’action, ce qui implique les moyens correspondants ; il n’y a que des possibilités juridiques à condition de se débrouiller tout seul avec ses propres moyens. Dans ce cadre, la justice consiste à récompenser le mérite par opposition au manque de qualité des perdants de la compétition sociale.
Mais qu’est-ce que le mérite ? Depuis longtemps chez les libéraux, c’est la réussite matérielle bien avant toute autre chose comme l’honneur, le dévouement à l’intérêt général ou à une noble cause, le respect des autres, le travail bien fait, la dignité de la conduite (le sentiment de honte a disparu, par exemple quand on voit des politicards condamnés pour des malversations revenir sans vergogne réoccuper le haut du pavé), etc. On a là un exemple des raisonnements circulaires qui caractérisent le libéralisme : j’ai réussi, donc je suis méritant ; je suis méritant donc je vais réussir. L’argent, la richesse, le patrimoine sont devenus les signes de la réussite. Celle-ci, méritée par construction, permet à la fois de culpabiliser les perdants et de justifier ma position sociale. Tant pis si la réussite a été acquise par des voies malhonnêtes ou immorales ; ce qui compte, c’est de pouvoir l’afficher. Du reste, n’avoir pas une Rolex à 50 ans est un signe manifeste d’échec et de nullité. M. Tsarko a même clairement dit que devenir président (sommet de la réussite politique) n’était pas son ambition dernière, laquelle est de devenir riche ultérieurement. Mériter, c’est pouvoir montrer en spectacle : yacht, superbe villa, montres de luxe, super autos, belle femme, maîtresses, nombreux amis de « classe de loisir », etc.
Et pour montrer combien le mérite est la 1ère vertu de son régime, Duracell 1er a quasiment supprimé les droits de succession ou de donation de telle sorte que désormais l’héritage fait la réussite personnelle. On revient au début du 19ème siècle où les inégalités de fortune étaient considérables à cause de l’absence d’un impôt progressif sur le revenu et de faibles droits de succession. C’est pourquoi la défiance envers les politicards de tout poil s’étend car les laissés pour compte ont bien vu que le respect qui leur est dû est négligé et que la justice, même cantonnée à l’égalité des chances, a été torpillée par le pouvoir, avec emballement de cette politique sous Tsarkowitch. Or le sentiment d’être traité avec une égale considération, ce qui est la base même du vrai libéralisme, est le ressort de la confiance, laquelle est elle-même la source de la coopération et de la solidarité entre acteurs sociaux. La coopération est interdite par la domination alors que celle-ci est le ressort même du tsarkozysme qui ne conçoit les relations sociales que sur le modèle de la hiérarchie, de la lèche par les féaux, de la soumission ou de l’éviction des infidèles, du flicage, de la répression législative et inflationniste ou policière.
La société de défiance, de jalousie, de rivalité est inéluctable en régime libéralo-capitaliste. En effet, cette configuration sociopolitique comporte l’inégalité, l’injustice, l’enrichissement sans cause pour certains en regard de la pauvreté et de la précarité des autres. Cela résulte de la mise en concurrence des pays et des travailleurs entre eux sous la trinité de l’idéologie du (faux)mérite, de la force du pouvoir en tant que fondé de pouvoir du capital, de l’absence de limites (physique, financière, économique, morale) du capitalisme d’accumulation incessante de production souvent inutile et de fric. L’avidité et la rapacité des laudateurs de ce système sont sans bornes et, d’ailleurs, cela a été théorisé : l’économie ne s’occupe pas de morale ; le pouvoir politique est neutre vis-à-vis de toutes les conceptions du bien et de la vie en société, hormis, évidemment celle que véhicule le libéralo-capitalisme : individualisme effréné, utilitarisme, égoïsme, valeur supérieure de la concurrence sur tout le reste.

Compte rendu de l’essai : « Le capitalisme c’est le vol » par jacques Langlois, Editions libertaires

Classé dans : politique — 25 décembre, 2011 @ 11:48

Ce livre a pour but d’aider le lecteur à comprendre le fonctionnement pratique du capitalisme, de la finance mondialisée et de la logique générale de gestion des entreprises dans le monde moderne. Il est écrit de façon lisible et avec humour. Il fait le point sur la situation et les processus concrets tout en dévoilant l’incertitude de leurs théories justificatrices. L’auteur explique comment la crise actuelle est arrivée et par quels processus. Cette crise est gravissime et bien plus dangereuse que les crises récurrentes qui animent le capitalisme depuis toujours et encore plus depuis la libéralisation totale de la finance et du commerce il y a 30 ans. Ce qui a conduit aux désordres, déséquilibres et spoliations actuels et aggravés des peuples.
Le livre s’attache à « déconstruire » les concepts de base de la théorie économique libérale. La rareté, l’utilité, l’offre, la demande, la « loi de l’offre et de la demande », le marché autorégulateur, les bienfaits « de la concurrence libre et non faussée » sont à la fois des idées très discutables contredites par les faits. Ainsi, la théorie de « l’équilibre général », pour laquelle les « marchés sont efficients » quand ils sont concurrentiels, est fausse car, précisément, les entreprises capitalistes recherchent toujours le monopole et le maximum de marge. La loi offre/demande suppose que si les prix augmentent la demande baissera. Or, dans la finance, c’est le contraire : plus le prix des actions monte, plus la demande croît et devient spéculative. Fausse aussi est la théorie de la spécialisation profitable pour tout le monde ; en réalité elle aboutit à des concentrations et ruine les industries des pays les moins compétitifs. De façon générale, le libéralisme est fondé sur le primat de l’égoïsme et sur l’individualisme atomistique de la société réduite à une collection de petits pois en concurrence sauvage. En outre, il remplace la décision par des mécanismes automatismes sans projet et le court-terme.
Ensuite le fonctionnement, en régime capitaliste, de la propriété (notion de base aussi très relative) des moyens et ressources, du travail toujours exploité vers le moins-disant en tout domaine, de la division du travail en vue de la compétitivité par tous moyens au profit des patrons, des taux déments de rentabilité recherchés par les capitalistes, de l’accumulation sans fin et nuisible du capital surtout financier, des illusions quantitatives et nocives de la croissance, de l’épargne consacrée à la spéculation plutôt qu’à l’investissement (moins rentable), de la monnaie et du crédit monopolisés par les banques, etc. est pervers et induit des déséquilibres et des prédations structurels.
Ces derniers sont créés en permanence par le capitalisme productif et financier : le noyautage de la concurrence par les plus puissants (concentration, monopolisation), la désindustrialisation du Nord au profit des délocalisations dans les pays les moins-disant en toutes matières, l’impossibilité de s’industrialiser pour la plupart des pays du Sud, les crises de sous-consommation à cause de la faiblesse du pouvoir d’achat des travailleurs, les méfaits du crédit à outrance pour compenser cette faiblesse, les krachs financiers dus à la spéculation et supprimant brutalement la liquidité du crédit et des actifs, les excédents commerciaux des pays compétitifs qui sont les déficits des autres, compensés par des emprunts en sens inverse, le chômage et le sous-emploi permanents, la croissance de la pauvreté, de la précarité et des inégalités, les limitations de la protection sociale et du droit du travail, la baisse de la part du salariat dans la valeur ajoutées, la destruction de la planète.
Ce travail de destruction de la société civile et de la nature est justifié par des outils idéologiques : la prétendue rationalité utilitaire et calculatrice du capitalisme, le caractère partiel et partial des moyens d’information et de gestion (comptabilité, statistiques, etc.), l’ approche purement quantitative des buts ou activités des entreprises, de l’économie privée et même publique ; les appareils de communication, de publicité, de propagande en faveur des écritures libérales (dont les « think tanks », les journaux et les facultés d’économie). L’auteur énonce les non-dits et les déformations de l’idéologie justificatrice du capital : le droit réduit au contrat, la justice transformée en récompense du mérite individuel et de la responsabilité et revenant à la charité, les biens et services publics privatisés pour étendre la sphère du profit contre l’intérêt général, les impôts reportés sur les pauvres et les classes moyennes, les retraites laminées sous des raisonnements fallacieux, l’ignorance des besoins d’industrie locale et de justes taxes pour financer les « frais généraux » de la nation (services publics, protection sociale). Enfin le livre examine la partialité et le « réductionnisme » des agrégats macro-économiques au nom desquels l’économie est pilotée par la technocratie : PIB purement monétaire et quantitatif, balance commerciale sacralisée, taux d’inflation ou de change manipulé, truquage des statistiques du pouvoir d’achat, dette soi-disant astronomique). La conclusion synthétise la logique du capitalisme, qu’il soit financier ou non : accumulation forcenée d’argent au profit de quelques uns.

Tsarkozescu a sauvé l’euro

Classé dans : politique — 16 décembre, 2011 @ 12:25

Lors du sommet européen, last week, Tsarko et Merkel ont fait avaliser un projet de « traité intergouvernemental » censé résoudre les problèmes de la zone euro et de l’UE. 26 pays sur 27 se proposent de faire ratifier cet accord chez eux; les Gibbies ont refusé parce qu’ils refusent que l’UE prenne des dispositions anti spéculation financière alors que 15 % du PIB de leur pays en provient via les nombreux paradis fiscaux toujours actifs qu’il abrite. C’est encore réussi puisque très rapidement après ce 3ème plan de sauvetage l’euro plonge, les titres bancaires baissent lourdement et les bourses continuent leur volatilité orientée à la baisse. Par ailleurs cet accord n’a aucune chance d’être ratifié, à commencer en France où il faut une majorité des 3/5èmes pour modifier la constitution ; or avec la récente majorité PS au sénat Tsarko ne les aura pas. Et même si le traité était avalisé (avant juillet !), cela serait bien trop tard pour les marchés financiers. Pour des intérêts électoralistes, Matamore II torpille la construction européenne. En effet, avec Merkel il s’appuie sur le conseil des chefs de gouvernements, aréopage de division, de nationalisme et de compromis à géométrie variable, au détriment de la Commission et du parlement européens qui, eux, représentent la communauté en tant qu’espace relativement fédéral. Mais le but du traité intergouvernemental n’est guère là : il s’agit de permettre à Tsarkowicth de se présenter comme un sauveur et un protecteur aux yeux des Français. Et de gêner Flanby qui refuse la règle d’or et veut renégocier un traité qui pourtant n’existera pas en mai 2012 ; il suffirait déjà de ne pas le faire ratifier.
L’objectif premier dudit accord est de graver l’ex-pacte de stabilité financière, jusqu’à présent pourtant non respecté, dans le marbre de façon que les budgets déficitaires des membres du club deviennent un cas rare (il y aura des tolérances en cas de difficultés spéciales). La règle d’or de l’équilibre budgétaire sera inscrite dans les constitutions comme cela est déjà fait chez les Teutons et les Ibères. Au passage cela permet d’accuser les socialistes qui la refusent (avant les élections de 2012) d’être des irresponsables et de refuser « l’union sacrée » à la sauce Tsarko. Les budgets européens seraient soumis ex ante à l’aréopage des chefs de gouvernement (et non à la technocratique grosse commission de Barroso), ce qui est pour Zébulon 1er une avancée démocratique comme si les chefs de gouvernement étaient légitimes… pour évacuer les déficits il est clair que les pays se lanceraient dans des politiques d’austérité avec les bons résultats qu’on apprécie en Grèce, au Portugal, en Irlande et en Espagne (l’austérité entraîne la récession et finit donc par augmenter les déficits faute de rentrées fiscales). Il s’agit donc bien plus d’un pacte de rigueur supporté par les peuples que d’un pseudo pacte de stabilité. Pacte déjà insane car, avec son existence depuis Maastricht et suivant, des pays aujourd’hui en crise gravissime comme l’Irlande ou l’Espagne étaient dans les clous (déficit inférieur à 3% du PIB, dette inférieure à 60). En effet, comme maintenant avec la règle d’or on ne s’occupait pas de la dette privée, ni de l’inflation immobilière ou boursière (la BCE ne visait que l’inflation salariale soupçonnée d’être la seule cause de la hausse des prix).
Un Mécanisme Européen de stabilité (MES) sera créé dès juillet 2012 (au lieu de 2013) pour garantir les émissions d’emprunt des pays en difficulté sur les marchés (taux d’intérêt très élevé comme les 7 % actuels de l’Italie). Ce fonds est doté de la somme « énorme » de 80 milliards, à comparer à la dette italienne de près de 2 000 et aux quelques 300 qu’elle doit lever chaque année pour payer le service de la dette et remplacer les emprunts échus (France : 180 pour 1 700 de dette cumulée aujourd’hui). Rappelons que le plan précédent prévoyait 1 000 milliards alors que le FESF (Fonds européen de stabilité financière, remplacé par le MES) n’avait plus que 250 milliards en caisse. Mais c’est la même combine : garantir des emprunts bien plus volumineux grâce à une sorte de CDS dont on connait bien les vertus et jouer de l’effet de levier (emprunter par exemple 1 000 avec 100 d’apport personnel). On est ravi d’apprendre que les banques ne seront plus victimes d’une dépréciation des obligations publiques qu’elles détiennent. Par ailleurs elles pourront se financer à court terme auprès de la BCE au tarif d’ami de 1 % tout en pouvant acheter des titres publics rapportant plus de 4. Banques qui du reste liquident leurs vieilles obligations étatiques ( sur le marché d’occasion ou marché secondaire, avec pertes mais pour éviter des pertes encore plus grandes) pour en acheter de nouvelles (à l’émission ou marché primaire) au taux d’intérêt bien plus élevé et davantage garanties par les Etats. La zone euro va aussi apporter 250 milliards (comment et d’où vient le fric ? mystère et boule de gomme) au FMI pour que celui-ci puisse prêter aux Etats en difficulté. Belle manip. Qui permet de contourner l’interdiction (officielle) faite à la BCE d’acheter de la dette d’Etat.
Le projet parle essentiellement de coordination des politiques budgétaires et fiscales (convergence des fiscalités). Rien sur les politiques commerciales, industrielles, sociales… Or la crise provient de l’hétérogénéité en ces matières avec une monnaie unique pour des pays très différents et jouant en solo pour maximiser leurs avantages compétitifs au détriment de leurs voisins. Une monnaie unique suppose un budget fédéral très conséquent à l’instar de celui des USA (25 % du PIB, à comparer au minable 1% de l’UE) et des transferts budgétaires importants entre pays différents pour soutenir les plus faibles en taxant les autres. La crise émane des déséquilibres des balances commerciales, certaines étant excédentaires, d’autres, en compensation des 1ères, déficitaires ce qui provoque un flux équivalent et de sens contraire de capitaux. D’où les dettes de certains asphyxiés par la politique non coopérative d’autres comme la Germanie. Une monnaie unique suppose aussi des moyens d’intervention de la banque centrale comme prêteur en dernier ressort (aux Etats et aux banques), notamment par achat des obligations publiques ou à tout le moins par création d’un marché commun des obligations (euro-bonds). On n’a rien de cela et le fabuleux accord n’envisage rien pour ne pas froisser les oreilles tudesques. C’est ce qui explique que les marchés financiers ne croient pas du tout aux vertus du diktat de Merkozy. On est bon pour le passage de la note de la dette française à AA au lieu du triple A sans doute avant Noël.
On se demande quelle est la légitimité de Rodotarinraskoltignac pour engager le pays à 5 mois de l’élection présidentielle et 6 des législatives de 2012, alors qu’il plafonne à 25 % des voix dans les sondages du 1er tour et que sa cote de popularité traîne dans les bas-fonds du classement. Elle est nulle et de toute façon, tant que le traité intergouvernemental n’est pas signé, ses futurs remplaçants aux manettes de l’Etat n’ont pas à honorer des promesses putatives et contraires aux vœux probables des Français qui, rappelons-le, avaient rejeté le TCE en mars 2005. Accuser M. Fraise des bois de vouloir renégocier un engagement de la France est une attaque stupide puisque c’est un engagement, non de la France, mais d’un politicard en fin de mandat, assis sur un trône éjectable et qui, surtout, n’a consulté personne, même pas son parti, encore moins le parlement pour ce faire. Dans ce cadre, on se félicite de la condamnation de Chiracos qui a pillé Paris pendant 18 ans pour ses propres intérêts et ceux du RPR. Et on lit cet arrêt du TGI de Paris, 11ème chambre correctionnelle, comme un avertissement des « petits pois » (mot dont Tsarko avait affublé les magistrats) au futur ex-président. Ce dernier est actuellement concerné par une foultitude d’affaires, gageons que son départ libérera la magistrature et qu’alors il y sera impliqué. Quelle est la différence entre concerné et impliqué ? C’est comme dans les œufs au bacon : la poule est concernée et le cochon impliqué.

Imiter les Boches, c’est moche

Classé dans : politique — 8 décembre, 2011 @ 12:00

Le président Tsarkozescu veut « converger » avec l’Allemagne, notamment en se pliant à de sévères critères de respect de la stabilité financière du pays, critères existant déjà (pas plus de 3 % du PIB en déficit annuel, pas plus de 60 % de dette publique, ce qui, du reste, oublie la dette privée qui a coulé l’Espagne et l’Irlande) et qu’il n’a pas du tout respectés tant quand il était ministre de Ballamou et de Chiracos que depuis qu’il est président (plus 500 milliards de dette depuis 2007). Mais la bonne question est qu’est-ce que le modèle allemand ? Ce n’est pas jojo. Disons tout de suite que mon vocabulaire vise les dirigeants allemands qui mènent une politique non coopérative contre les autres peuples d’Europe et une politique d’austérité contre leur propre peuple.
C’est déjà une culture issue du protestantisme luthérien (avec respect sans révolte contre les privilèges des riches et des puissants) : chacun doit se faire sa propre formation (Bildung en germain) sans faire de politique et en obéissant aveuglément aux autorités sans barguigner. Evidemment une telle soumission a été installée par les dirigeants doryphores avec le concours des curetons d’ailleurs payés à cette fin par le pouvoir aux frais des contribuables (bel exemple de laïcité). On a vu ce que cela a donné en 39/45 où presque seuls les catholiques bavarois ont eu une résistance anti-hitlérienne sérieuse. En plus, il d’agit de nationalité acquise par le droit du sang jusqu’à une réforme récente loin de modifier les attitudes du politicard Chleu. On est allemand par nature et non par un référendum rationnel de tous les instants. Il en découle le primat de la communauté teutonne sur tous ses adjuvants, les autres n’étant pas des hommes car n’étant pas allemands. D’où les exactions des autorités fridolines en 1870, 14/18 (usage de l’ypérite et bombardement de la cathédrale de Reims), massacre de civils en 39/45. Il faut rappeler que les dirigeants boches ont exigé 5 millions de francs-or en 1871 (somme astronomique) malgré les destructions par leurs armées en France, qu’ils ont été loin de payer les réparations de la guerre de 14/18 (quelque peu exagérées, il faut le dire), qu’ils demandaient 400 millions de francs par jour en 39/45 à la France, sommes jamais remboursées. Sans même parler de la compensation des destructions en tout genre, notamment en Grèce. C’est facile de faire de la croissance avec le pognon des autres… Qui plus est, les Yankees en 1953 ont remis la quasi-totalité de la dette tudesque issue du plan Marshall, ce qui est à l’origine réelle du décollage de l’économie allemande. Ce qu’on ne comprend pas c’est pourquoi Mitterrand a donné son feu vert à la réunification des casques-à-pointe sans exiger 100 milliards d’euros pour solde de tout compte. La France, certes, devait créer une union, mais pas avec les politiciens verts-de gris, avec ceux des pays du SUD (Italie, Espagne, Maghreb, Portugal, Grèce). Cela, c’est le passé fortement orienté par les Americains qui tenaient à un glacis allemand contre l’URSS.
Pour le récent et l’actuel, c’est quoi le modèle allemand ? C’est de l’hyper libéralisme imposé par la prétendue démocratie représentative sous forme « d’ordo-libéralisme », à savoir la détention légale du pouvoir pour faire voter les bonnes lois convenant au libéralisme économique. C’est ainsi que les gouvernants peuvent imposer légalement un ordre conçu pour le capital sous les saintes écritures de « l’économie sociale de marché ». Les libéraux glorifient la cogestion et la négociation à l’allemande avec les syndicats ; cela signifie simplement que les syndicats allemands, qu’on peut dire d’accompagnement, sont des associés aux intérêts du capital allemand et cela au nom de la social-démocratie. D’ailleurs les réformes Schröder, il y a 10 ans, sont passées comme une lettre à la poste. Or ces réformes ont laminé l’Etat social : réforme des retraites, baisse des allocations chômage, contention des salaires, etc. Il en est résulté une baisse du pouvoir d’achat et donc de la demande intérieure, la croissance étant assurée par les exportations chez les voisins grâce à cette politique de « désinflation compétitive ». Cette politique a été continuée et aggravée sous Angela Merkel notamment avec une TVA sociale de 3 points (ce qui revient à transférer une partie des charges de la protection sociale sur les consommateurs et équivaut à une dévaluation de 3 %). C’est comme cela que la politique prussienne s’est refait une santé et une compétitivité et a connu des excédents massifs de sa balance commerciale (153 milliards en 2010 ; 40 % de leurs exportations sont faites dans la zone euro) et cela en solo et de façon non coopérative. Il faut dire aussi que la direction des Fritz n’a pas créé de SMIC (9,18 euros de l’heure en France) et que les salaires à 5 euros de l’heure sont légion. Il ne faut pas se leurrer sur le taux de chômage par rapport à la population active à 6,4 % car les dirigeants teutons oublient que le considérable temps partiel n’y est pas compté. Qui plus est la Germanie a adopté la pratique Bolkenstein du « pays d’origine » par laquelle les travailleurs étrangers sur le sol tudesque sont maintenus dans les lois sociales et les salaires du pays d’où ils viennent. Du coup l’agriculture teutonne se porte comme un charme avec force de salariés agricoles étrangers surexploités. L’Allemagne a délocalisé la production des composants industriels à des sous-traitants sis dans l’ex-Est soviétique et fait ensuite de l’assemblage, faussement étiqueté « made in Germany » chez elle. Elle a ainsi baissé encore plus les coûts de production (technologie allemande super productive et faible coût de la force de travail). Par ailleurs, l’euro fort l’avantage car il permet de payer moins cher les productions faites dans les monnaies faibles des PECOS (ex-pays de l’Est). On comprend pourquoi les dirigeants teutons ont tellement poussé à l’élargissement sans fin de l’UE ; su reste la relation France/Allemagne est magnifiquement symbolisée par Mitterrand et Kohl se tenant pas la main à Douaumont ; c’est de l’entente cordiale, un cheval, une alouette.
Le premier problème est que ce modèle d’austérité compétitive reporte tous les efforts sur le peuple allemand et surtout les populations les moins favorisées. Il n’est donc pas envisageable de le copier. Et surtout ce modèle implique que toute l’Europe devienne exportatrice, ce qui à l’évidence est impossible, soit à l’extérieur de l’UE, car les PVD lui font une concurrence largement déloyale, soit à l’intérieur où tout le monde ne peut être exportateur. Enfin ce modèle implique une concurrence sauvage entre tous les pays pour être plus compétitifs, ce qui fait entrer dans la spirale descendante du moins-disant et de la rigueur. Enfin, cette approche est hyper libérale au moment même où ce libéralisme sans entraves a fait faillite avec le crise. Continuer ainsi, c’est faire comme le bon docteur Purgon : encore une saignée d’austérité et le malade mourra guéri.
Cependant, pour être juste, on préfère le système fédéral et vraiment parlementaire allemand, imposé par les Américains, au régime bonapartiste et faussement (il y faudrait de véritables contre-pouvoirs comme aux USA) présidentiel français. Quoique que le modèle sociopolitique soit loin de mes vœux d’une organisation à la fois politique, juridique et économique en tant que fédéralisme mutuelliste et associatif. Mais c’est un autre problème.

la marchandisation de l’école

Classé dans : politique — 30 novembre, 2011 @ 11:19

La marchandisation de l’école
On sait les dégâts des politiques libérales dans les services publics, dont les structures de formation, de la maternelle à l’Université. On a, en vrac, la suppression de dizaines de milliers de postes, des RASED, de la formation pédagogique des maîtres en UIFM, la fin programmée de l’accès des enfants de 3 ans aux classes maternelles (remplacées par des sortes de « jardins d’enfants » comme ceux de Peppone dans les Don Camilo), la réforme du secondaire (pour soi-disant permettre aux élèves de choisir leur orientation et leurs options en fonction de leur « livret de compétences » et de leur évaluation), les séances de rattrapage dites de soutien personnalisé pour les élèves en difficulté, les prétendues évaluations des compétences (pour repérer les enfants à problème) sous forme de quizz et de petits exo (axés sur « les compétences de base » ; lire, écrire, compter, ce qui faisait déjà rêver Jules Ferry), l’ouverture des écoles et universités sur le monde des entreprises avec stages « de découverte » ou de 1ère expérience, les formations en alternance ou d’apprentissage, la loi LRU qui donne aux présidents d’université les pleins pouvoirs (sélection, recrutement, promotion, gestion, recherche de financements ou de fondations privés, choix des thèmes de recherche, etc.), la promotion des proviseurs et chefs d’établissement au rang de petits chefs napoléoniens, le développement de l’évaluation (de sanction et de tri, non pas formative et informative), le primat de « l’orientation », c’est-à-dire de la sélection des élèves vers des filières adaptées aux besoins utilitaires des entreprises, l’implication de ces dernières en tant que « fondations » pour compléter les budgets, le développement des heures.sup en lieu et place de recrutements, lesquels peuvent être faits via l’ANPE avec des gens recalés aux examens ou des prestataires extérieurs (truffés de retraités), la disparition programmée des « humanité » pour cause d’inutilité professionnelle, développement des boîtes privées de soutien scolaire ou de préparation aux concours ou examens, encouragé par des réductions d’impôt (soi-disant aides à la personne), subventions accrues pour les écoles privées, etc. , etc.
Toutes ces évolutions, sous prétexte de modernisation et de « benchmarking » (comparaison) avec l’étranger (voir enquête PISA ou classement de Shangaï), prises en ordre dispersé, n’ont l’air de rien. Pourtant elles relèvent de la même inspiration néolibérale et de la même stratégie des petites étapes (non réversibles ou « stratégie incrémentale ») par tranches de salami étalées dans le temps et séparées les unes des autres pour cacher le dessein réel des gouvernements. Il convient de décrypter, de « déconstruire » l’idéologie sous-jacente et les buts cachés (et en faveur de quels acteurs) de cette réformite aiguë et de deviner où celle-là va conduire le système de formation français.
En ce qui concerne l’idéologie il y a inspiration avant tout par la théorie économique dite standard. Celle-là suppose que les « marchés sont efficients » en régime de « concurrence pure et parfaite » (infinité d’offreurs et de demandeurs en ordre dispersé), « d’ophélimité » (transparence) de l’information, d’absence de coûts pour les reconversions d’industrie et de personnels. Le krach boursier de 2008 et les oligopoles de multinationales révèlent ce qu’il en est. Réellement : un modèle purement théorique qui, pourtant, est appliqué avec ferveur par les gouvernants et les experts du FMI, de l’OMC, de l’OCDE, de l’UE. Sur cette déjà fausse théorie s’appuie celle de l’offre : ce sont les entrepreneurs qui créent la demande et toutes les utilités ; par exemple, ils offrent les emplois. Quel retournement de sens ! Car les employeurs, en réalité, demandent des travailleurs capables d’occuper lesdits emplois sans moufter et, si possible, pour des queues de cerise sans protection sociale, sans droits syndicaux. Hélas, c’est facile à trouver, en Chine notamment. Ce sont les travailleurs qui offrent leur travail que les employeurs demandent pour faire de la production de marchandises de l’argent. Pour couronner l’idéologie économiciste libérale, s’ajoute le « monétarisme » qui reprend en fait la vieille théorie quantitative de la monnaie : celle-ci n’est qu’un voile, un simple étalon de mesure qui varie en fonction des émissions de monnaie, sources d’inflation et surtout de comportements de précaution et d’anticipation pour contrer la baisse de valeur des actifs et des rentes que ladite inflation amène. Or la monnaie (dont celle de crédit) n’est pas qu’un étalon de mesure des valeurs ; c’est aussi un moyen de paiement et une réserve de valeur et de puissance pour ceux qui en détiennent ; c’est pourquoi ils tout fait pour que l’inflation soit éradiquée, ce qui est le seul rôle de la BCE à partir du moment où elle est indépendante du pouvoir politique. L’idéologie a inspiré les gouvernants et les a poussés à la mettre en place via l’ordo-libéralisme teuton, à savoir que la détention du pouvoir législatif, détenu à la suite « d’élections démocratique » permet de faire voter les bonnes lois favorables au capital et à la finance.
Parallèlement, il y a eu l’action des multinationales et des banques ou des financiers pour étendre leurs marchés et développer leurs profits en produisant dans les pays low cost. Cela, ce n’est pas de l’idéologie, laquelle ne sert qu’à justifier les choses ; c’est du simple calcul gestionnaire et la simple application de la logique de maximisation des profits. Les multinationales (et les patronats) ont poussé à la mondialisation et à la transformation des boîtes (flexibilité, productivisme intensif, précarité du salariat, soi-disant gestion autonome des travailleurs, concentration sur le cœur de métier et externalisation ou délocalisation du reste, critères et objectifs de gestion avec statistiques, tableaux de bord, comptabilité, rémunérations au mérite et « responsabilisation du personnel sur les objectifs, demande de dévouement corps et âme du travailleur à l’entreprise, etc.) pour des raisons pratiques (techniques, commerciales et financières). Les dirigeants politiques ont accepté leur pression pour des raisons idéologiques, la théorie économique justifiant les choses : a priori pour les politicards imprégnés (comme les oies cendrées de Lorenz) à l’ENA, à HEC ou à Sciences-po ; après coup, pour justifier leur demande de libre circulation de tout, pour les patrons qui plus intéressés aux résultats de la « valeur pour l’actionnaire » via les stock-options. Résultat : la logique de la rentabilité à outrance, du toujours plus de fric, de la gestion über alles, de la toute- puissance du marché s’est imposé partout ; en 1er lieu dans le privé, ensuite dans le public à grands coups de New Public Management, de LOLF (loi organique des lois de finance), de RGPP (révision générale des politiques publiques). Le public, via les politicards, a donc adopté les critères de gestion du privé. Et cela dans tous les domaines des services publics, ce qui naturellement impacte l’éducation.
Tous les poncifs de « l’école capitaliste » (beau livre récent de Christian Laval) sont en place : les établissements sont dirigés par des petits chefs dotés des pleins pouvoirs (cela, c’est une accentuation portée par le sarkome de Sarkozy qui ne conçoit le pouvoir que sous sa forme napoléonienne) ; les profs sont gérés à la sauce RH (la responsable des RH du ministère était de la DRH de la RATP ; M. Chatel, ministre, ex-DRH chez l’Oréal : évaluations, bilans de compétences, rémunérations au mérite, usage des heures.sup, volant de main d’œuvre en CDD ou intérim, etc.) ; les élèves sont fichés et fliqués (fichier « base-élèves ») dès le plus jeune âge (afin de repérer les déviants sous prétexte de repérage des difficultés des élèves à problème) ) et sont dotés d’un livret de compétences (à l’instar de l’ex-livret ouvrier au 19ème siècle), lequel va être informatisé et communicable à des autorités extérieures (mairies, police, justice) sans aval des parents ; les écoles et les profs sont mis en concurrence via la future suppression, déjà bien entamée, de la carte scolaire et via les privilèges accordés à l’enseignement privé ; des « comparaisons » entre résultats des établissements permettent aux « clients » des services éducatifs de sélectionner les établissements, d’évaluer les profs qui y exercent (mauvais lycée égale mauvais profs), etc. Les connaissances sont complétées, voire éliminées à terme, par des « compétences », exactement comme dans les entreprises où elles ont remplacé les qualifications fondées sur des savoirs et des savoir-faire et corrélées avec des positions professionnelles (fixant les niveaux de salaire et de hiérarchie dans les conventions collectives). Lesdites compétences sont limitées aux savoirs fondamentaux de base (lire, écrire, compter à la sortie du primaire) et intègrent des savoir-être (traits de personnalité, attitudes vis-à-vis de l’entreprise ou de l’école ou de l’autorité, dévouement, fidélité à l’entreprise, souplesse d’échine, état d’esprit « positif » et non critique, capacité relationnelle et à « travailler en équipe », etc. ; panoplie complète de la RH en boîte). Les élèves sont responsables de la « construction d’eux-mêmes » en dehors de toute prise en considération de leur contexte social (comme dans les boîtes où les performances individuelles et les objectifs ignorent les collectifs de travail, les institutions, l’environnement économique et culturel). Ils s’auto-orientent dans les classes de transition et de choix (dès la 3ème ; il est question de supprimer le collège unique au profit d’une « personnalisation des parcours », avec mise en apprentissage dès 14 ans) avec l’aide des centres d’orientation et des profs transformés en psychologues de comptoir. Certes, dans l’école capitaliste les élèves des bonnes familles disposent, eux, de parents au courant des arcanes de l’éducation, de cours particuliers, de conseils avisés par le réseau familial. L’école aggrave donc les inégalités culturelles si bien montrées par Bourdieu et Passeron, years ago (les contenus et examens étaient calibrés sur les classes aisées).
A l’université, sous la poussée européenne bien volontiers acceptée (notamment par Jospin lors du « processus de Bologne » : avoir dans 10 ans la meilleure économie de la connaissance dans le monde ; suivi par le traité de Lisbonne) on a mis en place l’uniformisation des diplômes européens (le « LMD », licence, master, doctorat) pour pouvoir comparer les universités en mesurant et comparant les parcours professionnels les et les salaires des étudiants issus de telle ou telle université. Les frais de scolarité augmentent (parfois illégalement) ; on s’oriente vers les processus anglo-saxons où ils sont énormes comme, du reste, dans les écoles de commerce francaouis. C’est tout cela de gagné pour l’Etat et cela permet aux institutions les plus chères de recruter des profs prestigieux (ce qui justifie qu’elles soient coûteuses et vice versa). La chose est justifiée par la théorie économique du « capital humain » (Gary Becker). La formation personnelle est considérée comme un investissement privé dont la rentabilité dépend des rémunérations futures espérées et capitalisées lors de la carrière professionnelle ; les rétributions dépendent évidemment de la qualité de la formation suivie et par construction plus une école est célèbre (ce qui est estimé à partir des succès des anciens élèves : nombre de prix Nobel, de 1ers ministres, de PDG, etc.) plus l’investissement doit être élevé. On reconnaît là un raisonnement typiquement circulaire, spécialité de la pensée libérale. Evidemment cette logique économique pour un bien public amène une compétition féroce entre établissements, ce qui ne va pas tarder à descendre jusque vers les écoles primaires.
La formation est donc bel et bien intégrée à un processus général de marchandisation des services publics ; ce n’est pas étonnant quand on sait que les politicards, du reste idéologiquement acquis à cette logique, cèdent tout aux lobbies financiers et industriels. Lesquels cherchent des lieux où investir et où faire suer le burnous au maximum alors que la sphère privée de la production s’épuise par suite de surcapacités de production et de concurrence mondiale entre pays moins-disant. On est déjà dans une école à deux vitesses : cycle court et professionnel pour les enfants des classes sociales inférieures, cycle long et prometteur pour les autres ; cependant même le cycle long voit ses contenus orientés vers l’utilité professionnelle, la spécialisation, l’opératoire au détriment du général et des humanités. Faut-il rappeler que même chez Jules ferry l’éducation devait donner à chacun les moyens de conduire sa vie et d’être un citoyen apte à faire des choix sur la base de connaissances générales ? Par ailleurs, comme dans le privé, les profs sont pris dans un étau entre le travail prescrit par le ministère (à la place de l’autonomie dans leurs méthodes), les objectifs préfixés et imposés (circulaires et protals petits chefs) en termes de performances exigées, l’évaluation de leur mérite (lié auxdites performances exigées). Qui a dit que le libéralisme était fondé sur la liberté ?