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the secret of financial mountains

Classé dans : politique — 06/18/2009 @ 10:40

 

                                             Aujourd’hui survient une crise monétaire et financière dans un monde où tous les clignotants étaient au vert. Les prémices en remontent à  juillet 2007 quand les prêts hypothécaires dits de subprime s’écroulèrent. C’était en quelque sorte une catastrophe annoncée dont l’origine doit tout à la rapacité des innombrables frères Dalton du capital financier d’outre-Atlantique. Les descendants des immigrants européens et des esclaves Noirs communiaient dans le prétendu rêve américain: en travaillant plus, on peut gagner plus et on peut accéder à la propriété de son petit chez soi. Le rêve est si fort que les petits américains des classes sociales les plus déshéritées voulaient à tout prix devenir propriétaires comme signe visible d’accès à la position de petit bourgeois. Cela produisait une profusion de ces petites maisons à l’américaine en bois, construites pour ne durer que 50 ans au maximum et alignées en rang d’oignon dans de paisibles banlieues. Il était entendu dans les codes culturels que demeurer dans les centres villes, sauf dans les quartiers très huppés, signifiait qu’on appartenait à la caillera. Las, les salaires stagnaient depuis 20 ans et l’accès à la petite maison mais avec très grande cuisine devenait problématique.    Alors d’avides et rapaces financiers inventèrent les subprimes. C’est simple. On accorde des prêts à taux variable, ledit taux et les amortissements du capital étant faibles au début de l’emprunt, on s’arrange pour que l’accédant n’ait quasiment à payer pendant les premières années de remboursement. Ce qui signifie que l’heureux propriétaire ne paye que les intérêts et n’amortit pas le capital pendant ces années-là. En conséquence, les dernières annuités sont très lourdes. Mais l’emprunteur, dont les narines étaient toujours au ras de merde et de la banqueroute pendant des années, avait fait le pari que ses revenus auraient augmenté entretemps et que la valeur de son bien aurait augmenté. Les Ricains, du reste, avaient inventé le prêt revolving en hommage à M. Colt. Ceci consiste à renouveler les capacités d’emprunt au fur et à mesure que le capital restant dû diminue et que la valeur immobilière du bien augmente. En 2007, le futur président Tsarkowitch a proposé cette heureuse innovation pour augmenter le pouvoir d’achat des braves travailleurs français. Les génies US de la  pompe à phynance, chère au père UBU, avaient tiré des chèques en blanc sur l’avenir, avaient encouragé la propension à tout claquer des amerloques (taux d’épargne zéro et endettement à 120 % du revenu)) et s’étaient manifestement moqués des conséquences perverses de cette machine à mouvement perpétuel. Il en était résulté une belle bulle spéculative immobilière, les prix ne cessant de monter, ce qui avait poussé tout le monde à acheter dans l’espoir de consistantes plus-values. Des margoulins, des escrocs, même pas Tapie dans l’ombre, plaçaient ces prêts mirifiques le plus souvent à de pauvres types éblouis par leur future promotion sociale. Des VRP sans scrupules, nouveaux « carpetbaggers » payés à la grosse commission, tiraient les sonnettes le soir, plaçaient leur pied dans l’entrebâillement de la porte à la façon traditionnelle des voyageurs de commerce fourguant des encyclopédies et faisaient signer un contrat. Le signataire, éberlué et souvent un peu éméché après deux ou trois verres de bourbon, poussé par son épouse qui se voyait déjà faire des bras d’honneur à ses anciens voisins, signait, parfois d’une croix. Il n’avait pas lu les petits caractères ni les annexes qui énonçaient les vraies conditions du prêt.    

   Le processus n’avait pas du tout été contrecarré par le génie de la FED, Alan Greenspan qui avait maintenu des taux d’intérêt très bas. Ce responsable des finances américaines (FED ou réserve fédérale) s’était au contraire frotté ses blanches mains car cela faisait marcher le commerce et soutenait la croissance par le biais du florissant marché immobilier et le crédit revolving. Tant pis si cela créait une bulle spéculative. Les affaires marchaient et les yankees pouvaient acheter à foison de la camelote chinoise, la Chine achetant en contrepartie des titres du trésor américain.    Il faut savoir que les banques sont tenues d’avoir une consistante « réserve obligatoire » de fonds garantissant les crédits qu’elles consentent. Si ces réserves descendent en-dessous de la norme légale, par exemple si la banque fait de grosses pertes, ce qui au passage fait aussi chuter sa capitalisation boursière (la valeur à la bourse de l’ensemble de ses propres actions), elle est obligée de les reconstituer (on dit se refinancer). Elle le fait en empruntant des fonds auprès des autres banques ou en se couvrant auprès de la banque centrale, à un taux qui est précisément ledit taux directeur fixé par la FED. Las, en septembre 2006, la FED augmenta son taux directeur, qui gouverne l’ensemble des taux d’intérêt, y compris celui des titres d’Etat, parce que les acheteurs de dollars (Japon, Chine,) [ou les vendeurs de pétrole en dollars] commençaient à la trouver saumâtre : la valeur du dollar baissait et il était plus judicieux de placer ses réserves en euros, devise qui augmentait. Les emprunts du trésor US à l’étranger devenaient ainsi plus juteux. 

   Comme les taux des emprunts des heureux propriétaires grâce aux subprimes étaient variables, ces derniers furent saisis à la gorge par des mensualités souvent doublées. De fil en aiguille, la plupart ne pouvaient plus payer, surtout en fin d’emprunt quand on amortit le principal à toute berzingue. Les prêteurs vendirent alors les maisons en brandissant les titres d’hypothèque. Du coup, le marché immobilier s’effondra, ne laissant aux emprunteurs que les yeux pour pleurer puisqu’ils ne pouvaient même pas rembourser leurs dettes. Par voie de conséquence, la valeur des créances détenues par les banques et autres organismes financiers comme les fonds spéculatifs s’effondra aussi.  Pourtant les créances hypothécaires avaient été « titrisées », c’est-à-dire regroupées (avec tout un tas d’autres titres de créances) en gros paquets d’obligations vendables à la bourse comme les actions. Pour cacher la merde au chat, ces paquets avaient été mélangés avec d’autres titres moins risqués, ce qui produisit des sortes de pâte feuilletée dans laquelle une chatte n’aurait pas retrouvé ses petits. Ce n’était pas par hasard tant l’imagination des requins de la finance est fertile pour rendre les choses opaques, pour empêcher tout contrôle public de leurs véritables engagements et pour dissimuler toute responsabilité. L’astuce des banques étaient de mettre les titrisations et les produits dérivés (assurances d’assurances sur les risques spéculatifs) hors bilan.    Début 2008, la catastrophe devenait clairement visible. De grandes banques (Citigroup, Merrill Lynch) affichèrent 10 milliards de dollars de pertes au dernier trimestre 2007. La BNP était touchée, de même que la Deutsche Bank, et même une banque mutuelle ( ?), le Crédit agricole dont la filiale Alcyan affichait 300 millions d’euros de pertes. La banque de prêts immobiliers Northern Rock, chez les Gibbies frôlaient la faillite qui aurait été assurée si la banque d’Angleterre n’était pas venue à son secours. Et commença le processus : baisse des réserves obligatoires, impossibilité de vendre ses actions dont la valeur avait baissé de moitié (devenues des « produits toxiques comme les titrisations et autres dérivés), donc obligation d’emprunter. Mais à qui ?  Les banques ne se prêtent plus les unes aux autres tant qu’on ne sait pas leur situation réelle et que leurs comptes n’ont pas été apurés des créances douteuses et correctement provisionnés. Elles doivent restreindre le crédit et elles rechignent donc à consentir de nouveaux prêts aux consommateurs et aux entreprises, car elles n’ont plus assez de liquidités et parce qu’elles ne veulent plus prendre autant de risques. La spirale infernale est lancée : pas de crédit et taux plus élevés signifient ralentissement de la consommation et de l’investissement, donc arrêt de la croissance. Pour éviter le krach (une déflation brutale) les banques centrales se mirent à fournir les liquidités nécessaires à l’économie. Elles prêtèrent des centaines de milliards de dollars ou d’euros ou de livres aux banques. 

   Les européens n’étaient pas indemnes. Leurs banquiers avaient aussi investi dans les subprimes en les dissimulant dans des « sicav dynamiques », lisez pouvant rapporter gros.  Même le Crédit Agricole en France s’était laissé aller à ces juteuses facilités et avait beaucoup perdu (5 milliards). Ils ne mourraient pas tous mais tous étaient frappés. L’action salvatrice des banques centrales, aux frais des citoyens,  avait permis de vérifier l’adage : les profits sont privés, les pertes socialisées et publiques.    Les autorités publiques, dont Mme Lagarde-Michard en France, tentèrent de rassurer. Patatras, les marchés ne suivaient pas, d’où le minikrach du 21 janvier. Car la confiance a disparu. Comment en effet ne pas craindre l’avenir quand on risque d’être saisi ou de voir la valeur de son bien chuter, ce qui tue le crédit revolving et force à l’épargne, laquelle est à zéro en % du PNB chez les GI. C’est fait ; le marché immobilier US a déjà chu de 20 à 30 %. Comment faire confiance à des banquiers, des fonds d’investissement, des assureurs qui vous fourguaient des titres pourris, souvent en le sachant comme dans l’affaire Enron ? Et, ô miracle de la psychologie des foules grégaires, la théorie new look des « anticipations rationnelles » s’est vérifiée. Quand les autorités prennent une décision, les gens se doutent qu’il y a magouille sous roche et prennent les devants pour contrecarrer les effets de ladite décision. Ainsi, l’annonce de Bushman d’injecter 140 milliards de dollars dans l’économie pour restaurer la consommation a eu l’effet inverse. Et l’histoire continue ; le 22/1/08 la FED abaissait de 0,75 points son taux directeur, ce qui le porte à 3,50% soit moins que celui d’inflation US à 4,1 en 2007 ! Certes, ça allège le coût des emprunts…mais aussi le revenu des emprunts d’Etat pour les pays acheteurs desdits emprunts. Vont-ils continuer à en souscrire alors que les USA vivent eux-mêmes à crédit revolving en pompant les liquidités mondiales au détriment des pays qui en auraient besoin pour investir. Les bourses ne se sont redressées que très momentanément suite à cette 2ème mesure de la FED. Affaire à suivre… 

    On appelle même au secours les fonds dits souverains, c’est-à-dire les immenses capitaux détenus par certains Etats comme la Chine ou les Emirats Arabes qui envisagent une bonne affaire à long terme car ils rachèteraient des banques ayant déjà perdu la moitié de leur « capitalisation boursière ». Ces Etats y sont aussi tenus  car si l’économie américaine s’effondrait, si la valeur du dollar chutait, ils ne pourraient plus vendre leur camelote aux Ricains ou leurs réserves en dollars se transformeraient en roupies de sansonnet. Ce qui ferait augmenter les restrictions de crédit car la masse monétaire en circulation deviendrait insuffisante. 

   On en est maintenant aux plus grandes craintes sur la croissance mondiale. En effet, si les USA n’achètent plus, les exportateurs européens, chinois, etc. ne vendront plus. Or les USA font plus de 25 % des importations mondiales. D’où récession, chômage, course aux clients par baisse des prix et dumping, hausse des taux  d’intérêt pour couverture des risques, et tout le cycle de la déflation. Bien chers frères, prions les prions nous attaquent.    Le lecteur peut se demander pourquoi un système financier mondial aussi désastreux perdure. Elémentaire, mon cher Watson. C’est que beaucoup de salopards individualistes et avides y ont intérêt. En vrac, nous avons les banquiers et les assureurs qui placent des titres et des assurances-vie avec de belles commissions ou profits, nous avons les agences de notation qui risqueraient de perdre des clients (aux USA, elles ont le droit de conseiller les entreprises !), les fonds d’investissement, les bourses et courtiers en bourse, les fonds de pension qui doivent faire le maximum de plus-values pour servir les retraites, les multinationales qui peuvent racheter les firmes concurrentes avec leurs propres actions dans les OPA ou OPE, les manageurs qui touchent des plus-values sur leurs stock options, les politiciens qui sont financés par ceux qui précédent dans cette liste, les lobbys qui défendent tous les intérêts de leurs mandants, les journaleux libéraux qui tirent notoriété (et fonctions de conseils) de leurs articles à la gloire de la finance, les boîtes de conseil en management qui vivent des commandes des manageurs, etc. 

   Le lecteur aura aussi compris pourquoi les incitations gouvernementales vers les retraites par capitalisation, les compléments de salaire par distribution de titres et plans d’épargne d’entreprises, les dégrèvements fiscaux pour les PEA, la baisse de la taxation des plus-values et des revenus financiers, les assurances-vie individuelles conduisent à encore plus de financiarisation, donc à encore plus de risques pour les salariés. Et le pire c’est que voter à droite ou à gauche n’y change rigoureusement rien. 

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