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Méfions-nous des associations de charité

Classé dans : politique — 09/11/2017 @ 10:02

Ces derniers lustres les assoss . ont connu un développement fulgurant. Le phénomène amène à s’interroger sur ses causes et son contexte. Je en parle pas ici des traditionnelles assoss. de chasse, de pêche à la ligne, de boulistes, de joueurs de scrabble, etc. qui répondent à des besoins de distraction et de relations amicales. Il vaudrait donc mieux les appeler des amicales. Je ne m’intéresse pas non plus ici aux assoss. Militant pour une cause d’anti-discrimination dans les luttes pour les droits des femmes, des gays, des communautés stigmatisées, des animaux, du respect de l’environnement. Je me concentre sur les associations de charité qui ont proliféré ces derniers temps.
Le contexte : guerres, aléas climatiques avec famines, disettes et pertes de territoire de vie, cyclones, inondations, tremblements de terre, catastrophes industrielles, s’y prête depuis toujours. Mais le changement climatique a énormément aggravé le nombre et l’intensité des catastrophes , la « mondialisation heureuse » (dixit Attila le socialo-libéral) a renforcé dramatiquement son lot de précarité et de pauvreté des exclus de la « mondialisation heureuse » et l’accumulation capitaliste sans fin, sans limites a dévasté la planète au nom de la maximisation du profit. On peut affirmer avec l’énorme majorité des scientifiques que le changement climatique est causé par les méfaits de l’industrialisation capitalistique. On peut dire aussi que la pauvreté, si elle a globalement diminué (mais au regard de normes de définition assez discutables : 1,25 dollars par jour et recul de la malnutrition), a repris du service dans les vieux pays occidentalisés. En outre, ce qui est un renouveau (retour à un 19ème siècle aggravé), ‘est la monté en flèche de la précarité en raison du règne généralisé de la flexibilité en univers de système libéralo-capitaliste (SLC). Et si l’accumulation de produits industriels pollue et détruit la planète, la logique financière du SLC en aggrave les conséquences pour les plus pauvres et les plus menacés. Prenons des exemples des effets du SLC en tant qu’accumulation et logique du profit.
Les mangroves sont détruites pour élever des gambas, des poissons, des crustacés ; or elles protègent contre les grands marées, les effets des typhons, les tsunamis, etc ; et elles sont des lieux de pêche de proximité. De même, on laisse détruire les coraux (notamment ceux de la grande barrière de corail en Australie) pour faire place à des activités industrielles et des ports. La forêt amazonienne est sabordée pour de l’élevage, du soja OGM (au passage on expulse les peuples premiers et on les exproprie de leur territoire quand on ne les zigouille pas), l’indonésienne pour de l’huile de palme, celle du Congo ou de Madagascar pour son bois.
Les zones côtières, tant des îles paradisiaques que des littoraux à la mode (Corse, côte d’Azur), sont livrées à la spéculation immobilière pour construire des lieux de vacances pour les plus riches ; la spéculation, qui fait monter les prix, chasse les pauvres de ces lieux pour des bidonvilles en zone inondable ; les lois de protection du littoral sont violées de même que celles de construction dans des endroits dangereux (couloirs d’avalanche, zones inondables, zones où les ouragans sont fréquents). Les zones côtières, qui seront un jour détruites par la montée du niveau des mers, voient se concentrer l’essentiel des populations car c’est là que sont les jobs (industries d’exportation, ports, etc.). Certes la Hollande, dont les 2/3 du territoire sont sous le niveau de la mer, a su lutter mais avec des moyens financiers et matériels hors de portée des pays pauvres. Il est probable qu’on investira pour défendre les villes et les biens des riches mais pas pour les pauvres ainsi que l’a montré l’ouragan Katarina à la Nouvelle-Orléans.
La maximisation du profit fait que des produits dangereux (amiante, pesticides, nano-particules, bisphénol A, médicaments du loup Servier, etc.) pour la santé ou des catastrophes industrielles (Bhopal, Seveso, marées noires, AZF à Toulouse, usine textile au Bangla-Desh, séismes causés par des explosions nucléaires ou des mines trop étendues ou des barrages …) se sont multipliés sans régulation suffisante par des autorités publiques au service du kapital. La mer et les océans meurent de la surpêche et de l’absorption de saloperies en tout genre qui y sont déversées sans vergogne. De vastes terres, victimes de la surexploitation, des engrais chimiques, des OGM deviennent des déserts. La charbon et les combustibles fossiles continuent d’être exploités malgré leur dioxyde de carbone et autres cochonneries expédiées dans l’atmosphère.
On assiste encore à bien des guerres, militaires ou économiques, pour la monopolisation des ressources naturelles (pétrole, gaz, eau, métaux rares, or, pierre précieuses…), ce qui spolie les populations, les chasse vers l’exil, ce qui détruit encore plus l’environnement comme le gaz de schiste ou les schistes bitumineux.Ce s problèmes d’accès aux ressources, associés à la vente d’armes, amènent à des alliances contre nature avec les pires régimes politiques de la planète.
On voit donc que le SLC, associé à un mode de gouvernance de politique nationale qui privilégie la recherche de la puissance et la paix sociale par la croissance, crée émigration, pauvreté, exclusion, précarité. Et c’est là qu’interviennent les assoss. charitables: aider les victimes du SLC à surnager avec les narines juste au-dessus de la fosse à purin. Ces assoss. sont donc des préservatifs contre la révolte sociale et aident, volens, nolens,à conforter le système dans la durée. La personne est donc tiraillée entre sa compassion pour les victimes et sa révolte contre le SLC. Que faire? Eh bien, contribuer à aider pour des raisons morales et humanitaires, mais soigneusement choisir les organismes à soutenir. On proscrira donc:
* ceux qui dépensent beaucoup trop en pub; com., gestion, permanents…, souvent plus de 30 % du montant des dons
* ceux qui sont liés à des institutions religieuses car celles-ci se servent souvent de la charité pour se propager, faire de l’entrisme, développer leurs normes de vie y compris contre celles des indigènes; il en est de même pour les organisations liées à un parti politique
* ceux qui ont une approche culturaliste, c’est-à-dire réservée aux populations qu’ils choisissent de privilégier, par exemple une communauté ou un groupe de malades (genre myopathes car c’est de toutes les maladies qu’il faut s’occuper
* ceux qui sont liés à des politiciens locaux qui en profitent pour développer leur clientèle; ceux qui ont des accointances étatiques et, en fait, soutiennent les politiques du pouvoir
* ceux qui ne font que du coup par coup ou apparaissent comme des champignons par suite d’une catastrophe
* ceux qui sont dirigés, et ils sont nombreux, par des petits chefs soucieux de leur image et de leur gloire, donc ceux qui n’ont rien de démocratiques et contribuent à perpétuer la division entre dirigeants et dirigés
* ceux qui ressortissent aux fondations soutenues par des puissants afin de peaufiner leur image, de légitimer leur entreprise et, surtout, de bénéficier de réductions d’impôts qui mnaquent ensuite pour les besoins collectifs. Là, c’est un comble: les boîtes les plus favorables au SLC et qui en propulsent les méfaits comblent en même temps quelques petits trous avant d’en creuser d’énormes ailleurs!
* ceux qui sont institutionnalisés et tirent leur notoriété de leur image officielle d’utilité publique et de leur statut; telle la Fondation de France
* ceux auxquels les dons ouvrent un crédit d’impôt car cela signifie qu’ils sont utiles aux gouvernements, y compris ceux, socialos ou non, qui promeuvent le SLC
Au contraire, on aidera les assoss. qui ne se contentent pas de secourir mais qui cherchent à redonner un emploi ou une utilité sociale à leurs sociétaires et aux personnes aidées (genre associations d’insertion). Elles sont dans la logique de Lao Tseu ou de Confucius: si tu donnes un poisson à un homme, il mange un jour, si tu lui apprends à pêcher il mangera toute sa vie
Et n’hésitez pas à proposer des idées

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