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En Marche, c’est une resucée du club des jacobins

Classé dans : politique — 10/31/2017 @ 12:12

Le moderne et révolutionnaire Maqueron ne fait qu’imiter le Club des Jacobins (CJ) sous la Révolution Française. Le CJ était un ramassis de notables appartenant à la classe bourgeoise et se cooptant les uns les autres. Son idéologie était évidemment « jacobine » au sens où le pouvoir politique devait se situer au-dessus de la société civile et où le politique, en tant que projet de changement de la société par le haut d’une « élite « éclairée » (le droit d’entrée dans le club était de 32 livres, somme considérable pour l’époque) supplantait le social. Le jacobinisme était à la fois hyper individualiste et atomistique (la société n’est qu’une collection de personnes) et centralisateur ou étatique. Ce qui supposait une dialectique de l’absolu (le pouvoir politique central) et des zéros (les individus-citoyens) qui ne nous a pas quittés ensuite. Le jacobinisme poursuivait les « girondins » (régionalistes et décentralisateurs) de sa vindicte afin de normaliser l’ensemble du pays de façon unitaire : ainsi le capital pourrait-il circuler sans entraves sur tout le territoire unifié par les mêmes règles. Dans le projet libéral et individualiste, à imposer via la toute-puissance du pouvoir politique central, il fallait casser les ordres, les corporations, les provinces afin d’instaurer la liberté d’entreprendre, d’assurer la primauté de la propriété et, en économie, de remplacer la loi par le contrat de gré à gré. Cela a donné, notamment le décret d’Allarde et la loi le Chapelier qui ont interdit tous les moyens de défense du salariat.
Le jacobinisme était animé par le culte de la raison si cher aux Lumières du 18ème siècle ; il était viscéralement opposé la démocratie directe et à la souveraineté du peuple. Il préconisait le suffrage censitaire (les propriétaires étant censé être raisonnables et bons gestionnaires) et se méfiait du peuple assimilé à la populace ignare et irrationnelle. Il supposait que l’électeur (le bourgeois ayant l’argent du cens) votait non pour son intérêt particulier mais pour l’intérêt général. Il a rapidement pensé que chaque député, bien que localement élu, représentait la nation tout entière, ce qui fit de la chambre élue le vrai dépositaire de la souveraineté à la place du peuple, ladite chambre étant en quelque sorte le modèle réduit de la nation, son microcosme représentatif. Eh bien le maqueronisme est dans une parfaite continuité avec ces absurdités, dont l’avantage est de faire de l’Etat (qui n’existe pas car il n’est qu’une forme symbolique destinée à recueillir l’exercice de la souveraineté ; ce qui existe ce sont le gouvernement et son administration) le Deus ex machina de la société : centralisation, primat des « autorités » et autres « sachants », direction de la société par le politique, imposition à celle-ci du projet menée par le gouvernement, individualisme libéral absolu, autorité sans conteste de l’Etat, réduction à zéro des corps intermédiaires comme les syndicats et les collectivités locales ou tous les organes de « dialogue social » comme l’UNEDIC ou les sociétés d’HLM ou la Sécu. Sa différence essentielle avec le jacobinisme est qu’il ne s’agit pas d’assurer la force de l’Etat sur la nation mais de faire fondre celle-ci dans la mondialisation néo-libérale.
Les jacobins formaient un club très puissant épandu sur l’ensemble du territoire ; ils avaient pour but d’influencer l’assemblée législative et les dirigeants de la révolution. Ses bourgeois ainsi rassemblés par une sorte d’affectio societatis due à leur appartenance commune à la classe des riches, comptaient influencer le pouvoir. L’astuce différente de Maqueron a été de se constituer lui-même son club de soutien et de représentants ; mais dans les deux cas, les membres appartiennent pour l’essentiel à « l’élite » de la « société civile ». En réalité, sous la révolution francouie, le pouvoir était détenu, non par l’assemblée, ni le club, mais par le « Comité de salut Public » et, in fine, par ses trois dirigeants : Robespierre, St-Just et Couthon, trois purs et illuminés. Pareil sous Maqueron . Sa majorité législative est un dosage rusé de puceaux de la politique et cooptés et de vieux chevaux de retour piqués au PS, au Modem et à LR. Ce « mix » a pour intérêt caché de lui assurer une escouade de godillots qui voteront ses 4 volontés les yeux fermés. Son comité central est son gouvernement exécutif de briscards et d’experts issus de la prétendue société civile ; et il n’y a qu’un dirigeant, Maqueron lui-même, ce qui transforme un peu le jacobinisme en bonapartisme.
Dans les deux cas, on a une conception « néolithique » du pouvoir, c’est-à-dire fort ancienne et assise sur l’autorité indivisible de la centralisation étatique et la démarche « top down » des décisions. Adieu la démocratie et le peuple ; du reste, la politique maqueraunienne consiste précisément à changer de peuple pour en faire un lou Ravi du système liébralo-capitaliste et un adorateur des babouches de die Grosse Angela.

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