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Au nom de la loi ; les excellences sont des shérifs

Classé dans : politique — 10/05/2017 @ 11:24

Le roi Philippe VI a sermonné hier les indépendantistes catalans au nom du respect de la loi, de la Constitution et de « l’unité » de l’Espagne. Maqueron nous a déjà dit que ce n’était pas la rue qui faisait la loi. Tous les gouvernants européens en appellent au respect des lois. Tous les mêmes en tant qu’animés par le fantasme de l’unité, la défense de l’ordre établi qui leur donne leurs privilèges, la toute-puissance du pouvoir central et la fausse démocratie représentative et « libérale ».
Eh bien je vais faire comme le sire de Coucy qui répondit au monarque qui lui avait demandé « qui t’a fait sire ?, qui t’a fait roi ? Car les bonnes questions sont : qui fait la loi, comment, avec qui, pour quelle durée, sur quel territoire et pour quelles population s, dans l’intérêt de qui, au nom de quoi? Répondre à ces questions qui portent sur la légitimité de la loi et non sur sa simple légalité permet de refouler le discours du pouvoir (c’est-à-dire de ceux qui le détiennent) sur la légalité, laquelle établit le « droit positif ». Le droit positif n’est qu’une construction théorique des scientistes à la Auguste Comte qui a prétendu créer une science positive (lisez scientifique, c’est-à-dire hors toute référence religieuse, morale ou idéologique) de la société. Proudhon avait ironisé en qualifiant cette thèse, elle-même parfaitement idéologique car non démontrable ou « falsifiable » (Popper), de « sociâtrie » divinisant la société. En réalité, malgré les efforts de Kelsen pour rendre le droit scientifique, le droit « positif » n’est jamais que le droit existant, en place, en actualité de service, c’est-à-dire celui qui impose le « désordre établi » (Marc Sangnier), celui du « pays légal et non du pays réel » (Mauras). Reprenons nos questions.
* qui fait la loi, avec qui  et comment? Ce furent les religieux (droit divin) puis les princes. C’est depuis environ 2 siècles en Occident les démocrassouilles électorales. Il faudrait donc que la représentation nationale soit elle-même légitime pour avoir le pouvoir de « donner et casser la loi ». Cela ne peut exister que si elle correspond assez exactement au peuple lui-même (malgré toute sa diversité, tant de population que de valeurs et d’intérêts). On sait depuis longtemps que c’est une blague car le suffrage atomistique (individuel) ne permet pas de représenter les forces sociales réelles du pays, à savoir les groupements (collectivités territoriales de différents niveaux, groupements économiques et fonctionnels, groupes d’intérêts). En 1849 Proudhon écrivait à peu près : il faut avoir vécu dans cet isoloir qu’on appelle une assemblée nationale pour comprendre comment le pays est presque toujours représenté par des gens qui ne le connaissent pas. Proudhon préférait presque avoir un roi car ce dernier peut avoir un cœur alors qu’une assemblée n’en a jamais. De toute façon, les récentes élections aux USA, en France, en Allemagne viennent de démontrer concrètement ce qu’il en est de l’état réel de la démocratie ; c’est pire dans l’UE en tant que cohue de 27 Etats hétérogènes dirigée par la technocratie bruxelloise, la CJUE et le Conseil Européen des chefs d’Etat et de gouvernement. Ce n’est pas étonnant car dès le début les personnes prétendant agir démocratiquement au nom du peuple se sont méfiées de lui en tant que populace incontrôlable et ennemie de la propriété. La démocratie a donc été sciemment organisée pour confisquer le pouvoir et en chasser les représentants du peuple, par exemple par le suffrage censitaire le mode de suffrage, le découpage des circonscriptions, la division juridique du pouvoir souverain en rondelles (législatif, exécutif, juridique). En réalité, il n’y a qu’une oligarchie représentative qui oppose les dirigeants aux dirigés, les gouvernants aux gouvernés et qui repose sur une « partitocratie » professionnalisée. La loi est préparée par une technocratie ou « noblesse d’Etat » (haute administration diplômée dans un des « séminaires de l’aristocratie » comme l’X ou l’ENA) suivant les directives du pouvoir légalement élu et est votée par les godillots qui siègent dans les chambres. Certes le pouvoir a dû finir par consulter les corps intermédiaires (par exemple les syndicats) mais il détient toujours le dernier mot au nom du vieux « quoniam nominor leo ». La loi est donc élaborée de façon centralisée, y compris dans les Etats fédéraux. Ce qui change, c’est que le pouvoir fédéral se contente généralement de concentrer l’émission des principes et laisse les Etats fédérés écrire leur musique d’application. Alors qu’en France, règne l’uniformité et le jacobinisme centralisateur. Et ce n’est pas avec 15 % des voix des inscrits que la chambre des députains peut être vue comme légitime même si elle demeure légale…
Quand à la durée de la loi et même de la Constitution, il faut rire. En effet, on ne saurait exiger des générations futures qu’elle fasse perdurer ne varietur ce que les précédentes ont voté. Et, en Catalogne, la Constitution a été établie en 1978 dans un pays encore largement franquiste, c’est-à-dire unitaire; ce qui explique que le statut des « généralités » (provinces) ne soit pas allé jusqu’au fédéralisme comme en Allemagne. la loi est par construction provisoire car on ne saurait préjuger des évolutions futures, des accidents possibles, des aléas en tout genre. Bref, aucune loi ne peut être gravée dans le marbre. On ne peut faire durer que des principes de légitimité. cela concerne au premier chef la loi électorale qui a été pondue pour ne pas représenter la pluralité des populations vivant sur un même territoire mais pour assurer la perpétuation des partis politiques.
Pour ce qui est des acteurs concernés et des intérêts, on trouve là la question de la souveraineté du peuple. Même si le peuple voit l’exercice de sa souveraineté (et pas le principe souverain) délégué de fait à des représentants, il n’en reste pas moins que ceux-ci ne peuvent légitimement décider et agir que dans l’intérêt général, le bien commun, la cohésion sociale dans la diversité des groupes sociaux. Or il est clair que depuis la révolution libérale de 1980 les représentants se sont servis de la toute-puissance législative des chambres et de l’Etat pour imposer aux peuples un système libéralo-capitaliste (SLC) contraire à leurs intérêts. Contrairement au blablabla des libéraux, l’Etat n’a pas vu sa puissance interne diminuer; il l’ont utilisée à mort pour avancer vers le SLC à grands coups de règles favorables au Kapital, de lois répressives à l’encontre des opposants (d’où l’intérêt des lois sécuritaires ou anti-terroristes), de la montée incessante des forces de police. En revanche, il sont cédé la souveraineté à usage externe aux traités internationaux, à l’UE, à l’OMC et autres organes internationaux. C’est ce qui permet au Maqueron, avec ses 15 % de légalité de violer impunément l’intérêt général. Mais il excipe d’une justification économiciste: favoriser les riches etle kapital, c’est faire ruisseler le fric sur les pauvres, créer des emplois par l’investissement productif. C’est la thèse libérale qui n’a jamais été empiriquement prouvée, bien au contraire car le fric va vers les paradis fiscaux, la phynance et les dividendes au profit des « 1 % » les plus riches, ceux que favorise Maqueron!. cependant on doit ajouter que la définition de l’intérêt général ne saurait en aucun être le monopole des élus tout simplement par ce que les populations et les groupements ne sont pas homogènes et que, donc, il ne peut résulter que d’un processus de négociation et de compromis provisoire entre ces acteurs sociaux. Ce que, précisément, les excellences unitaires, centralisatrices et politicardes veulent éviter en parlant de l’unité du peuple (qui est un état au lieu de l’union qui est un processus d’action et de décision); cela leur sert à monopoliser le pouvoir, à éliminer la concurrence (dont en économie ils nous rebattent les oreilles) à tout uniformiser pour se conformer aux normes du SLC.
Pour ces raisons, les populations désavantagées par le SLC, les gouvernants au service du kapital, les règles iniques contre l’auto-détermination des peuples (dont celles de l’ONU qui ont réduit cela à des cas très limités car ce sont les dirigeants en place qui y font la loi) sont parfaitement et légitimement habilitées à se révolter contre la légalité en place et à venir et à réclamer leur indépendance

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