les armes de la critique

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Présentation du blog

Classé dans : Non classé — 27 juin, 2009 @ 8:50

Le présent blog vise à réfléchir aux événements et questions d’actualité présentés par les faits et discours politiques ou économiques. Il émane d’un socialiste libertaire déjà bien rassis (65 ans), ex-militant syndical (CFDT puis CGT), chroniqueur au Monde Libertaire, intervenant dans http:/divergences.be. Il s’agit de décrypter les choses et d’en dégager la ligne générale derrière les discours plus ou moins mensongers et les pratiques réelles. L’auteur s’appuie sur sur une dizaine d’ouvrages de sciences sociales qu’il a pondus (sans succès) et sur sa bonne vieille expérience d’homme engagé. Le blog reprend  la vieille idée de Marx: substituer à la critique par les armes, les armes de la critique. tant pis si ses propos finiront dans la « critique rongeuse des souris ». L’auteur est un vieux disciple de Proudhon.

Maqueron et les experts de la « société civile »

Classé dans : politique — 13 février, 2018 @ 12:24

La moitié du gouvernement Maqueron est constituée d’experts de la « société civile » ; ce n’est pas innocent et c’est très significatif du jacobinisme du résident francaoui et de son mode de gouvernance new look. Ou plutôt tiré du management des entreprises privées, lequel n’est pas moderne du tout. En appeler à l’expertise contre la politique, c’est prendre un tournant très important. Ce n’est pas étonnant car Maqueron avait annoncé pendant la campagne électorale une réforme des grands corps de l’Etat et de l’ENA, réforme qui a avorté en forme de souriceau. Ce n’est pas par hasard : Maqueron a besoin de la puissance des hauts fonctionnaires issus des desdits grands corps pour asseoir son pouvoir de surplomb sur le pays. Il se contente de mettre ceux-ci au pas en les virant s’ils ne poursuivent pas ses desseins de transformation brutale du pays. Il a besoin d’un Etat et d’une administration tout-puissants pour convertir les Francaouis au SLC. Cela passe par la domination tant des représentants du peuple élus sous sa bannière que de l’administration ; pas de moins d’Etat mais d’un autre Etat pleinement à son service.
Que signifie l’expertise mise aux commandes du pays ? Cela veut dire une prétendue efficacité, une fausse neutralité des décisions afin de faire taire les opposants politiques par un appel à « l’autorité de compétences », donc au bon vieil argument d’autorité. Avec quelle légitimité ? Celle de la soi-disant réussite de la gestion privée et de la théorie économique libérale du SLC. Un expert ne peut pas être neutre parce qu’il a ses vues personnelles et surtout parce qu’il est largement formaté par les conceptions, critères et méthodes de son époque, de son milieu. Il l’est encore moins quand il est au service d’un pouvoir de quelque nature que ce soit (politique, économique, religieux). On peut atteindre quelque neutralité quand on fait appel à une pluralité d’experts indépendants. Ce n’est évidemment pas le cas d’un gouvernement…
L’expertise a pour effet de saucissonner les problèmes en domaines spécialisés. C’est alors un excellent moyen pour diviser et régner : le chef, le manager, le président… écoutent les collaborateurs experts spécialisés et sont seuls à pouvoir faire la synthèse-foutaise. C’est une bien vieille technique managériale des pouvoirs autoritaires et descendants sur les troupes tout au long de la hiérarchie. Recourir à des experts, c’est les mettre en concurrence et se réserver la décision.
La pensée systémique a montré depuis longtemps que les choses et les acteurs étaient interdépendants, notamment par suite d’une « solidarité mécanique » issue de ce que les uns ne peuvent pas se passer des autres. Mais Maqueron, le moderne, n’a visiblement pas suivi les récents développements du systémisme (plus de 50 ans quand même) : un système n’a pas un centre unique de direction mais plusieurs relativement autonomes et il est capable d’effets de substitution d’un centre à un autre et de se réorganiser. Il est même capable d’apprendre en s’adaptant à l’environnement. Il en résulte que l’usage de l’expertise dans un système d’interdépendance et de transversalité des choses fait par Maqueron est une trahison de la méthode systémique ; ce qui reste comme transversalité, c’est le travail en équipe, mais celui-ci est largement réduit aux réunions présidées par le chef. Il en reste un découpage de l’intérêt général en intérêts particuliers, du global et transversal et en rondelles séparées et spécifiques. Si on se réclame de « la pensée complexe », chère à Edgar Morin, il serait bon de la connaître à fond et de l’utiliser à bon escient au lieu d’être un cuistre.
Maqueron aime l’expertise mais à condition qu’elle soit à ses ordres. Comment y parvenir ? Fastoche et classique dans le management privé ; par exemple en supprimant l’emploi protégé des fonctionnaires pour les rendre plus dociles et virer les « insoumis ». Du reste, Maqueron, contrairement à ses annonces de campagne, ne veut plus d’un parquet indépendant. Il fait la chasse aux corps intermédiaires et aux contre-pouvoirs (collectivités locales, syndicats, organismes paritaires…). Qui plus est il n’empêche pas ses experts d’être « en même temps » liés à des lobbys économiques. Ces experts-là sont donc doublement dépendants ; de lui sur le plan politique et des puissances d’argent sur le versant économique. Plus expert que moi, tu meurs !
L’expertise c’est bel et bien la fin de la démocratie au profit d’une caste technocratique mise au service d’un nouvel imperium. C’est la réalisation de « la fin de l’histoire » par la magique disparition des conflits via l’expertise confite dans « the one best way ». L’expertise, c’est l’institution du mépris:vous, les lambdas qui ne sortez pas des grandes écoles et n’êtes pas experts, taisez-vous (El Kabache). L’expertise, c’est la justification d’une politique SLC au nom de critères gestionnaires et comptables qui suppriment toute interrogation sur les fins, le bien commun, le bien-vivre, l’intérêt général. Reste l’efficacité instrumentale ; mais celle-ci n’est que présumée et toute la modernité prouve le contraire, comme, par exemple, la fausse théorie du ruissellement de l’argent des riches vers la création d’emplois (d’amidon, car enlevez, c’est empesé).Tout cela confirme que le règne de Maqueron est celui d’une conception néolithique du pouvoir. Celle-ci a renversé la parole de Marc Sangnier (on ne peut avoir la démocratie en politique ville et la monarchie à l’usine) : on ne peut avoir la monarchie dans le privé et la démocratie politique.

Le wigh Maqueron contre les Tories (le 8/2/18

Classé dans : politique — 7 février, 2018 @ 9:09

Maqueron a eu une grande idée qui, quand on l’analyse de près, explique ses décisions politiques et économiques : l’opposition droite/gauche, par ailleurs devenue purement formelle car leur pratique du pouvoir est la même, est dépassée. Or elle a structuré la politique française quasiment depuis son apparition lors de la Révolution Française. La bonne antinomie aujourd’hui, c’est celle entre les conservateurs et les progressistes. Pour sortir du jeu droite gauche, il faut créer un rassemblement des « progressistes ». C’est possible à condition de dynamiter les vieux partis PS et UMP. Le pari maqueronien a réussi parce que ces partis qui menaient le bal depuis 1958 se sont auto détruits tout seuls. C’est pourquoi avec 15 % des voix des inscrits au 2ème tour des législatives (cela fait peu de progressistes) Maqueron a obtenu « une chambre introuvable » qui permet de disposer de tous les pouvoirs alors qu’elle est électoralement très minoritaire.
Maqueron nous a donc rejoué le duel britannique du 19ème siècle entre les Whigs (libéraux) et les Tories (conservateurs). C’est moderne, nouveau, révolutionnaire…A la place de l’opposition droite vs gauche, il a monté en épingle celle entre progressistes et conservateurs. Nous devons donc sérier les nouveaux adversaires du conflit politique qui fait renaître l’opposition gibbye entre les « progressistes et les conservateurs ». En fait, la nouvelle ligne de partage est la frontière entre les partisans du SLC, y compris socialos, et les opposants déjà présents quand les Francouis ont voté non au TCE en 2005 ou au traité de Maastricht en 1992.
Qui sont les « progressistes » de l’armada Maqueron, de la cohue de ses députés issus de la « société civile »? Ce sont les « nomades », les flexibles, les « winners », les riches épargnants, les patrons qui investissent avec leur boîte petite ou grande, les « in » du sociétal comme les gays, les trans, les couples « différents », non conformistes, « libérés » comme dans la chanson sur la femme éponyme ou Max, les ouverts sur le monde moderne, les entrepreneurs même en auto, les financiers qui aident à la croissance, les « bobos » curieux de tout, les habitants des métropoles, les innovateurs et patrons de start-up, les membres des professions libérales non soumises à statut (exemple : avocats d’affaires), les inventeurs (pas les chercheurs qui ne trouvent rien), les « risquophiles ». Bref, tous ceux qui aiment les avantages qu’ils tirent du SLC qu’ils soutiennent, ceux qui sont pour le libre-échange sans frein, pour la concurrence illimitée, pour la mondialisation et la suppression des frontières, pour le primat de la société civile sur l’Etat (pas sur le pouvoir politique qui est réservé à Maqueron). Tous ceux qui sont au centre de la société, notamment par leur lieu de résidence dans les capitales ouvertes sur le monde et dynamiques. C’est bien normal : tous ces gens-là ont voté pour lui et ses députés, majoritaires à la chambre mais pas dans l’électorat, en sont issus. On y ajoutera les carriéristes, les ambitieux, les opportunistes comme les socialos qui l’ont rejoint ou les LR et les monceaux de journalistes qui l’encensent car il défend le SLC. Maqueron, loué ton nom ah que n’a-t’on au son du Ra des fanfares ripoublicaines!
Qui sont les conservateurs ? Ce sont les notables de province attachés à leurs libertés locales, les rentiers comme les agents des entreprises à statut et les fonctionnaires, les monopolistes d’une fonction comme les notaires ou les pharmaciens, les titulaires de CDI pas assez mobiles et flexibles, les syndicalistes attachés à la défense « des « droits acquis » comme le chante depuis longtemps François-Water de Closets. Maqueron a oublié dans cette liste les politicards et les hauts fonctionnaires qui ont le monopole et la rente de l’exercice du pouvoir et de la gestion de l’Etat. Ce sont ces illettrés de prolos, les moins-que-rien, les « sans-dents » de Zizi Rider, les descamisados qui n’ont qu’à travailler pour se payer un costume ; ceux-là votent FN et ne songent qu’à la défense de leur emploi. Ce sont les ploucs de la « France périphérique » dans les campagnes, le espaces rurbains, les banlieues qui sont fermés à la modernité et à la mondialisation. Bref, ce sont tous les perdants, chômeurs et précaires en tête, qui sont les grands perdants du SLC depuis 30 ans, ce sont tous ceux qui ont été trahis par la classe politicarde, par « l’establishment » PS et UMP, qui ont vu que les alternances ne faisaient que changer les titulaires des mandats électifs et que la mise en place en France du SLC continuait sans vergogne.
Cela éclaire fortement la politique de Maqueron : des cadeaux mirifiques au 1% les plus riches (IFI au lieu ISF, flat tax de 30 % sur, impôt sur les sociétés à 25 % par étapes) les revenus des capitaux mais tout en brimant la rente immobilière (IFI, taxe d’habitation maintenue pour « les riches » ayant plus de 3 000 euros par mois) ; des miettes de pouvoir d’achat pour les plus petits à condition qu’ils travaillent (vite annulées par des taxes et des hausses de prix en tout genre) ; une taxation à fond pour les classes moyennes supérieures et les retraités (CSG de plus 1,7 points dès qu’on a plus de 1250 euros par mois même pour un couple, maintien de la taxe d’habitation). Tout pour les 1 % très riches, à mort les 9 % qui suivent dans le premier décile, le nez au ras de la fosse à purin pour les plus pauvres. En fait, Maqueron ne marche pas sur 2 pattes, même en boitant fortement à droite, mais sur 3.
La véritable opposition n’est donc pas entre progressistes (tout le monde est pour le progrès et l’espoir mélioratif) et conservateurs (tout le monde st pour protéger ce qu’il a, surtout quand il fait partie des 99% qui n’ont pas grand chose), mais entre les tenants du SLC et les partisans de la solidarité, de la coopération, de l’entraide et du progrès social ; soit au moins 85 % de la population contre les 15 % qui ont voté pour les députains maquereaunistes. La lutte des classes n’est pas morte mais elle s’est déplacée vers toutes les victimes du SLC : ouvriers, employés, artisans, petits patrons, sans -emploi, privé et public confondus car les critères d’appartenance sont la précarité, l’insécurité sociale, la pauvreté laborieuse, la domination par les exploiteurs de tout poil.

Das hitlerswagen ou le modèle de Maqueron (le 2/2/18)

Classé dans : politique — 2 février, 2018 @ 12:37

Volkswagen (créée par Hitler) et ses filiales viennent encore de s’illustrer avec des cobayes humains et simiesques pour tester leurs gaz d’échappement diesel. Cela n’étonne pas car il faut se rappeler que l’Allemagne, grâce aux USA, a été fort peu dénazifiée. Les grands trusts et leurs patrons (Krupp, notamment) ont survécu et ont été peu punis. Et cela continue puisque Bayer, la firme chimique immense, (ex-alliée de BASF dans IG Farben la boîte hitlérienne qui a pondu le Zyclon B) peut racheter Monsanto (la boîte du glyphosate, de l’agent orange et des OGM). Comme l’Allemagne domine économiquement (et largement politiquement) l’UE, tout lui est permis : normes faibles pour le diesel et les produits chimiques, glyphosate pour 5 ans (suite à la non-tenue de la promesse faite à la France de voter contre car, à la dernière minute et par volte face, elle s’est abstenue), oui aux filets électriques de ses copains des Pays-Bas, électricité au lignite. Il vaut donc le coup d’examiner comment l’Allemagne a réussi à asseoir son imperium économique en Europe.
En premier lieu, il faut remonter loin : la mise en place de son ordo-libéralisme, chez elle puis dans l’UE dès sa création par le traité de Rome en 1957 puis son alliance avec l’hyper libéralisme britannique dès son entrée dans l’UE en 1973 ; ont eu alors une course à la « concurrence libre et non faussée » et au démantèlement des services publics à grands coups de directives européennes. Cette mise en concurrence drastique des pays européens, aggravée par l’euro, a conduit à la compétition entre peuples et à la surenchère incessante vers le moins-disant. Du coup, au lieu de coopérer, ce qui fut quasiment interdit par die Grosse Kommission de Bruxelles, les gouvernements se sont mis à ne défendre que leur intérêt (la croissance au détriment des autres) et une partie des populations s’est repliée sur le nationalisme. Puis l’Allemagne a obtenu des autres pays l’extension de l’UE à l’Est dès 2004 et cela sans approfondissement.
L’Allemagne a fort bien joué son jeu et n’a pu le faire que parce que, notamment, la France, les autres pays ont laissé faire, soit par alliance de fait avec elle (pays du Nord de l’Europe et Gibbye), soit y ont participé comme complices ou propulseur. La France a été le fer de lance de l’acte unique de 1986 (concurrence, libre-échange généralisé et internationalisé), traité de Maastricht (1992) pour préparer l’euro, création de l’euro et de la BCE (lancé en 2002 pour tout le monde dans la zone éponyme), admission de 10 pays de l’Europe centrale et orientale (PECO(s) dans l’UE à partir de 2004, acceptation des travailleurs détachés (1996), signature de traités internationaux de commerce accroissant la concurrence mondiale. L’euro et la BCE interdisant les dévaluations compétitivité-prix, les pays ne purent jouer que sur leur différentiel de lois sociales, fiscales, environnementales. Dès lors, les règles du jeu étaient en place et l’Allemagne a su en tirer le meilleur parti en jouant les passagers clandestins de l’UE. Voyons comment, le but étant de faire monter son industrie et ses exportations au plus haut.
2003/4 : création par Schröder (lois Hartz, DRH d’Hitlerswagen) des mini-jobs à 400 euros par mois et à temps partiel sans droits à la retraite ; il y en a dans les 5 millions actuellement. Ce sont essentiellement des emplois dans les services ou féminins. Du coup, les industries ont externalisé leurs prestations internes des services vers ces mini-jobs bien moins coûteux, ce qui est une subvention énorme et directe du secteur des services vers l’industrie. Au passage, on peut connaître une raison du faible taux de chômage en Doryphorie : les emplois à temps partiel y sont comptés comme de vrais emplois dans les statistiques (5 %) ; la pauvreté et la précarité travailleuses s’y sont installées à la place des emplois sûrs et correctement rémunérés. Et c’est exactement ce que veut faire le Maqueron en France. Ce n’est pas tout : Schröder a ratiboisé la durée et le montant des indemnités de chômage et diminué les pensions publiques de retraite au profit d’une capitalisation individuelle. C’est de la « désinflation compétitive » par la baisse des coûts de production.
Arrivée de die Grosse Angela au pouvoir (le social-traitre Schröder a été viré par les électeurs au profit de la CDU-CSU) : création d’une TVA sociale de 3 points, ce qui enchérit les importations et diminue les prix des exportations, ce qui correspond à « une désinflation compétitive » de 3 points contournant l’impossibilité de dévaluer dans la zone euro.
Dès 2004, élargissement de l’UE aux PECO(s) afin de permettre la délocalisation d’une bonne part des chaînes de production teutonnes chez eux (sous-traitance, délocalisations low cost) ; la Tudesquie garde le montage final et applique l’étiquette « made in Germany », ce que Bruxelles aurait dû interdire. 1996, directive sur les « travailleurs détachés » (TD) qui permet à la Teutonie, dépourvue de SMIC jusqu’en 2015, de faire travailler des gens de l’Est à 4 euros de l’heure, sans contrôle du temps de travail et sans cotisations sociales germaniques, logés dans des hangars (avec bon loyer!) et devant acheter fort cher leur subsistance à leur employeur. Cela a fait de l’Allemagne la 1ère agriculture industrielle d’Europe (lait, porc, patates) et ruiné les éleveurs francouis. La boustifaille pour prolos y est moins chère qu’en France, ce qui abaisse les tensions sur le pouvoir d’achat.
Rappelons que l’industrie allemande est favorisée par la cogestion avec les syndicats, lesquels sont devenus ses meilleurs défenseurs ; belle collaboration de classe. Par ailleurs, les boîtes d’électricité peuvent majorer leurs tarifs pour les consommateurs domestiques et les minorer pour l’industrie, ce qui est une subvention camouflée à celle-ci, ce qui aurait dû être interdit par l’UE. De plus les banques régionales allemandes peuvent financer les PME avec la complicité des Länder et des villes, ce qui est, là encore, une subvention indirecte ; ce qui explique que la Doryphorie a exclu de mettre ses petites banques dans l’union bancaire UE régulée.
L’Allemagne en voie de dépeuplement bénéficie de loyers faibles, ce qui diminue les tensions pour l’augmentation des salaires et les frais d’éducation. Par ailleurs, le système de formation teuton oriente très tôt les élèves moyens vers les filières courtes et l’apprentissage qui est effectivement une force considérable de l’industrie tudesque.
L’Allemagne joue en faveur de l’euro fort, ce qui ruine les autres pays. En effet, elle dispose d’une production industrielle de qualité (bagnoles, robots, machines, process industriels) qui lui permet des prix plus élevés à l’exportation. En outre, l’euro fort lui permet de payer avec une fronde les TD en provenance des PECOS(s) hors zone euro : un salaire de 4 euros de l’heure converti en zlotys est un pactole pour le (plombier polonais) compte tenu du taux de change et du niveau des salaires en Pologne. De même avec un euro fort la Vert-de-Grisie peut acheter low cost ses propres productions délocalisées dans les PECO(s).
Et voilà pourquoi votre sœur est muette. Vous me demanderez pourquoi les autres pays, dont la France, n’en font pas autant ? Parce que le peuple français n’est pas dans la soumission luthérienne au pouvoir, ni dans le syndicalisme cogestionnaire du kapital et car les gouvernements francaouis n’osent pas le brusquer par peur d’une révolte. C’est pourquoi ils sont allés vers le SLC à pas comptés et avec une stratégie de salami. C’est justement ce que fait sauter Maqueron avec brutalité hyper libérale.
Il faut aussi observer que si tous les pays faisaient comme la Casque-à-Pointie, ce serait une course perpétuelle au moins-disant, la déflation et surtout la guerre économique entre les peuples. Et pourtant, c’est la politique de l’UE, sous pression de l’Allemagne, avec les contraintes « austéritaires » sur les budgets, les déficits et la dette publique, ce qui force les pays à « des mesures structurelles » de flexibilité du travail, de baisse du coût de la main d’œuvre et de liquidation des biens et services publics. C’est la politique du Maqueron qui préfère biser à d’Essen la Krupp d’Angela afin de faire partie du club encensé par les maîtres du Kapital.

Etat et légitimité

Classé dans : politique — 18 janvier, 2018 @ 12:21

La décision prise hier sur l’abandon de l’ayraulport de Nantes (NDDL)a suscité aussitôt des hurlements au nom de l’Etat, de son autorité, de l’ordre républicain, de l’autorité de la loi, de la démocratie locale, de l’Etat de droit. Du bon vieux blablabla légitimiste et jacobin… Au nom d’idées traditionnelles sans fondement. Voyons pourquoi et comment.
L’Etat n’existe pas ; c’est une structure formelle et juridique et symbolique pour rendre impersonnelle la détention de la souveraineté du peuple ou puissance sur lui-même en tant que seule source de légitimité. L’Etat n’a pas de bras ni de cerveau ; ce qui existe, ce sont le gouvernement, le parlement et l’administration. Le gouvernement et le parlement ne sont que les détenteurs, non pas du pouvoir souverain, mais de son exercice au nom du peuple ; cette détention ou simple possession n’est que provisoire et n’est légitime que que si elle poursuit le bien commun et l’intérêt général. Les élections ne donnent que la légalité des élus et non leur légitimité qui ne peut que se constater dans le contenu des décisions et des actes des gouvernants et des législateurs.
* L’autorité ne vient pas d’en-haut vers le bas ; elle n’est pas une qualité, ni une propriété, des élus ou des décideurs de l’administration. Elle vient d’en-bas et est reconnaissance par ledit bas du droit des puissants à gouverner et commander ; elle est conférée, sous réserve d’inventaire par le bas qui seul détient la source de la légitimité des décisions avec comme principe d’appréciation la poursuite de l’intérêt général. L’autorité n’est pas une quantité fixe de pouvoirs donnés aux dirigeants mais une qualité évolutive de reconnaissance de leur légitimité.
* Certes, en démocratie républicaine, la loi doit être respectée. Mais à condition qu’elle soit juste et légitime car fondée sur les besoins du peuple tout entier, sur son bien être général. Il faut alors se demander comment est établie la loi, pour qui, avec qui, dans quels buts, la souveraineté étant essentiellement le pouvoir « de donner et casser la loi » commune à tous. Or, depuis 1983, la loi a toujours été pondue pour implanter en France le libre-échange concurrentiel sans limites au sein de l’UE ; en 2005, (TCE), les Français avaient rejeté cet ordo-libéralisme et leur vote a été nié. Où est l’émission démocratique de la la loi ? Où est sa légitimité puisque cette politique n’est pas conforme à l’intérêt du peuple mais seulement à celui des élites et des puissants.
* La démocratie n’est acceptable que si elle existe dans les faits et les institutions. Or la Vème ripoublique n’est qu’une monarchie élective où la majorité parlementaire peut ne pas tenir compte de la minorité. Le système électoral y est fort peu représentatif car, par exemple, Maqueron n’a été élu qu’avec 25 % des inscrits et sa majorité avec seulement 15 ! En outre, ce n’est pas la chambre qui fait la loi mais l’exécutif qui demande à ses godillots de la voter. La majorité peut donc voter des lois contre l’intérêt général sans être mise en danger. Les consultations démocratiques ne doivent pas être biaisées comme à NDDL où on n’a fait voter que le 44 tout en disant que ayraultport était d’intérêt national et pour tout l’Ouest à cause d’un trafic international (au volume prospectif calculé au doigt mouillé). Dans ces conditions, c’est tout l’Ouest qui aurait dû voter ! Dans la démocratie, l’intérêt général prime le particulier…
* L’ordre républicain suppose qu’on soit réellement en République. Il y faut justice, égalité de traitement des citoyens, universalité des lois et règles (les mêmes pour tous). La justice doit être indépendante mais le révolutionnaire Maqueron refuse que le parquet le soit, ce qui est critiqué depuis des lustres par la justice européenne. Le citoyen (ou l’immigré) ne doit pas être spolié (par exemple par des DUP truquées), ni, naturellement, craindre pour son intégrité quand il est arrêté par la police. Lé république doit être souveraine et indépendante comme territoire de réalisation d’un dessein commun. Or dans l’UE et la zone euro, il n’en est rien.
* L’Etat de droit n’est respectable que si le pays en est un. Or en France les membres du prétendu Etat ont leur propre justice (filière administrative) et les soi-disant autorités ont leurs propres moyens de contrôle (qui pèsent bien plus que les autres dans les enquêtes préliminaires!) : IGPS, IGPN, etc. Vous avez été spolié par une DUP, eh bien vous devez aller devant un tribunal administratif où « l’Etat » se juge lui-même ! Les statistiques doivent être indépendantes afin qu’elles ne soient pas cachées, minorées et même truquées par le pouvoir. La presse doit être indépendante du pouvoir et des puissances d’argent. Les responsables politiques doivent être coupés des puissances d’argent, des lobbys, des syndicats. Or, en France il y a possibilité, souvent réalisée, d’une collusion entre les élus, les puissants (super marchés, boîtes comme Lactalis, boîtes liées aux commandes publiques comme Vinci ou Bouygues), des agences ou commissions bidonnées dans leur représentativité, des syndicats comme la FNSEA, des « organes » comme les chambres d’agriculture, les tribunaux de commerce…. Ce fut le cas du barrage de Sivens qui voulait privatiser une petite rivière (le Tescou dans le Tarn) sur pression de la FNSEA et d’une commission hydraulique bidon au profit d’une quinzaine de gros producteurs de maïs. Les enquêtes d’utilité publique sont le plus souvent spécieuses et partisanes, les DUP spoliatrices et surtout liées à des intérêts particuliers (Europa City, Roybon, Tunnel sous le Mont Blanc, NDDL…).
On voit donc bien que les protestataires sont, eux, parfaitement et légitimement, habilités à s’opposer à un système sociopolitique ni démocratique, ni républicain. Et pourtant Maqueron a passé la surmultipliée pour fondre le pays dans l’UE et pour y implanter par sa force électorale le SLC contre l’intérêt de la majorité du peuple (ouvriers et employés, soit 52 % de la population) !

Morale et système libéralo-capitaliste (SLC)

Classé dans : politique — 4 janvier, 2018 @ 11:58

Le SLC est un système social total où culture, morale, économie sont profondément imbriquées. Pour assurer croissance, accumulation, profits le SLC a besoin d’une morale ad hoc afin de pousser les gens à la consommation et au gaspillage. pour faire du profit, compte tenu de la concurrence exacerbée, il faut vendre au maximum, ce qui permet des économies d’échelle et même des rendements croissants à partir du moment où les investissements et les charges fixes ont été couverts par l’atteinte du « point mort »: les ventes les couvrent et au-delà, c’est du bénef. Cela vient aussi de ce que, contrairement aux vues datées des économistes libéraux, il n’est plus possible de calculer l’utilité marginale de la dernière unité produite (qui est fonction de rendements décroissants, base du calcul libéral et qui n’existe plus); exemple, un DVD; une fois ses frais de conception couverts, toutes les ventes supplémentaires rapportent et il n’y a pas de dernier produit vendu car cela peut être illimité; il suffit que la demande continue et c’est justement ce à quoi pousse la morale du SLC. Voyons comment.
Le SLC a abouti à une morale hyper individualiste et au narcissisme identitaire et des petites différences à faire reconnaître par les autres. Dans ce cadre moral collectif du SLC, car n’oublions pas que « la morale est la révélation du collectif à l’homme » (Proudhon), chacun se compare aux autres et entre en compétition avec eux. la comparaison est actionnée par « l’amour-propre » de Rousseau, le besoin de reconnaissance de son identité particulière. ce qui amène soit à la jalousie (avoir ce que les autres ont, sentiment libéral « positif » en SLC), soit à l’envie (détruire ce que les autres ont sans qu’on l’aie, sentiment destructeur à la base du socialisme collectiviste). Alors, pour être à la hauteur, pour ne pas être déconsidéré par les autres et sa communauté d’appartenance et de référence, on travaille pour acheter et montrer ainsi son rang. On peut alors faire monter de « consommation ostentatoire » ainsi que l’avait génialement vu Veblen. Et si on n’a pas assez de revenu, on peut faire appel au crédit, le SLC ayant ainsi détruit la vieille morale de l’épargne. Et, si on peut emprunter, compte tenu de ses revenus et de son état (en situation de précarité, par exemple), on peut verser dans l’envie et le ressentiment ou compenser par un trafic illicite. La morale SLC signifie donc compétition, atomisation, solutions individuelles au lieu de coopération volontaire avec les autres. rien de pire pour le SLC que celle-ci car on peut s’unir pour mettre en commun des biens utiles à tous, ce qui, naturellement, diminue le volume du marché. Las, le SLC ne peut progresser sans coopération; pour ce faire il a inventé l’hyper division du travail, ce qui conduit à la solidarité « mécanique » chère à Durkheim. Cette coopération est forcée et largement inconsciente, les dirigeants du SLC se réservant le droit d’organiser seuls la division du travail.
Le SLC doit à tout prix créer des besoins, y compris fictifs ou sans intérêt. La morale de la frugalité n’est plus de mise, « l’ataraxie » (se contenter de ce qu’on a et surtout se dégager les plus possible, comme l’enseignait Bouddha, ne pas se laisser aller à la domination par les choses et par le regard des autres): être heureux dépend de soi et de sa capacité à refuser les tentations et les excès. le SLC a donc encouragé la satisfaction de tous les besoins, dont en premier les matériels, et aussi les symboliques (pour la reconnaissance sociale, la gloire, le pouvoir) et même sexuels. Le problème est que le besoin disparaît quand il est assouvi. Mais le SLC a bien compris, via ses agents de marketing, de pub, ses psychologues, ses communicants, que le désir, lui, était insatiable. Il faut donc sans cesse ranimer la flamme du désir via l’innovation, la jalousie, la publicité. Il a compris qu’il n’y a pas de désir intrinsèque pour le matériel qui n’est jamais qu’un moyen, une médiation pour sa réalisation. D’où la liaison permanente que fait la pub SLC entre le sexe et l’objet. Et, ensuite, ses bonnes âmes se plaignent du harcèlement sexuel, de la pornographie, de la dissolution des moeurs…
Le SLC est un matérialisme hédoniste: le bonheur par l’accès aux objets et par l’argent. Cela, c’est à usage privé car la doctrine SLC nous affirme que l’économie n’a rien à voir avec la morale, ni, du reste la politique et le droit qui doivent rester neutres par rapport à toutes les conceptions du monde et à toutes les valeurs morales. Cela signifie qu’en économie tout est permis car les seuls critères de l’action sont l’utilité, la rentabilité, l’efficacité; d’où l’abandon de la « common decency » (solidarité, respect de l’autre et de sa dignité, travail de qualité et bien fait, sobriété…) et des pratiques immorales comme le dumping, l’obsolescence programmée, l’abus de position dominante et bien pis à condition de ne pas se faire bêtement prendre comme Lactalis ou Spanghero (pas vu, pas pris comme on dit dans ces milieux d’affaires). L’avoir et ses apparences (y compris les appas rances pour certains) remplacent l’être et sa spiritualité, le calcul instrumental se substitue aux bonnes relations, aux sentiments, au bien-vivre tourné vers les autres. En politique, les valeurs SLC sont la soumission aux « autorités », fussent-elles illégitimes, la poursuite des intérêts individuels au détriment du bien commun, l’obéissance à l’ordre existant et à ses prétendues forces. On aura observé que, en réalité, le SLC qui nie toute morale en propage bel et bien une dont le résultat est une société hobbésienne de la lutte de tous contre tous. ce qui repose, non sur le consensus mais sur la force.
le SLC repose sur l’accroissement des inégalités car ce sont elles qui sont à l’origine des comparaisons poussant à avoir les mêmes choses que les autres dans un univers darwinien soi-disant fondé sur le mérite, lequel est démontré par le statut social, le patrimoine, la femme-objet à exhiber. Au passage, une valeur essentielle des communautés humaines est jetée par dessus bord, à savoir la Justice qui est recherchée par les communautés humaines depuis le fond des âges.
Et voilà, chers amis, pourquoi les élites sont muettes et les opposants chassés et discrédités, la justice aux ordres et la sécurité policière sur le pavois du SLC..

Voilà pourquoi le Maqueron va se planter (et nous avec)

Classé dans : politique — 2 janvier, 2018 @ 10:31

Mossieu Maqueron, nouveau roi élu du « peuple » francaoui a lancé une politique libérale éculée, dite de l’offre (tout pour les riches et le patronat qui, enfin libérés et détaxés, vont investir pour créer des emplois) ; il va se planter nécessairement. Voici pourquoi. Et, ici, je ne propose rien de contraire au SLC ; j’applique seulement sa logique hyper libérale au projet du Maqueron qui se réclame de ce courant d’idées largement fausses pour le plus grand nombre. Il n’y aura pas de « en même temps » mais rien que du plus pour les riches et les multinationales.
Ladite politique de l’offre a échoué partout, sauf en ce qui concerne la progression des inégalités et l’enrichissement des déjà riches. Du reste, la crise ouverte en 2008 l’a démonétisée même si le SLC a repris de plus belle tout en nous amenant au bord du gouffre car une énorme bulle spéculative s’est reconstituée et va exploser un jour ou l’autre. Déjà les taux d’intérêt à 10 ans sont en train de remonter, ce qui fera peser très lourd la dette française de 2220 milliards d’euros, soit près de 100 % du PIB. Le prix du pétrole augmente (à environ 70 dollars le baril), ce qui va faire exploser le déficit commercial déjà à plus de 60 milliards par an. Mossieu Maqueron n’a en rien diminué le déficit budgétaire à cause de son cadeau de 4,5 milliards aux riches (ISF et flat tax sur les revenus du capital). En outre, il est tout à fait probable que ces cadeaux ne seront pas investis dans la production mais dans la finance et la spéculation, seront exportés notamment dans les paradis fiscaux ou dans les lieux plus rentables qu’en France. Par ailleurs, Maqueron compense ses cadeaux aux pauvres (mini hausse du SMIC, hausse infinitésimale des minima sociaux, annulation de la taxe d’habitations pour 80 % des assujettis…) par des hausses en tout genre: forfait hospitalier, tabac, carburants, amendes de stationnement, prix de l’énergie… Citoyens, regardez à gauche pas à droite!
Avec ses « réformes » (droit du travail, réforme du chômage, réforme des retraites, des APL, etc .), le Maqueron veut mettre la France au niveau de la concurrence européenne en termes de compétitivité. Ce qui poussera les autres pays à durcir leur propre politique, ce qui amènera une course accrue au moins-disant au sein de l’UE. On aura peut être une diminution du chômage mais au profit des mini-jobs, du temps partiel, de la précarité et de la pauvreté. Il suffit pour l’anticiper de considérer le cas de l’Allemagne avec les réformes Hartz-Schröder dès 2003: au moins 5 millions de « mini-jobs » à 400 euros par mois sans droits à la retraite et un taux de pauvreté au-delà de 16,5 %.
Pour investir et créer des emplois, Maqueron devrait lancer le pays à fond dans la démarche écologique; il ne le fera pas car c’est contraire aux intérêts des puissances d’argent situées dans l’énergie, la chimie, les médocs, la finance. Et aussi car dans la compétition mondiale SLC à laquelle il adhère tout pays travaillant en solo sera laminé par ses concurrents. La solution Europe se heurte d’emblée aux intérêts des pays charbonniers comme la Pologne et l’Allemagne. ce serait quand même possible à condition de créer une taxe carbone en fonction du kilométrage parcouru par les produits importés (en France aussi, bien sûr).
Dans ses bons voeux hier le Maqueron a fait gicler sans cesse le beau mot de fraternité alors que toute sa politique va la détruire encore plus. Car muni de tous les pouvoirs, Amène-Au-Top I, digne successeur d’Amenhotep III, le pharaon aux 1000 épouses et concubines, peut faire ce qu’il veut tout en disant le contraire. Cela ne va pas payer car avant la fin de son quinquennat les Francouis, constatant l’écart entre les promesses et les résultats, vont lui retirer leur confiance; confiance qu’ils lui ont « attribué » (dixit le malhomme au lieu de donner sa confiance ou faire confiance) en l’élisant à l’Elysée à moins de 43 % des inscrits!
Maqueron compte sur une rénovation de l’UE. Voeu pieux car celle-ci n’est qu’une cohue de pays en compétition dominée par un pays (et ses alliés bons luthériens d’Europe du Nord) qui n’a aucune intention de perdre son leadership admis par ses obligés de l’Europe de l’Est. Ce pays est la caniche des USA et le parangon en Europe du SLC, c’est-à-dire de la compétition du moins-disant über alles. Mais l’UE, si on poursuit sa politique hyper libérale et concurrentielle, va aggraver le mécontentement des peuples et favoriser la progression des partis d’extrême droite nationalistes et xénophobes. Bruxelles ne peut rien dire officiellement sur la poussé indépendantiste dans les Etats européens car elle en peut se fâcher avec leur gouvernement « légitime ». Mais il n’y a pas besoin d’être grand clerc pour constater que c’est sa politique économique constante qui encourage l’éclatement éventuel de l’UE. De plus sa technocratie rêve d’une atomisation de l’UE en provinces indépendantes car plus les peuples seront divisés plus elle pourra régner. C’est le sens caché des mécanismes de prise de décision de l’UE: unanimité sur les questions essentielles comme la fiscalité, majorité « qualifiée » sur les autres (la majorité qualifiée est le plus souvent impossible à attendre compte tenu des règles astronomiques et tarabiscotées de l’UE faites pour favoriser les petits pays, dont beaucoup sont les clients reconnaissants de la Doryphorie.

Sa majesté Maqueron 1er

Classé dans : politique — 26 décembre, 2017 @ 10:29

Le malhomme nous a récemment gratifié d’un, cité à peu près, superbe : si la France a refait son image à l’international, je le dois à mon peuple. Notez déjà le possessif de propriété que nul monarque jusqu’à présent n’avait osé, même pas louis XIV avec son fameux, l’Etat, c’est moi. Louis-Philippe n’était que roi des Francaouis. La ripoublique du cassoulet radical ne parlait que de nation.
On aura aussi noté l’emploi du singulier pour désigner l’ensemble des populations. Un peu de sociologie et d’histoire récuse ce singulier car il y a plusieurs peuples sur le territoire français : Corse, Basque, Catalan, Breton, Occitan, Alsacien, etc. A la rigueur, on peut user du singulier pour la nation en considérant qu’il s’agit d’une communauté politique sur un territoire, unie par une langue, une culture, un système politique, une législation, « un monopole de la violence légitime » (via l’Etat) qui regroupent des citoyens dans un espace et un destin communs. Mais il s’agit alors d’une notion strictement politique en considérant encore que le politique est précisément ce qui unit les citoyens et les peuples du pays de façon transversale et générale par rapport à leur diversité.
Le peuple de Maqueron, lui, même pensé comme unique, n’a pas un président légitime; et notons encore que ce n’est pas le président qui a son peuple, mais l’inverse. rappelons qu’au 1er tour des pestilentielles de 2017 Maqueron n’ait eu que 18 % des inscrits alors même que le vote utile lui avait rallié des sociaux-traitres et des droitiers contre Fripouillon et Le Pen. Rappelons que la majorité législative de Maqueron a été élue avec en moyenne 15 % des inscrits (disons 50 % des votants d’où enlever 57 % d’abstentionnistes et 10 % de votes blancs et nuls, soit environ 70 %, ce qui fait rester 30 % à multiplier par 50, donc 15 %, et souvenons-nous qu’il y a environ 10 % de non inscrits). Maqueron peut donc dire mes députés, majorité absolue avec 15 %. Et ces députés sont très loin de représenter le prétendu peuple; ils font partie en très large majorité des classes sociales privilégiées et favorables au SLC; en particulier, il n’y a pas un seul ouvrier (25 % de la population).
Comme il s’agit de « godillots » énamourés et inexpérimentés, ils se plient aux oukases du résident à l’Elysée et de ses séides attitrés, de sa garde impériale rapprochée. ce qui fait que Maqueron peut poursuivre son but réel, à savoir faire passer son peuple sous l’oriflamme du SLC et la fusion du pays dans une UE qu’il s’imagine transformable. Compte tenu des péripéties électorales, il est à peu près certain que ledit peuple n’est absolument pas favorable à sa disparition dans l’ordo-libérale UE et à la domination du SLC en France. Maqueron dit mon peuple pour camoufler qu’il entend le faire fondre dans un problématique peuple européen unifié. Pour cela faire, il se sert de sa majorité absolue et de la toute-puissance de l’Etat jacobin et monarchique afin de faire voter à tutti gambi des ordonnances et des lois qui institueront un non-retour. Croit-il car ce que la loi a fait une autre loi peut le défaire malgré l’étau que constituent les règles de l’UE et la volonté hyper libérale de ses dirigeants de faire payer toute dissidence (voir le Brexit ou la Catalogne) ou tout manquement aux règles « austéritaires » pondues en faveur du kapital (voir la Grèce). En réalité la technocratie maqueronienne n’a rien à fiche du peuple et de la démocratie: il faut faire disparaître la politique et le pays en tant que corps politique dans le grand marché mondial dérégulé.
Maqueron, c’est une ma-chronie, une ma-topie, une a-politie (communauté politique) noyées dans le flux du désordre universel qu’apporte le SLC. Or, Maqueron fait du pédalage en arrière car il veut implanter le SLC en France avec 30 ans de retard et au moment même où il est démonétisé dans l’esprit des peuples et des gens; la résistance contre le SLC est en route et prospérera car le SLC faisant « ruisseler » la richesse accrue des riches favorisés par le pouvoir politique sur tout le monde a déjà fait faillite. un rapport récent sur les inégalités vient encore de le prouver. Le roi Maqueron ne peut qu’échouer et il risque de passer, si je me permets cette pique, de La Lanterne, sa résidence de loisir, à la lanterne. Ah, ça n’ira pas pour lui dans 4 ans car le résultat de sa politique pour son peuple sera l’accroissement des inégalités, de la précarité, des petits boulots, de la pauvreté même si le chômage officiel diminue car on continuera dans les statistiques de faire passer un emploi à temps partiel et un mini-job pour un vrai emploi.

Géopolitique de l’anthropocène

Classé dans : politique — 25 décembre, 2017 @ 12:00

Actuellement les différents pays dotés de suffisamment de ressources se préparent aux conséquences désastreuses du changement climatique causé par les actions humaines depuis 3 siècles : crises de l’eau, des ressources agricoles, de la pêche (surpêche et acidification des océans) ; désertification et fonte des glaciers et des calottes glacières ; inondations et sécheresses, cyclones, montée (jusqu’à 3/5 m des mers en 2100), masses immenses de réfugiés climatiques (montée des mers et disparition de l’agriculture), guerres pour les ressources fossiles devenant rares ou coûteuses à extraire, etc. Il faut lire de récent livre de J-M Valantin : « Géopolitique d’une planète déréglée » (Seuil), dont je m’inspire librement.
Les USA se préparent depuis déjà longtemps mais ce sont les « organes » du système militaro-industriel qui le font afin d’assurer le leadership et la puissance d’action des armées US, tant à l’intérieur du pays (lutte contre les immigrants, opposants et prétendus terroristes) qu’à l’étranger. Pendant ce temps, les gouvernants continuent une politique de destruction de la planète ainsi que le fait Trump. C’est que les politicards sont à la fois les « fondés de pouvoir » des pétroliers-gaziers-charbonniers, des industries et de la finance et ont comme impératif de maintenir le mode de vie US qui est réclamé par les électeurs. A quoi s’ajoute l’influence des sectes évangéliques qui en voient dans le dérèglement climatique que la volonté de Dieu et non ledit mode de vie. D’un côté, donc, tous ceux qui préfèrent le court terme de la continuation du SLC, de l’autre tous ceux qui s’inquiètent tant de l’avenir du pays (très menacé par les changements planétaires ; recul des côtes, incendies, inondations, sécheresses, catastrophes de plus en plus fréquentes et violentes que du maintien de son impérialisme et de son accès aux ressources extérieures. Il semblerait que la stratégie politique du pays soit de défendre ses positions tout en se félicitant des pertes et de la situation des autres pays. Je subodore que les USA attendent que le réchauffement climatique supprime les emmerdeurs et emmerdements : pays musulmans ou communistes ou concurrents (Asie), pays dictatoriaux d’Afrique (surtout du sahel en très grand danger), surpopulations, etc. Cela devrait faire tomber le niveau de la population et diminuer le nombre des candidats à l’émigration… C’est la politique du pire tout en vivant sur la lancée du SLC qui la produit. La riposte, camouflée par le pouvoir, est donc simplement une protection contre les évolutions et pas du tout une lutte contre le réchauffement lui-même car cela mettrait en cause l’accumulation et le profit capitalistes.
La Chine se prépare aussi depuis une quinzaine d’années. L’idée est double: 1) assainir l’atmosphère en usant de technologies propres et renouvelables à la place des 1400 centrales à charbon, diminuer les trafics de produits frelatés, arrêter la pollution chimique; cela est nécessité par les populations qui demandent depuis toujours au pouvoir d’assurer leur sécurité et l’harmonie terre-ciel-humains. D’où les accords avec les EAU pour se fournir en solutions photovoltaïques et éoliennes. 2) s’assurer de l’accès aux ressources nécessaires à l’atelier du monde et au développement interne. D’où l’invention de la « route de la soie », les investissements dans les infrastructures africaines ou musulmans comme le Pakistan (ports, routes, ponts, écoles) contre l’accès aux ressources (bois, minerais…), achat de terres agricoles (pour importer des aliments via les dictatures parfois électives, exemple l’Erythrée). D’où les accords avec la Russie pour l’approvisionnement en gaz et en pétrole et les pays européens pour acheter des machines et vendre des produits. 3) sécuriser ses mers et voies de communication en Asie (bétonnages de petites îles transformées en tête de pont militarisées; investissements dans la marine de pêche et militaire…). On voit que là aussi la politique suivie n’a rien contre la croissance et le SLC. Il s’agit de sauver la Chine, pas la planète. Et cela amène des conflits avec les autres pays: Corée du Sud, Japon, Vietnam et des possibilités d’alliances nouvelles ou renforcées: Birmanie, Philippines, Indonésie. La Chine contribue à élever les tensions entre l’Inde et le Pakistan, contre les alliés US et les USA dans la région. Dieu merci, l’existence des bombes H permettent d’espérer que la mort de la planète ne sera pas rapidement amenée par un conflit nucléaire malgré les conneries de Trump et de la Corée du Nord. Elle le sera à petits feux par le dérèglement climatique accéléré par ces politiques de puissance, non de coopération.
Itou en Russie qui mise à fond sur le dégel de l’Arctique, la voie maritime du grand Nord (brise-glaces), l’accès aux ressources des mers dégelées (pétrole, gaz, minéraux malgré les pollutions et les accidents de forage), la mise en culture de la Sibérie dégelée (malgré le méthane qui sortira du permafrost). Cela porte des conflits avec les pays en bord de l’Arctique La Russie pourrait devenir, comme le Canada, la nouvelle terre agricole mondiale par suite du réchauffement de ses espaces jusqu’alors inexploitables. Et vendre à qui? A la Chine, d’où le rapprochement entre les 2 pays contre l’impérialisme US et la domination mondiale. Tant pis pour la planète sur laquelle tout ce qui est encore enfoui devrait le rester!
Les pays arabes pétroliers ont pigé que l’ère de leur pétrole ou gaz finirait bientôt, tant par l’épuisement des gisements que par la concurrence nouvelle de la Russie et du schiste canadien et US. Ils ont créé des fonds souverains pour acheter des entreprises, des titres, des terres, de l’immobilier de luxe, pour attirer des touristes (musées, îles artificielles), pour construire des centrales (parfois nucléaires) de désalinisation de l’eau de mer et irriguer, des usines agro-alimentaires (par exemple de production de lait), des espaces d’électrification photovoltaïque. D’où la nouvelle politique de l’Arabie saoudite, d’Abou Dhabi, de Dubaï, donc des EAU. L’Iran continue ses guéguerres de propagation du chiisme en pensant que Dieu résoudra tout puisque le Coran aurait tout prévu.
Grands absents de ces politiques d’exploitation du dérèglement climatique à des fins particulières de maintien ou d’extension de la puissance et du SLC: l’Afrique bien trop pauvre et éclatée et, ô surprise, l’UE, sorte d’attelage à 27 pays qui se tirent dans les pattes au nom de leurs intérêts spécifiques. l’UE a quand même affiché une politique vertueuse; mais je crains qu’elle en soit pas réalisée à cause de son esprit SLC viscéral et des oppositions entre pays; par exemple la vertueuse Doryphorie continue d’avoir 40 % de son électricité produite par le lignite et contracte en solo avec la Russie pour son approvisionnement en gaz et en pétrole. l’UE continue de favoriser les USA qui ne cesse de la dominer et exploiter alors que les deux pays d’avenir du SLC sont la Chine et la Russie. Quoi qu’il en soit, l’activisme des uns (Chine, USA, Russie) ou l’absentéisme des autres (UE) produit le même résultat: l’abandon du sort de la planète, la course vers la guerre et, bientôt, le sauve-qui-peut généralisé. les riches et les les multinationales s’en foutent; ils seront morts ou installés dans des endroits encore vivables.

Les classes sociales en Europe (livre récent chez Agone)

Classé dans : politique — 23 décembre, 2017 @ 11:46

Les auteurs ont accompli un travail difficile car, croyez-vous cela ?, les statistiques européennes n’ont pas grand chose qui permette de détecter le problème, à part les classifications socio-professionnelles, du reste peu homogènes. Ce qui confirme une fois de plus que les systèmes chiffrés de représentation de la réalité étant construits pour servir Mammon et le SLC sont à la seule disposition de leurs commanditaires et créateurs et cela afin de cacher toutes les merdes au chat susceptibles de passionner des opposants et de confirmer la fausseté des justifications idéologiques dudit SLC.
Naturellement dans la doxa européenne et de Bruxelles on ne trouve nulle mention de la notion de classes sociales, de classe ouvrière, de classe salariale. Nous n’avons que des amalgames du genre insiders/outsiders, intégrés/exclus, aisés/pauvres, permanents/précaires, mobiles/sédentaires, qualifiés/ non qualifiés, privé/public, nationaux/immigrés, etc. Rien que du vocabulaire libéral rejetant la domination et l’exploitation économique par les détenteurs des ressources politiques, culturelles, sociales et économiques. Rien que du descriptif tronqué sans analyse des causes et des processus menant aux situations décrites par Eurostat. Rappelons le mot de Churchill : les seules statistiques crédibles sont celles que je truque moi-même. Ou le fameux bien que sexiste : les stats, c’est comme le bikini, ça cache l’essentiel.
La gageure des auteurs est de retrouver derrière les chouchous de Bruxelles la réalité de classes sociales, certes peu homogènes, mais traversant toute l’Europe. Pour ce faire, ils décryptent les natures et effets de la détention de capitaux économique (surtout le revenu car les données sur le patrimoine sont très maigres et ce n’est sûrement pas par hasard), culturel (éducation ou formation et accès aux productions culturelles comme le théâtre ou l’opéra ou le cinoche ou les livres ou internet) et social-symbolique (réseaux de relations et niveaux de prestige). Oh, surprise, il y a bien des classes sociales dans l’UE, que les auteurs réduisent à 3 essentielles : les dirigeantes, les classes moyennes, les classes populaires. Malgré leurs différences internes au sein des différents pays de l’UE, ces classes se distinguent par leurs accès aux capitaux et leur position dans la hiérarchie et la division du travail social induites par la mise en place du SLC néolibéral en Europe, mise en place facilitée par la disparition de l’URSS et de son glacis et la victoire de l’expertise économique du libéralisme. Et la progression des inégalités de même que l’accélération des écarts et la dégradation du sort des classes populaires et des classes moyennes. Et il convient d’observer que les relations entre classes, de même que la composition de ces dernières,ne sont pas arrêtées ; elles évoluent en fonction même des changements de la structure SLC des pays de l’UE. Elles changent aussi en fonction des migrations internes à l’UE, migrations amplifiées par la crise de la dette publique en 2010. Elles dépendent aussi de la position relative des pays dans la hiérarchie des Etats de l’union. On distingue d’ailleurs trois types d’Etats. D’abord, ceux qui donnent le là et dirigent de fait l’Union (Europe du Nord mais les auteurs ne disent pas qu’en réalité c’est la Doryphorie, aidée par ses compères luthériens, qui est le dirigeant en première instance de l’UE par suite de sa puissance économique et surtout des abandons de souveraineté par les autres pays). Ils y mettent gentiment la France qui à mon avis ne pèse plus rien et est devenue le toutou de die Grosse Angela, laquelle est le caniche des USA avec la Gibbye. On a les Etats subordonnés et acquis récemment au SLC via leur intégration dès le début des années 2000 à l’UE ; ce sont les pays de l’Europe centrale et orientale (PECO(s) ex-cocos et arrivés en masse sur pression de la Teutonie voulant reconstituer son « hinterland » et son « lebens raum ». Ces Etats sont rançonnés par les Etats dominants tout en voulant montrer leur engagement en faveur du libéralisme conter le soviétisme dont ils tant souffert. Mais ils sont reconnaissants à la Teutonie de créer des usines délocalisées ou sous-traitantes qui donnent du boulot à leurs habitants, le tout sans bien voir qu’il y a bien plus de destruction d’emplois liée à la concurrence sauvage que de créations. Il y a enfin l’Europe du Sud qui subit les foudres « austéritaires » de l’UE hyper libérale et et luthérienne. Cette Europe hétérogène et hiérarchisée a été sciemment voulue afin d’exacerber la concurrence entre pays et disposer d’une « armée industrielle de réserve » en travailleurs issus de l’EST (délocalisations remplaçant les anciennes usines, privatisations des ex-firmes publiques rachetées par l’Europe du Nord, immigrés, travailleurs détachés). Il est clair que le statut des 3 classes mentionnées supra n’est pas le même en fonction du pays d’appartenance et de sa position dans les relations entre Etats de l’UE. Par exemple, la classe moyenne des PECO(s) dispose d’à peine le revenu des classes populaires de l’Europe du Nord. Et la classe dirigeante des managers des PECO(s) ou de la Grèce est en fait dirigée par les managers du Nord.
Mais partout, les classes dirigeantes se distinguent par leur qualification, leur accès à la culture, le prestige symbolique de leur statut social, leur style de vie (dont vacances et sorties) et de consommation, leur rapport au logement, leur tendance au séparatisme social (écoles et résidences surveillées), leur capacité d’employer des domestiques low cost ou des services à la personne. Leur rôle le plus important est l’organisation du travail des autres, ce qui se développe par exploitation et domination. Elles sont mobiles et cherchent toujours mieux au sein de l’UE (notamment les toubibs et les managers). Elles sont acquises au SLC dont elles sont les grand bénéficiaires ; elles continuent de jouer au jeu électoral de la démocrassouille représentative comme le monter l’accès de Maqueron au pouvoir en France. Elles sont plutôt à l’abri de la précarité qu’elles organisent pour les autres. Elles ont du patrimoine et des revenus financiers en plus de leur salaire. Hélas nos auteurs n’ont pas eu les stats nécessaires à la distinction entre le premier décile des classes dirigeantes et leur premier centile (le fameux 1 % qui a accaparé en 2015 27 % des ressources du monde). C’est utile car cela permet de camoufler de écarts gigantesques derrière le voile du raisonnement en revenus médians. Mais c’est aussi l’effet Bill Gates : quand il entre dans un bistrot, le revenu médian ne bouge pas mais le moyen explose. Donc les statisticiens et les pouvoirs établis préfèrent des stats en médiane… Or les classes dirigeantes sont en fait largement dominées par le 1 %, ce qui ne les empêche pas d’adhérer au SLC car elles en bénéficient elles aussi largement..
Les classes populaires (ouvriers, employés du public ou du privé, intermittents du spectacle, petits agriculteurs…) sont toutes marquées du sceau de la précarité liée à la logique du SLC et de la grande difficulté à joindre les deux bouts. Celles des PECO(s) sont à un niveau de revenu 3 fois inférieur en moyenne à celui des classes populaires du Nord ; même cas en Grèce ou au Portugal mais pour cause d’austérité accélérée par suite des oukases de la Tudesquie. Dans les PECO(s), elles n’ont pas accès au confort électroménager moderne, à la bagnole, à la culture, aux études coûteuses, aux vacances… Elles ont des logements de piètre qualité et difficiles à chauffer. Elles sont souvent conduites à émigrer pour avoir un job même saisonnier. leur situation se dégrade via la concurrence due aux différentiels de productivité, de compétitivité et de fiscalité ou de droit du travail ou de l’environnement. elle se détachent du jeu politique ou se réfugient dans le vote extrême. Les femmes servent de travail d’appoint ou de domestiques; elles sont victimes du travail à temps partiel subi. Les classes populaires sont dans le travail prescrit dont la pénibilité n’a pas diminué malgré l’automatisation. Elles vivent dans l’insécurité du lendemain et souvent la pauvreté (Grèce, PECO(s). Elles subissent tous les effets de l’avancée incessante du SLC.
Les classes moyennes, très difficiles à définir bien qu’elles soient la référence pour les prétendus progrès de l’UE? En outre, les gens des classes populaires eux-mêmes disent leur appartenir afin de se sentir intégrés et ceux des classes dirigeantes minimisent leur position privilégiée. Ce qui est sûr, c’est qu’elles sont de plus en plus fragilisées par le SLC, par la robotisation de la production et par la diminution des emplois publics attaqués par le néolibéralisme et l’austérité. Ces classes sont essentielles dans les jeux politiques et, du reste, les politicards ne cessent de s’y raccrocher comme ressort de légitimité tout en poursuivent une politique SLC qui les lamine sans cesse. dans ce cadre, elles sont à la fois exploitées, dominées et elles servent de relais et de tampon entre les 2 autres classes, ce qui contribue à occulter la domination absolue des classes dirigeantes qui organisent leur position sociale dans la division du travail.
De tout cela, il ressort que, malgré leur hétérogénéité interne et leurs divergences de position et d’intérêts, les classes moyennes et populaires ont une situation commune qui devrait bientôt les fédérer: leur position dominée, leur dégradation, leur insécurité. leur ennemi commun est le SLC et ses sbires-classes dirigeantes, dont la fraction externe aux 1 % aurait intérêt, elle aussi, à s’unir avec les autres. cela commence de se faire dans les mouvements indépendantistes qui en ont assez de voir leur peuple exploité par un gouvernement central aux ordres du SLC.

Voyage au sein du système de l’or rouge

Classé dans : politique — 20 décembre, 2017 @ 12:17

C’est ce à quoi nous invite le livre éponyme et récent que je viens de lire horrifié ; et pourtant c’est la triste réalité amenée par le système libéralo-capitaliste (SLC) de la libre circulation mondiale des marchandises, des capitaux et de la mise en concurrence généralisée des modèles sociaux des différents pays. Le livre décrit les tribulations et les manipulations de la tomate industrielle et des concentrés de tomate de par le vaste monde. Je ne vais pas vous résumer le livre qu’il vous faut lire pour votre édification sur le SLC car, évidemment, l’exemple concret et documenté de la tomate vaut pour tous les produits agricoles et industriels. Si le contexte est le SLC et la dérégulation mondialisée par absence de réglementation par les Etats, voire pis avec l’émission de règles favorables aux seuls grands acteurs économiques, voyons les trafics, trucages et vols purs et simples au travers des acteurs principaux de cette industrie et de ce commerce de l’or rouge.
L’Italie est un espace regroupant bien des acteurs qui truquent le marché : les gouvernements laxistes et corrompus (règles et contrôles), les mafias du Sud italien acoquinées aux industriels et souvent devenues elles-mêmes des acteurs industriels et commerciaux, les industriels qui produisent au moindre coût sans s’occuper de la qualité et font même des concentrés frelatés et bourrés de produits chimiques, les réseaux commerciaux qui exportent leurs saletés low cost, les distributeurs qui se coalisent pour faire baisser les prix, ce qui amène aux pires pratiques, les employés pressurés à mort, d’autant plus qu’ils sont immigrés et gérés par les mafias qui rackettent, violent et assassinent les résistants et les syndicalistes. Le tout sous l’oeil bienveillant d’un pouvoir politique déliquescent et jamais condamné par l’UE. Laquelle UE, du reste, ne fait rien pour tracer les produits et obliger à afficher leur composition ou leur origine. Il y a une règle UE qui supprime les droits de douane à l’importation en cas de réexportation de la marchandise sous forme transformée ou non; règle contournée faute de contrôle en Italie, ce qui, naturellement, défavorise beaucoup les producteurs locaux.
Autre champion, la Chine qui s’est mise à produire du concentré de tomate en très gros bidons à partir du Xinjiang, terre des Ouïgours, payés avec une fronde, y compris le travail des enfants. L’Italie importe cette mixture pour la diviser par mouillage afin d’exporter des petites boîtes. Cette culture de la tomate industrielle et l’industrie du concentré sont tenues par des firmes d’Etat dirigées par des militaires… les petites boîtes italiennes, le plus souvent dénaturées, sont exportées en Afrique via la complaisance de pouvoirs corrompus. Le Xinjiang a été militarisé et est une colonie chinoise qui y importe des Hans (ethnie majoritaire en Chine; plus de 20 millions de Chinois implantés là en colonisation ethnique). Et des entrepreneurs chinois se sont mis à produire en Afrique où ils ont acheté des terres aux gouvernements dictatoriaux et corrompus en spoliant les propriétaires. La production, souvent à partir de concentrés chinois, est particulièrement désastreuse en termes de qualité et de produits chimiques. la mafia italienne a favorisé des réseaux de diffusion de ces saloperies dans toute l’Afrique. L’Afrique en tant qu’acteur du marché mondial du concentré de tomates en est surtout la première victime: accaparement de terres, produits frelatés, mort des industries et des cultures locales qui ne peuvent soutenir la concurrence des prix très bas fournis par la Chine. L’admission de la Chine à l’OMC peut être considérée, notamment pour la tomate qu’elle consomme fort peu, comme un crime contre l’humanité…
Les USA sont un autre acteur essentiel. La Californie y produit de puis longtemps des tomates. Elle y a exploité à mort des saisonniers agricoles (notamment des fermiers ruinés en 1930 par le crise de 29 et le « dust bowl », des Chinois, des Indiens spoliés de leurs terres lors de la conquête de l’Ouest). Las, la Chine a fait moins cher. Alors les USA ont inventé une tomate industrielle dont le ramassage, le transport, le stockage et le traitement sont possibles à très faible coût et sans l’abimer. Les USA sont des champions du low cost grâce à une automatisation de la récolte et de la transformation. Ce qui maintient des prix mondiaux extrêmement bas et tue, comme toute opération du SLC, la concurrence moins compétitive. On retrouve du concentré de tomate low cost dans énormément de produits agro-alimentaires des firmes mondiales comme Unilever, Nestlé, Kraft, Danone, Heinz, etc.
L’exemple de la tomate industrielle est donc un bon moyen de comprendre les effets de la logique SLC du moins-disant pour les prix du tout venant standard, des tricheries en tout genre, de la complicité des gouvernements pour que les producteurs se concentrent afin de produire moins cher pour « maintenir le pouvoir d’achat » du populo, de la rente de l’innovation en ce qui concerne le nouveau et la qualité, des droits de propriété absolus contre les indigènes, etc.

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