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« Le siècle progresse, quel joli mot qui rime avec graisse »

Classé dans : politique — 12/22/2016 @ 12:22

écrivit Stendhal. Il avait une grande pré-science des manipulations de l’idée de progrès. Les Lumières avaient tablé sur les progrès incessants de la raison humaine via l’éducation et l’information. C’est raté car la raison pure, chère à Kant, n’existe pas. L’homme, et dans ce mot j’embrasse aussi toutes les femmes, est aussi passions, sentiments, désirs, rationalité limitée, incomplétude. Sa psychologie l’empêche d’être un pur esprit, un entendement illimitables. Et on est bien forcé de constater que la moralité n’a pas progressé. Bien au contraire avec le libéralo-capitalisme qui nous a tous enfermés dans l’individualisme, le matérialisme, l’hédonisme consumériste, la compétition de tous contre tous, le calcul utilitariste et ses « eaux glacées », le productivisme et la croissance sans fin.
Sorel, qui sent le soufre tant chez les libéraux que chez les socialos, avait bien compris que l’idéologie du progrès amenait avec elle la passivité, le refus de s’engager, la négation de tout projet de changement. En effet, si les choses progressent pour ainsi dire automatiquement par suite des innovations techniques, scientifiques, si la production peut croître sans cesse, supprimer la rareté et, au passage, les conflits pour l’appropriation des biens rares, assurer le confort et le bien être, tout cela étant apporté par les mode industriel de production, en général capitaliste mais aussi léniniste (« les soviets plus l’électricité », vive Taylor et le fordisme; on peut assécher la mer d’Aral pour produire du coton), il n’est plus besoin de penser à l’avenir, notamment à celui des générations futures. La taille du gâteau augmentant énormément et sans arrêt grâce à la « croissance » et au « développement » les prolétaires pourront enfin consommer à loisir sans pour autant que les parts de chacun soient révisées pour être plus égales. le progrès est alors un préservatif contre la révolte du peuple et il suffit de conseiller aux prolos d’épargner et d’attendre, non la « révolution sociale », mais la croissance. La croissance pour tous et sa religion pour chacun, voilà le deal libéralo-capitaliste et la stratégie des politicards: il suffit d’attendre et si le progrès fait des dégâts alors des inventions à venir les corrigeront. C’est du reste le raisonnement actuel d’une bonne part de ceux qui refusent de s’inquiéter des problèmes écologiques. Attendez, braves gens, et travaillez, le capital vous le rendra à vous ou à vos descendants; SGDG et on ne sait quand.
On constate aussi que le progrès couvre de sa haute autorité plus ou moins scientifique tous les discours et le pratiques de « modernisation », de « réforme »; tout cela est fort bon car c’est dans le sens du progrès, de la « modernité » même si cela amène en fait des régressions, par exemple pour sauver la Sécu ou les retraites pour la énième fois. Ne soyez pas des dinosaures dans « Jurassik Park » ‘Avenue), soyez dans « le sens de l’histoire ». Tout ira mieux dans le meilleur des mondes possibles; il suffit de patienter sans se révolter. Il faut changer, bouger afin que tout s’améliore sans rien changer au système L-C.
On n’a pas vu de progrès dans les relations sociales et inter-individuelles, ni dans la morale. Soyez des individus libres et responsables plutôt que des personnes engluées dans des solidarités et corsetées par l’altruisme. L’entraide, le troc, l’échange local empêchent de consommer; c’est donc vous les altruistes qui créaient le chômage en vous opposant à la victoire totale de l’individualisme et en vous obstinant à vous attacher à des communautés. Quoique, les communautés soient quand même utiles au libéralo-capitalisme: elles divisent, ce qui lui permet de régner à condition qu’elles n’aient que des objectifs sociétaux et non économiques ou politiques.
En revanche, on subit les conséquences du progrès des armes, des substances toxiques, du changement climatique, des médocs dangereux, des guerres de basse intensité un peu partout, du retour au religieux qui est si utile puisqu’il permet le bonheur dans l’au-delà, ce qui n’est pas vérifiable au contraire des résultats du stalinisme (pour le capitalisme aussi, mais la question en sera pas posée). S’il n’y a plus de « grande guerre » (pour l’instant), c’est seulement à cause de la menace nucléaire et du souvenir des atrocités et des dégâts des deux « der des der ».
Consommez, distrayez-vous, amusez-vous; ce sont les tables de la loi L-C. Pas de frugalité, pas de courage, pas d’effort, pas de vertu, pas d’honneur, donc pas de honte: cela ne favorise pas la modernité du chacun pour soi qui, seule, permet de « jouir sans entraves ». Contentez-vous de la « société du spectacle » et dormez tranquille; le capital et le libéralisme politique mettent en place les conditions du progrès et comme vous êtes trop incultes et bêtes pour le comprendre, laissez faire les gens sérieux: experts, technocrates, savants, politicards qui résoudront tous les problèmes pour vous. la démocratie ne va pas dans le sens de l’histoire car la politique, c’est fini comme on le voit à Bruxelles et dans les « machins » internationaux ». Souriez, vous êtes surveillés de façon que vous ne sortiez pas de la sphère privée, laquelle du reste régresse comme peau de chagrin via l’espionnage généralisé pour cause de « terrorisme ». On comprend l’Electre d’Anouilh: « je ne veux pas devenir grande, tout est trop laid ».

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