les armes de la critique

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Classé dans : politique — 10/23/2012 @ 11:10

Contre les Crapules Capitalistes Pharisiennes
Proudhon nous a laissé un grand enseignement : ce n’est pas avec le kapital dans le cadre pourri de la démocratie bourgeoise que les travailleurs s’émanciperont. C’est en se séparant de ces ennemis et en s’abstenant de participer aux votes de simulacre de la démocratie représentative. La leçon a été reprise par le syndicalisme révolutionnaire d’action directe : voir la charte d’Amiens de 1906 qui refuse que le syndicalisme soit inféodé aux partis politiques. Proudhon a proposé une action autonome des travailleurs par la création d’anarcho-structures opposées à celles du capital (supprimant les « aubaines » du capitalisme (telles que la rente foncière, le fermage, les loyers, les agios et intérêts) et des politicards (le droit souverain de pouvoir voter n’importe quoi contre le peuple sous prétexte d’élection) et préfigurant la future société libertaire dans le cadre d’une stratégie dont le but est révolutionnaire et la méthode progressive et pacifique.
J’ai mis CCCP (sigle de l’URSS en alphabet cyrillique) car le « capitalisme monopoliste d’Etat » (invention des économistes cocos pour stigmatiser la technocratie gaullienne et pompidolienne, mais qui décrit très bien l’économie russe de l’époque) revient parfaitement au même : l’extraction du surplus social au profit d’une classe de domination, d’exploitation et d’aliénation (le « bloc historique » hégémonique de Gramsci). Il s’agit de construire une société libre, d’individus autonomes, mais solidaire, donc à l’opposé tant du socialisme collectiviste ou social-démocrate que du libéralisme individualiste et « fricophone ». Comment faire, ce qui consiste aussi à contrer l’Europe libérale d’aujourd’hui ?
Prenons les capitalistes au mot et supprimons toutes les charges sociales pesant sur les salaires et les profits. Le salariat n’a pas besoin de s’enfermer dans les structures du capital et de la fausse démocratie en acceptant les bases de ce qui finit par devenir une assistance et une dépendance. Au même instant, les salaires récupèrent l’intégralité de ces cotisations patronales et salariales. Personne n’y perd même si les pharisiens capitalistes visent bien plus que la suppression des charges ; ils veulent que les salaires tendent vers zéro et le temps de travail vers l’infini dans la même dialectique que le Zayrault et l’in-fini Flanby. Le salaire devient donc intégralement net, sans prélèvements sociaux. Evidemment, ensuite, le patronat cherchera à faire baisser ces salaires. Mais les salariés et leurs syndicats n’auront alors qu’à se raidir vers un seul objectif fondamental (cependant sans préjudice pour la défense des conditions et horaires de travail) : le maintien et la progression des salaires. Cet objectif clair devrait être bien plus mobilisateur que l’actuel salmigondis de défense de rien et de tout propagé par un syndicalisme réformiste (en fait intégré au système libéralo-capitaliste car subventionné par les politicards et huilé par des cadeaux patronaux, des avantages, des statuts).
Les institutions de retraite et de santé de la Sécu sont parallèlement démantelées. En effet ce sont des machins de collaboration de classe, de corruption, de gaspillage, de placement de notabilités dans des sinécures, etc. qui amputent le budget car toutes les excellences (politicards, syndicalistes, administrateurs, patrons) se servent sur la bête. Comment ? En supprimant le monopole de la sécu dans la collecte des cotisations et le versement des pensions et indemnités du régime général. Les salariés reprennent le droit d’assurer leur protection sociale comme ils le veulent avec leur argent. Ils veilleront à ne pas s’inscrire dans des assurances privées fonctionnant sur la logique capitaliste ou dans des fausses mutuelles telles celles que nous connaissons aujourd’hui. Il faut donc que dès l’opération de récupération des prélèvements sociaux les salariés trouvent les moyens de placer leur pognon dans des anarcho-structures anticapitalistes. Ce sera déjà la « Banque du Peuple » socialisée, dont j’ai souvent parlé. Ce sera aussi un système fédératif organisé de mutuelles de prévoyance en tout genre. Des mutuelles (des vraies) pourront être créées mais elles seront obligatoirement structurées et coiffées par une organisation socialisée, nationale et fédérative, laquelle concentrera les cotisations et les placera partiellement dans la banque du peuple. Les mutuelles de base et fédérées assurent les rentrées de cotisations, la gestion des ayants-droits mutuellistes, les versements ; elles sont dirigées par des représentants élus et bénévoles délégués directement par les mutuellistes dont lesdits mandataires font forcément partie.
Ce n’est pas tout. Les fonds assurant le versement des pensions et indemnités (de chômage, de maladie, etc.) seront placés de façon à financer la création de contre-structures faisant concurrence à celles du capital et surtout privant celui-ci de l’accès aux ressources placées par le peuple. Il faut bien sûr que les placements assurent que les revenus qui en découleront permettront de tout payer. Et c’est facile de trouver des lieux d’investissement convenables : la construction de logements sociaux (des loyers), de moyens collectifs de transport et de communication, la prise en charge socialisée de l’énergie et de l’eau, des hôpitaux (qui sont déjà financés par la Sécu mais gérés par des technocrates nommés par le pouvoir) et une médecine sociale organisée en réseau indépendant de la médecine libérale ; on financera ainsi des coopératives (notamment de consommation contre les grandes surfaces) et mutuelles, des entreprises d’insertion, de formation et de qualification des travailleurs à commencer par les victimes du chômage ; on aidera les PME qui souscriront à une charte de bonne conduite vis-à-vis de leurs salariés, de leurs fournisseurs, de leur environnement. Du reste, réfléchissons. De quoi se plaignent les capitalistes depuis des lustres ? Que l’épargne française (déjà de 16 % du revenu actuellement, avant récupération de l’intégralité des cotisations) ne va pas dans l’investissement en capital (car, en fait, il va dans la spéculation et les placements à l’étranger). Eh bien, nous sommes d’accord : les cotisations sont à mutualiser, centraliser, capitaliser et placer mais dans les contre-structures anarcho-libertaires.
Assez rapidement les pompes à fric pour le capital seront asséchées. Les prédations en tout genre, d’un montant astronomique (songez que, en 2008 avant le krach, la part de la finance représentait 40 % des profits US), ayant été éliminées (comme les rentes des pétroliers, distributeurs, banquiers, assureurs, notaires, pharmaciens, vendeurs de biens, syndicalistes, etc.) il s’ensuivra une forte baisse des coûts et des prix. Ainsi, la compétitivité-coûts sera restaurée pour le pays d’autant plus que les entreprises ne pourront plus se plaindre des charges sociales. On peut ensuite envisager, comme l’avait dit Proudhon, une baisse des salaires car la diminution des prix fera qu’ils pourront être baissés à pouvoir d’achat constant ou avec partage de ladite baisse des prix entre le pouvoir d’achat plus élevé et les diminutions de salaires ou de temps de travail. La baisse des coûts de production résultera aussi d’une meilleure productivité due à l’organisation coopérative du travail et à la motivation issue du respect enfin accordé à chacun comme associé et non commandé.
Certes, tout cela ne se fera pas en un instant. Pour ne pas se fâcher avec les pays capitalistes, il faudra rembourser la dette ; cela se fera par la disparition des déficits sociaux et par la diminution de certaines dépenses publiques : celles de l’armée qui doit être supprimée, celles de la police qui aura moins de boulot car la cohésion sociale sera raffermie, celles de l’éducation nationale d’Etat car l’apprentissage dans les coopératives vaudra qualification (associée à des cours extérieurs) et car l’apprenti en travaillant produira aussi, ce qui paiera une partie de sa formation ce qu’avait dit Proudhon en disant qu’il n’y avait pas d’éducation gratuite et que le travail pouvait en payer une part), celles des excellences représentatives par réforme des niveaux territoriaux [regroupement de communes, région, pays] et par diminution drastique de leur nombre et de leurs avantages (on a 577 « députains » et 343 sénateurs pour 65 millions d’habitants contre 435 et 100 aux USA pour 314 millions, celles des fausses agences, commissions, autorités, hauts conseils (plus de 800 !) dont les membres sont nommés par le pouvoir et truffés de représentants du capital camouflés en experts ; celles du fisc (simplification radicale de la fiscalité par fusion des impôts dans l’IRPP rendu progressif et taxant itou les revenus financiers et du travail), celles de l’administration dont les compétences sont à revoir entièrement, etc. il y aura aussi une grande diminution des frais de santé car le nouveau tissu de coopératives, mutuelles, PME, etc. se spécialisera dans le bio, le naturel, l’interdiction des produits dangereux pour les travailleurs et la santé. On sait que les frais de santé publique augmentent surtout à cause des conséquences de ces matières sur la santé de tous, ce que évidemment les industriels, la Sécu actuelle, les politicards attribuent à la surconsommation médicale. Parallèlement, les importations seront soumises aux mêmes normes de qualité, d’authenticité, de non-dangerosité (même potentielle) que la production française (ce que les Usa pratiquent avec bonheur tout en l’interdisant aux autres pays !). Et tant pis pour l’UE ; la France y mènera la politique de la chaise vide et mettra son veto partout tant que l’Europe ne progressera pas dans cette direction. Obstacles à la « concurrence libre et non faussée », éructera-t-elle. Pour ne pas la fausser, ne faudrait-il pas plutôt que les produits frelatés dangereux, trafiqués soient interdits ?
Parallèlement, la banque du peuple refera des avances au trésor public (comme la réserve fédérale US ou la Banque d’Angleterre) et le pays se dotera d’une monnaie interne (par exemple, le franc gagé sur la production, les stocks, les encours, les infrastructures et biens socialisés). Il faudra que le solde importations/exportations soit positif ; dès que négatif, les importations sont suspendues de façon à maintenir le franc convertible (pour rester dans la zone euro de monnaie unique devenant alors plutôt commune). Cependant, au départ, afin d’échapper à la monnaie unique (euro) impossible à dévaluer, le franc sera émis 30 % moins haut que l’euro (comme l’on fait les Tudesques lors de la réunification teutonne peu après 1991 en décidant qu’un mark de l’Est valait un mark de l’Ouest ; ce sera pareil mais avec 30 % de différence). La banque du peuple utilisera ses avoirs en dépôts pour consentir lesdites avances et placera les emprunts publics dans son réseau. Aujourd’hui, ce sont les banques privées qui ont le monopole des emprunts publics pour lesquels elles touchent de grosses commissions ; par ailleurs elles se les réservent largement pour palper des intérêts supérieurs à ceux des prêts à elles accordées par la BCE. Laquelle a accordé aux banques (justement pour ne pas prêter directement aux Etats, ce qui est interdit par la zone euro) 1 000 milliards d’euros sur 3 ans à 1 % pour qu’elles achètent des emprunts d’Etat !
Que manque-t-il à ce programme ? Une force coalisée d’innovateurs et coordonnateurs ; on pourrait les trouver dans l’association de la fédération des coopératives, des mutuelles, des syndicats, de la confédération paysanne, des altermondialistes qui devraient s’unir au lieu de se distinguer dans leur champ respectif d’action : ils ont tous le même ennemi et peuvent créer rapidement la banque du peuple et la fédération des mutuelles. Il y manque aussi une démocratie réelle à base fédérale, à la fois économique, sociale et politique. Mais c’est un autre problème que j’ai traité dans « Agir ensemble dans un monde partagé ».

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