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Pourquoi les Allemands ne résistent-ils pas au libéralo-capitalisme propulsé par Angela et Maqueron ?

Classé dans : politique — 10/08/2017 @ 11:24

D’abord parce qu’ils sont nationalistes ; traumatisés par les exactions nazies, stigmatisés par l’opprobre internationale pendant des décennies, il se sont très naturellement repliés sur eux-mêmes et ont voulu se refaire la cerise grâce à l’excellence de leur économie, forcément libérale car impulsée chez eux par les USA. Mais c’est aussi et peut être surtout à cause de leur fond communautariste et culturaliste immémorial. Déjà, comme l’établit Emmanuel Todd (voir son dernier livre : Où en sommes-nous?), parce que leur tréfonds familial est la famille souche patrilinéaire avec primogéniture successorale et inégalitaire. La famille souche produit de la communauté et toute communauté se distingue, défend son identité, se sépare des autres. La chose était déjà fort visible au 18 et19èmes siècles quand les Allemands s’opposèrent notamment aux idéaux de la Révolution Française en prônant l’esprit du peuple, la culture allemande, la communauté de sang et de culture en tant que processus historique particulier ayant forgé une identité spéciale fondant « le droit du sang » (supprimé très récemment). Certes, la France révolutionnaire était nationaliste mais c’était au nom de la raison universelle dont elle entendait porter les «Lumières » dans le monde entier en se donnant en exemple. Las, les monarchies se liguèrent contre elle et surtout La Paille Au Nez Buonaparte entreprit d’exporter le modèle francaoui à coups de canon et de sabre. Ce qui ne fit qu’envenimer le nationalisme allemand, lequel se souvenait aussi des dragonnades de Louis XIV en Westphalie.
Les Allemands ont aussi une culture imprégnée de « lutherianisme », ce qui signifie repli individuel sur la lecture personnelle de la bible, auto-formation spirituelle («Bildung »), enfermement dans sa communauté de croyants. Or Luther a préconisé en plus la soumission au pouvoir politique quel qu’il soit. On a donc un oxymore étonnant et détonant d’individualisme communautariste. Cette culture patriarcale, autoritaire (tant par la famille que par la religion) donne à la fois de la soumission aux puissants et de l’autoritarisme sur les subordonnés et les inférieurs comme les femmes et, bien pis. Cette culture porte en elle le goût du travail, de l’épargne, du sacrifice. Elle contient aussi, quoique de façon moindre que le calvinisme, la thèse de la prédestination divine qui, au niveau communautaire, procure les fantasmes du peuple élu (ce qui est aussi le leitmotiv de l’Ancien Testament biblique que les Allemands relisent à l’infini), de la supériorité du peuple, de la réussite dans le travail voulue par Dieu Pour lire la Bible, prescription de Luther, les Allemands ont misé sur la lecture bien avant les autres peuples. Las, il ne suffit pas de connaître la Bible ou tout texte sacré pour être raisonnable et s’ouvrir aux autres… Mais il ne faut pas confondre la culture dont le peuple allemand reste imprégné et le culte protestant qui est devenu largement « zombi ». En effet, si le système libéralo-capitaliste (SLC) s’est construit à partir du substrat des valeurs du protestantisme, il n’en reste pas moins qu’il a en détruit la valeur de solidarité et d’esprit communautaire au profit, comme partout, d’un individualisme et d’un utilitarisme matérialiste forcenés. Las, la culture demeure essentiellement chez le peuple basique car les « élites » ont depuis longtemps abandonné toute « décence commune » pour s’enrichir en s’internationalisant. C’est pourquoi les Schröder et compagnie ont pu réformer au profit du kapital alors que le peuple s’est réfugié dans sa culture et, parfois, un retour au culte. Ce qui explique aussi le succès de Trump qui a fait semblant d’adopter la culture du peuple profond alors qu’il est vendu au kapital et qu’il est un affairiste sans scrupules.
Vaincus, méprisés, ruinés, les Allemands se sont lancés à fond dans le domaine économique par patriotisme quelque peu nationaliste mais non-dit. Mais ce qui compte le plus pour eux c’est sans doute la réussite du pays bien plus que sa situation personnelle. C’est ce qui explique en partie l’acceptation docile des réformes Schröder approfondies par Merkel et son austérité de fille de pasteur luthérien. A quoi s’ajoute dès le début la trahison permanente de la social-démocratie et des syndicats qui ont tout accepté du pouvoir et du kapital par économicisme marxiste et par nationalisme caché. Du coup, sans l’avoir voulu, l’Allemagne a pris le pilotage de l’UE; ce fut mécanique par suite de la qualité et de la puissance de son industrie, de la modération salariale (due au « dialogue social » avec des syndicats compradores du kapital) et des dépenses sociales (à cause des faibles loyers liés à la mauvaise démographie et des faibles prix de l’alimentation), de l’exploitation des ressources des ex-pays de l’Europe Orientale et centrale, PECO (dont travailleurs détachés, TD, payés en euros et avec une fronde à 4 euros de l’heure, dont délocalisation d’éléments des chaînes de production), du subventionnement de l’industrie par les services et l’agriculture (lieux des mini-jobs à 450 euros par mois et des TD), des soutiens des collectivités et des banques locales et régionales, de la force de l’euro (cela permet d’attirer les TD des pays hors zone euro via un taux de change très avantageux pour eux; cela permet d’acheter pas cher en euros les productions délocalisées dans les PECO ou leurs rares usines rentables).
On voit donc que le grand bénéficiaire de l’UE à 27, c’est l’Allemagne. Maqueron soit s’illusionne, soit se moque de nous quand il propose de modifier l’UE et la zone euro car ni l’Allemagne, ni ses alliés de l’Europe du Nord luthérienne, ni des PECO, ni l’Irlande ou le Luxembourg (dumping fiscal) n’y ont intérêt. Ce qui explique que l’UE ne soit qu’une cohue de pays ne défendant que leurs intérêts et tirant à hue et à dia. ce qui explique qu’une concurrence économique sauvage y règne, concurrence dans laquelle la victoire va aux gros bataillons très productifs et aux moins-disants (salaires, fiscalité, lois sociales, défense de l’environnement).
Maqueron, esprit totalement acquis au SLC, à la flexibilité, à la concurrence sans limites, nous prépare donc « une étrange défaite » économique. Il veut imiter le SLC à la teutonne mais cela ne peut qu’accroître la concurrence où les dirigeants doryphores ont tous les atouts pour triompher avec leurs alliés. La France finira par devenir un sous-traitant de la Tudesquie et un lieu de bronzette pour Teutons naturistes ou amateurs de bons vins et de la qualité de la vie qui leur faisait dire « heureux comme Dieu en France ». Certes, ce sera européen, mais pas pour les Francouis réduits à une bouffe standard, au TGV et aux bagnoles allemands. radio Maqueron ment, radio Maqueron est allemande.
L’étrange défaite portera aussi et surtout sur les valeurs rémanentes de la culture française issues du « catholicisme zombi » et de la famille nucléaire égalitaire et exogame née dans le bassin parisien et ayant inspiré la Révolution de 1789 (si j’en crois Todd). Adieu égalité, fraternité, laïcité, universalisme des droits de l’homme et des citoyens, amour de la patrie (qui n’est pas un nationalisme mais une défense de la singularité dans un concert international pluraliste et multilatéral). On aura à la place les seules valeurs économiques du SLC (efficacité, libre concurrence à armes inégales, utilité, richesse, individualisme, consommation, primauté du contrat sur la loi ou la convention collective) et les valeurs morales du protestantisme, fût-il zombi (Régis Debray). Transparence et authenticité (d’où la légalité des lupanars en zone luthérienne et même de la mise en vitrine des putes comme à Amsterdam), vertu (austérité, épargne, moralité) au lieu du bonheur à la Saint-Just, communautarisme de juxtaposition de cultures différentes et parfois opposées, religiosité au lieu de neutralité (par exemple, le droit des religions de percevoir des taxes sur les salaires), simplicité (apparente car cela permet de s’enrichir en douce) au lieu des mystères républicains. Las, car alors comment la douairière Maqueron pourra-t’elle s’afficher avec des superbes fringues prêtées par les bons amis du capital? Ah ça ira car ces valeurs culturelles, issues du culte protestant zombi en Allemagne ou de l’évangélisme US triomphant, sont à usage purement populaire pour le faire taire. Il y a belle lurette que les classes dirigeantes ne les observent que formellement en se livrant in petto à toutes les turpitudes, notamment en truquant la concurrence et en violant la légalité.

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