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les sarkonomics

Classé dans : politique — 06/18/2009 @ 10:38

Le comte-président Tsarkozy de Super-Nova reprend du poil de la bête et occupe le terrain par des visites et des déclarations. A Chantilly, car il choisit quand même de s’adresser à la crème, il annoncé le re-développement du « gaullisme social » avec l’intéressement et la participation. Il s’agit de ressusciter l’association capital-travail et de nourrir le pouvoir d’achat, sa promesse majeure lors des élections présidentielles. La future loi « de modernisation économique » doit par ailleurs, sous l’impulsion décisive de Tsarko, pénaliser  les entreprises qui ne lanceraient pas de négociation sur les salaires et de réformer les lois Raffarin, Royer et Galland (et même la  très récente loi Chatel) sur la distribution. Nous avons déjà eu la loi TEPA qui accordait 7 milliards de réduction d’impôts aux plus aisés et 5 milliards aux prolos sous forme d’heures supplémentaires et de RTT détaxées. On a la loi  sur le RSA de Martin Hirsch, celle qui crée des trappes à mauvais emplois et pousse à ne pas augmenter les salaires.  Cela fait partie d’une politique inaugurée sous Chiracos , ce qui veut dire que Tsarkozy n’est pas dans la rupture mais dans la continuité en faveur des riches.

Les cadeaux aux riches ne sont pas récents. Le taux d’imposition maximal et marginal de l’IRPP est constamment descendu pour arriver à 40 %, notamment avec  le trotskyste Jospin qui l’avait baissé de deux points, le mettant à 52 %. Sous Villepin, on est arrivé à 40 %. L’impôt sur les sociétés est descendu à 33,3 %. Tsarkozy veut l’abaisser à 20 %. Les exonérations de cotisations sociales et d’impôts et les subventions pour les sociétés représentent 65 milliards d’euros en 2007, dont 23 pour les exonérations de cotisations sociales en dessous de 1,6 SMIC. Ce qui, du reste, pousse les entreprises à ne jamais dépasser ce seuil de salaire. Les dividendes ne seraient plus taxés sous le comte-président qu’à 16 %  (versement à la base, au lieu d’intégration dans le revenu fiscal). Le patronat se fout dans la poche (moyennant un léger arrosage des syndicats) les 22 milliards de la formation professionnelle continue. Il a été révélé qu’il se payait grassement sur la bête du 1 % patronal de financement du logement. Passé partout, entre subventions, prédations et exonérations on peut estimer à 100 milliards d’euros minimum les sommes retirées du financement des services publics par l’impôt au profit du capital et des riches.

Un rapport vient de constater que depuis 2002 les « niches fiscales » (486, dont investissements dans les DOM-TOM, y compris pour des hôtels de luxe et des bateaux de plaisance, loi Malraux sur la restauration de monuments historiques, lois de Robien, Scellier ou Borloo sur les investissements locatifs, privilèges des journaleux, emplois de service à domicile, etc.) ont fait passer les déductions d’impôt de 50 à 73 milliards  d’euros ? Tsarkozy a encore accéléré le phénomène avec la quasi-suppression des droits de succession pour les riches et la recréation d’une déduction d’impôt pour les accessions à la propriété. Il a eu aussi le culot d’installer le bouclier fiscal de l’ISF et des impôts, y compris la CSG et la RDS, les taxes foncière et d’habitation pour le logement principal à 50 % du revenu.  Ce qui, dit au passage, exonère les riches de toute participation à des impôts ou cotisations supplémentaires.  Ainsi 3800 contribuables ont reçu un gros chèque de remboursement du trop perçu. La fraude fiscale représente dans les 40 milliards par an ; rien à fiche : on préfère faire la chasse aux « faux chômeurs », les « faux » certificats d’arrêt de travail et aux truqueurs des assurances sociales, soit dans les 300 millions maximum. De façon générale, les cadeaux aux riches sont accompagnés par la taxation des petits ; les franchises médicales récentes et le droit des toubibs aux dépassements d’honoraires ou la réorganisation des hôpitaux en sont le meilleur exemple.

L’intéressement (loi de 1959) concerne environ 4,2 millions de salariés pour 6 milliards ; il est versé à 75 % par les entreprises de plus de 1000 salariés ; la participation (loi de 1967) touche 5 millions de salariés des entreprises de plus de 50 employés pour 6 milliards aussi (essentiellement versés par les boîtes de plus de 1000 salariés). Or il y 23,5 millions de salariés pour une population active de 25. Le projet serait d’étendre ces belles choses à tous contre un crédit d’impôt de 20 % des sommes concernées pour les entreprises (soit suite à des 1ers accords, soit seulement pour le supplément en cas d’accords anciens). Le salarié qui consommerait ces ressources d’intéressement ou de participation paierait l’IRPP dessus ; s’il conserve les apports pendant 5 ans, pas d’IRPP, seulement CSG et CRDS.

Pour qu’il y ait intéressement, encore faut-il qu’il y ait des bénéfices consistants, ce qui n’est guère le cas des TPE (très petites entreprises), des PMI ou des PME.  Il en résulte que la majeure partie des employés ne recevra pas grand-chose. Ensuite, il est clair que ces largesses entraîneront, comme par le passé, un ralentissement des augmentations générales de salaire et que des rémunérations prévisibles et certaines seront remplacées par des gains aléatoires liés aux résultats des entreprises. Par ailleurs, ces sommes ne donnent pas lieu aux cotisations de retraite. C’est pourquoi, comme cela contribuera à une diminution supplémentaire des pensions (après les lois Balladur de 93, Fillon de 2003, d’alignement des régimes spéciaux et loi Bertrand sur 41 ans de cotisation qui conduisent à une diminution de 30 % des taux de remplacement du dernier salaire par la pension), les salariés auront tout intérêt à conserver l’argent pour assurer mieux leur vieillesse, ce qui revient à de la capitalisation et de l’épargne. On ne voit pas alors ce que cela produirait sur le pouvoir d’achat à moyen terme ni pour les heureux bénéficiaires ni, encore moins, pour les frustrés. On voit aussi que les retraités feront tintin, leurs pensions étant seulement liées à l’inflation, laquelle est en permanence sous-estimée par les statistiques d’Etat. Enfin, il faudrait savoir dans quoi les sommes concernées vont être placées : dans le capital de l’entreprise ? Risques de faillite ; dans des fonds d’investissement ? Risques de krach boursier, auquel cas les salariés auront perdu à la fois sur leurs salaires et sur leur intéressement. Le pire, c’est que malgré la crise mondiale liée à ces pratiques les sarkonomics prersévèrent.

Les  mesures prises sont donc inégalitaires, hasardeuses et renforcent les avancées vers le tout service rendu à la finance par les gouvernements. Au passage, il convient de noter qu’elles présentent la caractéristique principale des sarkonomics, à savoir la fragmentation des différents types de salariés (public/privé, garantis/précaires, internes/intérimaires, grosses boites/très petites, florissantes/vivotantes, etc.), leur mise en conflit et l’exacerbation des jalousies. Ce n’est pas nouveau à droite suivant le bon vieux principe du diviser pour régner.

Le revenu de solidarité active (RSA), qui peur coûter dans les 3 à 4 milliards, peine à trouver son financement en ces temps de « faillite » et de caisses vides malgré les promesses électorales. Eureka, Sarkozyx invente son financement par une razzia sur la prime pour l’emploi (PPE, créée par lou Jospin et régulièrement augmentée, maigrement, depuis). Rappelons que la PPE est une subvention étatique aux petits salariés disposant d’un emploi ; les érémistes et autres chômeurs en sont donc exclus. Le Monde a fait faire le calcul : sur 9 millions de salariés touchant la PPE, les ménages ayant moins de 1,15 Smic de revenu ne seraient pas concernés ou touchés, ceux de moins de 1 smic y gagneraient un chouïa, et les 2,5 millions entre 1 ,2 et 1,4 smic y perdraient. C’est funambulesque : les pauvres ayant le nez juste au-dessus de la fosse à purin paieraient pour ceux qui y ont les yeux !  PPE, solution libéralo-socialiste du trotskyste Jospin, et RSA imaginé par un chrétien social ont comme effet pervers commun d’encourager les patrons à payer le moins possible leurs salariés puisque l’Etat compense en assurant un revenu minimum de survie. Cette belle solution a été inventée par Milton Friedman, pape du monétarisme et de la révolution néoconservatrice.

Le mitron, général Boulanger en herbe, veut frapper les boîtes qui ne négocieraient pas sur les salaires en leur sucrant 10 % (pour commencer) des exonérations de charges sociales pour les employés payés moins de 1,6 smic. Il était annoncé que cela serait fait en cas d’absences de résultats positifs comme suite aux négociations. Mais Mme Parisot a froncé ses sourcils. Tsarko a donc fait machine arrière : la négociation suffira avec compte rendu auprès de l’Inspection du travail. Cela sera évidemment d’une efficacité redoutable.

Il ne sera pas touché à l’âge légal du départ en retraite à  60 ans, avait-on dit. Boutefeux vient de parler de 67…. Ce n’est pas le problème car ce qui compte c’est la durée de cotisation portée bientôt à 41 ans. Comme à 60 ans, énormément de salariés n’auront pas ces 41 années, soit il leur faudra travailler au-delà de 60 ans, à supposer que les patrons ne les forcent pas à rejoindre la cohorte des 38 % de 55/65 ans qui sont exclus de la population active, soit leur retraite sera amputée des annuités manquantes, ce qui est évidemment le but visé sans l’avouer. Cependant, sa grandeur Tsarko 1er envisage d’inciter les entreprises à mieux conserver ses vieux travailleurs, au besoin par des dispositifs et des pénalités dont on ne connait pas le contenu. Du reste, le gouvernement n’a toujours pas trouvé les moyens d’imposer une limite aux actuelles négociations sans fin sur l’âge de la retraite et le nombre d’annuités de cotisation pour les travailleurs exerçant des métiers pénibles et vivant en moyenne 7 ans de moins que les cadres.

 On ne toucherait pas non plus aux 35 heures comme horaire hebdomadaire légal du travail. Manqué, Porcinet, alias Xavier Bertrand, projette une loi donnant aux patrons le droit de négocier l’horaire de travail, chez eux très localement dans chaque établissement,  ce qui interdirait les heures sup chez eux en-dessous du volume négocié. Donc, à condition que cela reste local, la barre des 35 heures n’existera plus. Si on passait par exemple à 45 heures, en respectant la limite actuelle de 48 heures par semaine, il n’y aurait plus d’heures sup payées plus pour gagner plus. Porcinet, par ailleurs, prévoit que l’accord soit minoritaire en regroupant des syndicats ne représentant que 30 % des salariés. Cela va dans le même sens que l’obligation progressive d’accepter n’importe quel emploi  après deux propositions (à deux heures de trajet journalier et au salaire calqué sur l’indemnité de chômage de 57,8 %), que le CDD pour vieux (Villepin) et la suppression des exemptions de recherche d’emploi passé 57ans et demi.

Les sarkonomics-boys veulent mettre de la concurrence dans la distribution par droit d’ouvrir des supermarchés de moins de 1000 m2 pour favoriser l’implantation de magasins low cost. Mais la France a déjà la plus grande densité européenne de grandes surfaces et nombre de chaînes ont ouvert des succursales low cost sous un autre nom. En réalité le problème n’est pas là. Il réside dans la toute-puissance des 5 centrales d’achat liées à ces chaînes, lesquelles font passer leurs fournisseurs sous les fourches Caudines, externalisent et délocalisent et empochent les rabais sans diminuer les prix en proportion. Alors, Zorro-Tsarko a imaginé (loi sur la modernisation de l’économie de 2008) de libérer les négociations entre fournisseurs et distribution. Qu’en attendre ?  Les petits commerces (boucheries, poissonneries, etc.) vont dépérir à la vitesse V, écrabouillés par les grandes centrales d’achat.  Là encore cette stratégie d’augmentation du pouvoir d’achat par la baisse des prix poussera à un chômage accru. Les manifs paysannes de juin 2009 montrent les résultats de cette politique.

Cette politique est en outre fondée sur une analyse des couches sociales votantes ; eh oui, pour être réélu, il faut se préparer une majorité. C’est pourquoi, lors de la campagne électorale Tsarko avait promis d’arroser tout le monde. Il n’en avait évidemment pas l’intention car il savait que l’Etat était impécunieux et lourdement endetté. D’où la segmentation des bienfaits sarkozyens en fonction des populations méritantes et susceptibles de bien voter. D’abord les riches, peu nombreux mais qui détiennent les réseaux et les ressources d’influence qui lui permettront, comme le nabot l’a dit, ensuite de «  faire du fric ». Ensuite les classes plus qu’aisées, les « bobos » qui votent bien ou qu’il faut arracher au socialisme à paillettes dont Jackland et Delanoix sont les plus beaux spécimens. Puis, il faut ne pas désespérer les plus pauvres, non pas pour leur vote puisque le plus souvent ils ne votent plus, mais pour éviter qu’ils ne se révoltent. Reste l’immense et disparate « classe moyenne », celle qui va de deux fois le smic dans le ménage à une certaine aisance. C’est avec celle-ci que la sarkonomics est en délicatesse. A force de pomper dedans pour secourir les plus pauvres sans faire contribuer les riches à la solidarité sociale, elle risque de se détacher de la droite. Mais Tsarko est un redoutable politicard. Il a compris la situation. Cette classe a peur d’être déclassée et de rejoindre les exclus dans la chute sociale. Du coup, elle tend à se regrouper autour d’un sauveur énergique.  C’est de l’exorcisme pour ses peurs et c’est de l’envoûtement des pauvres auxquels elle ne vaut pas ressembler. Cette classe, dans sa partie inférieure, a aussi peur pour sa sécurité et celle des biens qu’elle veut faire protéger jalousement. Alors, pour compenser sa dégradation économique graduelle, il suffit d’une politique sécuritaire et répressive. C’est simple, c’est beau la politique libérale…

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