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La blague de la formation pour faire reculer le chômage

Classé dans : politique — 09/20/2017 @ 10:38

Les experts (en économie libéralo-capitaliste) et les politicards nous bassinent avec l’idée que s’il y a des chômeurs c’est parce qu’ils ne sont pas adaptés au marché du travail faute de qualification. Solution: les former, les recycler afin qu’ils puissent se relancer en tant qu’actifs. Cette solution ne tient pas la route, ni maintenant, ni, encore plus à long terme.
Pour l’instant, nous avons maints emplois pour lesquels il n’y a pas de clients et qui ne demandent pas des qualifications prononcées (plus de 300 000 suivant le MEDEF qui, naturellement, force la note). Les gens seraient des « fainéants » qui préfèrent le chômedu et les aides sociales au travail. Faux car toutes les enquêtes de motivation montrent qu’ils préfèrent de loin le travail, source de relations, d’amitiés, de reconnaissance, d’activité au farniente et à l’oisiveté. En fait, nombre d’emplois ne trouvent pas preneurs car ils sont sous-payés et présentent des conditions de travail peu attirantes. Cela est oublié par le pouvoir et le patronat afin de laisser libre cours au travail des clandestins et des marginaux que l’on peut exploiter sans vergogne et qui font baisser le prix de la force de travail. Par ailleurs, depuis des décennies, la France n’a pas investi dans l’apprentissage et il y a même des boîtes (EDF, par exemple) qui ont fermé leurs propres écoles d’apprentissage et de formation. il y a aussi peu de candidats à l’apprentissage car il est socialement dénigré (par l’EN et les excellences énarchiques) et car les contrats proposés, en l’absence de législation publique et de contrôle, sont souvent léonins. On manque donc effectivement de professionnels dans certains domaines d’activité mais ce n’est pas dû à la flemme. Cela concerne pourtant des emplois locaux et fort peu délocalisables. Pour les emplois en concurrence sur le marché mondialisé, il est très clair que l’on y trouve tout ce qu’on veut et à bas coût. Il s’agit d’emplois de production assez peu qualifiés qui sont occupés par les pays low cost et cela ne devrait pas s’arranger car il est clair que les techniques nouvelles sont très coûteuses en capital et qu’il vaut mieux alors employer des quasi esclaves dont les droits sont inexistants dans bien des pays. on peut penser que ce discours de manque de qualification a surtout pour fonction de culpabiliser les « illettrés », les « sans-dents », les « sans-costar » et de légitimer les surdiplômés qui dirigent l’Etat et les grosses boîtes parce qu’ils sont issus des « séminaires de l’aristocratie ». Or il y a des tas de jobs, par exemple de service à la personne, qui ne demandent de grandes études mais des fortes capacités relationnelles et de l’empathie; choses qui sont fort peu valorisées dans les critères de compétence en cours dans les boîtes et l’administration
Il y a déjà longtemps que des personnes fort qualifiées et diplômées sont employées dans des tâches très inférieures à leur niveau et, naturellement, sous-payées. Ce qui manque, ce sont les emplois, pas la formation et recycler ou former davantage ne fera jamais que modifier la liste d’attente pour l’emploi. Il suffit de raisonner par l’absurde pour s’en convaincre. Supposons que tout le monde, garçons et filles, sorte de Polytechnique. Eh bien, il restera des chômeurs, à commencer par les filles. Je n’ose pas imaginer sur quels critères les X seraient alors discriminés.
Cet état actuel des choses ne veut pas dire qu’ils ne faut pas former. Il faut, bien évidemment, le faire mais pas pour offrir des salariés au kapital. Ce sera pour développer des petites structures artisanales, par exemple de réparation au lieu de favoriser le neuf et le clinquant via, notamment la publicité et « l’obsolescence programmée ». Il y a des foultitudes d’emplois possibles à créer, moyennant formation adaptée, dans l’agriculture et les produits agricoles artisanaux et de qualité ou dans le petit commerce de proximité. Ce qui suppose de ne pas favoriser systématiquement les grands magasins capitalistes et les produits industriels genre ceux de Lactalis et consorts. On peut aussi créer énormément d’emploi dans l’exploitation de la biomasse afin de remplacer le pétrole et ses dérivés, afin de retrouver une filière bois (scieries, papèteries, petites fabriques de meubles à l’épreuve du temps, gazogènes pour véhicules, construction de maisons en bois, etc.). C’est à cela que doit servir immédiatement la FPC (32 milliards): former des artisans créant des emplois locaux et allant contre la logique du système libéralo-capitaliste.
Passons au plus long terme. Robotisation, automatisation, régulation informatique vont procurer une gigantesque productivité qui, si la consommation n’augmente pas drastiquement (ce qui est incompatible avec la protection de l’environnement et l’économie des ressources naturelles), fera une très importante diminution des emplois. Notamment parce que les pays actuellement les plus producteurs (les « low cost ») se mettront eux aussi à ces technologies. L’idée schumpéterienne comme quoi la destruction d’emplois dans les industries obsolètes est compensée (et même bien plus) par la création de nouveaux jobs ailleurs devint de plus en plus caduque. Dans les domaines de la gestion des entreprises et de l’administration, tous les emplois de moyenne qualification liés à l’application de procédures seront rapidement remplacés par des dispositifs informatiques et par des délocalisations grâce au Net. Il restera des emplois très hautement qualifiés de conception de systèmes productifs et informatifs, de recherche, d’innovation. On aura aussi une progression (très insuffisante) des emplois de pub, com., marketing, force de vente, du commerce (le gros, celui qui détruit l’artisanat et les magasins de proximité) de la finance; or ces emplois, du reste pas assez nombreux eu égard au volume de la population qualifiée et à la concurrence féroce entre pays, sont parasitaires et nocifs car ils entretiennent la culture du gaspillage et de la surconsommation plus ou moins gadgetisée et font augmenter les prix pour les consommateurs par suite de la concurrence qui pousse aux dépenses afin de rester sur les marchés. Pour compenser ce futur manque d’emplois, Maqueron et ses collègues lbéralo-cappitalistes veulent laisser libre cours à l’uberisation, aux systèmes Deliveroo, aux auto-entrepreneurs, aux modèles Ryanair, aux emplois dans la sécurité des biens et des personnes, au services à la personne, tous précaires et sous-payés et à l’explosion des effectifs de la police.
Il est alors très clair que si l’on continue de laisser agir la logique automatique du système libéralo-capitaliste (SLC) de profit, d’accumulation et de concurrence (ce à quoi nous pousse Maqueron), alors le problème de l’emploi ne sera résolu que par la pauvreté, la précarité et… la charité plus un très maigre filet de sécurité sociale pour les seuls plus pauvres. C’est cela que vous voudriez pour vos enfants? Et, en outre, il faut tenir compte de ce que le SLC continué va détruire très rapidement ce qui reste de la planète.

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