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Mort annoncée de l’agriculture francaouie sauf si…

Classé dans : politique — 07/01/2017 @ 11:13

Il y a plus de 60 ans la France s’est lancée dans l’agriculture productiviste avec force pesticides, engrais, machines, extension des surfaces (avec suppression des haies et des bocages), industrialisation des élevages, standardisation des variétés de plantes et des produits agro-alimentaires. Il est vrai qu’on se relevait à peine de la guerre de 39/45 pour laquelle les Doryphores n’ont pas payé un rond. Il est vrai aussi que le général, dit Charlot, espérait se refaire la cerise avec l’agriculture alors que la Chleuie dominait déjà l’industrie; d’où la fameuse PAC devant assurer la sécurité alimentaire de l’Europe encore largement dévastée.
On s’est donc mis à « rationaliser », normaliser, accroître les surfaces d’un seul tenant et la dimension des exploitations, à mécaniser, etc. Tant pis si la population agricole devait diminuer drastiquement: elle trouverait à s’employer dans les usines. Il est vrai cependant que l’agriculture de l’époque était encore fort artisanale. Une solution, donnée par Proudhon, aurait pu être de mutualiser et, si j’ose dire, coopératiser les moyens. Las, l’industrialisation de notre agriculture intéressait bien trop d’acteurs. Déjà, les gouvernements soucieux d’exporter afin d’équilibrer la balance commerciale. On a la catho paysanne soucieuse de modernité, la FNSEA au service des grands exploitations, les chambres d’agriculture noyautées (comme ensuite les SAFER) par la FNSEA, le Crédit Agricole se dorant la pilule en prêtant pour moderniser (et en cas de non-remboursement mettant la propriété faillie à l’encan), les vendeurs (souvent amerloques) de matériel agricole largement surdimensionné (d’où les faillites auxquelles poussaient le CA), les vendeurs de produits chimiques et d’engrais, les industriels voyant d’un très bon oeil la baisse des prix, ce qui permettait de limiter les hausses de salaire, les semenciers (comme Sofiprotéol, devenue Avril, de feu Belin), les transformateurs en produits agro-alimentaires (Danone, Besnier devenu Lactalis), puis les grandes surfaces jouant au moins-disant et à l’uniformisation et, naturellement, l’INRA qui a poussé aux nouvelles variétés industrialisables et commercialisables. On doit reconnaître qu’à une époque où la bouffe était plus importante que l’écologie, « ça a eu marché ». Il fallait déjà être moderne et aller dans le sens du progrès, idéologie devenue dominante au nom de la science et de la croissance.
Cela a marché tant que l’espace concurrentiel se limitait aux pays ayant à l’origine signé le traité de Rome de 1957 (Benelux, France, Italie, Allemagne de l’Ouest) qui disposaient encore d’un tarif douanier commun et assez élevé avec préférence communautaire. Las, l’entrée des Gibbies en 1973 (avec l’Irlande) allait pousser au libre-échange généralisé, ce que, du reste, réclamait aussi l’ordo-libéralisme tudesque. Et les socialos francaouis, avec le « tournant de la rigueur » en 1983 se mirent eux aussi à pousser au libre-échange sans limites et sans frontières. Ce fut acté, comme on dit en franglais, avec l’acte unique de 1986 qui ouvrit à la libre circulation de tout dans le monde entier, à commencer par la finance chère au curé Delors (en barre), ex-banquier. La préférence communautaire a été jetée aux orties car l’importation au niveau mondial pouvait faire baisser les prix suivant la bonne vieille théorie de Ricardo de l’avantage comparatif et de la spécialisation dans le libre-échange.
Il aurait pourtant dû être clair que la France, pays de petites propriétés (eu égard à la taille des exploitation US ou des haciendas sud-américaines, etc.) ne pourrait jamais longtemps soutenir une concurrence par les prix et les quantités en regard des pays low cost, des très grandes surfaces (Brésil, Argentine, USA), des exploitations industrielles (animaux en batterie dans des fermes-usines bourrées d’hormones et d’antibiotiques où les bêtes sont maltraitées, où les vaches Primholstein pissent du lait sans qualité, etc.), des pays sans souci environnemental et sans principe de précaution). Mais, en toute connaissance de cause, l’UE et la France ont choisi de privilégier les intérêts industriels, à commencer par ceux des transformateurs (dont d’énormes et fausses coopératives comme Yoplait) et des hypermarchés.
L’ouverture en très grand des frontières de l’Union Européenne a transporté la concurrence échevelée au sein même de l’UE. Déjà, l’UE a vu arriver l’Espagne, le Portugal, la Grèce; vive les tomates et les fraises et fruits sans goût et le pinard low cost. Puis l’Allemagne a été réunifiée en 1991 (elle l’a fait payer aux autres pays en élevant ses taux d’intérêt afin d’emprunter, ce qui a fait que cet abruti déjà néolibéral de Tonton, a augmenté ceux de la France, d’où une récession, afin de maintenir le franc au niveau du mark; la fameuse politique du Francfort). On a eu alors la concurrence des sovkhoses ou « Kohl-khoses » immenses de l’ex-RDA.
Puis l’Allemagne réunifiée s’est mise à reconstituer son « hinterland » et son « lebens raum » en poussant l’UE à s’étendre sans cesse à l’Est (les PECO, pays de l’Europe continentale et orientale). Pays low cost aux vastes terres et grands pourvoyeurs de « travailleurs détachés » payés avec une fronde, logés dans des baraquements et payant cher leur nourriture à leurs employeurs pour les fermes, les abattoirs et les usines à lait ou à cochons de la Bochie. On a eu droit à une surproduction généralisée et à une concurrence exacerbée pour les prix. D’où la politique éphémère des quotas de production avant de passer aux aides directes aux producteurs. Puis l’extension de la concurrence au monde entier pour se fournir en aliments animaux (maïs, soja OGM) et en viande (poulets du Brésil, moutons de Nouvelle-Zélande et d’Australie, boeuf d’Argentine. D’où, par exemple la crise du lait en France, les transformateurs se fournissant sur le marché mondial et les grandes surfaces faisant la loi des bas coûts et des coups bas vis-à-vis des producteurs français. Résultat peu surprenant: l’agriculture teutonne a dépassé largement la francouie. Cela a été favorisé par la politique non coopérative (désinflation compétitive des coûts salariaux) de la Vert-de-Grisie avec les lois Hartz de 2004. Notons aussi que les agriculteurs français sont handicapés par des normes exigeantes (plus qu’ailleurs) et foisonnantes au nom d’un principe technocratique de précaution utilisé dans précautions européennes (les normes de l’UE, sous pression des pays low cost aidés par l’Allemagne et ses amis luthériens de l’Europe du Nord et par l’Espagne sont soit inférieures soit non appliquées). Notons aussi que les gouvernements français ont laissé les grandes surfaces et les gros transformateurs faire la loi; par exemple, ce sont le semenciers qui ont dicté la liste des semences autorisées à la commercialisation et les chimistes qui ont fourni la liste des pesticides autorisés (d’où l’interdiction commerciale du purin d’ortie et autres produits naturels). Le pouvoir francoui a aussi tout fait, par exemple, pour favoriser les produits laitiers pasteurisés à goût passe-partout, donc exportables et surtout copiables. Il les a même laissé utiliser des appellations contrôlées trafiquées (camembert fabriqué en Normandie, etc.) afin de pouvoir vendre leurs saloperies sous couvert de qualité ancestrale (cas célèbre du Camembert ou du Roquefort et de toute la production de Lactalis qui rachète des marques anciennes pour leur substituer ses plâtres).
Dit au passage; la pêche française a été abandonnée au profit des chalutiers ibères ou norvégiens (pourtant la Norvège n’est pas dans l’UE) ou japonais ou chinois avec filets dérivants de 5 km, de même que la forêt, pourtant la plus grande d’Europe (après la Suède et la Finlande) n’a reçu aucune politique pour la filière bois; on préfère sans doute les meubles IKEA ou chinois (qui importent le bois français).
Que faire? D’abord se rappeler les caractères extraordinaires du territoire français et des DOM-TOM. Notre pays est extraordinairement varié dans ses climats, ses paysages, ses terroirs, ses forêts, ses productions agricoles de grande qualité (fromages, vins, confiseries, pâtes de fruit, bêtes, légumes, plats régionaux, etc.); et il faut y rajouter les terres d’Outre-Mer qui nous donnent le 2e espace maritime mondial. Tout cela a été balancé pour faire de la quantité, du standard du low cost au profit du capital et des trusts en se lançant dans un course perdante à long terme au moins-disant tout en ouvrant notre consommation aux productions étrangères pourvues de circonstances de production à bas prix infiniment supérieures aux nôtres et en sabotant l’environnement, les terres et les sites. Il nous faut donc, afin de ne pas continuer de s’enfoncer, revenir à une agriculture de qualité et écologique. Comment? Voilà quelques idées.
* mettre une taxe-carbone kilométrique sur les transports de produits; par exemple: moins de 100 km, 0%, de 100 à 500, 2 %, de 500 à 1 000, 4 %, de 1 000 à 2 000, 8 %, supérieur à 2 000 km, 15 %. Cela encouragera les productions locales et la proximité du consommateur, poussera à consommer des produits de saison et financera en partie la transition écologique.
* interdire l’exportation de bois, créer des coopératives de transformation du bois et de production de meubles et de matériaux pour des maisons en bois; donc créer et organiser une filière bois en France en la faisant financer par la banque du peuple dont j’ai déjà maintes fois parlé; de même créer une filière pêche durable avec conserveries coopératives et locales; interdire la distribution dans les boîtes aux lettres privées des publicités papier afin d’économiser le bois; se servir de la biomasse (dont les algues) pour produire de l’énergie renouvelable et produire des matières plastiques hors pétrole. De ce fait, taxer toutes les bouteilles et emballages en plastique issus du pétrole, puis les interdire quand la filière française de plastique-bio sera à la hauteur des besoins. Réintroduire le verre consigné et l’exiger pour les produits importés car le plastique finit par corrompre le produit contenu.
* Interdire les chalutiers-usines dans les eaux territoriales françaises, taxer toute la pêche étrangère en provenant, arraisonner et détruire tous les bateaux en maraude dans nos eaux territoriales (enfin une utilité pour la marine française au lieu d’aller guerroyer ici ou là); ou, sur demande, par exemple du Sénégal, de la Mauritanie, de la Somalie, etc. dans les mers de ces pays; interdire la nourriture des animaux avec des farines animales et surtout de poisson; créer des coopératives de conserverie, via la banque du peuple.
* imposer des normes de qualité nutritive, gustative, hygiénique et de production bio sur le territoire, via un système de signalement par différentes couleurs (ce qui est aujourd’hui encore contré par les industriels et la grande distribution en outre hostiles à la traçabilité); imposer la mise en évidence des lieux de production y compris pour les ingrédients. On interdit, notamment, l’huile de palme, le soja ou le maïs OGM, les poulets lavés au chlore, les viandes aux hormones et aux antibiotiques, les carcasses nettoyées à l’acide lactique (ce qui nous arriverait si on signait des traités internationaux avec l’Amérique du Nord). Mener un combat anti normes UE, notamment en ce qui concerne les perturbateurs endocriniens, en imposant les normes françaises. En effet, les normalisateurs européens (diesel, chimie, pharmacie, agriculture) se sont mis au service de l’Allemagne et de ses alliés (Europe du Nord et PECO) afin de défendre leurs productions (voir union de Bayer et Monsanto, BASF, bagnoles, production agricole). Rappelons que si l’Allemagne dirige l’UE, c’est parce que les autres pays, surtout la France, lui ont grand ouvert la route.
* interdire les productions gourmandes en eau ou les taxer fortement (par exemple maïs); reproduire des fourrages pour l’alimentation animale (par exemple le trèfle ou la luzerne ou le sainfouin ou la betterave fourragère, etc;) qui, du reste, restaurent aussi les sols par assolement et qui enlèvent les nitrates des sols; développer des espaces combinant plusieurs productions se complétant, développer le désherbage par des animaux, la permaculture, la production bio sans pesticides ni engrais chimiques. On en profitera pour interdire les nitrates qui nous donnent en sus les algues vertes en Bretagne.
* Enlever aux fausses coopératives commerciales (du genre de celle qui a couvert les importations par Spanghero de viande de cheval frelatée), qui ne respectent aucunement le statut de la coopération, le beau nom de coopérative ou de mutuelle dont les principes ont été violées sans scrupule. Revoir donc la liste des coopératives en étudiant non seulement leur statut officiel mais encore leurs pratiques réelles.
* vérifier que les plats régionaux vendus en boîte ou en surgelés respectent bien les recettes d’origine, par exemple celle du cassoulet; sévir en cas d’infraction.
*créer des magasins-entrepôts de proximité sous forme de coopératives de consommation associée à des producteurs locaux (genre AMAP) pour distribuer nos produits agricoles (via la banque du peuple qui devrait absorber le Crédit Agricole et la Banque Postale et toutes les banques coopératives restaurées dans leur vrai statut).
* mettre un représentant de l’Etat dans les négociations entre les centrales d’achat de la grande distribution et leurs fournisseurs, imposer un cahier des charges des négociations afin de rééquilibrer les rapports de force entre contractants.
* interdire l’importation de tout produit étranger présenté sous une appellation française afin de défendre nos AOP en toute production: jambon de Bayonne, Rosette ou quenelle de Lyon ou saucisson et jambon de Lacaune, fromages, vins, lentilles du Puy, rattes de Noirmoutier, lingots de Vendée, etc. interdire aux transformateurs francouis de détourner les AOP
* sortir les dépenses de publicité des comptes d’exploitation (elles y sont des charges déductibles du bénéfice) pour les faire prendre sur le bénéfice après impôt sur les sociétés.
* soumettre tout investissement conduisant à un bétonnage de terres à une étude comparative sérieuse portant sur les dimensions écologiques et sociales afin d’éviter du Roybon ou de l’Europa City ou des lignes TGV inutiles ou du Notre-Dame des Landes; arrêter les parkings, les ronds-points, les barrages Sivens… Donc, mettre un coup d’arrêt à la construction ou à l’extension de grandes surfaces avec leurs parkings et leur destruction d’emploi dans le petit commerce.
* arrêter les normes pondues pour favoriser les semenciers, les producteurs de pesticides, les variétés standardisés pour le commerce en grand (par exemple, tomates supportant les transports et aptes à durer au détriment du goût
* interdire les usines à bêtes de plus de 500 têtes; fixer des normes de vie pour les animaux et leur abattage, y compris respect de l’étourdissement avant abattage y compris rituel.
* donner une revenu supplémentaire aux paysans qui entretiennent la nature et les paysages, produisent bio, font des AOP au lieu de faire dépendre les aides de la surface exploitée; on peut financer en partie via un contrôle très actif des produits importés et des très fortes amendes pour ceux qui trichent sur les normes et les origines.
* interdire toute exploitation de gaz, de pétrole, de minerais sur les terres agricoles ou les sites naturels ou architecturaux ou d’intérêt local ou national (voir l’usine engagée à côté de haras prestigieux!); pas de mine en Ariège, en Bretagne, en Guyane, pas de boues rouges dans la Méditerranée! Développer la réparation, le recyclage pour réutiliser métaux et autres ressources minérales.
* aller vers les énergies renouvelables, dont celles issues de l’agriculture mais sans se laisser aller aux parcs d’éoliennes dénaturant des sites, des zones de pêche, des hameaux. Privilégier alors les pannneaux solaires sur les toits des bâtiments agricoles.
* tout cela suppose une restauration complète de la douane, tout en la munissant de labos de contrôle des produits importés et de droit de confiscation destruction ou taxation. On vous dira que cela fera tomber les rendements et augmenter les prix. Rappelons que ceux-ci ne baissent qu’a cause de la surproduction qui tue la planète et que ladite baisse profite surtout aux transformateurs et aux grandes surfaces. La proximité fera baisser les prix mais via les coûts de transport. En outre, les produits étant de meilleure qualité, bien plus nutritifs, on en gaspillera moins et on en mangera moins. Enfin, rappelons qu’une large partie de la production est soit jetée, soit donnée pour les pauvres, notamment à l’étranger. Ce système encourage donc le libéralo-capitalisme en lui donnant l’occasion de couvrir ses profits indus par une fausse charité. Au passage, cela tue les productions vivrières des pays pauvres.
N’est-ce pas , M. Maqueron bien que tout cela ne soit que quelques idées anticapitalistes et écologiques?

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