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Les paradis fiscaux

Classé dans : politique — 11/11/2017 @ 9:32

Encore une découverte avec les « Paradise papers », enquête de journalistes internationaux sur les îles qui servent, en tant que micro Etats apparemment indépendants, de lieux d’optimisation fiscale et de dépôt du fric de tous les trafiquants et fraudeurs. Ca continue : Wikileaks, Swissleaks, Luxleaks, Panama papers alors que Tsarko avait annoncé « les paradis fiscaux, c’est fini. Eh bien non malgré quelques réformettes et des listes revolving des Etats voyous (3 listes en fonction de leur degré de coopération avec les pays traquant la fraude). C’est que, voyez-vous, les paradis fiscaux font intimement partie du système libéralo-capitaliste (SLC). On va le comprendre avec une métaphore scientifique.
Le SLC fonctionne comme un moteur thermique ; il obéit au 2ème principe de Carnot : le rendement d’un moteur dépend de la différence de température entre une source froide et une chaude. Pour le SLC, la source chaude, c’est la concurrence exacerbée entre pays, firmes et individus ; la source froide, c’est la différence des législations sociales, du travail, environnementales, fiscales, de productivité, de puissance des moyens de production, de l’accès aux ressources à bon prix, dont le coût du travail, de parité des monnaies, de pouvoirs d’achat ou coût de la vie. C’est pourquoi les entreprises, les multinationales, le capital se déplacent sans cesse en fonction des différences en ces domaines, le prix de la main d’oeuvre étant un des paramètres essentiels. C’est pourquoi la Fridolie a poussé dès 2004 à l’élargissement (sans « approfondissement » de l’UE aux pays de l’Europe centrale et orientale récemment libérés de l’emprise soviétique (les PECO(s)) : elle pouvait y reconstituer son « hinterland » et son « lebens raum » pour y délocaliser ses chaînes de production (en conservant l’assemblage final pour pouvoir apposer l’étiquette « made in Germany »), y pêcher des travailleurs détachés (TD) à 4 euros de l’heure (la Doryphorie à l’époque n’avait pas de SMIC), importer low cost, jouer sur la différence de parité des monnaies avec les pays hors zone euro (4 euros pouvant faire, par exemple, faire 100 zlotys les TD étaient riches… en Pologne eu égard au salaire moyen dans ce pays et les gros agriculteurs allemands pouvaient les payer avec un élastique, les loger et entasser dans des hangars et leur faire payer cher leurs fournitures).
Mais en plus un moteur a besoin d’huiles de lubrification ; il y en a deux : le coût et l’accès à l’énergie (la Bochie utilise le lignite à 40 % pour produire son électricité, tout en pouvant raser sans opposition des villages et des cimetières dont le sous-sol a du lignite ; et elle fait payer l’électricité bien plus cher aux particuliers pour financer le bas coût de cette énergie pour les industries) ; et le pognon rendu très mobile par la grâce de la libre circulation des capitaux à l’affût du meilleur investissement (le plus rentable) et les paradis fiscaux, qui sont donc un rouage fort utile du moteur SLC. C’est pourquoi la Teutonie a exclu de l’union bancaire les banques régionales qui financent au moindre coût les PME allemandes ; par ailleurs la Tudesquie en créant les mini-jobs (sans droit à la retraite) à 400 euros par mois dans les services et à temps partiel (essentiellement pour les femmes tenues de gérer la maison et les gosses) a trouvé un moyen de faire subventionner l’industrie (qui a pu externaliser les activités de service) par le secteur des services. L’Allemagne a donc compris bien plus vite et bien mieux que la France ce qu’était la logique du SLC et l’applique avec bien plus de résolution que les gouvernants francaouis qui redoutent une révolte d’un peuple très politique et attaché à la justice.
On voit que la logique financière du SLC, à bas de moins-disant et de toujours moins, soit le contraire de ce que clame Walter de Closets, a besoin de la liberté totale de la finance et de la suppression de tout code du travail. C’est pourquoi les gouvernants libéraux, qui sont « les fondés de pouvoir du kapital », ne feront jamais rien de consistant contre la libre circulation du pognon et les paradis fiscaux. Ce thème est donc devenu un « marronnier » chez les journaleux qui se contentent de désigner les voyous optimiseurs ou fraudeurs du SLC sans jamais mettre en cause ce dernier alors que lesdits voyous ne font jamais que profiter des législations mises en place par les gouvernants.
On le voit bien quand on constate que l’UE exclut de la liste des paradis fiscaux ceux-là mêmes qui sont en Europe : Malte, Chypre, l’Irlande, Belgique, Luxembourg, Monaco, île Maurice, les îles anglo-normandes (plus les innombrables paradis exotiques sous domination de la City de Londres, dont les îles Vierges), les Pays-Bas, le Liechtenstein, Andorre… Rassurez-vous car les USA font pareil avec, notamment, le Delaware ou l’Iowa qui sont les plus connus des Etats US forts cléments pour les impôts sur le capital. L’idée du Maqueron (flat tax à 30 % sur les revenus du capital et sortie de l’ISF des actifs en capital) est évidemment de diminuer la différence du moteur SLC en la matière.
Les paradis fiscaux sont utilisés légalement pour l’optimisation fiscale par les riches et les entreprises, dont les fameux « GAFAM ». la responsabilité de cette légalisation de la fraude incombe aux gouvernants qui administrent le SLC depuis des lustres. mais légal ne signifie pas légitime ou moral. C’est un viol de la justice entre contribuables pour le paiement des charges collectives, ce qui, via l’évasion fiscale, retombe sur les autres, à commencer par les pauvres via la TVA et tous les impôts sur la consommation. Les évadés fiscaux se livrent à un double pillage: ils ne paient pas les « externalités positives » (éducation, sécurité sociale, infrastructures tels les transports, la téléphonie, les communications, l’eau, etc.); ils ne paient pas non plus les « externalités négatives », c’est-à-dire les nuisances qu’ils causent dans leur activité (pesticides, pollutions, destruction de la anture et des cadres de vie des autres acteurs, etc.). Cadeaux fiscaux aux riches et aux multinationales et coupes budgétaires sont ainsi reportés sans fin sur les contribuables afin de faire de la compétitivité entre pays en concurrence sauvage.
Il y a cependant une bonne nouvelle qui ne concerne hélas qu’un avenir indéfinissable : le SLC crèvera un jour ou l’autre dans un futur qui n’est peut être pas trop lointain. Déjà, la source froide va se tarir car il y aura harmonisation par le bas par suite de la concurrence échevelée ; gageons que les pays les plus pauvres vont un peu monter et les plus riches descendre. Ensuite, la croissance, cet espoir entretenu par les gouvernants afin de faire patienter les peuples sur le thème « demain, on rasera gratis », ne va pas pouvoir continuer car la planète est à bout de souffle et de ressources exploitables. Enfin, le SLC et le changement climatique qu’il entraîne vont produire un tsunami d’émigration massive et incontrôlable, ce qui va fiche en l’air la logique du système : pour éviter cette vague les Etats devront investir partout où il faudra fixer les candidats à l’émigration, investissement en général peu rentable (hors ressources minières ou productions pour l’exportation comme le coton ou le café) et donc contraire à la logique financière du SLC.

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