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Retour à la loi le Chapelier; c’est la « révolution » de Maqueron

Classé dans : politique — 07/09/2017 @ 11:02

Le programme de Maqueron est effectivement révolutionnaire par retour à la composante hyper libérale de la Révolution Française de 1789. On oublie toujours que la RF ce n’est pas que les droits de l’homme, la démocratie, la devise liberté, égalité, fraternité. C’est aussi la casse du droit du travail de l’époque en vue de laisser libre cours au libéralisme économique le plus sauvage. La loi le Chapelier et le décret d’Allarde suppriment les corporations et interdisent les associations et « coalitions » (grèves) au profit des patrons. Pour faire bon poids, la RF ajoute la semaine de 10 jours (sans dimanche chômé) et supprime les fêtes religieuses. Le code civil de La Paille Au Nez Buonaparte considérera le contrat de travail comme simple louage de service (droit civil). A quoi s’ajoute le plus terrible: en matière de gages, le patron est cru sur parole et le « livret ouvrier » (pour suivre ses déplacements et ses emplois). La RF et ses successeurs développent une conception purement individualistes des relations entre travailleur et patron comme si les rapports de force entre eux étaient parfaitement équilibrés. C’est ce que Jaurès qualifiera de « renard libre dans le poulailler libre ». Ensuite les gouvernants libéraux en économie et fort peu en politique feront la chasse aux sociétés de secours mutuel et feront grand usage de mouchards et d’espions. Le droit de coalition ne fut accordé qu’en 1864 par Napoléon le petit et celui d’association (pour se syndiquer) qu’en 1884 par la 3è ripoublique.
C’est ce déséquilibre des forces qui explique la situation des classes ouvrières, épouvantable, que décrit le Dr Villermé en 1840. Cette exploitation éhontée, déjà au nom de la liberté individuelle et du droit de concurrence et d’entreprendre, suscita la naissance du socialisme, mot inventé en 1837 par Pierre Leroux, et, en fonction de la progression de lois favorables, le syndicalisme. C’est pourquoi, fin 19è siècle et durant tout le 20è, le salariat finit par arracher de haute lutte contre le patronat le plus vorace du monde (avec le concours de la droite apparemment la plus bête du monde) des protections du salariat (par exemple loi sur les accidents du travail en 1892 alors qu’avant la faute reposait entièrement sur l’employé) et des corps intermédiaires de défense des salariés. Puis des instances de négociation collective et des lois de généralisation des choses pour tout le monde. Il faut rappeler que ce furent parfois les patrons eux-mêmes qui demandèrent une régulation générale afin d’éviter une concurrence sauvage entre patrons-voyous et patrons sociaux dont les coûts de production ne pouvaient que déséquilibrer la prétendue concurrence à armes égales en faveur des moins-disants. C’est, du reste, ce qu’a ressuscité le libéralo-capitalisme mondialisé. C’est pourquoi les grandes entreprises favorables au libre-échange mondialisé veulent supprimer toutes les régulations du travail au profit du contrat individuel négocié de gré à gré entre le patron libre et le salarié libre, alors que les PME sont attachées à des règles collectives qui régulent la concurrence. M. Maqueron a fait son choix: vive le MEDEF qui représente les trusts internationaux, à bas la CGPME qui regroupe les petits patrons francaouis. Il a bien perçu que pour rester dans le libéralo-capitalisme il fallait y jouer avec ses règles dans sa logique systémique. Guimauve le Concurrent n’avait pas vraiment osé.
Derrière la prétendue réforme du code du travail, sous prétexte de flexibilité et d’adaptabilité, c’est le retour au seul contrat individuel qui se profile comme but final à atteindre, mais caché pour l’instant, dans le maquereaunisme. Car le politicard est prudent, il développe une stratégie de petits avançant progressivement vers un non-retour, via des étapes qui sont autant de points de non-rebroussement. Cette stratégie a un nom; c’est celle du salami cher à Staline et du diviser pour régner à coups de réformes qui camouflent le but final tout en y menant de façon subreptice. C’est aussi celle des islamistes… La bataille a d’ailleurs commencé sous Edam le Rouge (et avant sous la droite) avec la loi El Khonery.
L’étape maqueronienne consiste à renverser définitivement la hiérarchie des normes au profit de la négociation de tout sujet concernant les salariés au niveau des entreprises. On zappera ainsi les conventions collectives de branche (jugées trop nombreuses afin de les disqualifier) et le droit national souvent établi par extension des conventions les plus favorables. L’idée est donc en fait d’aboutir à l’iimpuissance des corps intermédiaires de représentation et de défense des collectifs de salariés. Afin d’y parvenir, Maqueron fait semblant de jouer au dialogue social alors que ses réformes sont déjà dans ses cartons. La conséquence sera une explosion des inégalités entre salariés en fonction des territoires et de la nature des boîtes (grandes, petites, mondiales, locales, de haute technicité ou simples manufactures, prolos de base ou employés qualifiés, etc.). Quand la « réforme » (lire régression vis-à-vis de l’esprit du droit du travail, à savoir protéger les salariés contre la toute-puissance du patronat) sera passée via une chambre de godillots énamourés, un Maqueron réélu (il s’y prépare déjà!) passera au contrat de gré à gré. la stratégie passe aussi par l’étatisation des structures de dialogue social. Ainsi, il est programmé la suppression de l’UNEDIC, organe paritaire patrons-syndicats, avec centralisation, à la baisse et sous conditions de recherche d’emploi et de non-refus de 2 offres (modèle fridolin), des indemnités de chômage. les Prud’hommes sont aussi dans le collimateur comme la gestion de la FPC. Le but est de supprimer toutes les instances de négociation sociale et tous les corps intermédiaires qui les assurent afin de laisser face à face le patron et le salarié et de donner pour la régulation sociale tout le pouvoir à l’Etat. C’est cela la démocratie et la pris en charge des plus pauvres (les « moins que rien » ) façon Maqueron!
Maqueron, le « révolutionnaire » use en réalité des vieilles ruses de l’Etat tout-puissant, un et indivisible, propriétaire proclamé par les gouvernants de l’exercice de la souveraineté nationale. Il s’en sert comme fondé de pouvoir de la mise en place définitive en France du modèle libéralo-capitaliste car la souveraineté est le pouvoir de « donner et casser la loi ». C’est ce qu’on fait, years ago, les ordo-libéraux tudesques que Maqueron imite en léchant le casque-à-pointe de die grosse Angela. Cela ne marche que si la démocrassouille libérale donne une apparence de légitimité au pouvoir. Le révolutionnaire, donc, en use et en abuse et va faire semblant d’aller vers plus de démocratie réelle. Il ne peut pas et ne veut pas sortir des faux-semblants car ce serait abandonner l’utilité démoniaque de sa toute-puissance. Car le pouvoir a horreur du vide: quand il reste un espace à occuper, il le fait. De même le capital ne renonce jamais à une technique, fût-elle destructrice de la planète,qui peut faire du profit. Démocrassouille libérale et kapital sont cul et chemise, bonnet blanc et blanc bonnet.

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