les armes de la critique

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Le pouvoir n’est pas dans la rue!

Classé dans : politique — 09/23/2017 @ 10:50

C’est ce que viens de déclarer le Maqueron, après tant d’autres excellences politicardes; qui plus est, il l’a fait aux USA dans le cadre d’une interview par une célèbre journaleuse yankee. C’est ce que dit le crypto-franquiste Rajoy en Espagne contre les Catalans. Aux yeux des représentants du peuple, ce qui est légitime, c’est la parlement légalement élu. Quand la démocratie a voté, ce sont les élus qui sont légitimes et pas la rue. Qu’en est-il?
Pour qu’il en soit ainsi, il faudrait d’abord que les élus soient légitimes. Passons vite sur ce qui est bien connu: une information insuffisante et biaisée parce que les médias sont dans l’audimat, la pub, le divertissement, le service de leurs propriétaires, tous ou presque des puissants de l’économie et de la finance. Depuis très longtemps déjà, les médias ne sont pas au service de la formation de l’intérêt général et de l’élévation de l’esprit critique des citoyens, mais fonctionnent pour leurs seuls intérêts utilitaires et sonnant et trébuchant. On a bien vu comment le Maqueron a été monté en épingles par les grands médias et pas ses riches amis. Un mode de scrutin parfaitement inique. un cantonnement de la participation du peuple à la chose politique à des élections à la fois sporadiques et momentanées alors que la vraie démocratie suppose processus permanent de mise en débat, d’expression et de participation. Une abstention carabinée car nombre d’électeurs se sont retirés du suffrage: ils ont été à chaque fois cocufiés, notamment par de fausses promesses (la fracture sociale de Chiracos) et par des mensonges cachés (la facture sociale de Zizi Rider). Les 312 députains du Maqueron ont été élus par 15 % des inscrits si l’on cumule l’abstention (57 %) et les votes blancs et nuls (10 %). Or ces 15% ont ramassé près de 60 % des sièges! Et encore ces 15 % ont été largement dus à l’effet anti FN au nom du fameux « front républicain ». De même qu’aux pestilentielles, nombre d’électeurs n’ont pas vraiment choisi mais éliminé. Au 1er tour le Maqueron a eu 24 % des exprimés, soit 18 % des inscrits. Cela c’est de la légalité et pas du tout de la légitimité. En outre le Maqueron a avancé masqué: il avait bien annoncé une réforme du code du travail mais s’était bien gardé de préciser son contenu et surtout il a dissimulé que l’ensemble des réformes envisagées formaient un système dont on ne verra le projet que lorsque toutes les tranches de salami seront coupées et les étapes du découpage d’icelui seront terminées. Et ce système, on le voit bien mieux après l’élection, c’est l’implantation en France du SLC et de l’ordo-libéralisme tudesque. Des demi mensonges et des dissimulations ne font pas une vérité mais une tromperie des électeurs.
En Espagne, Rajoy se drape dans la Constitution qui, comme par hasard, interdit la sécession. Natürlich, comme on dit à Berlin. la Constitution a été établi après la mort de Franco. Est-elle gravée dans le marbre, vaut-elle pour l’éternité, les générations futures n’ont-elles plus rien à ajouter après la disparition de leurs ancêtres? Et c’est sur ces sophismes de politicards, qu’on défend la légitimité des pouvoirs installés légalement?
L’histoire montre que la rue (surtout quand elle est armée) a souvent imposé ce qui est vraiment légitime. L’Irlande a eu son indépendance de même que les ex-colonisés, la monarchie a été abolie en France en après 1789, le suffrage universel a été imposé en 1848, les féministes britanniques ont eu droit elles aussi et pour toutes les femmes au suffrage universel. C’est la rue qui a imposé les avancées sociales de 1936 et de 1968. C’est la rue qui en 1984 a fait ôter la loi Savary contre les écoles privées subventionnées, qui en 1995 a fait reculer les « réformes » Chiracos-Juppé et fait retirer l’infâme CPE en 2006. Encore faut-il qu’il y ait assez de monde dans la rue… Encore faut-il organiser un solide rapport de force… C’est le contraire de ce que font actuellement les soi-disant forces d’opposition. Voyons comment.
Les faux opposants se sont donné beaucoup de mal pour rendre la grogne populaire inefficiente. Comme d’hab. on fait des manifs revolving (déjà 2 pour la CGT). On fait des manifs catégorielles, secteur par secteur au lieu de rassembler tous les mécontents d’un seul gros coup. On n’appelle pas à la grève, encore moins à la grève générale. De plus Méluche et Martinez ont cru bon de séparer politique et mouvement social… les dirigeants ont peur, soit que cela ne marche pas (mais on pourrait au moins savoir à quoi s’en tenir sur le degré de réactivité des victimes du Maqueron), soit d’être débordés et dépassés comme en 68 (réaction de rentier de la représentation officielle). Cela démontre à l’envi que des syndicats professionnalisés, institutionnalisés ne défendent pas leurs mandants mais leurs intérêts. Il y a gros à parier qu’ils arrêteront tout quand le pouvoir leur aura concédé quelques queues de cerise qu’ils pourront afficher comme grande victoire du peuple et d’eux-mêmes. Cette fusion au sein du SLC, en singeant à l’intérieur de l’organisation le modèle extérieur des organes du kapital, ne date pas d’aujourd’hui. Dès 1914, Roberto Michels avait établi « la loi d’airain de l’oligarchie » en parlant des organes de la social-démocratie. Seule solution; se libérer soi-même en tant que groupement de résistance et construire autre chose, à côté et contre et surtout, sans se faire représenter par qui que ce soit, surtout pas de parti ou de syndicat officiels.

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