les armes de la critique

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Présentation du blog

Classé dans : Non classé — 27 juin, 2009 @ 8:50

Le présent blog vise à réfléchir aux événements et questions d’actualité présentés par les faits et discours politiques ou économiques. Il émane d’un socialiste libertaire déjà bien rassis (65 ans), ex-militant syndical (CFDT puis CGT), chroniqueur au Monde Libertaire, intervenant dans http:/divergences.be. Il s’agit de décrypter les choses et d’en dégager la ligne générale derrière les discours plus ou moins mensongers et les pratiques réelles. L’auteur s’appuie sur sur une dizaine d’ouvrages de sciences sociales qu’il a pondus (sans succès) et sur sa bonne vieille expérience d’homme engagé. Le blog reprend  la vieille idée de Marx: substituer à la critique par les armes, les armes de la critique. tant pis si ses propos finiront dans la « critique rongeuse des souris ». L’auteur est un vieux disciple de Proudhon.

Macronescu n’a pas lu son prétendu maître Paul Ricœur

Classé dans : Non classé — 23 juin, 2021 @ 11:04

Ricœur (Idéologie et Utopie) a fort bien fait la différence entre idéologie et utopie. L’idéologie est un discours et une culture de justification et de légitimation de l’ordre existant, celui que les dominants veulent maintenir à leur profit. Car aucun régime ne saurait durer sur la base de la force pure ; Il lui faut en outre obtenir un consensus, une soumission en quelque sorte spirituelle, une reconnaissance de son autorité, « une servitude volontaire » de ses assujettis. C’est ce qu’avait dit Gramsci avec l’hégémonie culturelle consolidant l’exploitation économique et la domination politique. C’est ce qu’avait pensé Proudhon en écrivant qu’il fallait vaincre simultanément : le sabre, le coffre-fort et l’autel. L’utopie, elle, a existé de tout temps et dans toute civilisation. Elle est à la fois une critique de l’existant et une proposition d’espérance par l’émission d’un contre-projet plus ou moins radical. Elle présente une ouverture des possibles comme futur et comme cheminement pour y conduire.
C’est là que le sieur Macroléon est pris dans sa seringue personnelle : son idéologie est pro SLC ; il l’a sucée à Sciences Po, à l’ENA, chez Rotschild ; il est formaté, il ne connaît que cela. Il est donc dans l’hystérésis et la loi de la tartine de beurre. Las, les Gilets jaunes, puis la COVID-19 ont stoppé ses élans « réformateurs ». Il a vu qu’il fallait faire autre chose mais il ne sait quoi. Il est reste dans son idéologie et est incapable d’en sortir pour un projet « utopique » en tant que futurs possibles et projet. Macron est venu trop jeune, mais avec de vieilles idées, dans un monde trop vieux. Il a plusieurs métros de retard et il s’était mis à imposer au pays une idéologie SLC déjà démonétisée. Macron est arrivé comme Zorro mais à contretemps : il est SLC alors que celui-ci est périmé et en voie d’abandon, sauf en Allemagne qui en profite grandement sur le dos du reste de l’Europe. Il prétend réformer l’UE alors qu’il se conduit comme un gauleiter de die grosse Angela.

Les élections d’hier 20 juin

Classé dans : Non classé — 21 juin, 2021 @ 11:10

On note avant tout la Bérézina des instituts de sondages auxquels les sondés peuvent raconter n’importe quoi et qui ne donnent qu’une image à l’instant T. On doit saluer le taux d’abstention à 67 %. Naturellement, lors des commentaires d’hier, rien sur le taux de blanc et nuls ; lequel doit avoisiner les 10 %. Mais la conclusion reste nette malgré les excuses bidonnées en tout genre que lesdits commentateurs ont trouvé pour justifier une telle masse d’abstentions (33 millions de non-veautants). La raison en est pourtant simple : les Francaouis honnissent les politicards, le système politique, les alternances qui ne changent rien, les promesses non tenues. Ils sont pleins de ressentiment par suite de la dégradation de leur situation après 30 ans de SLC. Ils en ont marre de cet État central tout puissant qui impose ses normes à tout le monde. Ils ont bien compris que le millefeuille administratif était là pour détourner l’attention et amuser la galerie. Régions, départements, communautés de communes, métropoles ne sont que des relais du pouvoir central et des espaces de domination pour des potentats locaux. Les compétences sont à la fois ventilées façon puzzle et redondantes de façon que personne n’y comprenne quelque chose et de façon à faire remonter tous les problèmes vers le pouvoir central. Qui, évidemment comme l’ont prouvé une fois de plus les législatives de 2017, n’a rien de démocratique et de représentatif.
La moindre des choses serait que cette abstention massive d’hier amène à revoir les normes : il faudrait obtenir 10 % des inscrits et non des votants pour se maintenir au 2e tour ; il faudrait que l’élu au 2e tour recueille au moins 30 % des inscrits et que les non-votants, blancs et nuls soient représentés par des non-représentants (cela fera en plus des économies). Voilà un début de 6e république avec au moins 100 sièges réservés à la proportionnelle et l’interdiction fait à l’exécutif de déposer des projets de loi ; c’est le rôle du parlement.
Il se confirme que LREM ne représente rien du tout. Le Zident est définitivement un OPNI (objet politique non identifié) qui n’a pas de parti réel et joue solo. Les élections pestilentielles ont pris la forme finale d’un vote plébiscitaire. Gageons que notre Macro(n)céphale, alias Macronescu ou Macroléon le petit, gagnera celles de 2022. Mais il est probable qu’il n’aura pas de majorité législative pour nous enfoncer encore plus dans le SLC après les pauses dues aux Gilets jaunes et au COVID. Si cela se produit, il fera sans doute comme le franscisquain Tonton qui, au lieu de se retirer comme Général désavoué dans les urnes, s’est maintenu et a dû « cohabiter ». Réédition avec Chiracos. Ces gens-là n’ont pas d’honneur, ni de honte, ni de convictions.
Ces élections ont commencé de pousser à secouer le cocotier ; il reste à parfaire le renversement de la table en 2022. Oremus.

Rave de Redon : force est restée à la loi…

Classé dans : Non classé — 20 juin, 2021 @ 10:51

Encore une grande victoire de l’armée française et de sa glorieuse gendarmerie. La rave party « illégale » de Redon a été démantelée (ah, les braves gens comme avait dit le Kronprinz en 1 870) sans ménagement par 400 robocops lourdement armés et caparaçonnés. L’ordre public a été maintenu et des fauteurs de troubles mis en garde à vue par des poulagas au garde-à-vous. Au passage, nos soldats d’élite, si efficaces au Sahel, ont bousillé le matériel des organisateurs de la rave (est-ce bien « légal » ?). Essayons de réfléchir aux questions posées par ce déploiement de force contre le rêve parti de la jeunesse-cigale qui voulait danser au nez et à la barbe des fourmis-soldats mobilisées par les « Autorités ». Réflexion qui, évidemment, ne fait pas partie de l’appareil intellectuel de nos gouvernants, trop heureux de camoufler derrière la légalité leurs sinécures et leurs prédations qualifiées d’ordre républicain.
Qui fait la loi et comment ? Est-elle légitime ? Qui recrute les rococo et au service de qui sont-ils ? Qui nomme les « autorités » ? Eh bien, ce sont toujours les mêmes, à savoir les gouvernants élus. Du coup, on voit très bien que le système est bouclé et se mord la queue. Du coup l’ordre public est autoproclamé par ceux qui détiennent le pouvoir. Ce qui force à se demander s’ils sont légitimes. Or, en premier lieu, la légitimité de ces décideurs, bardés de moyens de puissance (flics, juges, préfets, grenades, etc.), repose sur leur représentativité. Elle se fonde aussi sur le respect des valeurs collectives du pays, notamment celle du respect des droits de la minorité électorale et de la majorité sociologique du peuple tout entier. De ce point, de vue j’élimine les attitudes à la Thoreau (ne pas obéir à un pouvoir qui violerait mes convictions morales personnelles) car alors on aurait une infinité de critères de légitimité impossible à concilier. Je m’inscris aussi en faux contre ce qui donne à des communautés particulières des droits spécifiques reconnus politiquement. Il en va de la cohésion sociopolitique du pays qui admet la diversité culturelle mais doit éviter l’éclatement politique en communautés séparées. Ce serait accepter une multiplicité de critères de légitimité politique fondée sur la division en collectivités juxtaposées comme dans le multiculturalisme canadien. Ce serait la porte ouverte à des entrepreneurs de religion remplaçant la légitimité politique par les dogmes religieux et à un retour des guerres de religion.
Reprenons la séquence infernale du pouvoir « légal ». Je suis élu (même si peu représentatif comme Macronescu) ; je fais mes lois car je détiens l’exercice de la souveraineté qui consiste justement « à donner et casser la loi » ; je pourchasse mes opposants au nom de mes lois avec mes juges, mes préfets, mes roycos et mes moyens usurpés mais payés par le peuple. Et c’est légal, CQFD. Quelle belle démocratie ! Mais non ; vous n’avez fait qu’exercer un pouvoir-force que vous avez obtenu dans le cadre de lois iniques puisque organisant la non-représentativité du peuple. Or, celle-ci est la source de la légitimité parce qu’elle donne à partir du bas l’autorité, c’est-à-dire le consentement à être gouverné. Vous vous pensez légitime mais vous n’êtes que de la force légale. Vos flics ont vaincu à Redon, vous avez montré et déployé votre force mais vous avez « en même temps » prouvé votre faiblesse politique : vous n’êtes pas légitime. Et faites un peu de philosophie politique…

Eau et SLC

Classé dans : Non classé — 19 juin, 2021 @ 11:10

Malgré le réchauffement de la planète et le choc hydrique qui menace maints pays, l’emprise du SLC continue alors même que les dégâts de la privatisation de l’eau sont connus depuis longtemps. Quels sont-ils ?
• Le vol pur et simple d’un bien commun par les firmes distributrices d’eau en bouteille ou utilisatrices massives d’eau pour leurs productions. La firme suisse Nestlé est aux avant-postes de ces prédations. On y trouve aussi des boîtes comme Coca Cola, Pepsi Cola. Pour elles, c’est simple : il suffit d’obtenir par la corruption d’édiles locaux ou nationaux (ceux qui votent les lois autorisant ces vols) une concession des ressources phréatiques et aquifères. Alors, elles peuvent pomper à mort au mépris des populations locales de plus en plus privées de leur eau. Par exemple, la ville de Vittel voit sa ressource en voie d’épuisement et doit se tourner vers une autre source d’approvisionnement et cela aux frais des contribuables et des consommateurs. Coca-Cola a fini par se faire virer de plusieurs lieux d’exploitation en Inde. Par ailleurs, ces boîtes vendent des quantités astronomiques d’eau minérale en bouteilles plastiques non recyclable qui plus est, ce qui est à l’origine d’une pollution gigantesque.
• Le droit donné « légalement » à des exploitations minières ou d’énergies primaires fossiles de rejeter leurs déchets (dont le mercure ou l’arsenic ou des métaux lourds) dans les lacs, les rivières, les océans, sur les terres. « En même temps », elles détruisent les forêts, ce qui fait diminuer les précipitations. Le droit qui leur est donné d’utiliser des quantités pharaoniques d’eau pour procéder aux extractions (par exemple de gaz de schiste). Le droit des exploitants agricoles d’utiliser l’eau ad libitum pour l’irrigation plus celui de se servir de force pesticides que l’on retrouve dans les sols, les rivières et les nappes phréatiques. En France, l’agriculture qui utilise 80 % de l’eau ne paye presque rien pour son traitement, reporté sur les consommateurs domestiques. Le droit donné aux exploitants de ne pas remettre à leurs frais les lieux d’extraction en l’état : exemple la mine de Salsigne en France.
• Bientôt en France (ou ailleurs) la concession des grands barrages hydrauliques d’EDF au privé sous la pression SLC de l’UE. Or, ces barrages servent aussi à l’irrigation. Que choisira une firme privée : produire de l’électricité ou vider les barrages en cas de sécheresse ? Réponse : la maximisation de la valeur pour l’actionnaire. Notons que les barrages font déjà partie des futures guerres pour l’eau (projet turc contre l’Irak pour l’Euphrate, projet éthiopien sur le Nil contre l’Égypte, projet Israélien sur le Jourdain, etc.).
• On ne dira jamais assez les vols effectués par les compagnies de distribution et d’assainissement des eaux (2 boîtes françaises, Suez et Véolia sont les champions du monde). Ces boîtes achètent des concessions de service public ; résultats : hausse des prix, baisse de la qualité, manque d’investissement, dégradation des infrastructures et énormes fuites d’eau, accidents intempestifs de déversement d’eaux usées, etc. Raison ? Là encore la course au profit dans le cadre du SLC. Rappelons que la BM et le FMI ont mis en demeure les États endettés de céder leurs services publics des eaux au privé au nom des « ajustements structurels du consensus de Washington ». Soulignons que le SLC énonce sans preuves que la gestion privée est toujours plus efficace et moins coûteuse que la publique. Ce qui est controuvé depuis longtemps, notamment au Royaume-Uni « privatiseur » à mort sous Thatcher. Le public, normalement quand il n’y a pas de prédations (solution : la socialisation et non la nationalisation) de l’État, est toujours moins cher : pas de pub., pas de frais de concurrence et de com., pas de hauts salaires pour les dirigeants, pas de dividendes à verser. Or, depuis belle lurette, l’ONU a érigé l’eau en bien commun, ce qui ne gêne guère la BM, le FMI, l’OMC, les traités internationaux, les gouvernements qui, au contraire, privatisent.
• Dans les pillages, il faut noter quelque chose de très insidieux : l’accaparement de terres par des États étrangers (notamment la Chine) pour y produire des denrées agricoles ou y mettre des exploitations d’élevage. Celles-ci sont de grandes consommatrices d’eau. Du coup de l’eau est exportée, ce qui en prive les populations locales indigènes le plus souvent spoliées par des pouvoirs corrompus. Il en est de même pour l’exportation de pollutions industrielles ou de déchets dans les pays pauvres (exemple : le Bangladesh ou l’Inde)
• De façon générale, le SLC, joint à l’obligation pour les gouvernements de faire vivre leur population (question démographique rarement posée et repoussée par les curetons de toute obédience), pousse à tout envahir. D’où la disparition des zones humides et des mangroves, d’où la baisse accrue de biodiversité, dont la mort des insectes et de leurs prédateurs.
• Petit détail : les hygiénistes, et autres producteurs de produits de santé et de beauté, poussent à l’usage de produits néfastes pour l’eau et aux douches revolving. Or, on sait que notre peau est envahie par des microbes qui lui sont bénéfiques ; se laver trop, c’est s’en priver.
La situation est donc déjà fort mauvaise malgré les mouvements nombreux et sur toute la planète qui luttent pour que l’eau soit un bien commun géré publiquement et bien protégé de la voracité des entreprises, des banques et des gouvernants corruptibles. Il n’empêche, lesdits gouvernants en pincent pour la mise du monde en coupe réglée par le privé. On peut craindre le pire avec le réchauffement climatique (mort des eaux des océans et des poissons, notamment). Déjà, 2,5 milliards de personnes n’ont pas accès à l’eau potable et à des toilettes décentes, déjà la faim reprend du poil de la bête. Et l’on attend 9 milliards de terriens en 2050…

De la progression irrésistible de la précarité du travail en univers SLC

Classé dans : Non classé — 18 juin, 2021 @ 11:24

Le SLC a mis, via le libre-échange sans limites et la course à la compétitivité, tous les pays en concurrence. Cela a rendu démente la vieille logique du kapital : être le plus flexible possible et diminuer les charges pour gonfler les dividendes. Cela a été aggravé par le SLC puisque les entreprises sont prises dans l’étau systémique de la concurrence qui fait baisser les prix et de la hausse exigée de « la valeur pour l’actionnaire » avec des taux de rendement du capital investi de plus en plus supersoniques. Un PDG ne peut survivre que s’il contente les actionnaires, lesquels sont de plus en plus des fonds d’investissement et de pension. « En même temps », il doit abaisser les coûts de production pour faire face à ses concurrents. Dans ce contexte, le travail a été pris comme variable d’ajustement : il doit être « flexible » pour faire face aux variations de demande et être le plus bas possible. La solution princeps, sans être la seule, est la montée en puissance du travail précaire, temporaire, à temps partiel.
On assiste alors depuis la victoire du néolibéralisme libre-échangiste (Thatcher, Reagan), à une irrésistible progression des formes d’emploi non conventionnelles, qui de plus en plus dérogent au droit du travail (lequel est en parallèle sans cesse baissé) : intérim (qui voit monter en flèche le chiffre d’affaires des boîtes éponymes comme Manpower), contrats zéro heures (G-B), « auto-entrepreneurs », contrats de mission, contrats de projet (France), mini jobs à 400 euros par mois sans droit à la protection sociale (7 millions de personnes en Allemagne dans « les services » et essentiellement des femmes à temps partiel), embauches en CDD, travailleurs « indépendants » (USA et ailleurs), etc.
Le marché du travail est clivé en eux : les postes fixes, permanents, le plus souvent dans l’industrie, les emplois sans garanties sociales, précaires, mal payés dans les services. Du coup, en réalité, les services subventionnent l’industrie comme en Allemagne. On s’étonne parfois de la hausse de la part des services dans le PIB. C’est normal parce que les entreprises ont externalisé ces emplois dans la sous-traitance extérieure. Sous-traitance qui offre de multiples avantages : la boîte donneuse d’ordres, la vraie commanditaire, ne s’occupe de rien, ce n’est pas elle qui licencie mais le sous-traitant, elle met les sous-traitants en concurrence pour payer le moins-disant. Et on voit revenir partout le bon vieux travail à domicile, à la pièce, à façon comme pour les Canuts ! De plus en plus, le contrat de travail est remplacé par le bon vieux contrat de louage de services du code Napoléon.
Le travail précaire permet aux entreprises de se débarrasser de bien des charges liées à un emploi fixe : pas de primes, pas d’intéressement, pas de participation aux festivités d’entreprises, pas de cotisations sociales (dont celles de retraite que les lois peu à peu transfèrent sur de la capitalisation personnelle), pas de frais de recrutement, ni de licenciement, etc. Bien entendu, les salaires sont inférieurs car les individus précaires sont atomisés et en concurrence, fort peu défendus par les syndicats et pris à la gorge pour survivre.
Ce n’est pas tout, loin de là. Avec le libre-échange concurrentiel généralisé et la permissivité des législations, les entreprises peuvent faire leur marché en mettant en concurrence les travailleurs du monde entier : délocalisations (championne en Europe, la Teutonie qui exploite la main-d’œuvre des ex-pays de l’Europe centrale et orientale [PECOs]), achats low cost de services à l’étranger (par exemple, les centres d’appel), sous-traitance, dispersion des chaînes de valeur en fonction des législations (fiscale, environnementale, sociale) et des niveaux de vie et de salaires. L’Europe germanisée a même inventé « les travailleurs détachés » passibles des charges sociales de leur pays d’origine. Bien entendu, les différences légales de fiscalité permettent en plus « l’optimisation fiscale », notamment en Europe avec ses paradis fiscaux comme le Luxembourg ou l’Irlande.
Les Etats se sont tous mis à défendre ce système du moins-disant permanent. En effet, la concurrence mondiale fait baisser les prix des produits, ce qui permet de maintenir le pouvoir d’achat (plus le crédit facile à la consommation qui permet de survivre malgré tout) malgré la baisse des salaires. C’est Ricardo qui avait inventé le truc : importer la bouffe de l’étranger (tant pis pour les propriétaires terriens britanniques) pour faire baisser les salaires dans l’industrie. Reste le problème énorme du chômage. Naturellement, comme c’est l’État qui pond les statistiques en la matière, tout le système de comptage du chômage est truqué. Par exemple, n’importe quel emploi à temps partiel est compté comme un emploi à temps plein et les statistiques sont élaborées pour cacher au maximum le travail précaire et temporaire (il faut vraiment être un spécialiste pour s’y retrouver). Cela ne pourra pas durer car des innovations récentes aggravent énormément le chômage ou vont le faire bientôt : robotisation, algorithmes, IA, plateformes, e-commerce. Dans ce cadre, il faut insister sur le rôle très néfaste des « plateformes ». Was-ist-das, comme on dit en Tudesquie (vasistas ou fenêtre d’opportunité en français). C’est un logiciel, dit propriétaire, qui met en relation des clients avec des travailleurs « indépendants » : livreurs à domicile (Deliveroo), conducteurs de VTC (Uber), loueurs de logements (Airnb), covoiturage (Babacar), louage de nuits d’hôtel et comparaison des prix, etc. Super : la boîte garde la maîtrise des tarifs, des commandes et ne paye que des rémunérations à la course (tout en en fixant le prix). Tout le reste est pour la pomme du travailleur.
En France, chômedu et travail indépendant, précaire, à temps partiel sont en train de laminer notre système de protection sociale qui est fondé sur le travail permanent via les cotisations sociales assises dessus. Si Macroléon et consorts continuent de laisser faire pour rester dans le SLC, il est clair que ledit système implosera. Donc, le choix est entre rester dans le SLC et financer autrement la protection sociale, ce qui demeure fort problématique en univers de concurrence sauf à tout faire payer par le travail, soit créer un nouveau système pour en finir avec le SLC.
En attendant, les travailleurs précaires auraient intérêt à aller à la campagne (3 ou 4 familles), à restaurer une vieille bâtisse, à faire de l’artisanat ou de la petite culture ou élevage, à s’inscrire au chômage pour plomber les comptes de l’Unédic ou au RSA pour torpiller ceux des départements et à faire du troc ou des ventes sur les marchés locaux tout en faisant foisonner les frais (1 seule bagnole, matériels ménagers, etc.). L’essentiel étant de refuser le monde marchand et l’esclavage du boulot.
Les libéraux vous diront que sortir du SLC, c’est une énorme perte de richesse. Mais, SVP, richesse de quoi et pour qui ? La France est très riche de ses fromages, de ses vins et spiritueux, de sa gastronomie, de ses bêtes de race (bovine, porcine, volaille…), de ses sites et paysages naturels, de ses monuments, de sa créativité bien que celle-ci soit entravée par le pouvoir centralisé et ses normes pro SLC. Elle peut retrouver ses services publics en les sortant de la concurrence UE ou mondiale. Elle peut exploiter ses forêts, ses mers, sa biomasse, son nucléaire (en produisant de l’hydrogène), son lin pour le textile, etc. Gageons que sortir du SLC ou obtenir une improbable réorientation de l’UE, la forcera à créer un autre monde possible. Après tout Cuba résiste toujours après 60 ans d’embargo US. Et cela se fera en se passant des services des politicards et de leur État administratif. En se fédérant, en se mutualisant, en se transformant en coopératives locales et fédérées. On ne produira que pour nous et on a de quoi le faire sans le marché mondial.

Plus-value et productivité chez Marx et Proudhon

Classé dans : Non classé — 15 juin, 2021 @ 9:57

On connaît la distinction de Marx entre plus-value absolue et relative. La plus-value absolue (PVA) est le « surtravail » qui provient de ce que le capitaliste propriétaire des moyens de production, assisté par la loi qui lui donne le droit d’organiser la production comme il l’entend et impose aussi au travailleur le statut de subordonné au patron, peut exiger (par exemple) 10 heures de travail alors que 5 seulement sont le temps socialement nécessaire (compte tenu des techniques en place et des coûts d’entretien de la force de travail) pour reproduire la force de travail. C‘est donc à la fois un rapport social (et de production) lié à des institutions favorables au capital et un rapport de force et d’exploitation. C’est pourquoi la lutte à propos de la durée du travail (y compris pour l’âge de la retraite) a toujours fait l’objet de tensions entre le capital et le salariat sous le regard bienveillant du pouvoir pour le patronat (interdiction des grèves et des syndicats pendant très longtemps). Cela explique aussi le goût des capitalistes pour l’immigration et les clandestins : on peut les exploiter sans vergogne. Dans ce cadre, le travail n’est qu’une marchandise que Marx appelle force de travail. On peut considérer que la plus-value absolue correspond à la productivité extensive : avoir plus de production sans changer les moyens de l’obtenir ; dont les machines et l’organisation du travail. À noter que la PVA ne change rien à la productivité horaire (nombre de produits obtenus par heure travaillée) si ce n’est que la fatigue du travailleur la diminue. Marx la complète par la plus-value relative (PVR ou productivité intensive)) liée à la mise en place de moyens de production plus efficaces. Car, soumis à la concurrence, le capitaliste ne peut pas longtemps jouer sur la PVA. Celle-ci ne peut marcher que s’il y a beaucoup de chômage ; dans le cas contraire le salarié peut changer d’employeur. On voit pourquoi, le capital et le pouvoir sont si attachés à l’augmentation de l’âge de la retraite : cela permet d’augmenter le chômage et donc facilite le surtravail. Mais s’il n’y a pas de chômage ou si les conditions de travail sont harmonisées alors la concurrence qui exige la baisse des prix pousse au machinisme. Pour baisser les prix, on peut aussi baisser celui des subsistances en important les moyens de la bouffe ou du vêtement, etc. D’où l’intérêt du libre-échange. Encore mieux avec les délocalisations dans les pays low cost. La PVA est un rapport de production interne à chaque entreprise quand la durée du travail n’est pas réglementée par la loi. La PVR est un rapport interne à l’ensemble des capitalistes d’un même secteur quand les reconversions sont difficiles.
Cependant, la modernité a redonné toute sa place à la PVA comme extorsion de surtravail. En effet, la mondialisation, qui a éclaté les chaînes de production, fait que le capital peut se servir des régimes totalitaires sans syndicats libres et sans protection sociale pour imposer une durée du travail devenue impossible dans les pays démocratiques qui ont réglementé le travail. Sauf que, « en même temps », depuis 40 ans le SLC a obtenu des prétendues démocraties la dérégulation des lois protégeant le salariat. Du coup, le capital n’investit en moyens de PVR que si le coût de la force de travail (y compris le rendement) est supérieur à celui des investissements. Pour asseoir PVA et PVR, le capital a remplacé le « travail concret » (celui qui produit des valeurs d’usage et tient compte du travailleur vivant, de ses désirs, de sa psychologie, de sa constitution fragile, etc.) par le travail « abstrait » (codé, quantifié, normalisé, monétarisé, prescrit) où les travailleurs sont interchangeables et jugés sur leur seule productivité quantitativement calculée et monétarisée en équivalent universel (la monnaie). Pour ce faire, il fallait une unité de mesure commune et universelle : d’où la valeur travail fondée sur le temps de travail chez les économistes classiques (Ricardo, Smith) et chez Marx. Et il faut bien voir que cette valeur est considérée comme absolue (universelle et intemporelle).
Toute autre est l’approche de Proudhon. Il a, le premier, considéré que c’était la PVR qui comptait le plus dans sa théorie des forces collectives et de l’aubaine des capitalistes ; C’est établi dès 1 840 dans la fameuse parabole de l’érection de l’obélisque de Louxor sur la place de la Concorde à Paris. La voilà : 2 00 grenadiers (payés par l’État), munis de force palans et machines ont érigé l’obélisque en deux heures. Supposons que ce soit un capitaliste privé qui s’en soit chargé ; il aurait payé 400 heures de travail ; supposons qu’il n’y ait eu que 400 heures de travail d’un seul employé ! L’obélisque serait resté par terre mais le capitaliste aurait déboursé le même montant. C’est que le capitaliste est en mesure (propriété et lois) de ne jamais payer les « forces collectives » (connaissances, techniques, coopération, division du travail, etc.). C’est donc une aubaine et un vol de ce qui est social. De cette théorie, reprise en douce par Marx, Proudhon déduit une autre conception de la valeur. Elle est relative, évolutive, « constituée ». Ce qui veut dire que ce qui fait que la valeur n’est pas intrinsèque (contenu en heures de travail) mais relative. En réalité, il n’y a pas de valeur absolue des produits mais un positionnement de la valeur de chacun sur une échelle où ce qui donne la place du produit est le degré de productivité. La place de chaque produit sur l’échelle évolue avec les progrès de productivité. Toute valeur est donc relative et variable.
Comme la valeur absolue n’existe pas, Proudhon en déduit qu’il faut qu’elle soit négociée entre acteurs sociaux, ce qui passe par une structure de mise en expression : l’organisation des agriculteurs (« la Marianne des champs ») s’unit à « la sociale des cités » pour constituer le « syndicat général de la production ». Et celui-ci se réunit avec les consommateurs pour donne « le syndicat général de la production et de la consommation » ; rappelons que tout cela a été pensé avant 1 860 ! Cela fait partie du fédéralisme intégral pensé par Proudhon : il unit dans une même structure et un même processus de discussion et de négociation le politique, l’économique, le juridique et le social. La concurrence, conduisant à la baisse de la valeur constituée et à des « accidents de non-valeur » (mévente et menées du capital pour organiser la rareté), doit être régulée et organisée. Il faut éliminer ce qui entrave la valeur en imposant des charges indues à la production, charges contournant la valeur constituée. D’où la nécessité du « crédit gratuit », de coopératives et de mutuelles fédérées pour fonder l’échange sur la mutualité (équivalent contre équivalent fondé sur les coûts de revient évoluant par les progrès de productivité). Dans ce cadre, la propriété ne saurait avoir une forme unique. Proudhon distingue plusieurs modes de « possession » : la petite production privée car elle repose sur les capacités d’une famille à exploiter avec ses propres moyens un outil ou moyen de production (si cela outrepasse ses moyens et qu’elle doit louer ledit moyen, alors le locataire acquiert le bien après 20 à 30 ans de loyer ; cela afin de généraliser la petite propriété), la propriété sociale (coopératives et mutuelles), la propriété publique et fédérée (« les compagnies ouvrières » qui utilisent beaucoup de forces collectives ; ce sont nos EPIC actuels). Pour la transparence des valeurs, de façon que les prix ne s’éloignent pas des valeurs constituées, Proudhon propose toute une série de moyens d’information de tous les acteurs : statistiques (il n’y en avait guère à l’époque), barèmes, mercuriales, stockages, magasins généraux, expositions, « leasing », etc. Mais ce qui compte évidemment le plus, c’est la structure de mise en débat, à savoir la fédération. Sur la valeur, la position de Proudhon nous évite les jongleries sophistiquées de Marx : travail concret et abstrait, travail vivant et mort (les machines), non-prise en compte (sauf par des raffinements problématiques) de la différence de valeur entre une heure de technicien qualifié et bien formé et celle d’un OS. En outre, la valeur marxienne (d’échange) n’est pas loin de la tautologie : la valeur d’échange de la force de travail dépend de celle des subsistances nécessaires à sa reproduction, lesquelles contiennent la valeur de la force de travail… Qui plus est, chez Marx le système est automatique et impersonnel alors que chez Proudhon tout dépend de la mise en relation personnalisée tant des individus que des groupements. Le système marxien peut amener à l’autoritarisme de la communauté nationale devenant propriétaire des moyens de production comme dans le capitalisme d’État de feu l’URSS. La pensée de Proudhon est démocratique et décentralisée car elle met tous les acteurs sur le même plan et les conduit à négocier à armes égales dans une structure d’ensemble. Ou la solution marxienne peut conduire à la juxtaposition d’associations locales ou sectorielles de production sans structuration d’ensemble de leurs rapports. Une telle structuration est nécessaire pour encadrer la concurrence à condition qu’elle soit pleinement démocratique. Au passage, cela dément le biterie (au lieu de connerie) de tous ceux qui ont vu dans Proudhon un nostalgique de la petite propriété paysanne. N’a-t-il pas écrit, par exemple, que « la petite agriculture est aussi sotte que la petite industrie ». La méthode de Proudhon met la liberté des échanges au-dessus de tout et prône une « révolution sociale » graduelle ; il conserve la concurrence qui est « la possibilité de se passer des services de quelqu’un qui les surfait ».
On voit donc aisément que Marx définit les choses dans le cadre de la logique du capital, sa proposition consistant à le renverser. Proudhon, au contraire, donne des idées pour un autre modèle socio-économique et politique. Marx, avec le surtravail met davantage en relief les conflits liés aux positions structurelles de tension entre les intérêts du capital et du salariat, de même que les rapports de force. Proudhon nous conduit vers le vice structurel de l’industrialisme avec la course à la productivité. Mais les deux doivent être liés pour un projet de changement sociétal et politique. Cependant, ce projet ne saurait consister en un modèle clé en main. Il doit s’agir d’une démarche laissant libre cours à l’effervescence des initiatives.

Le soufflet et le droit

Classé dans : Non classé — 11 juin, 2021 @ 10:42

N’ayant pas l’immense talent de La Fontaine, je ne saurais écrire une fable moderne. Pourtant le sujet le mérite. Un jeune gugusse, que le hasard a mis en face du Zident, l’a souffleté avec vigueur et sans réfléchir. Ce qui a permis au procureur, qui semble appartenir à la vieille espèce des chats fourrés, de requérir la préméditation de l’acte. Car si l’imbécile jeune homme avait un peu réfléchi il aurait anticipé que son geste gratuit comme celui de Lafcadio entraînerait une hausse significative de la popularité du Zident. Cela n’a pas loupé : il est monté à 50 % d’opinions favorables. Voilà bien un idiot utile pour LREM. Encore 2 ou 3 baffes et on pourra se passer des élections en 2022.
Du coup, la justice impartiale que nous connaissons de nos jours, s’est mise en branle impitoyablement contre ce crime de lèse-majesté ripoublicaine. Le procureur s’est surpassé (on espère que cela lui vaudra de l’avancement) pour requérir en comparution immédiate, cette création de Tsarcosy. Il a stigmatisé l’absence de remords, la dangerosité du mec, ses intentions probables et futures pour demander le max. Nous voyons donc que faire justice ne repose plus vraiment sur les actes mais sur des suppositions d’intentions et des probabilités. Cela me rappelle une plaidoirie de Me Moro-Gaffierri en son temps. Un tocard avait été surpris en face de la devanture fermée d’une bijouterie. Et la maison Royco avait trouvé dans son sac une pince-monseigneur. D’où le passage de l’individu devant le tribunal. Moro-Gaffierri avait plaidé ainsi : j’ai sur moi tous les instruments du viol ; puis-je être condamné sans début d’exécution ? À quand la mise en place en France de « Minority report », maintenant ? La hargne judiciaire (avant peut-être distribution de légions d’honneur) s’est poursuivie : 18 mois dont 4 fermes de zonzon et arrestation immédiate à la fin de l’audience vite expédiée. En général, pour moins d’un an de taule, il n’y a pas de mandat de dépôt !
Cependant, ce matin arrive une plaisante nouvelle. Une loi sécuritaire (contenant le droit de la police d’enfermer les gens dans une nasse et éviction des journalistes en fin de manif) a été retoquée au grand dam du législateur revolving pondant, comme une Prim’Holstein batave pissant du lait, des lois à la six-quatre-deux pour faire plaisir à sa garde prétorienne. Jusqu’à quand Conseil d’État et Conseil Constitutionnel pourront-ils résister au tsunami sécuritaire du pouvoir macronien ? Suite au prochain numéro.

Economisez 26 euros

Classé dans : Non classé — 11 juin, 2021 @ 8:22

C’est simple : il suffit de ne pas acheter le livre de Corcuff, à savoir La grande confusion, pavé de près de 700 pages rédigé en langue absconse d’universitaire patenté quoique de « gôche ».
Le pitch est simple : il y a des hybridations entre les théories et les théoriciens ou idéologues de droite, de gauche, d’extrême droite, d’extrême gauche qui entretiennent une confusion générale dans les idées, les politiques, les discours. M. Corcuff enfonce une porte ouverte car c’est un phénomène classique lié aux enjeux électoraux, à la récupération de « sachants » pour faire sérieux et se défausser, aux luttes idéologiques pour la conquête de l’opinion, au narcissisme des penseurs et auteurs, aux événements et circonstances, aux batailles pour l’hégémonie politique ou culturelle. De plus, personne n’a la propriété de ses idées, personne ne peut empêcher qu’une idée juste de droite vaille moins qu’une fausse de gauche. Tout le monde grappille ici ou là et évolue. Il n’y a pas de propriété des idées. Ce n’est pas parce qu’un problème a été avancé par la droite (insécurité, immigration, séparatisme…) qu’il n’existe pas et qu’il ne saurait être repris par la gauche. En outre, les idées évoluent, circulent, se combinent depuis toujours et, naturellement, chacun doit faire le tri et la généalogie des choses. C’est ce que fait Corcuff avec un immense savoir de type plutôt compilation et description que d’argumentation, Le lecteur est rapidement noyé par tant d’érudition et finit le livre dans la plus grande confusion.
Donc Corcuff a raison mais ex ante car le drame actuel est que la France n’a plus de grands penseurs et que les partis, notamment le prétendu socialiste, n’ont pondu aucune théorie ni projet depuis 30 ans. Avec nos médias instantanéistes et en compétition pour le buzz, nous n’avons plus, non plus, de débat d’idées hormis les invectives, les dénonciations réciproques, le rappel au politiquement correct.
M. Corcuff manie l’amalgame avec brio et met tout le monde dans le même sac des amalgames indus, des proximités malsaines, des accointances nauséabondes, des emprunts impurs. Personne ne trouve grâce à ses yeux si purs ; il trouve partout des relents conservateurs, réactionnaires, racistes, homophobes, islamophobes, anti féministes, identitaires, etc. Il a les mains blanches mais c’est parce qu’il n’a pas de mains (Péguy). Il pourfend les pensées incorrectes comme s’il détenait la vérité à lui tout seul. Pas vraiment tout seul car il abrite sa critique derrière le paravent d’autorités universitaires capables de dénicher les os cachés dans les expressions incorrectes de tout un chacun. Tout le monde y passe : Michéa, Guilluy, Onfray, Melanchthon, Ruffin, Branco, Joffrin, Lordon, etc. Corcuff ne distingue pas entre des possibles scories et la ligne générale de la pensée. Il en appelle volontiers à « la science normale » (celle instituée et décorée) contre les outsiders. Par exemple, il reprend des géographes patentés contre Guilluy sans voir que ce dernier construit un modèle dynamique et tendanciel : celui de la relégation à plus long terme de la « France périphérique » (rurale, rurbaine) contre celle des métropoles mondialisées. Il lui reproche de faire des banlieues des espaces porteurs. Or, c’est vrai car ces banlieues sont le réservoir de main-d’œuvre low cost au service des « bobos » des métropoles où il y a en plus des chambres de bonne dans les soupentes au 6e étage sans ascenseur. Guilluy ne verrait pas la diversité des espaces alors que justement, la logique du SLC mondialiste fait qu’il y aura alignement à long terme. Donc si la géographie de Guilluy est fausse pour l’instant, son modèle d’évolution est, lui, pertinent. Autre exemple : M. Corcuff s’en prend à l’amalgame islam-islamisme. Il ignore que cette sphère est comme une matriochka. La première est l’islam, la deuxième est le quiétisme puriste, la troisième, le radicalisme et la dernière est le terrorisme. Il néglige que l’islam n’est pas qu’une religion, c’est aussi une morale, un style de vie marqué par des interdits, une conception du politique comme uni à la religion, ce qui entre en conflit avec note séparation de la religion et de l’État et avec notre culture, par exemple de l’égalité femmes/hommes. Doit-on laisser mourir notre culture, qui visiblement n’existe pas chez notre auteur ? Et tout va à lavement chez Corcuff. Le malhomme attaque les prises de position mais en fait c’est ad hominem au nom d’une pureté idéologique qui n’existe pas en univers évolutif et conflictuel saisi par des problèmes sans cesse nouveaux. C’est beau comme du Trotski.
Si vous le lisez, vous devrait vous terrer dans un trou car vous vous trouverez tous les péchés du monde, vous serez le mal incarné obligé de vous incliner devant le monopoliste du bien. Car notre homme, après une belle errance politique, a enfin trouvé le TAO (la voie) dans le confusianisme. M. Corcuff interprète à tout va et trouve ce qui cloche pour vouer l’impétrant aux géhennes de la seule bien-pensance. Heureusement que je ne suis guère connu car je serais sûrement descendu pour : complotisme, souverainisme nationalisme, populisme identitaire, protectionnisme, antisémitisme, esprit réactionnaire anti libéral, anti mondialisation, anti UE, anti individualisme libéral, anti communautarisme, etc.
Comme tout le monde (droite, gauche, extrêmes, social-démocratie, social-libéralisme, identitaires-communautaristes, etc.), on se demande ce qu’on peut encore penser ? Eh bien, rien car M. Corcuff ne nous révèle presque rien de sa pensée propre et de son projet. Sa conclusion est de ce point de vue indigente. Faut-il voir son pavé (merci au confinement qui a sans doute permis de le pondre) comme une pierre jetée dans la mer de la tranquillité ou un symbole de napoléon au pont de racole toutes les mauvaises opinions ? Corcuff est comme le soldat de Valmy, seul contre la marée de l’extrême droite, seul internationaliste et universaliste dans la mer des sarcasmes. Corcuff a visiblement été par le virus de la vérité révélatrice de toutes les compromissions. Il ne nous reste plus qu’à cultiver notre jardin (secret) puisque tout le monde est pourri par la même idéologie. Chacun doit demeurer dans sa tour avec défense d’y voir.

La gifle (remake) par Manu Pinocchio

Classé dans : Non classé — 9 juin, 2021 @ 10:45

Le Zident a été hier souffleté par un crétin. Du coup, l’événement est passé en boucle sur les télés d’info en continu et ailleurs. Du coup, le monde des politicards s’est unanimement ému de cette violence insupportable vis-à-vis de l’incarnation de l’autorité suprême. Tiens donc, why ? Sans doute parce qu’ils espèrent devenir calife à la place du calife et redoutent alors d’être eux aussi victimes d’un tel acte. Sans doute aussi parce que tout ce beau monde est en réalité content d’un système politique monarchique, centralisé, absolutiste, monopoliste dont ils pensent un jour pouvoir profiter. M. Casse-Tête, premier sinistre, en a appelé au respect de l’ordre ripoublicain et a considéré que c’était une épouvantable attaque contre la démocratie. Au passage, on voit que Kantorowicz avait raison : il y a bien deux corps du roi, le sacré et le charnel. Le pouvoir reste ancré dans le théologico-politique. Peut-être qu’une vraie tarte (à la crème) aurait été plus adaptée afin de prouver le comique de ceux qui défendent une démocratie qui est morte depuis bien longtemps. Comme du reste la république en tant que fondée sur la justice sociale. Le crétin, auteur d’un acte spontané et irréfléchi (simple hasard dû au cinéma du bain de foule présidentiel), n’a pas vu qu’il était bite (je ne dis plus con car c’est anti féministe) de s’en prendre à une personne alors que c’est le système qui assure une violence systémique et impersonnelle.
Le soufflé ne retombe pas et le souffleté repart de plus belle dans sa tournée des popotes avec la douairière Trognon. Car l’imbécile lui a offert une occasion en or de se refaire la cerise. Encore quelques soufflets de ce genre et il sera réélu en triomphe. Le souffleté nous a dit dans la foulée que la démocratie ne peut reposer sur la bêtise. Objection ; notre démocratie, si peu représentative est justement fondée sur la biterie. Il suffit de voir les foules énamourées qui se précipitent sur le sillage du Zident. Sans la bêtise, on ne peut comprendre pourquoi tant de monde se livre aux délices de « la servitude volontaire », à l’acceptation de la coupure dirigeants/dirigés. On ne peut pas comprendre non plus la progression de la haine des « élites » puisque c’est leur ânerie qui les pousse à mépriser le peuple et à le pressurer (pas pressuriser comment on lit dans la presse). C’est toujours Louis XVI qui prend une révolution pour une révolte, qui préfère l’ordre au bien-être du peuple. Et quand les canaux organisés d’expression ont été muselés, il ne reste évidemment que la rue et l’exaspération. Ceux qui, au pouvoir, ont verrouillé la cocotte-minute devrait le savoir.
Cet incident nous annonce la qualité de la future campagne présidentielle. Tout le monde a crié haro sur le baudet sans se remettre en question, ni critiquer le système électoral. On a en oublié que cette violence, largement symbolique, n’avait pas grand-chose à voir avec les assassinats et les noms d’oiseaux d’autrefois. Mais on va rester dans les invectives, les complots dénoncés dans les réseaux sociaux, la communication, le barnum électoral, l’affirmation sans démonstration ni argumentation, le ressenti sans réflexion, etc. Oremus.

La laïcité en France

Classé dans : Non classé — 8 juin, 2021 @ 10:55

Je viens de lire un stimulant livre de Patrick Weil sur la laïcité, livre qui remet les pendules à l’heure et montre qu’elle n’a rien d’anti-islam. La loi de 1905 a été préparée pendant deux ans et a amené deux mois de débats parlementaires. C’est fort loin de la méthode revolving actuelle où une loi de circonstances bâclée chasse l’autre. Que dit-elle ?
• L’État garantit la liberté de conscience (chacun peut croire à ce qu’il veut sans être inquiété). La liberté de culte dans l’espace public est loisible comme la liberté d’expression. Ce n’est pas de la tolérance (il y avait des maisons pour cela). C’est un droit pour chacun et pour les communautés. Les processions sont donc légales comme les signes religieux (sauf pour les fonctionnaires qui doivent être neutres) dans l’espace public.
• L’État est neutre vis-à-vis de toute religion et de toute conception du monde. Mais il se protège des intrusions des religions dans l’espace public quand elles prétendent substituer leurs lois à celles de la république. C’est l’inverse des USA où l’État veut protéger les religions (à l’époque la religion catholique qui faisait du pape le législateur du pays) contre son ingérence. L’État français ne subventionne, ni ne salarie aucun culte afin de rester neutre.
• Et l’État installe des dispositions coercitives contre les envahissements de l’espace politique par les religions. C’est ce que n’ont pas fait les gouvernements français depuis 30 ans. L’État ne se mêle pas de religion mais entend empêcher les entrepreneurs de religion qui dresseraient leur communauté contre les lois républicaines. C’est pourquoi l’État ne s’est pas privé de sanctionner toutes les attaques contre la loi de 1905 au nom de ses articles 31 à 35.
• La liberté d’expression à l’intérieur du respect des dispositions légales est totale. Le blasphème est permis quand il est une critique de la religion mais pas des attaques contre les croyants.
La IIIe République ne s’en est pas prise à la foi mais à un énorme entrepreneur de religion, le pape, qui lui-même violait la séparation ancienne entre le spirituel et le temporel et voulait en revenir au bon temps où on pouvait zigouiller le chevalier de La Barre défendu par Voltaire. Mais, peu à peu, les politicards francaouis ont laissé le religieux, organisé et dirigé, envahir l’espace public. Une décision néfaste a été prise en finançant l’enseignement religieux (loi Debré) alors qu’il suffisait de donner aux parents un bon d’éducation sans passer par une Église. Puis, il y a eu tous « les accommodements raisonnables » qui n’ont été que des victoires progressives des entrepreneurs islamistes de religion, chaque concession conduisant à la suivante suivant la bonne vieille stratégie stalinienne du salami.
Il n’y a donc rein à changer à la loi de 1905, ni pour la durcir, ni pour l’ouvrir. Elle ne stigmatise aucunement la foi ou les croyants quelle que soit leur obédience, ni les athées ou les agnostiques. Il suffit de la faire appliquer en se moquant des attaques étrangères qui n’ont pour but que de disqualifier l’universalisme français.

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