les armes de la critique

Bienvenue sur mon blog

Lettre aux citoyens en vue des élections régionales de 2010

Classé dans : Non classé — 03/07/2010 @ 9:40

                                                                                                      (Imitation de la lettre de Proudhon aux ouvriers en 1864, en réponse au Manifeste des soixante, qui voulaient présenter des « candidatures ouvrières » aux élections de la même année)

Avertissement : les mots, les phrases de Proudhon sont ci-dessous mis en italique.

 

 

Citoyens, vous me demandez ce que je pense  des élections régionales de mars 2010 ; vous voulez savoir s’il convient d’aller veauter…Je croyais le mouvement électoral épuisé. Assurément je me suis réjoui du réveil de l’idée socialiste (NPG, NPA). On vous dit que depuis 20 ans, avec l’avènement du libéralisme et la mort de l’URSS,  il n’y a plus de classes ; que l’idée des candidatures de la vraie gauche se rétablit. Que le candidat est l’expression de la société, non d’un parti. Mais ce qui compte, c’est la situation créée par le                                      capitalisme et la crise que celui-ci a causé pour le peuple.

 

Quoi ! Il n’est pas vrai…que la société européenne se divise foncièrement en deux classes : l’une qui vit exclusivement de son travail ; l’autre qui vit…du revenu de ses propriétés, de ses capitaux, de ses dotations, pensions, subventions …bénéfices, dividendes, plus-values ? N’est-il pas vrai, à ce point de vue  de la répartition des fortunes et des produits, qu’il existe parmi nous deux catégories de citoyens… divisées entre capitalisme et salariat ? Mais toute notre  politique…, notre société reposent sur cette distinction… La division de la société en deux classes…étant donc indubitable… l’on a dû de tout temps se demander…si par une meilleure application des lois de la justice et de l’économie, on ne parviendrait pas à abolir une distinction si funeste… 

 

Eh  bien, que disent les nouveaux socialistes ? Ils sont convaincus que la question sociale peut être résolue… ils posent, comme signe…  leurs candidatures…La presse fulmine…on crie à l’anarcho-révolution, au terrorisme. Pourtant, la bourgeoisie n’est plus homogène ; il y a ce qu’on appelle la haute bourgeoisie ou féodalité financière, mercantile et industrielle, et la petite bourgeoisie ou classe moyenne inclinant de plus en plus au salariat…Ce que nous demandons… c ‘est une réforme économique qui nous permette à tous de vivre de notre travail.

 

Cela posé, je passe à la seconde question. Il s’agit de savoir si dans les circonstances actuelles, l’exercice du droit à l’éligibilité est bien pour la classe salariale le meilleur moyen d’arriver aux réformes qu’elle sollicite…  Considérons que le gouvernement (quasi) impérial  élu en 2007 a trouvé la principale cause de son succès dans la défaite de la démocratie rouge et socialiste…Sous ce gouvernement, la féodalité financière et industrielle…a complété son organisation et pris son assiette. 

Elle a soutenu Tsarkozy qui l’a payée de sa protection (bouclier fiscal augmenté, limitation des droits de succession, aides à l’accession à la propriété, exonération renforcée pour les entreprises des cotisations sociales, suppression de la taxe professionnelle) tout en taxant le petit peuple notamment avec les droits à la sécu. Les grandes compagnies ont formé leur coalition : la classe moyenne…s’est vue progressivement refoulée vers le prolétariat. 

 

Nous pouvons dire d’après cela, que sous ce régime qui nous a été fait depuis 2007, nos idées ont été mises…hors la politique…L’usage des médias nous est refusé. Tout ce qui …nous est permis de faire, c’est de protester aux grandes journées électorales ou syndicales…Ne perdez pas ceci de vue que, dans le système de compression qui pèse sur la démocratie, ce n’est pas telle mesure financière, telle entreprise, telle loi que nous avons à discuter : on n’a que faire de nous pour cela ; notre opinion est d’avance réputée non avenue. Pareils débats sont le propre de l’opposition constitutionnelle (socialo-libéraux en peau de lapin, MODEM)…Or pour nous affirmer dans notre refus de l’Europe néolibérale, nous n’avons besoin ni de représentants, ni de candidats… 

 

Il est vrai que la discipline de parti, l’allégeance au libéralisme obère la conscience (s’ils en ont encore une) des représentants inféodés à l’UMP…  Donc point de représentants, point de candidats ! J’ai parlé… du monopole de la presse et des médias…Nous ne voulons ni peu ni prou d’un régime qui depuis trois ans déprave nos mœurs politiques, fausse les idées et égare l’opinion… Donc, point de représentants, point de candidats ! 

 

Nous ne voulons pas des conditions dans lesquelles s’exerce le suffrage universel, et pourquoi ? Ce n’est pas seulement parce que les groupes naturels de population ont été subvertis par des circonscriptions arbitraires…C’est surtout parce que, avec le monopole d’une presse inféodée… les choses se trouvent combinées de manière à étouffer l’esprit démocratique…à couper la parole aux multitudes, réduites aux bêlements des troupeaux…Donc, point de représentants, point de candidats ! 

 

En mars 2005, lors du référendum sur le traité constitutionnel européen (TCE), le peuple a cru voter pour lui-même et comme souverain ; son vote a été nié par le pouvoir (traité simplifié de Lisbonne) et par l’Union européenne…A quoi bon, alors, des représentants…des candidats ? Beaucoup, parmi les salariés, n’aperçoivent pas ces incompatibilités profondes entre le système libéral européen, dans lequel on leur propose de persévérer, et leurs aspirations démocratiques et sociales. Cependant, nous ne pouvons pas être plus satisfaits de la politique de l’opposition que de ses idées économiques. C’est quasiment la même que celle de la majorité : sur 535 votes au parlement européen ces derniers temps, 19 votes socialistes seulement ont été différents de ceux de la droite libérale ! La politique de l’opposition, c’est son amour du parlementarisme, qui la ramènera au système européen technocratique et hyper-libéral.  La politique de l’opposition, c’est sa conduite lors du TCE en 2005 pour lequel elle a tout fait afin de faire voter pour le oui. Et vous lui enverriez des collègues ? Non, non ! Point de représentants, point de candidats ! 

Conclusion de cette lamentable intrigue : la démocratie, dont la prépondérance devait être établie par le référendum de 2005, ne compte plus maintenant…que comme l’instrument d’un replâtrage politique… 

 

Nous avons le droit…de protester contre cette espèce de scrutin, soit par le dépôt de bulletins blancs, l’abstention ou autre modalité de refus…si nous jugeons que la loi électorale…n’offre pas de garanties suffisantes au suffrage universel ! Point de représentants, point de candidats, point de participation.

 

Il n’est qu’une conclusion logique au vote antidémocratique et au chèque en blanc pour le néolibéralisme que l’on nous propose aux élections régionales de mars 2010, c’est que la démocratie ouvrière déclare … qu’elle désavoue l’opposition et le pouvoir libéral en place en France et en Europe et qu’elle renonce à se faire représenter.                                  

                                      

       

          

 

Pas de commentaire

Pas encore de commentaire.

Flux RSS des commentaires de cet article.

 

sans violence et sans haine |
Changer Amiens |
Parti de Gauche. Commission... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | "كُن...
| ALLIANCE POUR LA NORMANDIE
| degaulois.justice.fr