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La désindustrialisation de la France

Classé dans : Non classé — 02/25/2010 @ 10:30

 

L’industrie en notre beau pays tsarkozysé ne représente plus que 16 % du PIB, encore moins qu’en GB dont l’hyper président, racontant ainsi n’importe quoi comme souvent, avait dit qu’elle était moins industrialisée que les Froggies. Et le mouvement de perte des industries continue inlassablement malgré les rodomontades d’Estrosi, notre « motodidacte » sous-ministre de l’industrie et les artabanesques moulinets et effets de toge de Zébulon 1er. Déjà 75 % des véhicules Renault (50 pour Peugeot) sont produits à l’étranger (et aussi les pièces fournies par des sous-traitants), ce qui fait que maintenant acheter chez ce constructeur contribue à dégrader la balance commerciale. Et le terroriste industriel Carlos Ghosn veut produire la CLIO new look en Roumanie. ! 

M. De la Marge Qui Rit, PDG de Total, veut fermer les raffineries de pétrole (leur essence découle de leur existence comme disait Sartre), sachant que la firme s’est bien gardé d’investir dans la production de gasoil que le France importe largement bien que 53 % des véhicules y marchent désormais à ce carburant. Le pingouin aux moustaches en balayette de chiotte a bien compris l’intérêt financier de Total. C’est facile car n’importe quel agent comptable le comprendrait aussi. En effet, les marchés se développent en Asie et dans certains autres PVD. Parallèlement le marché francaoui baisse par suite de la crise, des biocarburants et des véhicules moins énergivores. Ensuite, les raffineries produisent à bien moindre coût dans les pays exotiques à salaires et prestations sociales compressées, sans protection de l’environnement et à fiscalité légère. Enfin, ces usines sont à la fois polluantes, émettrices de dioxyde de carbone et dangereuses. Autant les situer dans des pays où les habitants ne peuvent pas protester car s’ils le font la police est aussitôt là pour les matraquer, la « justice » pour les condamner et des nervis pour les zigouiller. On se souvient d’ailleurs que Total est du dernier bien avec la junte birmane avec la bienveillance de Kouchner. Il en découle que La Marge de Riz (auto) a intérêt à délocaliser les raffineries pour faire de « la marge, de la valeur pour l’actionnaire », désormais privé alors qu’avant c’était une firme d’Etat. 

Il est jouissif de constater la politique de gribouille (à but de discours électoral en vue des régionales) du gouvernement : je te favorise le biocarburant, je te fous des super taxes sur le carburant, je mets en place une écotaxe (raté pour l’instant) et on veut pourtant maintenir les raffineries ! Or, dans le contexte général du libre-échange mondialisé, la désindustrialisation a 3 causes : l’automation et la robotisation qui détruisent les emplois pour cause de productivité exponentielle quand les marchés n’absorbent pas la production, le commerce extérieur soumis à la concurrence et à la compétitivité (en baisse continue pour les « parts de marché » de la France avec aujourd’hui 3,8 % du commerce mondial), l’externalisation des activités de service, soit de faible valeur ajoutée (le ménage… ) soit de recherche-développement-invention. Que fait Tsarko en regard de ces 3 causes ? 

Et, évidemment, tous les PDG raisonnent de la même manière ; c’est normal car c’est la logique même du système capitaliste qui régit leurs décisions. C’est à cela que l’on peut voir que la personne des  dirigeants, pourtant remarquablement bien récompensés pour des décisions que n’importe qui prendrait, n’a aucune importance. C’est le système qui impose sa logique « rentabiliste ». Et c’est ce qui explique que, via les délocalisations et les prises de participation dans l’industrie chinoise, actuellement 56 % des exportations sinisées proviennent en fait de firmes occidentales implantées dans l’Empire du Milieu. On sait aussi que plus de 60 % des échanges mondiaux sont le fait de transferts internes aux multinationales entre leurs filiales et avec la maison-mère. C’est aussi ce qui fait le succès des exportations teutonnes dont les produits sont réalisés à bas coût en Europe de l’EST dans les pays récemment entrés dans l’UE. Ah, cette chère (onéreuse) Allemagne qui mène depuis longtemps une stratégie non coopérative négative pour ses soi-disant partenaires européens en délocalisant à l’Est, en instaurant une TVA « sociale » et en serrant le kiki à ses salariés et chômeurs (lois Hardt 4 sous le socialiste Schröder). Excusons-la car dans l’UE tous les pays ont été mis en concurrence sauvage et ne cherchent qu’à tirer leur épingle du jeu en jouant solo. L’Irlande avec son taux d’impôt sur les sociétés à 12,5 % (30 % en moyenne UE), la GB avec sa finance « paradis-fiscalisée » (10 % de son PIB) et sa dévaluation de la livre, l’Espagne avec sa spéculation immobilière pour touristes, son agriculture hors sol avec immigrés sous-payés et le déficit de sa balance commerciale, l’Italie avec son économie souterraine, la Grèce avec ses tricheries sur l’état de ses finances, la France avec ses déficits structurels depuis 30 ans, etc. On observe au passage que les dirigeants ne sont plus responsables de quoi que ce soit puisque c’est la mécanique fatale du système qui leur impose leurs décisions. 

Alors que peut faire Rodomont ou Tartarin ou Artaban en tant que dirigeant politique contre cette logique ? Réponse rien, malgré son agitation médiatique et ses convocations bidons de manageurs en chef dans les palais de l’ex-république. Déjà, légalement, le pouvoir ne peut pas intervenir dans la gestion des firmes privées. Il ne peut que créer le cadre législatif et réglementaire de leur activité et encore seulement sur le sol national. Il ne peut que taxer leurs bénéfices mais grâce à la théorie du bénéfice consolidé et aux effets des paradis fiscaux où les firmes localisent leurs profits en ne laissant sur le sol national que des filiales dénuées de marge, lesdits bénéfices ne sont taxés qu’à 8 % alors que le taux théorique de l’impôt sur les sociétés est de 33 %. S’il intervient pour protéger l’industrie du pays (ou l’agriculture ou la finance), la Commission européenne l’attaquera aussitôt pour protectionnisme et surtout atteinte à la « concurrence libre et non faussée ». L’OMC itou et les autres pays prendront des mesures de rétorsion. 

De plus ces effets de manches d’avocat (d’affaires) sont parfaitement hypocrites. En effet, ce sont les gouvernants qui depuis plus de 20 ans ont édicté des lois pour mettre en place le libre-échange généralisé, quelles que soient les situations des pays, lesquelles nécessitaient pourtant progressivité et protections, pour donner à la finance le privilège de la libre circulation partout sans entraves d’aucune sorte, pour fermer les yeux sur leurs combines pour ne pas respecter leurs obligations prudentielles et pour favoriser la valeur pour l’actionnaire, etc. Et cette logique systémique étant en place à cause d’eux (ce qu’ils oublient pour tromper les électeurs tout en désignant les banquiers comme boucs émissaires de leurs propres turpitudes), on ne peut plus y revenir sans entente internationale pour re-réguler le commerce et la finance mondialisés. Or, il ne peut y avoir de consensus international car moult pays ont intérêt au désordre installé et défendent mordicus leur pré carré de « compétitivité » comme on l’a vu plus haut en ce qui concerne l’Europe. 

Dès lors la désindustrialisation prospérera et cela d’autant plus que les exportateurs vendent maintenant leurs secrets de fabrique aux PVD pour obtenir à court terme un marché (d’avions, de trains, de centrales nucléaires, etc.). Ces derniers, de plus, comme le Brésil, l’Inde et la Chine (les « Bric »), investissent massivement dans la formation et la recherche-développement et, donc, l’avance technologique de l’Occident ne sera bientôt plus qu’un souvenir. Alain Peyrefitte avait écrit, years ago, « quand la Chine s’éveillera » ; on y est. Les PVD vont bientôt inventer plus que l’Occident ou le Japon… 

Or, je ne dirai jamais assez, c’est l’industrie productive, et tout ce qui l’aide à l’être (services dédiés à la facilitation de la production, services d’ingénierie et de recherche), qui est la base d’un revenu national que je qualifie de « primaire ». Pour le visualiser, il suffit de raisonner sur une économie fermée, en autarcie, sans échanges extérieurs. Si vous allez au cinéma, chez le coiffeur comme quand vous achetez de quoi bouffer, vous vêtir, vous transporter, vous chauffer, etc., c’est que vous avez un revenu issu de votre travail. Vous travaillez chez un coiffeur ? Votre salaire, après la marge dudit coiffeur, vient des gens qui lui achètent ses services, du reste comme les impôts, les indemnités de protection sociale, etc. parce que ces gens ont un revenu préalable qui vient de leur travail dans l’industrie ou l’agriculture productrices. Tout le revenu (montant des ventes moins les « intrants » autres que les charges de main d’oeuvre) vient des activités productrices de base. Cette marge produite dans la production est ensuite simplement répartie entre les différents acteurs sociaux : rentiers et leurs intérêts ou dividendes ou leurs loyers (des immeubles et des terres), salaires directs ou différés (retraites, protection sociale) des travailleurs, impôts de l’Etat et des collectivités locales, dividendes des investisseurs, frais fin anciers prélevés par les banques. Et ce sont les revenus de cette répartition qui permettent d’acheter des services privés (coiffeur, cinéma,  vacances in situ, etc.) et des services publics via l’impôt ou de thésauriser ou d’investir.  CQFD : aucun revenu secondaire ou prélèvement ex post ne peut exister s’il n’y a pas auparavant les marges nettes  issues de la production. Il en découle qu’un pays fermé sans industrie ou agriculture conséquentes vivote. C’est le cas de Cuba qui est plus est victime d’un embargo US. 

Si le pays n’est plus autarcique, les choses évidemment se compliquent. Cependant, il est clair que si sa balance commerciale entre ce qu’il vend de sa production interne et ce qu’il achète comme produits ou services externes est positive cela veut dire qu’il a plus produit (et vendu) que ce qu’il a acheté. La désindustrialisation française explique donc que la balance commerciale du pays soit devenue structurellement déficitaire. C’est donc la production interne exportée ou non, moins les importations, qui continue de servir de base au revenu d’un pays revenu. La chose se complique avec le solde des revenus financiers (balance des paiements) liés aux intérêts et dividendes des emprunts ou des placements dans les pays étrangers. On peut imaginer un pays sans production (le rêve de certains capitaines d’industrie qui voit leur entreprise sans usines) dont le revenu serait uniquement constitué de revenus financiers. C’est possible momentanément et c’est ce qui fait la gloire des retraités de Californie  ou de Floride via les fonds de pension investis à l’étranger pour suer du dividende et de la plus-value boursière. Las, cela vient de se casser la figure. Et, du reste, ce n’est pas tenable à long terme : les pays ainsi exploités peuvent se rebiffer (et les USA ne sont plus en position de défendre leurs émanations extérieures comme lors de la défense de l’United Fruit, fer de lance du coup d’Etat de Pinochet, devenue Chiquita, pour assurer les profits de leurs investisseurs et spoliateurs à l’étranger). En outre, les PVD vont se financer eux-mêmes par leur industrie propre et les délocalisations industrielles chez eux. 

Cette analyse montre donc que Epiméthée 1er se fiche de notre poire et que les rustines qu’il met en place ne sauveront rien du tout tant que l’on restera dans le système capitaliste actuel. En fait, ce qui compte pour lui, c’est la phynance dans laquelle les cabinets d’affaires font leur beurre même si cela ne profite qu’aux capitalistes (banquiers, manageurs, assureurs, financiers et… politicards associés. Ils profitent en effet des bénéfices de la chose à l’étranger sans se soucier de la production locale. 

 

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