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Le dernier empereur, le Maqueron

Classé dans : politique — 05/23/2017 @ 10:22

La France se rejoue le beau film de Bertolucci, le dernier empereur, avec Brigitte dans le rôle de Tseu Hi, l’amante du chou Emmanuel (faut suivre, c’est la Mandchoue), lequel est le gamin Pu Yi qui finira jardinier dans la Chine rouge. Notre nouveau monarque présidentiel a en effet déjà montré la couleur de son règne: l’autorité de l’empereur. Il nous avait déjà dit qu’il fallait en revenir à la théorie de Kantorowicz sur les 2 corps du roi (le charnel qui meurt et le « mystique » qui est éternel et symbolique). Maqueron trouvait que le pays et les politiciens manquaient de mystique. Et de symboles, comme celui du chef de guerre sur son command car et auprès de ses troupes au Mali (qui mal y pense). Il a besoin des institutions monarchiques de la Ve ripoublique pour installer son pouvoir absolu issu de son élection. Rappelons que celle-ci ne lui donne qu’une légalité limitée et non une légitimité car moins de 40 % des votants ont voté pour lui; ils ont voté contre la Marine à laquelle il faut ajouter 25 % d’abstentions et 11,5 % de votes blancs et nuls plus 8 % de non-inscrits. Sa recomposition politique, fondée sur la décomposition de l’UMPS qu’il avait bien comprise et anticipée, n’est que politicienne. Elle n’est pas sociologique eu égard aux forces vives et réelles du pays. Mais s’il obtient une majorité législative pérenne, ce dont je doute fort, ou une majorité à géométrie variable, ce qui me semble le plus probable, il pourra transformer autoritairement le pacte social de la nation afin d’entrer de plain pied dans le modèle libéralo-capitaliste, ce à quoi l’encourage Bruxelles via la menace de sanctions sur les déficits budgétaires supérieurs à 3% du PIB.
Protéger le corps mystique du roi requiert d’entretenir son mystère, ses secrets, son aura. C’est pourquoi Maqueron 1er sélectionne lui-même les journalistes accrédités à l’approcher, lui et sa cour de ministres. Et le monarque est bisexué: c’est lui et son épouse, l’impératrice qui règnent. Aussi celle-ci aura-t-elle une fonction officielle, un bureau, un secrétaire de haut niveau, de même qu’un ministre, comme si elle avait élue en même temps que son César (tsar en russe…) de Jules. L’empereur jaspine le Je mieux que le moi de l’anaphore de Flanby. Avec lui, ce n’est plus le nous de majesté de louis XIV qui disait: l’Etat, c’est moi. M. 1er dit Je à tout bout de champ (de guerre); moi, c’est l’Etat, c’est que qu’il nous signifie en tant qu’autoritaire et jacobin, napoléonien et gaulliste. Cela fait partie de la très vieille conception de l’exercice du pouvoir descendant sur le bas peuple inculte qui consiste à s’imaginer qu’un seul, fût-il intelligent, peut tout diriger à partir de son bureau avec une ambition proportionnée à la taille et aux dorures de ce dernier. Heureusement, l’impératrice douairière pourra le conseiller en tant qu’égérie de grande expérience et durée. Hermès et Aphrodite, vous dis-je, ce qui donne hermaphrodite…
M. 1er s’appuie aussi le bon vieux diviser pour régner. Il peut se vanter d’avoir fait éclater l’UMPS façon puzzle, d’avoir ruiné le PS de Tonton dont il devient le flingueur posthume, d’avoir ventilé le LR, d’avoir rogné le parti de gauche, d’avoir rabaissé le caquet de la Marine. Il espère donc tirer parti des divisions d’une chambre hétérogène pour avoir des moments de coalition qui lui permettront de faire passer ces ordonnances à la façon d’un édit impérial. mais ce ne sera qu’un Eddie baclé. Il a composé son premier gouvernement itou: l’hétérogénéité lui permettra de planer au dessus des dissensus et d’imposer ce qu’il veut. Car le malhomme, hyper libéral en économie, germanophile et gérontophile adorateur d’Angela, interventionniste en politique au nom de l’Etat fort, entend bien forcer le pays à se plier aux exigences de la concurrence libre et non faussée mondialisée en se servant de la toute-puissance de l’Etat. Pour ce faire, il s’appuiera sur un gouvernement restreint à la manière d’un commando et sur la gestion à dire d’experts que lui apporte ses sinistres et « experts » issus de la « société civile ». Or, on voit aisément que ceux-ci relèvent le plus souvent de l’optique libérale et managériale employée dans les entreprises; car il entend gérer le pays comme une entreprise capitaliste flottant (semper merditur) sur les « eaux glacées du calcul égoïste » illustrant la culture libéralo-capitaliste. On le sent déjà à sa débauche de mots issus du globish anglo-saxon qui émaille ses allocutions familiales. OTAN, en emporte le vent mauvais qui souffle des USA depuis 1945. Las, si l’interventionnisme étatique de l’ère gaullienne avait bien réussi, c’est parce qu’à l’époque les frontières étaient bien plus fermées que maintenant et que le pays n’avait pas abandonné les plus importants leviers de sa souveraineté à Bruxelles. Actuellement, il est dans les choux et ne peut plus s’appuyer sur l’ex-excellence des entreprises publiques, ni sur la planification indicative, ni sur la Banque de France, ni sur une monnaie souveraine. M. 1er, dépourvue des moyens d’action du gaullisme, moyens déjà sabordés sous Tonton dès 1983, ne pourra faire que de l’ordolibéralisme (régner par des lois économiques d’obédience libéralo-capitaliste) et de la fiscalité permettant d’inciter à une politique de l’offre. Ce qui signifie cadeaux aux entreprises et au kapital, exonération des plus pauvres afin de leur maintenir les narines juste au-dessus de la fosse à purin et du H2S des nitrates et taxation aggravée des classes moyennes supérieures. Comme je l’ai dit dans un texte précédent, c’est perdu d’avance car cette politique ne pourra qu’exacerber la concurrence des autres pays de l’UE. M. Maqueron va se concerter avec les syndicats. C’est du flan car il faudrait négocier. Et lesdits syndicats vont faire l’objet de rencontres bilatérales afin de diviser pour régner et surtout permettre au grand chef de décider tout seul ce qu’il avait prévu de faire. Comme les Napoléon et les Louis. Et en quoi il maintient la conception française et régalienne du faux dialogue social: je fais semblant d’écouter et je décide comme un grand. tel Don Quichotte, il voit les syndicats comme des moulins à vent qu’il va renverser avec sa Rossinante et sa Dulcinée du toboggan médiatique.
Dans 5 ans M. 1er n’aura pas vaincu le chômage sauf à multiplier à l’infini les mini-jobs à temps partiel qui ne donnent que 5 % de chômeurs à la Doryphorie. mais alors, ce sera la pauvreté qui aura drastiquement grimpé. En 2022 la Marine tirera alors les marrons du feu et le Maqueron risquera de finir comme Pu Yi voire d’être raccourci comme Louis XVI par une révolution. En revanche, Tseu hi sera grâciée comme le maréchal Putain à cause de son âge.

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