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Fripouillon, suite

Classé dans : politique — 02/08/2017 @ 12:42

M. Bayrou vient de nous dire que Fripouillon illustrait comme jamais que la politique, y compris en ce cas d’espèces sonnantes et trébuchantes, était inféodée aux puissances d’argent. Il est vrai que Fripouillon a fait très fort. Peu avant d’être de nouveau député (à Paris) il avait créé 2 F conseil (quelle imagination de notaire de province!) en sachant qu’un député ne pouvait avoir une telle boîte, sauf à ce qu’il le fut avant d’être député. 2 F Conseil rapporte bien (conférences, expertises); notamment 200 000 euros versés par AXA et notamment du conseil auprès de FIMALAC, boîte du sieur Ladreit de Lacharrière qui a embauché sa femme à la Revue des Deux Mondes et qu’il a fait grand croix de la légion d’honneur un an environ après cette embauche. Passe-moi la rhubarbe, je te passerai le séné, c’est un vieux classique des échanges de service même en cas de conflit d’intérêt. Fripouillon est loin d’être le seul pontife du mélange des genres même si sa candidature au poste suprême le place et idéal-type de la chose. Fripouillon est donc aussi le nom de l’institutionnalisation des conflits d’intérêt dans la classe politique francaouie. L’honneur a disparu, la neutralité (pourtant réclamée par le libéralisme) aussi; il ne reste plus qu’à faire de l’argent comme l’a dit l’ex-président Tsarko. Il est vrai que c’est tentant quand les politicards voient les rémunérations pharaoniques des dirigeants de grandes entreprises.
M. Bayrou se réveille assez tard bien qu’il traîne dans la politique depuis 40 ans et qu’il ait été plusieurs fois ministres dans la Ve ripoublique. Car il y a belle lurette que la fusion politique-puissances économiques a été réalisée; c’est en partie ce qui explique la construction européenne comme parangon de « la concurrence libre et non faussée », comme fer de lance du libéralo-capitalisme, comme paradis de la finance sous la houlette de la City de Londres, meilleur élève de l’ordolibéralisme tudesque après la Doryphorie. Il y a longtemps que les « portes tournantes » laissent passer dans les deux sens les affairistes vers la politique et les politiques ou les hauts fonctionnaires vers les affaires tant en France que dans la grosse Kommission de Bruxelles. Des cas récents l’illustre: Barroso (comme des flopées de Kommissaires européens au fil du temps) vient d’aller chez Goldman Sachs, Schröder travaille pour Gazprom, M. Richard est PDG d’Orange, M. Védrine est cadre dirigeant chez l’Oréal. Cette proximité entre les milieux d’affaires et les politiques (aux USA, c’est caricatural car cela est allé jusqu’à institutionnaliser la corruption en la faisant officiellement disparaître puisque les « revolving doors » y sont légales, de même que le financement des candidats aux élections) fait qu’il est naïf de s’étonner que les politiques ses soient mis à faire voter des lois favorables au Kapital (qui, en retrour, les embauche, eux ou leur progéniture ou leurs amis) au détriment du pays, du bien commun et de l’intérêt général. C’est vrai aussi pour les syndicalistes compradores qui se retrouvent soit dans les affaires plus ou moins publiques (M. Léchevin, le bien-nommé, à la commissionde régulation de l’électricité, puis à l’ADEME; Mme Notat ayant créé Vigeo grâce à des fonds apportés par les industriels qu’elle avait si bien servis à la tête de la CFDT), soit dans la fonction publique: M. Chérèque père, CFDT, comme préfet et feu Chérèque fils, CFDT, à l’IGAS; M. Le Paon (CGT) président d’un organisme fantôme pour le développement de la langue française à l’étranger… On voit bien M. Maqueron faire des allers et retrours entre la banque Rotschild (comme Pompidur) et le pouvoir.
Il y a en outre une grosse ficelle, légale car votée par les députains et politiciens en faveur de leur pomme: après quelques années de mandat politique ou de rôle ministériel, un politicard peut devenir avocat sans, naturellement, en avoir les titres et le cursus classiques. Ainsi, M Copé est devenu avocat tout en étant maire de Meaux, député et dirigeant du RPR; Ainsi, l’hipponyme Galouzeau de Villepin est lui aussi devenu avocat; and so on. Toute charité bien ordonnée ne commence-t-elle pas par soi-même?
Il n’y a donc pas lieu de s’étonner de voir que la France est devenue une démocratie bananière; ce qui est bien plus grave que d’être dirigée par « un establishment ». Car, malgré tout, il se peut qu’une élite politique enchâssée dans la société ait quand même le sens de l’Etat, de même qu’un monarque, à la différence d’une assemblée, ait un coeur (Proudhon, car pour lui une assemblée n’a que des intérêts). Une classe professionnalisée de politiciens n’a que des intérêts particuliers: se maintenir au pouvoir et vivre aux crochets de l’Etat ou se placer dans le privé pour l’argent en s’inféodant aux puissants économiques.

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