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Les homélies de Monseigneur Maqueron

Classé dans : politique — 07/06/2017 @ 10:17

A Versailles devant le congrès, Maqueron s’est fait plaisir sous prétexte de parler au peuple via sa représentation. laquelle, comme on le sait (57 % d’abstentions et 10 % de votes blancs et nuls, soit 67 % de non exprimés, donne en gros pour un député élu à un peuple de 50 % des exprimés 15 % de représentativité) n’est guère légitime, c’est-à-dire habilitée à modifier le modèle socio-économique francoui contre le plus gros du pays.
L’ancien « secrétaire de Paul Ricoeur » (faux: il n’a aidé qu’à peaufiner les détails techniques de son dernier livre: table des matières, pagination, notes de bas de page, onomastique…). Le collé à l’entrée à Normale Sup a pris sa revanche avec un prône politico-philosophique débité sur un ton d’évêque matois. La chaleur de l’évêque vaut-elle la mise en valeur du chèque social? il a révélé sa pensée libérale et individualiste au bon peuple sur le thème « soyez libres » (vieil oxymore en tant qu’injonction ex cathedra), responsables, créatifs, dynamiques. On aurait cru entendre Guizot et son célèbre « enrichissez-vous ». Puis on a eu droit hier à une superbe allocution familiale lors de l’hommage rendu par la ripoublique à Simone Veil. Gageons que l’on n’a pas fini d’engranger des sermons moralisateurs et des hommages de circonstance à la place d’allocations sociales.
Et on est déjà dans le double jeu, dans la coupure entre le dire et le faire et même entre le vouloir précédemment annoncé et le dire actuel. Ce qui serait dû au récent rapport de la Cour des Comptes sur les déficits laissés en loucédé par l’ex-président El Poussah, champion du culbuto. Rappelons que Maqueron est inspecteur des finances et banquier. Il savait donc lors de ses campagnes électorales et pour ses promesses à la sauce Chirac (qui n’engagent que les cons qui les croient) la réalité de la situation. Il savait donc ex ante l’impossibilité de plusieurs de ses mesures sociofiscales. Je croyais que le malhomme voulait révolutionner les moeurs politiques du pays. On assiste au contraire à leur perpétuation par d’autres moyens, notamment celui d’un césarisme certain quoique soft.
On est déjà en présence de fieffés mensonges et non-dits. Par exemple, la France de M. Hulot vient de commettre un revirement complet à la grosse Kommission de Bruxelles en acceptant une définition fort laxiste des perturbateurs endocriniens. I est vrai qu’une détermination plus dure de la chose, celle voulue auparavant par la France, ne plaisait pas à l’industrie chimique teutonne, ni à die grosse Angela et à ses copains d’Europe du Nord. Ce n’est pas étonnant quand on lit dans le Canard Enchaîné les exploits cachés de surHulot. Le sieur, si écologiste, a une fondation verdoyante financée par des copains (industriels (EDF, VEOLIA). C’est comme la « Vigie » sur le social en entreprise de Mme Notat que les benêts croient indépendante des puissances d’argent qui la financent. C’est quasiment le même truc que les agences de notation US qui « en même temps » (leitmotiv de Maqueron) étaient payées pour auditer les comptes des banques et autres trusts et évaluer leurs innovations financières hyper toxiques, ce qui a grandement facilité la crise de 2008. De plus le comique de Tati (redevenu cheff), a une société où il est seul qui reçoit les royalties d’Ushuaïa. C’est le jack pot et cela bien que le label Ushuaïa couvre des produits dangereux, notamment de l’Oréal, pour la santé. On a donc un ministre de l’écologie qui est en plein dans les conflits d’intérêt et dont le vert affiché n’est pas loin du vert-de-gris tudesque.
On sait que la ministre de la destruction du code du travail, de la mise en place de la retraite par points (laquelle n’assure nullement le montant permanent de la retraite à l’instar de ce que l’on voit en Suède et depuis longtemps en France sur les retraites complémentaires) et de la réforme des structures et des indemnités de chômage (sur le thème: toujours moins) est elle-même impliquée dans une commande publique sans appel d’offre pour la participation de Maqueron au symposium sur l’innovation des NTIC à Las Vegas. Et Maqueron, chef d’une ripoublique virginale, a déjà viré 4 ministres impliqués dans des affaires troubles… Dans les manipulations, il y a la suppression, en novembre mais après reconduite jusque là, de l’état d’urgence: l’astuce consiste à en remettre les règles sécuritaires dans la loi ordinaire avec une énième loi sur la sécurité. On a aussi le discours humaniste de Maqueron envers les demandeurs d’asile pendant que Collomb durcit les choses à Calais et ailleurs. Double jeu classique et non classieux. On est typiquement dans la vieille politique de communication chère à La Fontaine: voyez mes ailes, je suis oiseau, voyez ma peau, je suis souris. le seul point de jouvence là, c’est que le chauve qui sourit a fait place au sémillant Maqueron.
Vu le nombre de députés venus des affaires, mêmes petites, du privé, de l’administration des « revolving doors » entre privé et public, etc. On peut déjà augurer que la révolution maquereaunienne se fera sous le signe de l’affairisme, chose que même Charlot n’avait pas pu éviter. C’est ce qui arrive forcément quand on gouverne en s’appuyant sur les copains dont certains sont des coquins. Du reste, le staff maqueronien annonce à grands coups de trompettes que la gestion publique coûte trop cher et qu’il faut confier le maximum d’activités au secteur privé. Compte tenu des pertes énormes déjà faites sur les PPP, cela promet. Les libéraux font toujours semblant d’ignorer que la gestion privée coûte toujours plus cher que la publique car il y a le profit en plus par rapport à une gestion publique saine et hors pressions politiques. Ce qui, hélas, n’est pas assuré quand toutes les manettes du pouvoir sont dans les mêmes mains. N’a-t-on pas vu PinK Floch nommé président de GDF? Ou Ménage, celui des écoutes mitterandiennes, à EDF? Que de fois des recalés du pouvoir ont été placés dans les services publics sous Tonton, Chiracos et les autres!
Vu la situation, qu’il connaissait ex ante, le gouvernement de Philippe n’a pas trouvé la masse idoine de fric pour faire face. On se perd déjà dans la Macédoine des reculs par rapport aux annonces. Report de la suppression de la taxe d’habitation pour 80 % des Francouis à 2022, report du nouvel ISF sur le foncier, report du prélèvement automatique de l’IRPP, report du remplacement du CICE par la baisse des cotisations patronales (le MEDEF gémit déjà). Pas de calendrier pour la diminution du nombre de sièges de parlementaires. En revanche, annonce de nouveaux impôts pesant surtout soit sur les plus pauvres (taxe carbone à 40%, alignement du diesel sur l’essence), soit sur les classes moyennes aisées (CSG de 1,7 points en plus au delà de 1200 euros de retraite). Maqueron voit sa politique de l’offre gênée aux entournures car les cadeaux aux entrepreneurs sont bloqués par les déficits, au moins le temps qu’on trouve le fric pour compenser une baisse en 5 ans de 60 milliards des dépenses publiques pour lesquelles on va taper surtout sur la Sécu et les collectivités locales.
On voit donc que le seul changement actuel est: on ne prend pas les mêmes mais on recommence; ce qui n’est déjà pas trop mal car il est malsain que ce soit toujours les mêmes qui occupent les fromages de la ripoublique (une bonne mesure annoncée: l’interdiction du cumul des mandats dans le temps). Au demeurant, les mesures annoncées pour les chambres et le mode de scrutin ne sont que des rustines sur un système démocratique à la ramasse depuis longtemps. C’est déjà loin de la VIè république chère à Mélanchthon ou à Montebourg; c’est à des années-lumière d’un fédéralisme proudhonien tout à la fois économique, politique, social et juridique.

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