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La politique du logement

Classé dans : politique — 09/03/2017 @ 10:52

Dans un entretien jupitérien au Point, Maqueron a persisté dans son idée de ratiboiser les aides au logement tout en annonçant qu’une nouvelle politique du logement serait pondue sous son égide. On peut craindre le pire quand on connaît les convictions libéralo-capitalistes du malhomme. On sait déjà qu’il est question de diminuer les exigences précédentes pour le ratio de logements sociaux dans les communes d’une certaine importance (portées à 25 % en 2013 sous Zizi Rider pour les communes de 3500 habitants, hors Ile de France). L’argument principal de la réforme des aides au logement serait qu’elle profitent surtout aux bailleurs qui en profitent pour augmenter les loyers. Cela est fondé sur une étude ancienne qui a été depuis controuvée sans que nos politicards, visiblement, le sachent. Cette vieille étude masquait que la plupart des aidés vivaient dans des immeubles sociaux à loyers contrôlés, donc hors bailleurs privés. Donc pour l’essentiel des locataires, il n’y a avait pas augmentation du loyer en cas de hausse de l’aide (hausse régulièrement en dessous de celle des prix depuis longtemps). En outre, les bailleurs privés n’augmentaient pas seulement le loyer : ils amélioraient l’habitat. Donc, le pouvoir s’est servi d’une étude fausse et périmée pour accuser le chine de la rage et les raisins d’être trop verts. Quand les « organes » (au sens de Soljenitsyne) statistiques sont dans la main du pouvoir au lieu d’être socialisés et indépendants on peut toujours trouver un fonctionnaire servile (ou plusieurs ou tout un service soumis à son chef) pour monter des fake statistics.
En réalité, l’augmentation des loyers et des prix de l’immobilier est surtout liée au fait que les gouvernements depuis 1980 ne tiennent pas compte de l’évolution des données sociologiques : familles monoparentales, divorces, augmentation de la durée de vie, bonne natalité (relativement à celle de la Doryphorie), désertification rurale au profit des grandes villes… Car dès 1980, les gouvernements, fussent-ils socialistes, ont abandonné « l’aide à la pierre » (pour construction de logements sociaux ou non) pour « l’aide à la personne », c’est-à-dire pour faciliter la construction en en appelant au marché sans régulation publique. D’où tous les dispositifs d’aide à la personne pour faciliter l’accession individuelle à la propriété (sous-entendu: un proprio est moins révolutionnaire et se tient coi car il doit payer ses mensualités de crédit) et pour financer la construction des logements en vue de la location avec un loyer plus faible (sur par exemple 9 ans) moyennant des suppressions d’impôts sur les revenus fonciers. Cela a permis de belles spéculations…notamment dans des communes (par exemple ma belle ville d’Albi) sans problème de logements; d’où l’impossibilité de louer et une dégradation de la valeur ruinant les pigeons qui ont investi. D’où la profusion de logements (privés) pour étudiants, séniors, de maisons de retraite médicalisées ou non, le tout aux frais des autres contribuables. Comme toujours, quand le pouvoir crée une obligation ou une opportunité d’investissement, c’est pour créer ue rente. Guimauve le Concurrent avait promis la construction de 500 000 logements par an; ce fut bien raté…
Il est vrai que l’aide à la pierre avait produit des immeubles « d’inspiration collectiviste » comme l’a si bien dit Valérien Fiscart Déteint dans son opuscule « Démocratie française ». Immeubles que l’on détruit aujourd’hui au nom de la politique de la ville alors qu’il suffirait de les rénover, de les compléter par des commerces, des services publics et par des moyens de transport. Les Bouygues et consorts se frottent les mains: l’Etat a payé pour construire, paye pour détruire et repaye pour reconstruire. La politique de gribouille n’est pas perdue pour tout le monde et peut faire bien des heureux comme les maires, les agences immobilières, les syndics d’immeubles, les constructeurs de logements.
Maqueron va-t-il enfin mener une politique du logement qui réponde aux besoins des citoyens et des habitants et non à ceux des financiers et de la logique privée? J’en doute fort mais attendons… Que faire? Construire sur fonds publics ou socialisés (ceux du livret A dont Tsarkozy a procuré le tiers aux banques privées et dont on vient de refuser de revaloriser le taux d’intérêt malgré une formule de calcul qui l’imposait: plus 0,25 par rapport à l’inflation): des « cités universitaires » avec salles de sport, de distraction et télé, de mise à disposition du Web, cantine et buanderie et accès aisé aux moyens de transport, des cités pour personnes seules (retraités, célibataires) dotées des mêmes moyens que les cités U, des maisons de retraite, des immeubles HLM, des centres pour application de la loi DALO, rénover et mettre aux normes écologiques les immeubles anciens au lieu de les détruire… On financera tout cela avec le livret A et avec une partie des cotisations en vue de la retraite. on imposera par une taxe aux compagnies d’assurance ce qu’elles faisaient avant: placer de l’argent dans la propriété immobilière. Surprimer les aides à la personne, dont la faculté de déduire des intérêts de son revenu imposable. veiller à ce que les constructions soient munies des infrastructures nécessaires: services publics, transports, maisons de santé, commerces, écoles, emplois… La mixité devra y être sérieusement contrôlée de façon à éviter l’emprise de communautés majoritaires. Une assurance publique et mutuelle sera mise en place pour couvrir les loyers impayés ou les défauts de participation aux dépenses d’entretien.

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