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Les vieilles idées du moderne Maqueron

Classé dans : politique — 09/02/2017 @ 11:06

Le mouvement « En Marche » recycle de fort obsolètes pensées et une logique périmée depuis longtemps. Elles ont l’avantage d’être en adéquation avec l’air du temps, avec le système libéralo-capitaliste (SLC) en tant que « phénomène social total » et système intégré. Ce qui est ranimé par l’idéologie maqueronnienne, c’est l’idée de progrès. « le siècle progresse, quel joli mot qui rime avec graisse » disait Stendhal. Le progrès était l’idée-force du siècle des «Lumières », issue notamment de Rousseau (la perfectibilité humaine mais avec possibilité de corruptibilité par dégénérescence) et propulsée par Condorcet (qui gomme l’aspect de corruption), puis transformée en scientisme (progrès par la technique et la science vers la satisfaction matérielle et le bonheur cher à St-Just), puis en évolutionnisme darwininen (Spencer), puis en sens de l’Histoire dans le marxisme vulgaire, puis en SLC de la croissance continue et de l’amélioration du sort des peuples grâce au libre-échange et à la « main invisible » du commerce.
Les horreurs du XX ème siècle, la prise de conscience de la destruction de la planète par l’accumulation incessante de biens et l’exploitation sans freins des ressources naturelles, par la recherche du maximum de profit, par la glorification de la consommation ont démonétisé le progrès comme valeur indépassable du monde moderne. Sauf chez des gens comme ceux d’En Marche (EM).
Le progrès, qui, en fait n’est qu’une religion profane visant à exploiter le besoin d’espérance des hommes, avait au moins deux versions. Une « constructiviste » fondé soit sur un projet d’amélioration des structures sociales et l’utilisation des sciences et de la technique en direction de la justice et du bonheur (le socialisme), soit sur l’évolution automatique (toujours le sens de l’Histoire) vers le mieux via la lutte des classes accompagnant le développement des « forces productives »; cette doctrine d’obédience marxiste-léniniste nous donnait, sur le versant moral, la création de « l’homme nouveau » par le changement autoritaire de son environnement social.(théorie de la table rase chère à Mao et Pol Pot). C’est la deuxième version du constructivisme qui est morte avec l’effondrement de l’URSS. la 1ère a été portée longtemps par le socialisme réformiste avant qu’il ne se rallie au SLC. Ce qui nous amène à la 2ème version, la libérale qui a été développée au maximum par Hayek.
Cette version est devenue un économisme « scientifique », c’est-à-dire fondé sur la « science économique moderne ». Que dit-elle pour l’essentiel? Qu’il n »est pas besoin d’avoir un projet pour la société et les hommes, ni de morale, ni de valeurs, ni, naturellement de politique puisque la mission du politique est de mettre en place des finalités communes pour les groupes humains, ce qui conduit à un interventionnisme néfaste parce qu’il contrarie les « lois naturelles » et « scientifiques  » de l’économie (idée déjà présente chez le physiocrate Quesnay et transformée en harmonie automatique par la main invisible de Smith; soulignons que ce dernier n’a jamais dit cela mais que c’est ce qui lui prête les thuriféraires du SLC comme élément de justification de l’inutilité de faire de la politique et de la séparation entre économie et conceptions du monde). Cetet version, dans son « modernisme » ou sa « modernité », prétend que le libre développement des marchés, sans régulation étatique ou politique conduit automatiquement au progrès matériel pour tous car les « marchés sont efficients » au sens où ils allouent, via le pluralisme des acteurs cherchant à optimiser rationnellement leur position, au mieux les ressources aux besoins. les marchés libres, sans contraintes conduisent à « l’optimum de la société » (plus fin, Pareto disait l’optimum pour; c’est-à-dire qu’il pouvait y avoir des perdants et que certains acteurs plus puissants que les autres pouvaient l’orienter vers leurs intérêts. Cette thèse converge évidemment avec le thème de la croissance, c’est-à-dire de l’accumulation permanente de biens. Croissance qui est devenue, via l’indicateur qu’en est le PIB, l’alpha et l’oméga des politicards car elle créérait l’emploi et car la portion de gâteau de chacun peut augmenter sans toucher aux pourcentages de sa répartition. Croissance qui fonctionne comme le coiffeur qui affiche devant sa boutique: « demain, on rase gratis ». les politicards utilisent la croissance comme promesse d’un avenir meilleur et, naturellement, sans fixer la date (grande erreur du stalinisme, évitée par les religions qui promettent la paradis sans qu’on puisse vérifier).
Eh bien, cette idée du libre développement automatique de l’économie sans intervention des hommes, mais par « destruction créatrice », par « émergence » spontanée, par autorégulation mécanique, idée obsolète depuis longtemps et démantelée par la crise des subprimes et des dettes publiques, c’est le fonds de commerce du moderne et jupitérien Maqueron qui porte l’idéologie SLC comme la nuée porte l’orage. Comme c’est l’idéologie des capitalistes et autres grands patrons, il est devenu « the right man at the right place at the rigth moment » et, du reste, il a été crée et propulsé par l’avant-garde (de la « mondialisation heureuse ») du patronat francoui et des penseurs socialos de la 3ème voie ((celle de Blair et Schröder). Or le SLC, non seulement n’a pas de pilote (du reste, ce serait contraire à son principe d’émergence automatique), mais encore il ne dispose pas de cabine de pilotage (systématiquement détruite notamment par l’UE au nom de « la concurrence libre et non faussée » du « renard libre dans le poulailler libre »). Ce qui explique que Maqueron se contente des signes et de la symbolique du pouvoir monarcho-républicain, affichés par sa com., car il sait que la France, volontairement fondue dans l’UE par nos politicards depuis 50 ans, na plus aucun pouvoir. Cher Maqueron: tout cela ‘est pas moderne; c’est seulement uen marche-arrière vers le 19ème siècle où il n’y avait aucue loi protégeant les travailleurs contre le patronat. Maqueron recycle aussi la doctrine utilitariste de Bentham: faire le bonheur du plus grand nombre, ce qui peut laisser de côté bien des gens au nom d’un faux optimum de la société. Maqueron a choisi: il sacrifie les retraités et les classes moyennes au profit des très riches, des capitalistes et d’un minimum de survie pour les plus pauvres. En outre, il est un parangon de « bougisme », de « présentisme » ainsi que le dit si bien P-A Taguieff. Le maquereaunisme n’est qu’un syncrétisme des idées reçues du SLC, du libéralisme des bobos si partisans de la différence et de la diversité, et du socialisme hollandais de la synthèse molle qu’il nous montre y compris au Salvador.
il y a un autre aspect périmé de la pensée soi-disant complexe du résident à l’Elysée. C’est à la fois son syncrétisme petit-bourgeois de « gauche et droiteé et sa « pensée complexe » (le simplisme du « en même temps ») qui n’est que binaire. En marche, évidemment, s’oppose à fixe. Sans cesse, la Maqueron oppose les modernes et les anciens, les progressistes et les conservateurs, les nomades et les sédentaires, les partisans de la mondialisation heureuse et les réactionnaires, les qualifiés et les illettrés, les partisans de l’avenir et du futur (radieux) et les nostalgiques, les rentiers et les dynamiques, les innovateurs et les corporatistes, les mondialistes et les nationalistes, les ouverts au monde et les fermés ou repliés sur eux et leur clocher, etc. Faisons un petit cours de dialectique au philosophe Maqueron (une simple maîtrise). Il y a la dialectique des contraires qui s’opposent comme le jour et la nuit (celle du tiers exclu d’Aristote), celle des contradictoires qui se combinent et donnent une synthèse (celle de Hegel et de Marx: thèse, antithèse, synthèse et foutaise) et celle des contradictoires en tension permanente et en équilibration (celle de Proudhon). Maqueron développe la 1ère, celle qui oppose et sépare, celle qui finit par entraîner un conflit entre les partisans des pôles opposés. La dialectique maqueronnienne n’est pas complexe; elle est simpliste et a pour but de fonctionner sur les clivages. Elle est bushiste: l’empire du bien et du mal, moi et ceux qui me suivent et les autres. C’est une très vielle recette des démagogues qui ne rassemblent autour d’eux que les pigeons qui les admirent. la dialectique du Maqueron est celle du conflit stérile entre opposants axés sur de fausses oppositions. En fait, elle répudie le vrai débat argumenté au profit d’anathèmes réciproques, ce qui, du reste, fait les affaires du tribun de la plèbe en peau de lapin qu’est Mélanchthon (disciple de Luther). Elle fait semblant de rechercher l’unité, déjà un faux concept, alors qu’il faut viser à l’union par la discussion démocratique.
Enfin, Maqueron est un fixiste du système représentatif profondément anti-démocratique mis en place par la Vème ripoublique. Ses députains, qui ont en moyenne eu 15 % des inscrits sont 61 % des sièges à la prétendue assemblée nationale. Il a été élu par suite du vote utile et du vote républicains alors qu’il n’avait que 24 % des exprimés au 1er tour des pestilentielles, soit 18 % des inscrits. Au 2ème tour, il a eu 50 % d’électeurs seulement hostiles au FN; Il n’est donc pas légitime mais, comme les copains depuis Tonton, le francisque-quin-quin, il ne joue que sur une légalité qui est largement faussée par le système électoral. Une fois élu, il va faire du monarchisme républicain, centralisé, autoritaire et assis sur les copains et les coquins. Tout cela n’est ni juste, ni légitime, ni moderne. C’est la quintessence du système représentatif qui permet aux élus de décider ensuite le pays contre la volonté du peuple. Ce que fait déjà Maqueron en lançant le pays dans le SLC pour faire comme les autres dirigeants européens et mondiaux. C’est un club dont il veut faire partie pour que Merkel lui claque la bise. Mais ce n’est pas moderne du tout…

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