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Enfin Zayrault est arrivé

Classé dans : politique,politique — 07/05/2012 @ 10:41

Le discours de politique générale du prime minister Zorault va être gratiné. Ce n’est pas étonnant quand on reste dans la logique libéralo-financière que les socialistes ont tant fait pour installer en France et en Europe depuis 1983 avec Delors (en barre) sous Mauroy. Béret-Govoy, avec son âme damnée attachée à ses basques, Naouri, actuel PDG d’un grand distributeur, a lancé tous les produits financiers à risque reporté sur les petits épargnants et les salariés. Le priapique, libidineux et phanérogame DSK a continué le saccage libéral, de même que son compère Fabius qui n’a pas laissé contaminer que le sang. La logique libéralo-financière n’a qu’un credo : toujours plus comme dirait Walter Closets (de fric, de rentabilité, d’espace privatisé pour faire de l’argent) ; ce qui passe par la mise en sécurité des prêteurs (il faut leur laisser des huîtres et du caviar à béqueter) et de leur cassette, donc la surveillance du caractère soutenable des dettes publiques, l’abaissement des salaires et des retraites, la taxation des salariés et l’exonération du capital et des riches, la flexibilité et la précarité du travail, la suppression du code du travail et de « ses rigidités » pour « fluidifier le marché de l’emploi ». La méthode est simple : ouverture sans frein des frontières à toutes les marchandises, libre circulation des capitaux et dérèglementation du secteur financier. Elle est perverse car après avoir fait voter les lois ad hoc pour ce faire, il suffit d’accuser l’Europe et la mondialisation des conséquences négatives qui s’ensuivent et prétendre qu’il n’y a pas d’alternative (le fameux TINA de Thatcher). Les peuples sont alors mis en concurrence pour être plus compétitifs que les autres (la Teutonie a remporté la palme dans l’UE à grands coups de « désinflation compétitive »). Ils sont pris dans un étau dont la 1ère mâchoire est la concurrence des pays les moins-disant en tous domaines et la 2ème les prédations de la finance exigeant des taux de rentabilité à deux chiffres.
Pour y arriver la France a emprunté à tire larigot sur les marchés financiers internationaux au point que près de 70 % de sa dette publique est détenue par l’étranger (Japon, presque zéro, USA ou Italie, 30 %). Pour ce faire, Pompidur et Fiscart-Déteint ont interdit les avances et prêts de la Banque de France (1973/75) au gouvernement et imposé les banques privées comme seuls placiers des emprunts (au lieu du Trésor et des achats directs d’obligations par les épargnants français). Il a fallu ensuite dérèglementer le contrôle des capitaux et installer leur libre circulation. Résultat, tous les Etats se sont endettés. Pour couronner l’édifice, on a ajouté l’euro comme monnaie unique pour des pays très hétérogènes. Cela s’est fait sous le diktat Tudesque avec une BCE interdite d’avances aux Etats et à leurs organes publics et chargée seulement de lutter contre l’inflation des salaires et des prix courants (hors actifs financiers et immobilier) et responsable d’un taux de change unique pour toute la zone euro. Résultat, les pays les moins compétitifs et les moins industrialisés ont pu emprunter presqu’au même taux que les Prussiens. D’où la dette privée astronomique en Espagne, Grèce, Irlande. Parallèlement, l’UE n’avait qu’un budget de 1 % du PIB de l’Europe (20 % aux USA pour l’Etat fédéral), le faisait bouffer à 40 % par la PAC, ne disposait que de maigres fonds structurels afin d’aider au rattrapage économique par les pays à petit PIB par habitant, n’offrait pas de transferts compensatoires entre les différents pays malgré la disparité de leurs ressources. Le phénomène a été sans cesse aggravé avec l’arrivée de nouveaux pays que l’on ne pouvait aider puisque le budget européen restait fixé à 1 %. Résultat, ils dopèrent leurs atouts compétitifs et s’installèrent dans la spirale du moins-disant, notamment en matière fiscale ou environnementale ou salariale. Et qu’on ne dise pas que c’était une conséquence non voulue. Au contraire, cela a été décidé exprès pour que les pauvres entrants forcent les riches associés antérieurs à abandonner leurs privilèges (droit social, syndicalisme, CDI, protection sociale, services publics, etc.). C’est la Teutonie qui a tiré le meilleur profit de la situation ainsi installée : sous-traitants de l’Est, payés en euros plus fort que leur propre devise quand ils n’étaient pas dans la zone monétaire unique (d’où l’intérêt d’avoir un euro fort car les Tudesques sortaient alors moins d’euros pour payer les prestataires), assemblage en Tudesquie avec étiquette « made in Germany », appel aux saisonniers payés en roupies de sansonnet car l’Allemagne n’a pas de SMIC, mise au régime ascétique de son propre peuple avec les lois Hartz sous Schröder (notamment, emplois obligés à 400 euros par mois pour les chômeurs), dévaluation de 3 points avec une « TVA sociale ». Bravo, les artistes de l’exportation à tout va (70 % en Europe).
Zayrault et Flanby restent essentiellement dans les « pacte de stabilité » teuton, auquel a été ajouté un zeste de crédits pour la croissance (120 petits milliards pour 12 000 de PIB de la zone UE). Le modèle fridolin est donc conservé et tous les pays sont priés de l’adopter. Ce qui veut dire rigueur pour tout le monde, récession, augmentation des déficits et de la dette, puis rebelote and so on. Le malade pourra guéri et les Schleus aussi car ils n’auront plus de clients en Europe, car les pays émergents sont aussi en difficulté et qu’ils vont restreindre leurs importations. Parallèlement, on va continuer à jouer au petit jeu de la barbichette entre banques et gouvernements. L’accroissement des dettes publiques sert à sauver les banques ; mais cette augmentation rend la dette incertaine et grosse de perte de valeur. Or les banques en détiennent une grosse part. Si donc la dette ne peut plus être remboursée, est annulée pour une part, est aussi rééchelonnée, ce sont les banques qui vont faire faillite. Alors les Etats, ruinés, ne pourront les secourir. La crise est donc à la fois portée par la dette publique et la fragilité des banques pourries de prêts toxiques.
A demeurer en tant que demeurés ou idéologues du libéralisme dans ces cercles vicieux, Zayrault et Fraise des bois s’enferment dans la course au moins-disant et ne peuvent que promettre : « de la sueur, des larmes et du sang » comme disait Churchill, duc de Malborough (s’en va-t-en guerre) en 1940. Un 1er redressement consisterait, tout en jouant encore au marché et à la « concurrence libre et non faussée » à réduire la finance privée à zéro en lui créant des contre-structures (par exemple, banque nationale du peuple socialisée, fédérée et mutualisée de dépôt et de crédit aux ménages, aux collectivités territoriales et aux entreprises) à logique anticapitaliste. La banque du peuple referait des avances et des prêts à l’Etat ; l’euro serait gardé pour les échanges extérieurs mais une monnaie nationale (le proudhon) interne, gagée sur la production, les stocks, les encours serait interne et son taux de change vis-à-vis de l’euro serait à taux variable. Des taxes compensatoires des différentiels indus en tant que moins-disant avérés et « on purpose » seraient instaurées aux frontières, y compris pour les pays non coopératifs de la zone euro (Teutonie, Hollande, Luxembourg, Autriche, G-B, Irlande, etc. avec leur dumping ou leurs paradis fiscaux). Les industries disparues seraient recréées sous forme de coopératives et de mutuelles financées par la banque du peuple. Les assurances privées se verraient opposer une fédération de mutuelles. Tous les produits financiers vicieux et spéculatifs seraient interdits, à commencer par les LBO. Tout commerce avec les pays ou les multinationales faisant usage des paradis fiscaux serait proscrit. Les emprunts d’Etat ne seraient émis qu’en France auprès des résidents. La France doit actuellement emprunter 180 milliards par an ; on le fera auprès du peuple. Tout de suite les 280 milliards du livret A seront transformés en obligations d’Etat dont le taux sera le même que pour le livret (et ajustable). Les détenteurs de livret pourront vendre les obligations, très liquides, ou recevoir des avances dessus. Les riches (disons plus de 100 000 euros de patrimoine immobilier ou financier) se voient tout de suite imposer un emprunt forcé, comme en 1976, au taux directeur de la BCE (1 %) qui servira à éviter un autre prêt de l’extérieur. A plus long terme, une partie des cotisations retraites sera capitalisée et investie dans la construction d’immeubles sociaux. Le contrôle des changes est rétabli et les contrevenants voient leurs fraudes (triplées par une amende) confisquées et leurs biens mis sous séquestre.
Tout cela permet théoriquement de rester dans l’UE et l’économie de marché. Mais le mur d’argent se dressera comme en 1936 ou 1981, mais les autres pays de l’UE prendront des mesures de rétorsion. A moins que la France n’arrive à convaincre les Etats du Sud européen de créer une fédération adoptant les règles exposées ci-dessus. Ce serait long et improbable. On en viendra alors au plan B : celui de l’autarcie et de la mise en place d’une économie, autogérée, mutualisée et fédérée. J’ai déjà dit ailleurs et avant sur mon blog cette solution qui, seule, permettrait de rompre enfin avec le modèle libéralo-capitaliste.

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