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Les emplois aidés

Classé dans : politique — 08/31/2017 @ 11:13

Sous prétexte d’économies budgétaires, la firme Maqueron vient de supprimer à brûle pourpoint et sans prévenir les utilisateurs (collectivités locales, associations, clubs, entreprises d’insertion, etc.) le 1/3 des emplois aidés dans les fonctions non marchandes et donc hors secteur privé. Cette formule de lutte contre le chômage et soi-disant efficace (ce qui est controversé et manque d’études valables, ce qui en dit long sur la volonté des gouvernements d’évaluer leurs politiques) est employé depuis des décennies par le pseudo-Etat francoui. Je ne pleurerai pas leur disparition à long terme mais la moindre des choses aurait été de se préoccuper des conséquences à court terme tant pour les organismes utilisateurs que pour les travailleurs. Cela en dit long sur la conception réelle qu’a ce nouveau gouvernement vis-à-vis du « dialogue social » et de la cohésion sociale. C’est une technocratie néolibérale soumise aux normes économiques et financières du monde libéralo-capitaliste. Normes auxquelles il y a 25 ans le gouvernement de l’époque s’est lui-même soumis en inventant sur un coin de table la règle ubuesque des moins de 3 % de déficit budgétaire par rapport au PIB.
Les emplois aidés, qui ne sont que du provisoire qui dure depuis fort longtemps en attendant la croissance comme Godot ou comme sœur Anne dans son donjon, sont eux-mêmes une solution à la sapeur Camembert (vous savez, celui bouche un trou avec la terre d’un autre and so on). Prenez l’exemple des pions dans un lycée. Ils sont nécessaires et devraient donc être employés par l’EN. Mais comme il y a les emplois aidés low cost via les subventions de l’Etat un lycée ne créera pas de poste ; il fera appel à un pion aidé comme pour une AVS pour élève handicapé. Le personnel de l’EN étant payé par l’Etat cela revient à ce que dernier fasse des économies apparentes dans le budget EN tout en augmentant ses dépenses sociales. Le budget de l’EN n’est donc diminué que par un faux semblant puisque le budget total de l’Etat ne bouge pas : il n’y a que des transferts à la Gribouille. De même, les emplois aidés permettent de limiter les subventions aux associations tout en augmentant un autre budget, celui des aides sociales. Et les comptables (lire cons-tables) sont contents. Cependant, il est clair que le bénéficiaire de l’emploi aidé (EA) trouve là l’occasion d’une expérience professionnelle et d’un revenu d’assistance qui lui est mieux que rien (à voir en détail car bien des emplois aidés ne sont pas qualifiants et ne servent que de bouche trous pour des activités non essentielles quoique souvent utiles comme le débroussaillage et l’entretien des parcs et jardins dans les communes. L’avantage des EA pour une commune est qu’elle peut employer pendant que l’Etat peut diminuer sa dotation globale de fonctionnement. Maqueron va plus loin : moins de dotation et plus d’EA ! Solution : l’augmentation des impôts locaux tout en faisant valoir la baisse éventuelle de ceux de l’Etat. C’est facile, la comptabilité : il suffit de transférer les charges vu que l’UE ne regarde pas les déficits locaux mais ceux de l’Etat. C’est, du reste, une des rares libertés que conserve l’Etat au sein de l’UE : jouer sur la fiscalité, les aides sociales et les subventions hors économie marchande (eh oui : attention à ne pas déséquilibrer la concurrence). Las, l’Etat est déjà impécunieux et Maqueron veut le mettre encore plus à la diète suivant les recommandations de l’UE et de la Diète allemande.
Les EA sont intéressants pour l’assurance chômage qui n’a pas à payer pour souvent des jeunes de moins de 25 ans qui n’ont rien comme assistance. Ce qui sera drôle, c’est la prise en charge par l’UNEDIC d’une réforme Maqueron : indemnités de chômage pour auto-entrepreneurs et démissionnaires (tous les 5 ans). Qui va payer  et comment? L’UNEDIC est déjà assommée par sa dette et déficitaire… Supprimer les EA pour les associations aura aussi pour conséquence de casser le petit jeu de l’Etat consistant à créer d’un côté de la pauvreté et de la précarité en flexibilisant à outrance le travail et, de l’autre,à demander auxdites associations d’aider les démunis. Il restera le retour aux dames patronnesses du 19ème siècle. Mais Maqueron a une autre solution : forcer les travailleurs à accepter n’importe quel 2ème emploi proposé sous peine de se voir sucrer ses indemnités de chômage et réduire la durée et le montant de l’indemnisation des chômeurs. Cela marche fort bien en Doryphorie, le modèle du résident à l’Elysée, qui dispose de 4,5 millions de mini-jobs à 450 euros par mois (sans couverture sociale pour la retraite), de 22 % de travailleurs sous le seuil de pauvreté et de 1 million de retraités obligés de prendre un petit emploi pour survivre, vu que les retraites par répartition ont été, elles aussi, sérieusement diminuées. La Teutonie, patrie de Leibniz, n’est-elle pas le meilleur des mondes possibles ? Maqueron est, sous des airs candides, notre nouveau Pangloss.
Il est donc urgent de supprimer les EA mais en sifflet et en les remplaçant par de vrais emplois. J’ai déjà parlé dans un article précédent de l’emprunt forcé, de la monnaie locale et de la banque du peuple pour investir. Voilà quelques idées supplémentaires pour créer de l’emploi en se séparant de la logique du SLC.
*on peut créer une taxe carbone sur la distance parcourue par les produits, importés ou internes, en fonction du kilométrage atteint et cela afin de lutter contre le réchauffement climatique tout en favorisant les circuits courts, ce qui encouragera la production sur le territoire francoui. Pour déjouer les combines du capital (genre « made in Germany  » pour les bagnoles montées à Stuttgart alors qu’il ne s’agit que d’assemblage) on fera une moyenne des km parcourus par les éléments importés ailleurs que dans le pays expéditeur du produit fini.
*on peut interdire que les frais de pub. et de com. soient imputés dans les charges des entreprises (ce qui diminue leurs bénéfs) et qu’ils ne soient engagés que sur le bénéfice après impôt sur les sociétés. On comptera naturellement tous les frais engagés même s’ils l’ont été à l’étranger. Afin de réserver nos forêts à des usages utiles pour la production, la distribution de pubs dans les boîtes aux lettres est interdite.
*afin de restaurer la concurrence malgré l’optimisation fiscale, les multinationales seront taxées sur leur CA consolidé (ventes) et ventilé par pays de production pour asseoir l’impôt sur les bénéfs en fonction de la part des ventes faite en France.
*on instaurera des droits de compensation des différentiels écologiques, monétaires et fiscaux (pas des droits de douane) sur les importations afin de lutter contre les dumpings afférents.
*les cotisations sociales (patronales et salariales) seront, comme la TVA, remboursables à l’exportation; un taux équivalent aux charges françaises sera appliqué aux importations.
Vous aussi, vous pouvez prorposer des idées à condition qu’elles ne contreviennent pas aux règles européennes et qu’elles favorisent la production sur le sol francoui.

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