les armes de la critique

Bienvenue sur mon blog

Feu Beulin

Classé dans : politique — 02/21/2017 @ 11:17

Le riche Beulin, grand manitou de la FNSEA et en même temps patron d’Avril (ex-Profitéol ayant changé de nom pour se refaire une virginité), vient de casser brutalement sa pipe à 1 semaine du salon de l’agriculture. C’est vache, requiescat in pace. cela n’a pas loupé: encore chaud, il est encensé par tous les candidats à la pestilentielle et par Le Foll (est qui s’y fie), son subordonné au ministère de l’agriculture. Avant de l’enterrer en odeur de sainteté, il faudrait quand même examiner son état et son parcours. Notons tout de suite que l’homme en compte guère car il est le pur produit du système libéralo-capitaliste appliqué à l’agriculture et à l’agro-alimentaire. Et il n’était pas le pire, ni le seul à travailler pour ce système.
M. Beulin, était avec son frère et ses cousins un gros céréalier de la Beauce (500 hectares) près d’Orléans; cela ne prédispose pas à prendre la défense des éleveurs de bovins et ovins et des producteurs de lait que la concurrence internationale et parfaitement faussée est en train de tuer. En tant que président de la FNSEA, Beulin, était plutôt du côté des pinardiers, des betteraviers, des céréaliers, des porcheries industrielles et des élevages de poule en batterie. Comme Le Foll, il n’a pas fait grand chose pour défendre les AOP comme le camembert de Normandie et non pas celui étiqueté « fabriqué en Normandie » (sous-entendu avec du lait importé à bas prix, pasteurisé et non fait à la louche) ou le Roquefort (fait avec du lait de brebis corses dans le meilleur des cas du fromage industriel. Il n’a guère lutté contre les pesticides dont la France est la championne de l’utilisation en Europe. Mais il venait de saluer le fait que leur consommation avait diminué légèrement en 2016; ce qui n’est qu’une effet d’optique parce que la comparaison était fondée sur l’année précédente qui avait connu un boom remarquable. Le sieur Beulin a beaucoup milité pour les OGM, les biotechnologies, les traités internationaux.
M. Beulin était le grand chef d’Avril, boîte productrice d’aliments pour animaux (Sanders) de semences, d’huiles (lesieur, Puget), de biocarburants, d’oeufs industriel (avec Matines qui a été dans le collimateur avec sa production infectée de salmonelles; et pour cause les poules aux ailes et au bec rognés, ayant 20 cm2 d’espace vital, bouffant et faisant sous elles en étant entassées comme des sardines, faisaient une cible de choix). 6,1 milliards de chiffre d’affaires et fort désireuse de se fournir en low cost importé.
De façon générale, Beulin avait repris le flambeau de l’agriculture productiviste lancée avec la PAC sous Charlot. La PAC, sous l’effet de la concurrence, de la productivité et des excédents y afférents, du primat du libre-échange, le tout avec la bénédiction des ministres (de droite ou de gauche) a viré au libéralisme extrême. on a supprimé les aides à la production et au stockage pour des aides directes aux producteurs (afin de dire aux autres pays qu’il n’y avait plus de subventions ruinant les agricultures vivrières du Tiers-Monde). Et à qui a-t-on donné majoritairement ces aides? Aux gros agriculteurs industriels, au prince Albert, à la Queen, au prince de Galles; des clous et des roupies de sansonnet pour les éleveurs de montagne, les petits producteurs de lait, les petits agriculteurs car les aides directes étaient fonction de la surface exploitée. Puis on a même supprimé les quotas laitiers au profit de contrats entre la grande distribution ou les boîtes agro-alimentaires (souvent des fausses coopératives), d’un côté et les producteurs de l’autre. Que croyez-vous qu’il arriva, cher M. Le Maire qui a fait installer cette chose ? Eh bien, par suite de la concurrence sur les marchés internationaux, on eut la lutte du pot de fer (les grandes centrales d’achat, les firmes agro-alimentaires comme Lactalis, ex-Besnier pouvant acheter à l’étranger calant leurs prix sur les cours mondiaux) contre le pot de terre: éleveurs, laitiers, porchers, fruits et légumes, etc. Dans cette concurrence déloyale, la Doryphorie, faisant fi des normes européennes, employant des travailleurs détachés (venant des PECOS), et l’Espagne aux coûts de production abaissés en flèche après la crise mondiale ont zigouillé les producteurs français mais sûrement pas la grande distribution, qui grâce à la concurrence peut faire baisser les prix (pour elle, peu pour les consommateurs), ni les firmes de transformation des produits agricoles. C’est dire que la cogestion FNSEA-Pouvoir a vendu le pays aux moins-disant.
la FNSEA est depuis longtemps le vrai ministre de l’agriculture car elle a su organiser un réseau très puissant de complices et d’inféodés: chambre d’agricultures, INRA, coopératives, fonctionnaires, édiles locaux, SAFER (qui veillent à l’attribution à de jeunes agriculteurs des terres vendues ou devenues vacantes, Crédit Agricole qui pousse au surendettement par le crédit puis liquide à son profit les biens de ceux qui ne remboursent pas. Depuis longtemps, la FNSEA agit pour concentrer et agrandir les exploitations afin qu’elles soient plus compétitives. Elle alimente ainsi la course à la baisse des prix au détriment de la qualité et des AOP. Le pouvoir l’aide en permanence: barrages comme celui, tristement célèbre, de Sivens, le paiement des nuisances par les consommateurs d’eau (l’agriculture est le premier utilisateur d’eau et ne paye quasiment rien pour sa dépollution et son utilisation), l’autorisation d’énormes porcheries industrielles, l’emploi outrancier de pesticides (la France est dans le collimateur de Bruxelles pour non respect des normes en la matière, l’acceptation des nitrates et des algues vertes (enlevées par les communes bretonnes aux frais des contribuables), etc. Beulin n’était pas pire que ses prédécesseurs; il les a continué avec d’autres moyens et toujours la complicité des gouvernants. Et la FNSEA a quand même des concurrents quand il s’agit de gaspiller les terres: jamais les pouvoirs politiques ne renoncent à de sirènes plus rentables (pour les finances locales ou les pots de vin): Disneyland, Roybon, Notre dame des Landes, centres commerciaux. L’équivalent de la surface d’un département de terres disparaît tous les dix ans… Beulin est mort amis il sera vite remplacé et le système L-C continuera comme d’habitude. Beulin n’était pas le seul biscuit apéritif à tremper dans le L-C.

Pas de commentaire

Pas encore de commentaire.

Flux RSS des commentaires de cet article.

 

sans violence et sans haine |
Changer Amiens |
Parti de Gauche. Commission... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | "كُن...
| ALLIANCE POUR LA NORMANDIE
| degaulois.justice.fr