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Nation et « repentance »

Classé dans : politique — 07/15/2017 @ 11:22

Nous avons depuis longtemps 2 camps en opposition; celui de ceux qui glorifient la nation et veulent faire diffuser, notamment par l’école, un « roman national » à base d’une histoire montant en épingle les grandeurs et performances du pays et cela afin de faire grandir l’adhésion au pacte sociopolitique de la France, pacte fondé sur la République et sa devise, plus la laïcité. Cette école flirte avec un nationalisme hors de saison dans notre monde multipolaire. Elle se positionne largement à droite de l’échiquier politique et vise à faire oublier que le fameux pacte républicain, celui qui conduisait à l’intégration des immigrés dans le pays et à la justice sociale via l’Etat-Providence, a été jetée aux oubliettes tant pas les politicards de droite que de gauche qui ont vendu le pays aux vents mauvais du libéralo-capitalisme.
A l’opposé, nous avons les partisans des lois mémorielles, de la repentance, des droitsdel’hommisme. Ils se servent de l’histoire pour décrire les abominations, certes bien réelles, commises par le pays. Ces partisans sont essentiellement des « bobos », de droite souvent, mais surtout de la gauche rose pâle, qui veulent en réalité disqualifier le pays afin de faire disparaître, le politique et la nation, ces choses qui empêchent le triomphe rapide des marchés efficients, du libre-échange sans frontières, de l’économie capitaliste désengagée de toute contrainte politique. Ce sont les chantres des monades (atomes individuels libres de tout), nomades, internationalisées, aptes à la réussite dans la compétition économique. L’internationalisme du marché a remplacé pour eux l’internationale des travailleurs tout en les positionnant comme vrais tiers-mondistes ouverts à l’égalité entre pays. Au passage, cela leur permet d »avoir des domestiques low cost grâce à une immigration incontrôlée sur leur demande d’ouverture totale des frontières et d’accueil des ex-colonisés. Leur arme, le dénigrement du pays, a des effets redoutables dont ils se fichent comme d’une guigne: nombre d’immigrés ou descendants d’immigrés en profitent pour se séparer du soi-disant « vivre ensemble » prôné par les Bobos; ils utilisent les exactions françaises pour revaloriser leur pays d’origine ou leur religion contre le mode de vie du pays d’accueil. Certains font même du racisme à l’envers contre les « souchiens » (lire sous-chiens car le chien n’est pas un animal halal)) et crient à l’islamophobie dès qu’on critique leurs opinions et leurs actes. Surtout, leur position de repentance fait oublier le combat majeur, sinon principal, contre le libéralo-capitalisme.
Les deux camps servent donc en réalité la même position: abandon des anciens acquis de la république au lieu de les restaurer, lancement du pays dans le libéralo-capitalisme, soit en s’y dissolvant, soit par nationalisme d’hyper-compétitivité. Les deux se servent de l’histoire à des fins instrumentales pour légitimer leur thèse. Il convient donc de voir l’histoire dans une approche sans concession mais sans excès en gardant la neutralité scientifique des vrais historiens situés en dehors de la politique politicienne. Il importe aussi de considérer les choses avec bon sens tout en reconnaisssant les faits mêmes les plus pénibles pour l’image du pays.
1) Un peu de bon sens
L’instrumentalisation de l’histoire use et abuse des anachronismes en appelant à condamner avec les normes d’aujourd’hui des comportements et pratiques d’hier; on a même l’inverse: les islamistes condamnent les moeurs occidentales d’aujourd’hui avec leurs normes issues des tribus nomades du 7è siècle. Cela consiste à juger rétrospectivement nos aïeux avec nos lunettes actuelles en oubliant qu’entre temps il y a eu des progrès moraux dans la façon de penser les rapports humains, sociaux et entre nations. Autres lieux, autres moeurs, disait Montesquieu; ajoutons autres temps, autres pratiques et conceptions. Ce que refusent, du reste, les réactionnaires de tout poil. à commencer par les islamistes que nos Bobos voient arriver du bon oeil droitdel’hommiste. Mais cela n’implique pas que le prétendu progrès (même quand il n’est qu’économique ou technique ou scientifique) soit linéaire et automatique (comme chez les libéraux du marché ou les marxistes « scientifiques »). L’histoire nous l’a hélas prouvé à nos dépens. N’a-t-on pas aujourd’hui une énorme régression vers le retour à la religion contre l’universalisme kantien de la raison?
Vous pouvez m’expliquer pourquoi les vivants actuels seraient responsables des crimes de leurs aïeux? Certes, maints salopards ont profité de l’essor du libéralo-capitalisme dès le 16è siècle pour commettre des horreurs comme l’esclavage et l’extermination des indigènes afin de s’emparer de leurs terres soi-disant inexploitées et sans propriétaire. Mais cela ne signifie pas que toute le monde était d’accord; une responsabilité collective et globale de nos ancêtres est hors de propos. rappelons que la colonisation s’est faite sous l’emprise d’affairistes et de politicards; mais cela ne fait pas le peuple tout entier. Il y a eu, du reste des oppositions à Jules Ferry (bottes au prétendu devoir de civilisation de la France) et à la ripoublique cassoulet, comme celle de Clemenceau à ses débuts.
2) un peu d’histoire comparative et contextualisée
Ne faisons pas de roman national, ni en bien, ni en mal. Faisons comme Talleyrand: quand je me vois, je me désole, quand je me compare, je me console. Certes, la France a vu commettre bien des crimes contre l’humanité. Mais elle est loin d’être le premier pays sur le podium des atrocités. Le palmarès est le suivant: USA (extermination des Indiens, esclavage, discrimination, coups d’Etat avec la CIA, guerres de conquête de territoires…), Allemagne (no comment mais rappelons le massacre des Namibiens en 1904), Gibbye, Turquie, Espagne et Portugal (conquête de l’Amérique du Sud et esclavage). Certes, la colonisation du reste du monde par l’Occident a été criminelle mais les Arabes devraient se souvenir de ce que leur colonisation par les Turcs s’est étalée sur plusieurs siècles et a par ailleurs stérilisé la civilisation musulmane par suite du totalitarisme de la Sublime Porte qui a fusionné tous les pouvoirs (religieux, politique, économique, culturel) au détriment de la distinction des ordres chère à Pascal. le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument… N’oublions pas le facteur technologique: tout pouvoir unitaire, centralisé, tout-puissant (ce qui est encore la conception la plus répandue du pouvoir, y compris chez le révolutionnaire Maqueron) tend à utiliser au maximum ses moyens de puissance pour asservir son peuple et dominer les autres. Gageons que si les civilisations colonisées avaient disposé des mêmes moyens de puissance que l’Occident, elles en auraient aussi profité pour exploiter les autres.
Prenons en compte le contexte historique; l’esclavage et la traite des Noirs ont été longtemps et partout en Occident une horreur en quelque sorte normale. Et ce n’est pas une spécificité de l’Occident; les Arabes y furent très forts et précurseurs (cela continue dans certains pays); les rois Noirs se faisaient la guerre sans cesse et vendaient leurs prisonniers aux trafiquants arabes ou occidentaux. L’anti-judaïté (religieuse ou financière) sévissait avant d’être rétrospectivement transformé en antisémitisme. L’anti-féminisme a duré des millénaires et perdure dans certaines cultures. Les guerres de religion sévirent partout et durent encore au 2è siècle.
En même temps qu’on dénigre la France, on revalorise à des fins instrumentales les oeuvres d’autres pays ou cultures qui furent victimes de l’expansion capitaliste et du colonialisme. On embellit à souhait les performances des califats. La civilisation arable a été très tolérante (pas tout à fait vrai car le statut de « dhimmi » était très désavantageux pour les non musulmans; elle a amené la connaissance des auteurs grecs (oui, mais celle-ci venait de savants non-arabes, grecs, araméens, juifs, perses); elle nous apporté les chiffres arabes et la science (chiffres indiens en fait et science, dont médicale, la précédant)… On oublie que cela n’a duré que 3 siècles et que les savants prétendus « arabes » furent rapidement persécutés et exilés après la chute de Bagdad et du règne des Abbassides. Les apports techniques (irrigation, notamment) des Arabes ont été copié ailleurs sur ce qui existait avant (notamment en Perse). On a donc affaire à une réalité nettement enjolivée pour les besoins de la cause des fondamentalistes musulmans et des djihadistes désireux d’attirer des membres déboussolés et se sentant exclus des « territoires perdus » de la ripoublique. La chance de l’Occident a été d’avoir été très divisé entre royaumes et principautés, puis d’avoir eu la division sauvage des guerres de religion, ce qui a fait émerger la renaissance, le libéralisme et surtout la séparation du religieux et du politique. D’où une prodigieuse créativité dans tous les domaines. Comparons seulement le nombre et la variété d’instruments de musique entre l’Occident et le monde arabo-musulman figé par la domination ottomane.
Ce n’est pas que je tienne à défendre la nation, qui n’est qu’un idée et une réalité dépassée mais, hélas, dans un avenir lointain, lequel sera celui du fédéralisme « cosmopolite intégral et mondial. Car ce qui domine affreusement aujourd’hui, c’est la compétition entre pays pour l’accès aux ressources et exporter en vue de la croissance. cela va s’aggraver dramatiquement avec le changement climatique et la progression démographique. je gage que les pays n’arriveront à un système politique mondial que lorsque la planète sera proche de son dernier souffle. En attendant le saccage, par compétition économique et rivalités politiques ou religieuses, va continuer. Il faut tenir compte aussi de ce que seul le pouvoir politique, à condition de devenir démocratique, peut contenir et répudier le libéralo-capitalisme. Or, pour l’instant, il n’y a pas de pouvoir politique hors un territoire national, ce que l’UE, cohue de gouvernements et siège d’une technocratie économiciste et libérale, prouve amplement. Il faut donc simultanément militer et lutter pour de vrais pouvoirs politiques démocratiques et internationaux, se battre contre le libéralo-capitalisme et s’appuyer sur une base territoriale qui doit être exemplaire afin de pouvoir susciter des associations et coopérations d’égal à égal avec d’autres pays. Ce n’est pas ce que fera le Maqueron qui va faire de l’atlantisme sous férule US, se réfugier dans les jupes de die grosse Angela, s’ériger en monarque absolu et vendre le pays aux vents mauvais du libéralo-capitalisme.

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