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PRAF (plus rien à foutre)

Classé dans : politique — 02/25/2017 @ 10:25

Un éminent « sondagiste » et politologue, Brice Teinturier, vient de sortir un bouquin sur les « prafistes » qui se sont totalement déconnectés des jeux électoraux, notamment après y avoir cru et y avoir participé même pendant longtemps. Il s’agit docn d’expliquer pourquoi tant de gens (entre 28 et 32 % de l’électorat) se sont désengagés de la politique et de la démocrassie représentative. Bien que je n’achète pas lu le livre, j’ai mes idées sur la question. Comme dirait Gaston Lagaffe: whats’s me worry?
Déjà, les élus, soit on beaucoup menti pendant leurs campagnes électorales afin de rassembler le plus possible d’électeurs sur leur nom, soit ont tourné casaque après avoir été élus. Tonton a viré sa cuti en 1983 pour lancer le pays dans le libéralo-capitalisme; cependant il a fait illusion pendant 2 ans en commençant d’appliquer son programme dès 1981. Au moins, comme Blum en 1936, il a essayé. Cela ne pouvait qu’échouer à partir du moment où il voulait rester dans une UE déjà depuis longtemps animée par la seule concurrence libre et non faussée: quand on est dans un jeu, il faut jouer avec ses règles, non celles d’un crypto-socialisme lesquelles étaient incompatibles avec la libre circulation de tout et l’ordo-libéralisme tudesque que les Francaouis avaient adoptées dès 1957. Chiracos a été élu sur la « rupture sociale » avant que son 1er sinistre, Juppé, ne passe à l’offensive contre les régimes spéciaux, les retraites, la Sécu. Là, c’était le plus grand mensonge de super menteur et tricheur. Chiracos avait lancé le référendum sur le TCE, chose contre laquelle les électeurs ont voté non, alors que tous les partis et les journaleux avaient mené campagne pour le oui. Et, après le vote, lesdits journaleux et politiques ont traité le peuple de ramassis de beaufs et de ringards, fermés comme des huîtres à la mondialisation, à l’ouverture aux « différents », racistes et anti-immigrés. Les politicards se présentaient comme l’empire du bien et de la raison dans la « mondialisation heureuse » et rangeaient les électeurs ayant dit non dans l’empire du mal. Et le pire est que Tsarko, une fois élu, a fait adopter une version équivalente du TCE, sans vote populaire, donc en violant délibérément le suffrage universel!
De façon générale, économistes (du courant libéral très majoritaire, dit « mainstream »), politiciens, médiatiques, « nouveaux philosophes », etc. ont tous communié dans le mythe du progrès, dans les bienfaits de la croissance via le développement des échanges internationaux. C’est fort bien à condition d’en constater un jour ou l’autre les réalisations. Or les citoyens observèrent le contraire. C’était cool car grâce à la croissance continue du PIB on pouvait, comme pendant les « 30 Glorieuses »(1945-1975), améliorer le sort matériel du peuple sans changer les règles de répartition desdits bienfaits. Un gâteau plus gros, même partagé comme avant, augmenterait la part de chacun. On vivait donc sous le signe de l’espérance et de la promesse des politiciens et des savants, promesse que les gens ont vu comme plus simple de croire au lieu de lutter (d’autant plus que les forces de résistance syndicale en fait avait été phagocytées par l’idéologie du progrès et achetées par les politicards à grands coups de postes et de subventions et car le crédit rendait les salariés peu offensifs). Pourquoi pas, puisque cela avait marché pendant 30 ans. Cependant les politicards et leurs alliés avaient oublié que les 30 Glorieuses avaient bien fonctionné mais dans un contexte tout à fait différent: souci de l’intérêt général, poids du secteur public, pacte social issu du programme du CNR, contrôle des capitaux, relative fermeture des frontières aux échanges, contrôle des banques; bref, il y avait « un mode de régulation » sociopolitique et des institutions ad hoc (services publics, Sécu, etc.). Or, le nouveau capitalisme initialisé sous Thatcher et Reagan suivant les recettes du « monétarisme » et de la « théorie de l’équilibre général » (TEG: les marchés sont « efficients » si le pouvoir politique et la morale leur foutent la paix), a tout dérégulé, tout ouvert aux flux de marchandises et de capitaux; ce qui a rapidement donné tout le pouvoir à la seule phynance mondialisée. On a alors eu une mise en concurrence généralisée à la planète tout entière entre les pays et leurs modèles sociaux, une course sans fin vers le moins-disant sauf pour les puissants, les riches, la finance. On a eu aussi, à la place des augmentations de salaire en fonction de l’élévation de la productivité, un appel au crédit et aux achats low cost (permis par les importations en provenance de Chine ou autre pays, par les délocalisations, par la sous-traitance) et une justification du commerce international par la baisse des prix, ce qui apportait du pouvoir d’achat. Baisse des prix au demeurant assez limitée parce que les industriels et les distributeurs empochaient en fait la plus grosse part de l’augmentation des marges.
On a eu donc, d’un côté, le discours sur les fabuleux progrès pour tous via la croissance donnée par la mondialisation, de l’autre, la constatation par le peuple du chômage, de la précarité, de la dégradation des services publics, de la pauvreté, de l’absence de promotion sociale, des inégalités exponentielles; bref la mort de l’espérance, de la sécurité et donc l’invalidation de la promesse des politicards. Et le constat est déjà ancien. Il est donc tout à fait normal que le peuple abandonne les fausses promesses des politicards. Mais ceux-ci ont eu pendant longtemps une autre ressource de justification de leur pouvoir. Ils se sont mis à faire du « sociétal » à la place du socio-économique: le baccalauréat à tout le monde, le mariage pour tous, la promotion de la diversité et de l’anti-racisme, les « accommodements raisonnables » avec les entrepreneurs de religion, la « culture » (au sens de Jack Lang, c’est-à-dire l’égalité du RAP et de Beethoven), le relativisme des valeurs (tout se vaut à condition de respecter l’intégrité de chacun), la communauté en tant que diversité culturelle et ouverture aux autres, la tolérance du marché de la drogue dans les « cités » afin de compenser l’absence de travail et compléter les allocations des minima sociaux. Et cela leur a valu, du moins pour les socialistes, l’admiration des « bobos » qui pouvaient exploiter leur femme de ménage tout en louant l’immigration qui la leur fournissait à bas prix. C’était fort bien et ça a eu marché. Las, au passage, les politicards ont cassé un autre domaine des finalités de la politique. Ce fut la mort annoncée et largement réalisée de la « politie »: communauté politique de citoyens rassemblés par des valeurs communes (dont la laïcité et la justice) en vue du bien-vivre ensemble, unifiés par la démocratie réelle, disposant des moyens nécessaires à la « bonne vie » pour tous.
Les politiciens ont doublement tué la démocratie: en abandonnant à l’UE et aux traités internationaux la souveraineté politique d’un peuple sur son territoire; en remplaçant les finalités politiques pour une politie par de la comptabilité, de la gouvernance, du calcul utilitaire à base d’expertise technocratique. Les politiciens ayant ainsi organisé leur impuissance (à quoi bon voter, alors?) à servir l’intérêt général du peuple, n’ont plus eu que trois ressources pour le manipuler: la communication, le « story telling », l’affichage médiatique de leur personne si humaine et compassionnelle, d’un côté, la répression, de l’autre et enfin la libération des moeurs sur la base de l’abbaye de Thélème. Les citoyens, eux, se sont vengés par l’abstention, la démobilisation, le sortons les sortants, le repli sur eux et leur famille, la religion comme repère d’identité, le territoire comme moyen d’enracinement et ce vivre ensemble. C’est pourquoi la politique de la ville, malgré les centaines de milliards injectés depuis 20 ans, à base de destruction des « immeubles collectivistes » (Fiscart déteint), ne pouvait qu’échouer: les « petits blancs », les « souchiens » (coût du foncier aidant) se sont réfugiés dans « la France périphérique » abandonnée au profit des banlieues; les gens des cités ne voulant pas que l’on détruise leur cadre de vie, leur territoire de trafics et, surtout, d’identification et de vie communautaire et solidaire. Comme la politique de la « différence », de la communauté a privilégié les étrangers, les immigrés et leurs descendants, les « souchiens » se sont vus accusés de racisme (ce qui est facilité par les lois mémorielles de repentance: les « blancos », comme a dit Vallse, ont été vus, n’y pouvant mais, comme les dignes continuateurs de la colonisation, des « croisés », des racistes) et ont été pestiférés par les « élites » boboïsées. Les politiciens, essentiellement socialistes » ont non seulement tué la culture et les solidarités traditionnelles mais encore ils ont stigmatisé leurs membres. Et tout cela avec la complicité des médias dominants, ce qui fait que les journaleux sont victimes du même mépris que les politciens.
Par ailleurs, les politicards ont organisé le duopole UMPS en manipulant les circonscriptions électorales, le mode de scrutin, les conditions de candidature (les parrainages à la pestilentielle), les « primaires » qui permettent aux riches et aux oisifs et personnes déjà convaincues de choisir leur candidat avant même les élections en jouant sur l’exclusion du front national qui permet au 2e tour de la course à l’échalote de gagner contre lui. La démocratie a été réduite à une procédure légale mais tronquée. les citoyens ont bien vu que l’alternance ne servait à rien puisque le saccage du pays continuait.
Enfin, les politicards ont été les meilleurs réalisateurs du moi d’abord, les autres ensuite, de la privatisation des ressources publiques au profit de leur personne et de leur enrichissement perso, du « jouir sans entraves », du faites ce que je dis (serrez- vous la ceinture) et pas ce que je fais (vivre aux crochets de la princesse). Les affaires de sexe (Zizi Rider, les amours de Tsarko, l’ithyphallique et phanérogame DSK, etc.) ont prouvé au peuple que les politicards ne s’occupaient que d’eux et pas du bien commun. Les affaires d’argent ont prouvé que les politiciens suivaient pour eux seuls le fameux principe de Guizot: enrichissez-vous, dans le temps même où le peuple s’appauvrissait par suite de leur politique. les citoyens ont bien noté que la honte, la vertu et l’honneur (nécessaires à une République avait dit Montesquieu) avaient disparu des références des politiciens. Il y a donc bien des raisons à être PRAF.

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