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Le maquereau rassemble ses gagneuses

Classé dans : politique — 05/17/2017 @ 10:06

Le nouveau zident Maqueron, adorné du macaron présidentiel sur sa bagnole de service, rassemble dans toutes les directions idéologiques afin d’avoir une majorité législative le 18 juin. Déjà nombre d’opportunistes, de véhicules tout terrain, d’ambitieux, de pétochards qui craignent de ne pas être réélus, bref de gens sans convictions ni principes, rejoignent le char du corso Maqueron. Pour l’empêcher, ce qui serait barrer la route à une catastrophe, il faut que les Francouis se reprennent et votent pour n’importe qui pourvu qu’il n’aille pas dans la basse-cour maqueronesque. Il ne faut pas qu’il dispose d’une majorité d’élus aux législatives car un Maqueron, ça Trump énormément. N’oublions pas qu’il fut éléphanteau du PS.
Car un immense péril nous menace: celui d’avoir un gouvernement à la fois très libéral en économie et très autoritaire. En clair, le libéral-interventionniste et jacobin Maqueron compte bien se servir de la toute-puissance de l’Etat pour imposer en France l’ordre libéralo-capitaliste dans sa variante teutonne, à savoir l’ordolibéralisme qui consiste à mettre en place des règles intangibles (croient-ils?) pour forcer le peuple à se bien conduire, c’est-à-dire à accepter la fin des régulations sociales et des services publics, notamment par mise en concurrence avec le privé et asséchement de leur financement. Pour ce faire, Maqueron utilisera toutes les ressources de la Ve ripoublique: ordonnances, article 16 si le peuple descend dans la rue, article 49-3. C’est pourquoi il s’en remet à l’énarchie qui va truffer son appareil gouvernemental et administratif. Il a même annoncé un « spoil system » francaoui pour nommer ses propres pions et féaux à la tête de la haute administration. Ce qui suppose de remiser les ex au placard (on ne peut les virer pour l’instant), ce qui sera inflationniste puisqu’il faudra continuer de les payer! Et c’est dangereux car les énarques ne sont pas connus pour leur courage. Rappelons la blague du lapereau aveugle qui tombe par hasard sur un serpent qui lui dit: tâte moi et dis moi qui je suis et si c’est juste je ne te mangerai pas. Le lapereau passe une patte sur le serpent et dit: tu es froid, humide, glauque, t’as pas de couilles; t’es un énarque. Mais il lui faut un minimum de majorité, même à configuration variable, car pour faire des ordonnances il doit obtenir une habilitation du parlement et car elles doivent être ratifiées par les deux chambres. Il a donc besoin de rassembler, d’où la formation d’un gouvernement mi figue, mi raisin, mi-chèvre, mi chou. Il en passera donc par toutes les figures obsolètes de l’Union sacrée, des combinazzione de la IVe ripoublique, du gouvernement « au centre » (vieille lune giscardienne et pompidolienne), du patriotisme (de façade), de la sécurité, de la gloire militaire (n’a t-il pas défilé sur un command car en remontant les Champs Elysées?) afin d’obtenir sa majorité parlementaire assise sur l’adhésion d’une majorité d’électeurs. C’est un copié-collé de la 3e voie de Blair qui avait continué le TINA (there is no alternative) de la dame de fer sous une autre forme, du passage de la social-démocratie au libéralo-capitalisme organisé par Schröder en Doryphorie. Le problème est que sa stratégie de débauchage de pointures à la droite et ailleurs contribue à la faire se raidir et à mener une bataille absolue pour les législatives afin d’avoir une majorité de cohabitation. De même, FN, parti de gauche et débris du PS frondeur vont tout faire pour obtenir le maximum de sièges à l’occasion de triangulaires voire de quadrangulaires. Il n’est donc pas sûr du tout que le maquereau ait sa majorité.
Il y a longtemps que les politicards francouis veulent zigouiller le modèle social français issu du programme du CNR en 1945. Mais ils ont toujours redouté la réaction du peuple français qui, au contraire des luthériens tudesques, n’obéit pas gentiment au pouvoir. Peur de la rue et peur de perdre les élections les encouragaient à la prudence. Mais ils ont profité de la construction européenne, à laquelle ils ont eux mêmes poussé en participant à l’émission de ses règles, pour mettre le pays sous contrainte extérieure afin de faire passer des réformes progressives en arguant faussement: c’est pas nous, c’est l’Europe alors qu’ils avaient co-construit cette dernière pour qu’elle soit hyper libérale. C’est en partie ce qui a mené au duopole UMPS, les deux faisant semblant de s’affronter sur une opposition droite/gauche factice afin que les alternances ne dérangent pas les arrangements avec l’UE et leur assurent toujours assez de sièges de VRP de la politique pour faire bonne figure et surtout faire croire qu’on était en démocratie. L’affaire du TCE en 2005 avait pourtant manifesté clairement le contraire.
Le racolage maqueronesque peut réussir car il n’y a que l’épaisseur du papier à cigarette entre le projet de Maqueron et celui de la droite et du centre. IL peut réunir assez de gens de centre gauche (ex-PS), du centre (UDI et Modem), de centre droit (juppéistes et droitiers intelligents comme Lemaire ou Bertrand). Tout se beau monde oligarchique et élitiste pense que la France doit enfin se convertir totalement au libéralo-capitalisme. Il croit que la politique de l’offre, la flexibilité du travail, les cadeaux fiscaux au kapital relanceront l’investissement et apporteront de l’emploi. C’est une schön connerie car le seul résultat sera une concurrence encore plus exacerbée au sein de l’UE, ce qui amènera une déflation généralisée par une course accélérée au moins-disant. Gageons aussi que les profits ne seront pas réinvestis en France mais à l’étranger ou seront versés sous forme de dividendes puisque la taxation des revenus du capital sera ramenée à 30 % par Maqueron. Et dans 5 ans, le pays en sera toujours au même niveau de chômage, si ce n’est pas pis, ou verra proliférer les mini-jobs à temps partiel et sous-payés à la sauce Hartz.
Le calcul maqueronesque repose sur une analyse sociologique plus que déficiente. Car un rassemblement politique au centre suppose qu’il y ait une classe moyenne en position centrale. Or ce n’est plus le cas sous les effets de la technologie moderne et de la concurrence mondiale. Il y a déjà longtemps que les pays dits émergents (mais aussi les ex-pays de l’Europe centrale et orientale, les PECOS) ne se contentent pas de piquer les emplois sous-qualifiés de prolos aux Occidentaux; ils ont des ingénieurs, des informaticiens, des chercheurs, des salariés qualifiés. Ceux-ci prennent évidemment les emplois correspondants qui nourrissaient la classe moyenne des pays capitalistes. La technologie hyper productive et sophistiquée a deux effets sur l’emploi: la réduction en proportion de la population des postes qualifiés et la diminution des emplois en production. Par ailleurs, la doxa libérale faisant la chasse aux services étatiques ou sociaux, on voit fondre peu à peu la petite classe moyenne des fonctionnaires ou assimilés. On assiste donc depuis de nombreuses années à une tripartition sociologique de la population. On a une maigre frange d’hyper riches associés (et vice versa) à une petite masse de bobos, de partisans du nomadisme, de la mondialisation, du libre-échange car elle est gagnante dans l’univers libéralo-capitaliste à cause de sa qualification haute et souvent spécialisée (par exemple dans la com., la pub., les services, l’informatique et les NTIC). On a la masse énorme des précaires, des temps partiels, des CDD et autres intérimaires ou saisonniers, des petits boulots de service, des petits agriculteurs, des personnels non qualifiés ou peu. Soulignons que de plus en plus une bonne partie de ce lumpen prolétariat est bien diplômée et ne peut en avoir qu’un énorme ressentiment qui nourrit les partis extrêmistes. Et on a une classe « moyenne » qui rétrécit comme la peau de chagrin de Balzac (001); elle a peur du déclassement pour elle et surtout pour ses descendants. Elle est elle aussi pleine de ressentiment et soutient de moins en moins les options politiques du centre. On voit donc qu’à plus long terme, et déjà maintenant, le Maqueron n’a pas de majorité sociologique. C’est pourquoi il tient tant aux institutions monarchiques de la Ve ripoublique car elle assure des majorités électorales. Ce qu’il a bien vu, seulement sur le versant électoral, c’est que désormais, vu la composition sociale du pays, il fallait en passer par une majorité législative composite car aucun des grands old partys n’a actuellement la majorité à lui tout seul. C’est le sens de la recomposition du panorama partitaire menée par le Maqueron après avoir pris bonne note de sa récente et officielle décomposition (en réalité, cela fait longtemps mais le système électoral unidimensionnel majoritaire à deux tours l’a longtemps caché).
Le libéralo-capitaliste Maqueron veut installer le pays à fond dans la logique du système libre-échangiste actuel. Pour ce faire il a besoin du soutien de la Mamma de l’Europe, à savoir Mutti la teutonne. Laquelle règne aussi sur l’Europe du Nord luthérienne et sur les PECOS qu’elle utilise au profit du Reich en tant qu’hinterland et lebensraum. lesquels ont envie que rien ne change dans l’UE puisqu’elle leur profite dans le sillage de la Tudesquie. Maqueron est allé se faire adouber par Mutti à Berlin. Comme tous les présidents francaouis dont la devise est visiblement Berlin go et à mort la veuve de Carpentras. Mais Mutti est mutique malgré les salamalecs de circonstance. Car elle ne veut pas froisser les Doryphores avant sa rélection de septembre. Et surtout elle ne veut rien lâcher de ce qui assure la suprématie schleuesque. Elle ne cédera rien à la France tant que celle-ci n’aura pas mené ses « réformes structurelles » d’inspiration libéralo-capitaliste du genre « consensus de Washington ». Elle a déjà dit cela à Maqueron et a ajouté finement avec la grâce d’un hippopotame: le charme, c’est bien, mais il faut des résultats. Et Bruxelles a re-sermonné Paris sur son déficit budgétaire prévu à un peu moins de 3 % pour 2017 (Zizi Rider a dû faire un peu truquer les chiffres et reporter des dépenses sur 2018) et devant remonter à 3,5 en 2018 car la transition maqueronesque va coûter cher. Gageons que les classes moyennes déjà exsangues vont ressortir à poil du quinquennat si Maqueron réussit son pari de rassemblement de toute la droite libéralo-capitaliste! Elles vont déjà payer la disparition de 80 % des assujettis à la taxe d’habitation et les retraités aisés vont sûrement encaisser 2,5 points de CSG supplémentaire car Maqueron n’osera pas appliquer son 1,7 point de CSG à tous les retraités, à commencer par les plus pauvres! On peut s’attendre à une hausse de la TVA demandée par la droite pour compenser la baisse de la taxation des dividendes… Chers cons-citoyens, Oremus…

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