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La prochaine loi de moralisation-transparence de la vie politique

Classé dans : politique — 06/05/2017 @ 10:46

M. Bayrou, vieux cheval de retour de la politique, a soutenu Maqueron à condition d’obtenir une « moralisation de la politique », moralisation nécessaire et encore mise en lumière par les tripatouillages « légaux » de Ferrand. D’après la conférence de presse du garde des Sceaux, il semblerait que les lois en préparation ne vont pas casser 3 pattes à un canard enchaîné. Il y aurait limitation des mandats à 2 dans le temps (le cumul territorial étant déjà interdit sous Zizi Rider) sauf pour les petites communes où les volontaires deviennent rares tant il y a de normes, de responsabilités et de moins en moins de fric des dotations de l’Etat.
La réserve parlementaire des députains et sénateurs (170 millions d’euros par an), vieille cagnotte qui permet d’arroser ses copains et sa circonscription, serait supprimée. On ne pourrait plus embaucher ses parents. Mais quid des participations croisées, si j’ose dire. Il suffira de faire des échanges de cons joints avec un autre parlementaire… Quid des maîtresses, des amants, des relations, des réseaux d’amis? Il serait interdit d’être parlementaire tout en exerçant la fonction de conseil ou d’avocat d’affaires. On attend la liste complète des interdictions professionnelles. Acheter sa permanence avec l’argent de l’indemnité de représentation serait interdit. Il serait question de réglementer le financement privé des partis, ce qui a conduit à une inflation de micro-partis personnels, au profit d’un développement du financement public. La durée d’inégibilité en cas de condamnation serait portée à 10 ans. Dans l’ensemble de ce que l’on peut savoir dévoilé aujourd’hui, on peut penser que la prétendue moralisation va reposer essentiellement sur des rustines ou des emplâtres sur une jambe de bois ou des cataplasmes sur le poitrine d’un ectoplasme des poumons.
On ne voit pas dans le projet de suppression du monopole du ministère des finances pour les poursuites de fraudeurs du fisc. On ne voit pas réglementer pour l’instant les relations avec les lobbyistes. On ne voit rien qui permettrait enfin d’obliger les représentants à s’occuper de l’intérêt général dans la production des lois et autres textes juridiques. Or M. Ferrand nous a déjà dit, comme n’importe quel Fripouillon, qu’il n’avait commis que des choses légales. Ce à quoi aucun journaleux n’a répondu: qui fait la loi? Eh bien, les députains qui sont donc habilités à voter des textes encourageant l’immoralité mais évidemment légaux. On n’est jamais si bien servi que par soi-même disait Onan. Surtout avec 577 députains et 348 sénateurs pour 65 millions d’habitants (voir USA: 100 sénateurs et 435 représentants pour 310 millions); comme cela, les turpitudes individuelles sont camouflées dans la solidarité de la masse. On ne nous a pas parlé d’une obligation de publication de la liste des soutiens et contributeurs aux campagnes électorales. Il est vrai que Maqueron répugne à faire de la publicité pour les siens, que seul Dieu reconnaîtra comme autrefois à Béziers et Carcassonne.
Faut-il rappeler que d’après le libéralisme, doctrine qui est le fonds de commerce des actuels politiciens majoritaires, la politique et le droit doivent être neutres et a-moraux vis-à-vis des différentes conceptions du monde, religions et idéologies? Mettre de la morale dans la politique, alors que la loi est défaillante et que c’est contraire aux principes libéraux, c’est sans doute vouloir détourner l’attention des vrais problèmes de la démocrassie représentative actuelle. Celle-ci, qui n’est qu’un masque apposé sur la réalité, n’existe plus depuis longtemps. Mais l’entretien de sa fiction est fort utile puisqu’il permet d’exciper faussement de la légitimité des représentants alors qu’ils ne sont que légaux et avec une légalité autoproclamée qu’ils ont eux-mêmes déterminée. Or, ce sont ces représentants à la légalité formelle, qui « donnent et cassent la loi » en monopolisant la souveraineté du peuple au profit des intérêts particuliers des puissants. Une démocrassie putative et putassière permet de s’emparer de la toute-puissance de l’Etat, qui est le bras armé de la souveraineté, pour la tourner contre le bien commun. C’est- ce que les libéralo-capitalistes, de droite ou de « gôche » font depuis plus de 30 ans. C’est ce qui sera aggravé si Maqueron obtient une majorité de députains car la Constitution de la Ve ripoublique permettra de les transformer immédiatement en godillots serviles. On aura donc avec Maqueron 1er la confirmation du césarisme sous couvert de démocratie et il en résultera une accélération de la mise au pas (de vis) de la France dans le concert néolibéral mondial. Cet attelage César, marioles d’En Marche, Brigitte (hommage à la trilogie d’Alphonse Baudet) nous mettra Fanny au bout des 5 ans du bail élyséen de Maqueron. Aujourd’hui, Le Parisien révèle la couleur des projets concernant « la fluidité de l’emploi », la destruction de notre droit du travail. La philosophie en est simple: permettre au patron de dire quoniam nominor leo; tout est permis car il n’y a plus de code du travail harmonisé et national. Naturellement, cette fluidification ne permettra pas de créer des emplois, sauf sous forme de mini-jobs à temps partiel dans les sévices comme en Teutonie. Si la France ne crée pas d’emplois en nombre (qui plus est en nombre suffisant compte tenu de sa démographie), c’est pour les raisons suivantes: spécialisation dans le milieu de gamme, celui où la compétitivité-coût compte le plus eu égard à la concurrence des pays low cost; incapacité des énarques et autres politicards qui préfèrent pantoufler dans la phynance, donc non-volonté politique, d’avoir une politique industrielle adaptée (ce qui requiert coopération et coordination entre le numérique, la R-D, les compétences, le financement, les territoires pour disposer de « clusters », de « hubs » technologiques, commerciaux et innovateurs créant de synergies et des externalités partagées au sein d’un réseau…), manque d’entreprises de taille intermédiaire (grosses PME) faute de financement car notre pognon s’investit à l’étranger ou se transforme en dividendes improductifs, concurrence déloyale des autres pays, notamment via les travailleurs détachés, consommation ostentatoire et individualiste par les riches de produits à forte image comme les grosses bagnoles tudesques… D’où un déficit de la balance des paiements courants (dans les 50 à 60 milliards par an), ce qui contribue aux dettes privées et publiques. Or pour l’instant, Maqueron n’a de solutions que pour la compétitivité-coût, ce qui aggravera la compétition vers le moins-disant entre pays et annulera nos progrès momentanés et ainsi de suite. Comme les copains, Maqueron augmentera les impôts sur la classe moyenne qui sera la seule à payer les dépenses collectives et sociales: les pauvres seront exonérés comme les très riches; les pauvres car ils n’ont pas les moyens de payer et risquent de se révolter, les riches car ils peuvent partir et c’est pourquoi du reste le pouvoir diminue leurs impôts en univers de concurrence fiscale mondialisée. Les classes moyennes, qui plus est laminées par les technologies modernes, ont largement voté Maqueron, elles seront cocufiées mais elles s’en apercevront trop tard.

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