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Obama ne va pas casser la baraque néolibérale et le capitalisme financier

Classé dans : Non classé — 02/01/2010 @ 12:43

 

Dans d’autres articles précédents, j’ai montré en quoi le système politicard amerloque avait été construit pour empêcher toute prise de décision, ce qui remettait le pouvoir réel aux lobbys en tout genre et aux politiciens locaux. C’est structurel ; Obama ne peut rien décider sans l’aval de la chambre des représentants et du sénat (où il lui faut 60 voix sur 100 ; il n’en a plus que 59 après la perte du siège du Massachussets de Bob Kennedy). Les USA sont le prototype même de la démocratie libérale en trompe l’œil, la France étant celui du bonapartisme camouflé en démocratie républicaine où le parti au pouvoir détient toutes les manettes avec son lider maximo présidentiel.

L’objet de cet article n’est pas d’examiner le fait que son élection a suscité des espoirs immenses qui à l’heure actuelle se trouvent bien déçus. C’était le nouveau Messie, l’Imam caché, le sauveur et en fait il ne pouvait pas grand-chose, ce que les analystes politicards ont soigneusement camouflé pour faire croire que l’ère Bush était terminée. Eh bien pas du tout car l’impuissance organisée et institutionnalisée de l’exécutif US, sauf circonstances exceptionnelles (Roosevelt et le New Deal, lequel a du reste été sauvagement combattu par la Cour Suprême), conduit à la suprématie du lobby militaire et à la toute-puissance des milieux financiers  associés aux groupes de pression industriels (pharmacie, audiovisuel, agro-alimentaires, chimiques, etc.).  Quand le pouvoir politique est dans l’incapacité de décider au niveau national parce que les chambres législatives ne sont qu’une cohue d’intérêts locaux et particuliers, alors les puissances économiques et financières s’en donnent à cœur joie. Tout cela est structurel et depuis des lustres ; cela explique pourquoi les USA, au nom de l’anticommunisme, sont systématiquement intervenus dans les lieux où leurs intérêts économiques ont été mis en cause. Cela permet de comprendre que toujours les milieux économiques ont lutté contre toute régulation étatique, qualifiée de soviétique, au profit d’une auto-régulation sans contrôle. Mais, en réalité, le pouvoir financier a fait sans cesse pression sur le pouvoir politique pour obtenir des législations ou des abrogations en sa faveur. Le sieur Clinton a ainsi aboli une loi de 1933 (Glass-Seagall act) qui interdisait la collusion entre banques d’investissement ou d’affaires et banques commerciales ou de dépôt. 

Ce que je vais essayer de montrer c’est que saint Obama était au bas mot dès le début de son ascension une créature inféodée à la finance US. On fondait des espérances sur un pur produit, camouflé,  de l’establishment financier, sauf que les analystes n’y ont rien vu parce que c’était celui de Chicago et non, à l’origine, de Washington et de New York. La légende veut que notre homme ait vu sa  campagne électorale financée par un flux massif de petits dons individuels récoltés grâce à un racolage nouveau et intensif sur internet. Obama a récolté 600 millions de dollars, dont 150 seulement (un quart) sont venus des petits contributeurs. Les ¾  sont issus des milieux financiers, souvent démocrates, qui ont estimé que le candidat républicain, John Mac Cain, ou Hillary Clinton, n’était pas fiable. Or Obama, pour être élu sénateur de l’Illinois (Chicago), avait déjà prouvé son adhésion et son adhérence à la finance. Il a été proche (je n’ai pas dit impliqué mais il ne pouvait pas ne pas le savoir) de tripatouillages dans le secteur immobilier soi-disant en faveur des Noirs et des classes défavorisées ou moyennes ; il était, selon le mythe, dans un petit cabinet d’avocats dévoué aux Noirs et aux pauvres. Ce cabinet s’occupait notamment de contentieux immobiliers. Or il était lié à un affairiste notoire qui construisait sur appels d’offres bidonnés par la mairie démocrate des logements sociaux, lesquels ne répondaient pas aux normes et se révélaient inhabitables bien que les subventions municipales eussent été touchées. Ledit affairiste est en taule en ce moment…

Obama a eu très vite le soutien de l’establishment financier de Chicago, ville démocrate depuis toujours grâce à une habile politique d’aide aux Noirs tout en les ségrégant  dans des quartiers non-blancs, ce qui assurait un vote Noir indéfectible bien qu’ils fussent les pigeons de cette politique d’apartheid immobilier. C’est la finance de Chicago qui l’a fait élire sénateur de l’Illinois. Et c’est la finance US qui a soutenu sa campagne présidentielle, sans doute parce que le démocrate Clinton lui avait laissé de très bons souvenirs tant ce dernier s’était plié à leurs exigences, ce que Bush n’a fait que continuer. Il est vrai que le pouvoir politique américain, démocrate ou républicain, voit dans la finance mondialisée le fer de lance de l’emprise yankee sur le reste du monde, y compris la Chine qui finance les déficits US (commercial et budgétaire) en contrepartie de ses ventes, lesquelles du reste sont souvent le fait de multinationales amerloques qui y ont délocalisé leur production ou qui y achètent à  bas prix dans un pays totalitaire où tout est réduit au minimum (salaires, droit syndical, droit social, protection de l’environnement, etc.). Cette politique a détruit l’emploi industriel et fait limiter les salaires (pourquoi se gêner quand les acheteurs sont mondialisés et non US, quand les profits proviennent des firmes, dont les médiatiques, à haute productivité, c’est-à-dire sans grand emploi mais à grosses exportations) ? Pour compenser, la finance  a inventé le crédit revolving, le crédit hypothécaire ouvert à tous sans contrôle de la solvabilité, ce qui a donné aux gens une impression de pouvoir d’achat maintenu. Cela arrangeait bien le pouvoir qui calmait ainsi la déception du peuple et finançait ses déficits. D’où l’ouverture totale aux manipulations et aux spéculations de la finance. Parallèlement, la FED maintenait des taux d’intérêts très bas, ce qui a permis à la fois le crédit aux prolos et la surexploitation des effets de levier liés aux emprunts des financiers (dont les LBO).

Et voilà le vertueux, la sainte-Nitouche, le chevalier blanc Obama élu. Il convient alors de se focaliser sur son équipe et ses conseillers. On y trouve la fine fleur de la finance et des allers-retours entre celle-ci et les fonctions publiques : Lawrence Summers, ex-patron chez  Goldman Sachs (comme Rubin pour Clinton ou Paulson pour Bush), ex-patron d’une super université viré pour propos sexiste (les femmes n’auraient pas une intelligence ouverte aux mathématiques !), ex-FMI où il avait prôné une exportation des déchets industriels dans les pays pauvres parce que là la vie humaine n’avait pas la même valeur. Cette ordure super-libérale se retrouve conseiller financier en chef du président. Son ministre (on dit secrétaire d’Etat aux USA) des finances est l’ancien président de la FED de New York où il trônait à cause de ses accointances avec la haute finance. Le sieur Geithner a ainsi avalisé le plan Paulson (sous Bush) de 700 milliards de prêts aux banques pour acheter leurs actifs toxiques quasiment à leur propre prix (non celui du marché, du reste la nouvelle comptabilité des normes FASB qui stipulait la valeur de marché comme norme d’évaluation des actifs a été réformée dans ce sens : il suffit que la firme s’auto-évalue « raisonnablement », ce qui a permis à Geithner d’effacer une bonne partie des pertes bancaires sur leurs actifs)). Par ailleurs, il a couvert, avant sa nomination,  une enveloppe de 2 000 milliards d’aide supplémentaire sans contrôle et sans conditions apportée par la FED.  Il faut savoir que la Fed est en quelque sorte une fédération d’entités bancaires régionales (dont la plus grosse, celle de New York) totalement indépendante du gouvernement mais évidemment sous influence des grandes banques d’affaires. Son secrétaire général est Emmanuel Rahm, lui aussi issu des milieux financiers. La fée qui l’a soutenu et poussé à partir de Chicago, Mme Jarrett, financière très influente, proche de « General dynamics », fonds spéculatif de Chicago (qui, ne l’oublions pas, est la 1ère bourse mondiale pour les matières 1ères) dirigé par la richissime famille Crown, figure dans son cabinet à un poste de responsabilité.

Et encore je ne parle que des figures connues, repérées par Eric Laurent (« la face cachée des banques », livre récent dans lequel je puise beaucoup et qui est à lire pour connaître le dessous des cartes). On peut donc être plus que sceptique sur les discours d’Obama en vue de moraliser, contrôler et réguler la finance. Ces discours sont sûrement d’obédience populiste car le peuple américain est féroce vis-à-vis de celle-ci et voit d’un très mauvais œil qu’elle soit renflouée aux frais du contribuable et qu’elle puisse repartir comme avant avec ses incroyables bonus renouvelés alors que l’économie demeure dramatiquement sinistrée (immobilier, emploi, consommation). Du reste, notre homme n’a fait donner que 50 milliards de dollars à l’industrie automobile, ce qui est à comparer aux 2 700 milliards injectés dans la finance, aux 180 milliards mis pour sauver l’assureur AIG qui avait spéculé dans les produits dérivés et leurs assurances (CDS), le tout sans provisionner sa prise de risque. Obama est ferme dans le blablabla, beaucoup moins dans la réglementation. Du reste, son interdiction des bonus dans les banques renflouées par l’Etat a d’ores et déjà fait long feu. Etonnant, non ? Comme disait M. Cyclopède.  Eh bien non : le sauveur est déjà, dès son intronisation, dans les pattes velues et tentaculaires de la mygale financière. Comme disait le prince de Lampedusa : il faut que tout change (apparemment) pour que rien ne change. Cela  dit, il n’est pas le seul farceur à faire semblant de s’agiter avec démagogie. Vous savez sûrement, cher lecteur, à qui on peut penser en France.

 

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