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Prix agricoles : Maqueron a découvert la pierre philosophale et le mouvement perpétuel

Classé dans : politique — 10/13/2017 @ 9:25

Notre génial Conducator a trouvé la panacée pour que les agriculteurs francouis gagnent plus de 350 euros par mois. Bon sang, mais c’est bien sûr dit notre nouveau Bourrel : il suffit que les prix soient fixés sur les coûts de production et que les hypermarchés y ajoutent leur marge, ce qui est l’inverse d’aujourd’hui. Cette proposition nous montre soit l’intelligence hors du commun de notre Lider Maximo, soit qu’il y a anguille sous roche.
Sachant les moyens dont disposent les 5 énormes centrales d’achat des Hypermarchés, on peut redouter que la situation du pot de fer contre le pot de terre ou du rorqual contre Nemo ne soit guère en la faveur des petits. On invite l’énarque et économiste très distingué Maqueron à lire la théorie du monopsone : un seul acheteur pour des milliers de vendeurs, soit le contraire du monopole, un seul producteur pour des milliers d’acheteurs. C’est le règne du renard libre dans le poulailler libre comme le demande l’idiote théorie de l’offre et de la demande chez les économistes libéraux qui considèrent, contre toute évidence, que les acteurs sont de poids égal dans les échanges et la passation des contrats. C’est pourquoi Maqueron, dans le domaine du travail, en est revenu au contrat libre entre deux « partenaires » libres ! Foin des lois et des conventions collectives, vive le niveau de la seule entreprise et le contrat bilatéral entre le salarié enchaîné et le patron libéré. Pas tout à fait, cependant, car un accord collectif peut désormais annuler les contrats individuels. Ce qui prouve que l’idéologie du contrat, c’est du flan.
Bien pire est l’oubli apparent de la mondialisation des marchés. Car qu’est-ce qui empêchera un hypermarché d’aller encore plus acheter à l’étranger si les prix francaouis deviennent supérieurs aux mondiaux ? C’est déjà le cas mais le Maqueron va aggraver la situation pour les productions courantes et standards : œufs, poulets, viande, lait, produits agro-alimentaires… La concurrence va devenir encore plus sauvage. Ce que ne dit pas le Maqueron, c’est que pour la soutenir il faudra faire baisser les coûts de production. En fait, il le sous-entend en parlant de la réorganisation des filières et des coopératives (dont la plupart sont déjà des fausses coopératives, c’est-à-dire des boîtes industrielles ayant pourtant gardé le statut de coop sans que les gouvernements ne moufte) la proposition signifie donc en réalité une nouvelle course au productivisme et à la baisse des prix. Ce qui passe par la concentration des productions, donc vers l’élimination de la petite agriculture. Sauf si elle fait dans la qualité. Cela lui sera difficile car les gouvernements (y compris le moderne maquereaunesque) s’emploient à torpiller les produits de qualité. Exemple : il y a dans les fromages 47 AOP mais déjà 70 % sont des produits industrialisés. Ce qui veut dire que le gouvernement laisse une boîte industrielle copier et dénaturer une AOP tout en en conservant l’appellation. L’exemple le plus connu est le camembert d’origine (lait cru, fabrication à la louche, lait de vaches normandes paissant dans des prés herbus en Normandie) remplacé par du plâtre pasteurisé fait n’importe où avec du lait hollandais. En outre, ces produits pasteurisés peuvent être fabriqués à l’étranger comme le permet le CETA (traité de commerce avec le Canada) signé, sous le nez et à la barbe de Hulot, par Maqueron sans consulter le parlement. On a aussi le canal pasteurisé produit par une coopérative (les laiteries occitanes!). De plus, les vrais produits du terroir sont plus chers, ce qui les réserve à une clientèle plus fortunée. Maqueron fait semblant de réformer les prix sans toucher à l’origine des problèmes des agriculteurs : la concentration des exploitations, la concurrence mondiale, le productivisme. Gageons que ce n’est pas la Hulotte, idiot utile de Maqueron, qui va faire quoi que ce soit de réel et d’efficace contre les pesticides et autres produits chimiques de l’agriculture industrielle.
Pour aller vers ses géniales idées, le Maqueron a monté un cinéma manipulateur, à savoir le Barnum des « Etats généraux de l’alimentation. Ce machin, comme je l’ai écrit dans un article précédent, est une tromperie ayant l’apparence de la concertation afin de découvrir ce qui était visé d’avance et caché. Le point le plus dégueulasse de ce spectacle est que la présidence de la plupart des « ateliers de discussion » a été confiée à des grossiums de l’agro-alimentaire, de la FNSEA, de la grande distribution et du kapital. On y a donc trouvé ce qui arrangeait ces gens-là. Bravo l’artiste. C’est comme les « concertations » pour les ordonnances réformant le code du travail: des réunions bilatérales d’une heure avec chaque « partenaire social ». pas de réunions multilatérales; le pouvoir peut donc dire des choses différentes à chacun d’entre eux, faire semblant de les écouter et faire lui-même et tout seul « la synthèse » conformément à son but programmé. La méthode n’est pas nouvelle; c’est celle des « managers » qui font semblent d’écouter, pêchent parfois de bonnes idées dont il s’emparent et en tirent leur gloubi-boulga. Maqueron, ce sont les méthodes perverses et déjà anciennes des boîtes privées importées dans la fonction publique. Ca, c’est moderne!

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