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Simone Veil et Helmut Kohl

Classé dans : politique — 07/04/2017 @ 10:04

Deux grandes figures européennes, dixit la presse avec les politicards, viennent de disparaître sous les éloges mortuaires de tous. Permettez moi de réserver les louanges françaises à Simone Veil et de réserver celles pour Kohl à l’Allemagne dont il a effectivement fort bien servi les intérêts. Cela me permettra de préciser les choses car mes lecteurs ont pu penser que je détestais les Allemands. Or ce n’est pas le cas: ce que je n’aime absolument pas ce sont les gouvernants tudesques. Certes, ils n’ont fait que défendre les intérêts allemands mais aussi ceux des trusts et de la finance teutons. Ce faisant, ils ont surtout poursuivi une politique de restauration de la puissance germaine alors que la construction européenne supposait une coopération entre pays afin d’éliminer enfin les sources de tension et de conflit entre les peuples; ils ont donc mené aux 20 et 21è siècles une politique fort classique de puissance dans le concert européen.
Cela n’est que la conséquence d’un « pragmatisme » à toute épreuve, à savoir que les dirigeants tudesques ont très habilement adapté en permanence leur politique à leur situation et aux circonstances du moment. Ils ont su saisir à tout moment les occasions opportunes de pousser leurs pions en fonction de leurs intérêts. Il n’y a donc aucune préméditation de dominer l’UE. Ils se sont emparés des « opportunités » (cela dit en franglais) que leur offraient avec bêtise et abandon de la souveraineté nationale les autres dirigeants européens, à commencer par les socialistes francaouis qui ont systématiquement joué contre leur peuple au profit de la finance.
En 1957 (traité de Rome), les Tudesques avaient un profil très bas compte tenu de la nécessité pour eux de se refaire une virginité dans le concert international. Mais ils ont été puissamment aidé par les Amerloques qui leur donnaient le rôle de glacis contre l’URSS. Ce qui a fait de l’Allemagne une très grande puissance industrielle et économique, au grand dam, du reste, des USA qui avaient fait renaître un redoutable concurrent (comme aussi le Japon). En 1986 (acte unique du curé Delors en Barre), ils étaient déjà la grande puissance économique de l’UE et, en outre, leur ordolibéralisme avait reçu le renfort du libre-échangisme britannique (G-B admise dans l’UE en 1973). Le marché unique avec libre circulation de tout proposé par Delors, marché facilement étendu par les libéraux au monde entier, reçut évidemment l’enthousiasme teuton et britannique; et la grosse Kommission de Bruxelles, assistée par la Cour de Justice des Communautés Européennes (CJCE devenue la CJUE), en a profité, à coups de directives et de jugements, pour liquider patiemment le secteur public français et les coopérations interUE. Les Teutons avaient facilement obtenu que la libre circulation des capitaux s’étende au monde entier et pas seulement à l’UE; ils avaient derrière la tête l’idée que la France, à a recherche de capitaux bon marché pour se financer (notamment ses centrales nucléaires), se mettrait d’elle-même sous la coupe des marchés financiers mondiaux, ce qui la forcerait à la discipline budgétaire. Evidemment, Delors et Tonton le savaient mais ils l’ont accepté (et en fait voulu tout en se dédouanant de la responsabilité de la décision) afin de contraindre le peuple français à accepter le modèle libéralo-capitaliste au nom « de la contrainte extérieure ». La France s’était donc déjà mise à la remorque de l’ordolibéralisme tudesque.
Puis vint la décrépitude de l’URSS et l’éclatement du bloc soviétique. Alors, c’est là que Kohl (qui fut rattrapé par des tripatouillages afin de financer la CDU chose qui a facilité sa mise au rencart par die Grosse Angela) fut efficace: il obtint la réunification de l’Allemagne en 1991, vieil objectif germain, contre la future création d’une monnaie unique, seule exigence de Tonton (qui aurait pu mettre le veto de la France sauf si paiement de 300 milliards de marks en dédommagement des destructions de guerre de 39/45). Et Kohl fit largement financer la réunification par le reste de l’Europe avec une stratégie toute simple, offerte par la libre circulation des capitaux: augmenter les taux d’intérêts des emprunts allemands afin d’attirer des capitaux. Et Tonton et le gouvernement francoui suivirent: pour conserver les capitaux français et ne pas perdre de terrain par rapport au mark, ils augmentèrent eux aussi les taux d’intérêt, ce qui créa une récession en France!
Puis les dirigeants allemands acceptèrent la monnaie unique (mise en place en 2001 pour l’industrie, et en 2002 pour tout le monde). Mais comme l’Allemagne était surpuissante économiquement et que les Francouis étaient prêts à tout pour forcer le peuple au néolibéralisme, ce fut aux conditions teutonnes, à savoir un modèle conforme à celui de la Bundesbank! Modèle qui ne laissait plus aux pouvoirs étatiques que la variable salariale pour avoir des gains de compétitivité. En effet, l’euro interdit aux pays membres de sa zone toute politique monétaire et de change autonome et forcera ensuite, avec la crise survenue en 2008, à la discipline budgétaire. Rappelons cependant que la discipline budgétaire (déficit de moins de 3 % du PIB, dette publique inférieure à 60) était déjà là avec le Traité de Maastricht, mais tout le monde s’en est fichu (surtout l’Allemagne et la France). Schröder eut alors une diée géniale: la désinflation compétitive par les coûts salariaux et sociaux (lois Hartz de 2003/4). la chose fut complétée par « une TVA sociale » de 3 points décidée par Merkel. Ce fut une politique de « passager clandestin, de « cavalier seul » menée contre le reste de l’Europe et contre le peuple allemand au profit du kapital. Cette saisie d’opportunité conduisait les autres pays à l’imitation, ce qui enclencha une course au moins-disant, la mise en concurrence des pays et, naturellement, un regain des nationalismes. Dès lors l’UE devint une cohue de pays en compétition.
Or, cela résultait aussi de l’extension indéfinie de l’UE aux anciens pays de l’Est sous domination soviétique. Les dirigeants doryphores comprirent très vite que la situation était opportune: on pouvait reconstituer un hinterland et un lebensraum économique pour l’Allemagne en profitant de l’arrivée en nombre et en concurrence de maints pays à très bas niveau de vie: délocalisations, sous-traitance, travailleurs détachés pour des queues de cerise (mais payés en euros forts, ce qui, compte tenu du taux de change avec des PECO hors zone euro, donnait aux travailleurs exilés un pouvoir d’achat en monnaie locale très supérieur à celui de ceux qui étaient restés au pays). Naturellement, les autres pays, pétris d’humanisme, ne pouvaient refuser d’accepter la venue des PECO dans l’UE. Bon usage tudesque de l’occasion en fonction de la sensiblerie des autres pays. C’est là qu’on retrouve notre sainte Mère Veil, si bonne, si pacifique et si étrangère à la politique de puissance et aux rapports de force. Simone s’embarqua et fut le symbole d’une Europe humaniste et sociale alors que celle-ci s’enfonçait dans la concurrence sauvage entre pays. Elle fut « l’idiot utile » de la montée en puissance de l’Allemagne et de ses alliés: PECO et Europe luthérienne du Nord. La mère Veil de l’Occident avait pour elle l’archange du Mont St-Michel et toutes les mères Michel de l’Europe. Elle avait d’autres chats à fouetter que l’expansion du libéralo-capitalisme car elle devait brandir l’étendard de la paix (vieille justification de la construction de l’UE) alors même que la politique économique menée par l’UE conduisait à la compétition sans foi ni loi entre les nations. Pendant que l’Allemagne commençait de régenter l’UE, elle présidait le parlement du bourg des strass… parlement alors sans pouvoir vis-à-vis de la Kommission, du conseil européen et de la CJUE. La mère veil avait les mains blanches mais c’est parce qu’elle n’avait, hors les sujet sociétaux, pas de mains. En revanche, à la différence de Kohl, elle était honnête.
Et quand la crise de la dette publique survint en Europe en 2010, l’Allemagne qui s’était prodigieusement enrichie en exportant dans le reste de l’UE via des prêts en euros consentis pas ses banques, put jouer les premiers rôles en imposant l’austérité à tout le monde sur le thème: faites les mêmes efforts luthériens que moi et vous sortirez du trou. En 2012, Tsarkozy est allé baiser les babouches de Merkel avec le TSCG, traité que Zizi Rider s’était engagé à renégocier! Ladite Merkel a montré sa puissance en 2016 en ouvrant les frontières teutonnes à 1 million d’immigrants, se donnant ainsi une stature de sainte Veil alors qu’il s’agit de fournir du travail pas cher à l’Allemagne qui ne fait plus d’enfants. Et la Merkel est allée jusqu’à négocier toute seule avec la Turquie pour que celle-ci fasse des camps d’immigrés chez elle contre 3 milliards à payer par l’UE! Et avec le retrait britannique, l’Allemagne devient de très le pays habilité à gérer l’UE. Avec la crise de 2010, l’Allemagne put prendre la direction de l’UE. Cela se voit dans de multiples secteurs: Merkel a négocié toute seule avec la Turquie sur le cantonnement de postulants à l’arrivée en Europe, elle a accepté plus de 1 millions d’immigrés en Allemagne et forcé les autres pays à les laisser passer (ce qui a été récusé notamment par la Hongrie), elle s’oppose à la restructuration de la dette grecque avec le crypto-nazi à roulettes Schaüble, elle a truffé Bruxelles et le parlement européen d’affidés de l’Allemagne (Juncker en tête), elle pousse les centrales au charbon en Allemagne contre les engagements écologiques de l’UE, elle fait en sorte que les normes européennes soient favorables à la production allemande( diesel, perturbateurs endocriniens, limitation du projet Reach), elle a pris le leadership vis-à-vis du conflit russo-ukrainien, elle a obtenu que la Kommission de Bruxelles ne sanctionne pas les excédents commerciaux tudesques… Pour le moment, mais cela à cause des élections législatives germaines en septembre, die Grosse Angela fait semblant d’écouter Maqueron. Par exemple, elle dit qu’elle va aider celui-ci à faire revenir sur la directive des travailleurs détachés (1996). C’est du flan: 1) elle s’en fout car l’industrie allemande dispose de travailleurs encore plus low cost avec l’immigration, 2) elle n’ira pas se fâcher avec ses amis des PECO qui exportent force travailleurs détachés en Europe. Rappelons que la cour constitutionnelle de Karlsruhe est la seule qui soumet le prétendu droit européen émis par Bruxelles au respect du droitnational allemand. C’est une blague pare que c’est fastoche: le droit européen est une imitation réussie de l’ordolibéralisme tudesque! Il est donc toujours conforme par construction au droit allemand (sauf pour les initiatives contre sa nature prises par la BCE). Radio Berlin ment, radio Berlin est allemand.
On voit donc que l’actuel statut de la Doryphorie n’était pas voulu mais résulte des multiples abandons de souveraineté consentis notamment par la France. Mais les dirigeants francouis, tous favorables au libéralo-capitalisme n’ont pas eu le courage de plier leur pays aux règles du jeu capitaliste. Ils ont eu peur de la réaction du peuple français non formé à la soumission et à l’austérité par le luthérianisme. Ils ont toujours fait trop peu, trop lentement, trop tard. Et pourtant la 1ère victime des dirigeants verts-de-gris, c’est le peuple allemand. Ce sera le rôle historique que veut jouer Maqueron: plier enfin et définitivement le peuple français à la logique libéralo-capitalisme; ce qui passera par la reconnaissance absolue du leadership teuton. Lequel avait été symbolisé par Tonton et Kohl à Douaumont: le gigantesque doryphore, dit le taureau de Bavière, donnant son battoir à la menotte du coq gaulois déplumé et prostaatique, plein d’ego sans ergot (non sum).
On peut se demander pourquoi le peuple allemand soutient, en dehors de son atavisme d’obéissance au pouvoir, la politique tudesque d’austérité. Elémentaire, my dear Watson: comme il en bavé, il veut que les autres peuples en bavent aussi. C’est mesquin mais c’est humain et surtout encouragé par les dirigeants teutons qui y voient le moyen de montrer leur prééminence. C’est le vice de la fausse démocratie moderne: les dirigeants se servent des mauvaises passions du peuple pour asseoir démagogiquement leur pouvoir tout en favorisant les intérêts de leurs copains capitalistes. Ce qui donne l’apparence que le peuple et le pouvoir vont la mano en la mano. Simple appât rance de la politique politicienne que développe magistralement Maqueron soutenu en gros par un petit quart des Francouis. On peut aussi penser que voir l’Allemagne sur le haut du pavois européen donne un sentiment d’honneur et de gloire retrouvés à un peuple encore stigmatisé pour ses horribles crimes des deux guerres mondiales.
La seule solution serait que la France retrouve sa souveraineté et se mette à militer pour un véritable fédéralisme européen; celui de Proudhon tout à la fois économique, politique et social. Eh bien, Maqueron a pris le chemin inverse et a déjà installé sa monarchie en France et pris la route de la destruction du code du travail au profit du libéralo-capitalisme.

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