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Le système totalitaire du libéralo-capitalisme (SLC)

Classé dans : politique — 07/13/2017 @ 11:23

Le SLC est « un phénomène social total », c’est un « bloc historique » hégémonique. CE n’est pas qu’un régime économique car il dispose de maints moyens, et structures et acteurs pour s’imposer et maintenir sa logique d’accumulation et d’exploitation tant des hommes que des ressources au seul profit de ses partisans et opérateurs. C’est t un régime totalisant sinon totalitaire car il touche à tous les aspects d’une société. Tout s’y tient et forme un bloc systémique et totalisant où toutes les facettes du social sont sous l’emprise d’une logique unidimensionnelle. Et comme disait Proudhon, il nous faut vaincre « en même temps » (Maqueron) la triple domination du trône, du coffre-fort et de l’autel. L’exploitation économique, la domination politique et l’aliénation religieuse ou idéologique sont la même chose sous 3 espèces, ce qu’ a confirmé Gramsci. Quels sont les composants et composantes du SLC? Là, naturellement, je ne vais développer que des grandes lignes et des enjeux fondamentaux.
A) les aspects cognitifs, intellectuels, idéologiques en tant que système de représentations; c’est tout ce qui sert à légitimer et justifier le SLC en le faisant passer pour l’ordre normal des choses, si ce n’est pas le seul possible (le TINA de Thatcher):
* une anthropologie ou conception de l’homme; celui-ci est intéressé, calculateur, rationnel, individualiste et égoïste, « c’est un loup pour l’homme ». Il ne coopère que par utilité de la chose. Il veut jouir en ce bas monde, il veut montrer par ses avoirs qu’il est le meilleur, il se compare aux autres dans le but de valoriser son amour-propre (pas toujours propre, voir DSK, Cahuzac, etc.). Il est matérialiste et opportuniste comme un vulgaire Trump. Dans ce cadre, la morale devient: fais ce que voudras pourvu que cela ne nuise pas aux autres et respecte la loi.
* une sociologie: la société (ou le groupe) n’existe pas (Mme Thatcher), ce n’est qu’une collection d’individu en interaction et en compétition dans le « struggle for life » et pour la sélection naturelle des meilleurs. Cette sociologie a sa méthode, à savoir l’individualisme méthodologique cher à Weber et Hayek qui consiste à partir des attitudes et comportements individuels pour en inférer les dimensions collectives.
* une morale; hédonisme, matérialisme, jouir au maximum, EGO servi en premier, « être entrepreneur de soi-même », responsabilité personnelle mais souvent sous l’angle « pas vu, pas pris », athéisme, sinon on serait retenu par la crainte de Dieu, etc.
* une logique unidimensionnelle qui sur-détermine ledit système, cette logique a été magnifiquement démontrée par Marx: accumulation, de richesses et d’argent, maximisation du profit quitte à écraser les autres et à détruire la terre. Cette logique régit un ensemble de normes ou un code de conduite affiché comme ce qu’il faut faire dans le SLC pour y être adapté. C’est y arriver qui donne le contenu de la « révolution » maquereaunienne.
* un ensemble juridique et normatif qui indique ce qui est licite ou prohibé en univers SLC; le pont aux ânes de cet ensemble, mis en musique par la Kommission de Bruxelles et la CJUE, est la liberté d’entreprendre et de s’installer où on veut dans le cadre de la « concurrence libre et non faussée. Sont interdites toutes les lois qui rendent le travail non flexible, toutes les entraves au commerce, toutes les ententes anti concurrentielles, les grèves non conformes (par exemple bouchon ou de solidarité ou perlée). Le droit du travail doit assurer la liberté totale des travailleurs libres de se vendre au plus offrant dans un contrat individuel de gré à gré. Le droit social ne doit donner qu’un très maigre « filet de sécurité » afin de ne pas sombrer dans « l’assistanat », cher à la chaisière du Puy, le Veau-Quiet, afin de décourager les tire-au-flanc et les « flâneurs » chers à Taylor. Evidemment, la loi a pour but fondamental de protéger la propriété privée; elle doit limiter au maximum la propriété sociale (coopératives, mutuelles) et la propriété publique (services et établissements publics). Cet aspect juridique fait le pont entre l’économique et les politique: il faut un type de démocratie qui donne aux puissants le pouvoir de faire la loi en leur faveur mais de façon que cela ne se voie pas. En outre, l’instance économique doit se séparer de toute approche morale; le droit économique ne sert qu’à assurer l’efficacité de l’économie, ce qui est devenu le leitmotiv de la croissance.
* une culture qui fait que la grande majorité des gens adopte une attitude conforme aux normes attendues par le SLC: individualisme narcissique, comparaison avec l’autre en vue de l’estime de soi si l’on se découvre supérieur (ce qui entraîne jalousie et envie), culte de Mammon, soif de distinction dans la consommation ostentatoire, culte du mérite individuel, vie dans le présent, d’où l’appel au crédit sans tenir compte de l’avenir (cause de la crise de 2008), refus de la solidarité de plus en plus marqué, mépris pour les faibles et les pauvres à l’instar du Maqueron (les moins que rien, les illettrés ou les « sans-dents » de Zizi Rider), refus de ce qui est collectif. Tout cela divise pour faire régner le SLC; à quoi s’ajoute le repli sur soi, l’adhésion aux religions sans engagement dans le monde des autres, etc. On assiste aussi au développement incessant de la rationalité instrumentale et utilitariste au détriment des valeurs morales. On calcule ses avantages et on rejette ses dépenses éventuelles sur les voisins. Cette culture favorable au SLC s’appuie sur le spectacle, le divertissement; elle promeut une « société du spectacle » permanent et fondé sur la mode, le narcissisme montré dans la téléréalité, la communication médiatique si bien utilisée par Obama et Maqueron pour se faire valoir, notamment en se servant à profusions des réseaux sociaux et des médias. le court terme, le clinquant, le superficiel et anodin y sont projetés au détriment de la réflexion et du long terme. On y trouve aussi toute la propagande pour les exploits de l’armée, de la police, du renseignement, pour l’affichage de la puissance du pays et son caractère indépassable contre les « méchants » et « l’empire du mal ».
* une idéologie duale, économique et politique, apparemment séparées mais fonctionnant en symbiose. L’aspect économique ressortit à la pensée actuellement dominante dans les Universités: la théorie de l’équilibre général » (TEG) mais mâtinée par le monétarisme. La TEG fonde, soi-disant mathématiquement et scientifiquement, l’idée-force, pourtant pas très Fouillée, que l’économie se régule très bien toute seule car les « marchés sont efficients; il suffit que les politiciens la laisse faire pour arriver à l’optimum économique pour la société toute entière. Il faut lutte contre tous « les constructivistes » qui théorisent des projets de changement en s’opposant à la spontanéité (quelque peu mécanique et automatique) des marchés et à la « catallaxie » des échanges et contre tous les interventionnistes publics qui luttent contre l’indépendance de l’économie privée. Il suffit que la loi donne des règles favorables à ce spontanéisme au lieu d’entraver le cours « naturel » des choses. C’est ce qu’a fait l’ordolibéralisme tudesque dans l’UE dès 1957. la sphère économique doit donc être théoriquement indépendante du politique, lequel ne doit veiller qu’à protéger les libertés individuelles et à assurer la bonne marche de la démocratie. On a donc, d’un côté l’instance politique libérale veillant au respect des droits individuels de l’homme, de l’autre la sphère économique qui s’auto-régule toute seule dans le meilleur des mondes possibles. C’est trop candide car seule l’instance politique est habilitée à « donner et casser la loi » même dans le cas de l’ordolibéralisme. Problemo: le vieux libéralisme (rien à voir avec le SLC même si ce dernier s’en sert pour se justifier) a installé la démocratie comme modèle de prise en charge du pouvoir politique; or une vraie démocratie peut faire apparaître des oppositions au SLC. Solution: faire du canada dry: la démocrassie représentative qui a l’apparence de la démocratie afin que les puissances économiques puissent la diriger via des hommes de paille, à savoir les politiciens légalement élus et, comme Maqueron, pas forcément légitimes. Pour ce faire, le SLC a transformé le processus électoral en Barnum, ce qui réclame beaucoup d’argent pour le financer. ET qui donne l’argent aux politicards pour se faire élire? La boucle est bouclée, d’autant plus qu’il faut ajouter les lobbys et les médias pour influencer les décisions et les représentations. On aura noté que dans cet arrangement idéologique des choses, la notion de projet disparaît; elle n’est plus pertinente puisqu’il s’agit de s’adapter ici et maintenant en suivant la « politique du chien crevé au fil de l’eau ». Et il ne faut pas non plus développer des idées contraires à la doxa SLC sous peine d’être accusé de populisme ou d’utopisme.
B) les moyens, les structures, les acteurs qui vivent du SLC ou le propagent ou le gèrent; la théorie, bien entendu, ne suffit pas pour asseoir la domination du SLC; il faut disposer aussi des moyens de l’action et de la puissance:
* nous avons naturellement toutes les grandes structures qui vivent directement de et sur la bête immonde qu’est le SLC: banques et assurances (la « phynance » chère au père Ubu), fonds d’investissement plus ou moins vautours et spécialistes du LBO (achat de boîtes par effet de levier, par l’emprunt à bas taux payé par les rachetés!), fonds de pensions en capitalisation, multinationales qui externalisent, sous-traitent, délocalisent dans le monde entier pour optimiser leur chaîne de valeur et leur fiscalité, réseaux d’hypermarchés du genre Wal Mart (achats low cost à l’étranger le moins-disant). Et, évidemment leurs lobbys (15 000 lobbyistes à Bruxelles), leurs organisations professionnelles (en France AFEP, en Europe ERT), les chambres de commerce, les bourses…
* On trouve, le plus souvent couvertes par le « shadow banking » via les paradis fiscaux et devenues difficilement traçables pour cause de WEB plus ou moins « dark » (Vador), les mafias en tout genre de trafic (drogue, organes, femmes ou enfants…) et de rackett. Les banques recyclent l’argent sale de tous les trafics sous l’oeil bienveillant des gouvernements qui voient bien l’utilité des paradis fiscaux. Ils voient bien aussi l’utilité, dans le temps même où ils sabordent les structures de solidarité sociale (Sécu, services publics) et où leur politique SLC augmente les inégalités, la précarité et la pauvreté, de se servir des organes associatifs et autres ONG de charité. Ils les subventionnent, notamment au niveau local, pour faire un boulot de compensation afin que le lien social n’explose pas. Ce n’est heureusement pas le cas de toutes les associations ou ONG dont beaucoup dénoncent au contraire les méfaits du SLC.
* nous trouvons toutes les structures qui établissent, véhiculent et contrôlent l’application des normes ou conceptions favorables au développement du SLC: agences de notation ou de cotation des dettes et des boîtes ou des titres financiers, cabinets de conseil, « organes » de normalisation telles les agences de santé ou de sécurisation alimentaire, etc. gouvernementales mais infiltrées par les lobbys. je signale là l’IABS (international accountant board standards, agence de droit privé de normes comptables qui a pondu la compta. dite de « fair value », c’est-à-dire de comptabilisation des actifs au prix de marché et non sur la base des amortissements comptables). les Universités et les écoles de commerce et de gestion (plus depuis longtemps Sciences.Po et l’ENA) qui forment aux critères et principes du SLC. En France, les facultés d’économie sont passées sous la coupe du courant « main stream » qui diffuse la TEG et a acquis quasiment le monopole de la sélection des profs d’économie, notamment grâce à Mme Vallaud-Belkacem). N’oublions pas les « think tanks » (réservoirs de pensée) qui sont des associations de propagation des saintes paroles libérales, y compris chez les socialos (Terra Nova ou le club St-Simon). Pensons aux « fondations » subventionnées et créées par les très riches ou les trusts pour les universités bien pensantes les recherches sont évidemment orientées vers ce qui plaît aux financiers et donateurs). Il ne faut pas oublier les médias passés sous la coupe de leurs propriétaires (industriels ou financiers) ou sous celle de la publicité et de l’audimat; c’est particulièrement net en France ou, par exemple, c’est un aréopage d’affairistes qui détient « Le Monde » ou Libération ou les « news ». Ajoutons toutes ces agences de pub., de com., de marketing, etc. qui ne fonctionnent que parce que le SLC a implanté la société du spectacle et de l’éphémère.
* considérons que les Institutions Financières Internationales (IFI: FMI, Banque Mondiale, BRI) les instances de coordination et de suivi (OCDE, G8, G20, OIT, FAO, donc en partie les organes de l’ONU) ou de normalisation soi-disant technique (comme pour les télécoms), les institutions statistiques internationales (comme Eurostat) obéissent depuis longtemps à la logique SLC de comparaison avec des normes ou sous des critères purement capitalistes, par exemple en stigmatisant les déficits ou en calculant les performances du chômage.
* notons que la plupart des gouvernants occidentaux, tous passés par les écoles du capitalisme (sauf Trump) sont quasiment tous devenus des chantres et des animateurs de la mise en place du SLC; ils ont abandonné toute notion de projet, l’idée de nation, le rôle du politique au profit des marchés efficients et mélioratifs. Or, les appareils administratifs d’Etat (INSEE, agences, hauts comités, commissions, autorités, police, armée de métier ) ont été pliés par lesdits gouvernants à la logique SLC; il en est largement de même pour les « appareils idéologiques d’Etat » (universités grandes écoles, Justice, culture) qui ont été rendus dépendants tant du pouvoir que de prestations privées, notamment dans le cadre des PPP. Soulignons que, via l’ENA, la haute administration française est depuis longtemps un organe essentiel de la propulsion des normes et de la logique SLC. Cette emprise des politicards et des hauts fonctionnaires occupés d’eux-mêmes et sûrement pas de l’intérêt général est évidemment facilitée par la mis en place d’institutions politiques qui ont vidé la démocratie de toute réalité. La démocrassouille représentative est devenue une structure de développement du SLC contre les peuples.
On voit donc que les instruments de domination SLC sont tant idéologiques, culturels et immatériels, qu’inscrits matériellement dans la réalité des rapports sociaux et de force entre acteurs. Le SLC forme le champ diversifié des pouvoirs de maîtrise de la société. Toutes les dimensions en sont encastrées les unes dans les autres, mais, en dernière instance, c’est la logique SLC qui en sur-détermine les actions, les décisions et les effets. Le champ des pouvoirs SLC est évidemment hiérarchisé car on y trouve des énormes puissances (disons des belugas comme les grandes banques) et des amibes (comme le petit cabinet d’avocat d’affaires) dont on sait que les amibes de nos amibes sont nos amibes. En Occident, la masse des gens qui dépendent du SLC est donc considérable, ce qui explique que les pays virent à droite car ce sont ces gens-là qui votent et exercent les petits pouvoirs locaux disséminés partout. La conclusion est que ce n’est sûrement pas par la voie politique qu’on pourra faire évoluer le SLC.

* des acteurs
* des moyens

* des structures de pensée et d’action

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