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Les vues européennes de Maqueron, Macaron, Macareux

Classé dans : politique — 09/09/2017 @ 11:31

Le résident à l’Elysée, en déplacement officiel en Grèce, a donné quelques bribes de sa vision pour l’UE. On ne s’étonnera pas d’y voir une résurgence des traités de 1815 installés en Europe par Metternich en tant « qu’équilibre des puissances » nationales pour y garantir la paix. Mais Macareux est « moderne » : il ne s’agit plus de la nation francouie mais de la supranationalité européenne où elle disparaîtra. L’échelle change car l’équilibre des puissances est vu comme la mise en place d’une Europe capable de faire pièce à la Chine, l’Inde, les USA et de lutter contre d’autres puissances émergentes (par exemple, Iran, Brésil Nigéria, Indonésie, Russie, Asie du Sud Est, monde Arabe..) dont la population et le développement économique pourrait déstabiliser l’Europe si elle n’est pas unie par une « gouvernance » forte. Le changement d’échelle du raisonnement, né il y a deux siècles, ce qui n’est pas super moderne, ne change donc en rien sa logique bloc contre bloc, chacun faisant peur à l’autre et vice versa dans un équilibre de la possible destruction mutuelle.
Qu’apporterait la France dans la corbeille de mariée ? Son armée, sa bombinette, son énorme domaine maritime, son amitié avec le Maghreb, sa similitude ou entente possible avec l’Europe du Sud. Et la Doryphorie ? Son économie, ses réserves financières énormes, sa rigueur et sa stabilité, son emprise sur les PECO, son alliance de facto avec les pays luthériens d’Europe du Nord. On notera que ces possibilités sont liées au départ du Royaume-Uni qui, uni à la Fridolie, faisait régner l’ordre libéral en économie. Dans ce cadre Macaron songe à ce qu’on appelle une confédération ; c’est-à-dire une simple union d’Etats pour des enjeux communs, union cependant gouvernée et dirigée par un 1er cercle de puissances dominantes. Lequel ? L’Allemagne, la France et leurs alliés ou ralliés. Cette supranationalité serait coordonnée par des structures : une gouvernance économique et financière de la zone euro, la BCE, une Kommission de Bruxelles encore plus dirigiste et technocratique. La chose implique que notre pays devienne crédible en économie, c’est-à-dire qu’il se plie enfin à l’ordo-libéralisme teuton et respecte enfin ses normes d’équilibres financiers, de même que la concurrence libre et absolue. D’où la rigueur budgétaire de Maqueron, .sa politique de l’offre en faveur des riches et des entreprises dont l’argent irait ruisseler sur le pays en création d’emplois, sa vente de parts dans les entreprises publiques, son attaque contre les corps intermédiaires (dont les communes et les confédérations syndicales) sa promotion de l’individuel plein d’énergies contre le collectif corporatif, « fainéant », statique et rentier. En effet, pour s’allier, il faut une certaine homogénéité entre les pays du point de vue des valeurs, de la culture économique, des normes sociales. On voit que l’alliance France-Tudesquie envisagée par Maqueron prend la tournure de la vieille « entente cordiale » France-Gibbye sous Napoléon III. On sait que cette entente tenait du pâté d’alouette. L’alliance maquereaunnienne est symbolisée par l’image du nabot Tonton tenant la paluche du géant Kohl à Douaumont. La question est donc de savoir qui dirigera vraiment l’attelage. La réponse est claire : ce sera l’Allemagne.
L’approche maqueronienne, qui se veut de grande géopolitique et ultra moderne, va à l’encontre du socialisme dont il se réclame en se drapant dans les mânes de Jean Jaurès avec la fondation éponyme qui, visiblement, s’est ralliée à son panache glorieux. Le socialisme véridique est internationaliste et non pas supranationaliste. L’internationalisme est fondé sur l’idée que les peuples ont des intérêts et valeurs communs mais qu’ils sont « en même temps » rattachés à une base nationale qui doit être ouverte sur les autres et, débattre avec eux sur un pied d’égalité et démocratiquement pour arriver à des arrangements transversaux et supérieurs aux normes locales. Le socialisme, c’est la recherche de la justice. C’est la reconnaissance des bienfaits de la coopération et de la solidarité. C’est fondé sur du commun et du collectif, sur des structures sociales qui favorisent les projets individuels grâce à des moyens d’égalisation des conditions et des parcours; c’est l’idée que le pouvoir politique a un rôle d’impulsion du social. C’est fondé sur l’idée que la société n’est pas une collection d’individus en interaction et mus par leur seul intérêt, mais un système de rapports sociaux et de moyens collectifs. Cela en appelle à une démocratie authentique qui ne sépare pas le pouvoir politique de la société en le mettant au-dessus pour la diriger, qui répudiela forme traditionnelle de démocratie représentative qui crée une domination des dirigeants sur les dirigés. Le socialisme démocratique ne peut être qu’un fédéralisme de type proudhonien, c’est-à-dire tout à la fois économique, politique et social, loin du confédéralisme purement politique que prône Maqueron. Ce fédéralisme requiert, notamment, une harmonisation fiscale et sociale que la gouvernance actuelle de l’UE rend impossible malgré les propositions maqueronnesques en la matière (dont refonte de la directive de 1996 sur les travailleurs détachés. En effet, il faudrait l’unanimité (ou une majorité qualifée fort difficile à avoir tant la règle de sa définition est tarabiscotée et a été conçue pour favoriser les petits pays) pour en prendre la décision alors que les PECO ou l’Irlande fondent leur bonheur sur l’état actuel du moins-disant fiscal et social. Maqueron fait donc du cinéma à usage franco-francaoui car il sait que ses idées n’ont que fort peu de chances d’être adoptées dans l’UE.
En fait Maqueron est un politicard traditionnel: mise du politique au-dessus de tous les acteurs sociaux, conduite du changement par en haut, quasi-césarisme, gouvernance par l’expertise, légitimité seulement électorale via la démocrassouille ripoublicaine. Le problème est qu’il se sert du pouvoir immense que procure la Vème république au président s’il a une majorité pour faire avancer bien plus vite et brutalement les pions du SLC (système libéralo-capitaliste) en France. Et s’il réussit il n’y a aura plus besoin de gouvernement puisque le marché fera tout lui-même. Maqueron scie-t-il la branche sur laquelle il est si bien assis? Non, il se prépare un avenir magnifique dans les milieux patronaux au nom des « revolving doors » entre les fonctions publiques et privées. La nullité intellectuelle qu’est Tsarkozy ne fait-elle pas des conférences grassement payées devant des aréopages de puissants?

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