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La stratégie maqureaunienne du salami

Classé dans : Non classé — 09/05/2017 @ 11:04

Le résident Maqueron, pourtant si moderne, utilise une stratégie de « transformation » (il ne dit plus réforme car le terme, si galvaudé, signifie régression pour les réformés) très utilisée par le « petit père des peuples », à savoir Staline ; celle du découpage d’un problème en rondelles à traiter séparément tant dans l’action que dans les temps de mise en place, celle du salami.
Il faut lui reconnaître qu’il a bien « intuité », contrairement aux autres politicards et aux syndicats, la baisse rapide du travail salarié à la fois par les effets des nouvelles technologies (énorme productivité attendue) et modes de gestion du travail que par la logique même du SLC mondialisé qui met les travailleurs du monde entier en concurrence vers le toujours moins-disant. La logique SLC exige de plus une flexibilisation immédiate de la « force de travail » en fonction des marchés, du prix du travail et de la concurrence. Maqueron n’entend pas lutter contre ce monde fou qui détruira la planète. Son but est d’y adapter enfin le pays.
Maqueron, pour y arriver, a conçu une stratégie « complexe » et saucissonnée, de remplacement du salariat par le travail indépendant. La transformation du code du travail, en temps que « mère des batailles » et 1ère tranche du salami vise à donner tout le pouvoir d’organisation, de flexibilisation et de licenciement aux patrons. L’emploi CDI, l’emploi tout court, chassé des entreprises sera remplacé par des petits boulots apparentés au vieux contrat de louage de services du code civil de Napoléon 1er), des prestations de service à temps partiel, le travail à domicile (facilité par le télé-travail) ou à façon (comme les ex-canuts) et surtout par la montée des « auto-entrepreneurs et des micro-entreprises.
Maqueron a bien vu que, dans ce nouveau mode d’exploitation des travailleurs, on ne pourrait plus financer les cotisations sociales par la seule base salariale dont il veut qu’elle s’amenuise afin de s’adapter à la concurrence mondialisée. Et cela d’autant plus qu’il lui faut réduire (ou compenser comme Zizi Rider) les charges patronales, déjà pourtant fortement diminuées voire annulées en-dessous du SMIC. D’où, 2ème volet du saucissonnage, la hausse de la CSG de 1,7 points (en attendant une augmentation progressive et incessante ; rappelons que Rocard l’avait inventée au taux de 1,1 % alors qu’on en est, CSG plus RDS, à 8). La CSG est un impôt (et non une cotisation malgré son nom volontairement trompeur) sur tous les revenus ; donc pas seulement sur le travail salarié. Pour remplacer les cotisations sociales assises sur le salariat, la CSG-RDS est donc le moyen adéquat. Mais à long terme il en faudra la masse idoine. Maqueron entend aussi faire passer un bonne part, et à long terme, sans doute tout, des cotisations chômage vers le budget de l’Etat, c’est-à-dire vers l’impôt.
L’idée, pour le chômage, est d’indemniser tout le monde, salarié ou non (auto-entrepreneurs, démissionnaires tous les 5 ans, artisans) sur les fonds publics afin de rogner les ailes de la cogestion de l’UNEDIC entre patrons et syndicats et de fixer étatiquement le mode d’indemnisation. On doit s’attendre à une diminution de la durée et des montants d’indemnisation car le nombre de bénéficiaires va s’accroître en même temps que les cotisations vont diminuer en volume (effet CDD, temps partiel, intérim…). Ce fut la méthode du doryphore social-démocrate Schröder afin de faire baisser les charges sociales du pays. A quoi s’ajoute l’obligation d’accepter la 2ème proposition d’emploi faite à un chômeur. Cela aura aussi pour effet d’encourager le passage au statut d’auto-entrepreneur.
3ème rondelle : rendre le statut d’auto-entrepreneur attrayant afin que les chassés du salariat puissent s’y réfugier sans y laisser trop de plumes. Cela sera fait avec le doublement du chiffre d’affaires autorisé pour y avoir droit (66 000 euros pour l’artisanat, 165 000 pour le commerce), la suppression du RSI par passage au régime général de la Sécu avec baisse des cotisations (sans doute à plus long terme la part patronale qui pèse aussi sur les assujettis au RSI alors que les salariés sont leur part plus celle payée par le patron). Ce qui créera une concurrence exacerbée pour les artisans ; il n’est pas sûr du tout que la balance nombre d’auto-entrepreneurs-nombre d’artisans soit positive car on obtient là le déshabiller Pierre pour vêtir Paul.
4ème tranche : redonner un peu de pouvoir d’achat aux plus démunis via la suppression de la taxe d’habitation et des cotisations maladie et chômage remplacées par la hausse de la CSG. Las, aux dernières nouvelles les calendriers ne coïncident plus à cause de l’exigence du moins de 3 % de déficit budgétaire en 2017 et de pas plus de 2,7 en 2018. Parallèlement, Maqueron diminue l’impôt sur les revenus du capital (dividendes, intérêts et plus-values avec une « flat tax » à 30 % ; avant on avait 15,5 % plus le taux d’IRPP en fonction de la tranche de revenu : grands gagnants ceux qui étaient dans la tranche à 45 %) et exonère aussi ces derniers de l’ISF (qui ne sera appliqué qu’aux revenus et valeurs immobiliers). Il abaisse aussi le taux d’IS à 25 % au lieu de 33. L’idée est que les capitalistes investissent ; j’en doute car on verra plutôt une hausse des dividendes ou des profits non investis ou des investissements purement financiers vu que leur imposition va diminuer.
Rappelons que Maqueron compte faire investir 10 milliards dans les « start Up », diminuer le déficit budgétaire de 40 milliards en 5 ans. Comment financer tout cela ? En abaissant les dotations aux collectivités locales, en sabrant dans les aides sociales (APL) et les emplois aidés et en taxant les riches retraités touchant plus de 1200 euros nets par mois (pour une personne seule) avec la CSG et le maintien de la taxe d’habitation qui va s’envoler (baisse des dotations et suppression d’icelle pour 80 % des personnes). En fait Zizi Rider avait choisi le matraquage fiscal et pour tout le monde dès le début de son mandat et M sera forcé d’y aller (mais seulement pour les classes moyennes aisées) au fur et à mesure de l’insuccès de sa politique. Car elle échouera pour la bonne raison que les autres pays vont à leur tour accentuer leur adaptation à une concurrence accrue de la France et ainsi de suite, sans fin en univers SLC. Le problème du salami, c’est qu’à la fin du tronçonnage il n’y en a plus à exploiter.

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