les armes de la critique

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Cours de langage pour le professeur Blanquer

Classé dans : politique — 11/14/2017 @ 12:12

Muni de son grand cerveau situé sous sa patinoire à fines mouches, Blanquer vient de nous livrer sa philosophie pour l’Education nationale dans le Parisien Libéré de ce lundi 13 novembre. Je passe sur l’abus permanent d’un langage hypothético-normatif à base de « on doit », y a qu’à, i faut-qu’on. On regrette presque de n’être pas Allemand car sa langue a deux mots pour devoir : sollen, obligation, et müssen, impératif moral.
Blanquer nous affirme que, à l’école, « l’autorité doit être rétablie ». Sans doute dispose-t-il d’un petit établi pour ce faire comme si la chose était matérielle et malléable. Mais surtout avec le « doit » le malhomme, pourtant ex-prof de droit, ignore visiblement le sens du mot autorité. D’où les rappels cognitifs qui suivent ci-dessous.
Comme le pouvoir (potestas en latin), l’autorité (auctoritas) est ce par quoi les assujettis obéissent aux commandements des chefs. Mais l’autorité repose sur le consentement des gens, elle procède de bas en haut, elle vient d’un ressort spirituel (Weber en donnait 3 : la tradition, le charisme et la compétence), elle provient d’une relation de confiance entre le dirigeant et le dirigé, elle est respect du commandé pour le commandant, elle se mérite et ne s’impose pas même si elle relève très souvent de la croyance intériorisée par l’obéissant. Au contraire, le pouvoir est un équivalent de la force ; il s’impose par la contrainte ou la ruse ou l’argent corrupteur, il s’exerce de haut en bas, il est conféré par une institution ou une hiérarchie descendante, c’est presque un autre nom des armes dont Charlot disait qu’il n’y avait point de brutes qui ne les aient brandies ou d’hérésies qu’elles n’aient défendues. Mais souvent l’autorité (alors spécieuse) légitime le pouvoir comme dans la sinistre alliance du sabre et du goupillon ; par exemple l’Eglise catholique détenait l’autorité spirituelle en tant que dépositaire des vues divines et le roi le pouvoir, lequel lui avait été donné par Dieu ainsi que le proclamait l’Eglise. On a eu aussi une période où le pape prétendait tout avoir au nom de sa « plenitudo potestatis » (Gélase 1er, mais à son époque c’était compréhensible car la pensée était autoritaire, coercitive et néolithique; c’est continué avec le gelly fish Maqueron). L’autorité est une force spirituelle qui en impose, le pouvoir est une force physique qui s’impose à tous et qui cherche à mater les dissidents et opposants. C’est pourquoi l’autorité contestée s’allie le plus souvent avec le pouvoir comme, par exemple, lors de la guerre contre les Albigeois , en fait les cathares languedociens. Le deal était à vous les terres et les fiefs, à nous la fin de l’hérésie. L’autorité est ainsi ce qui légitime, à tort ou à raison, le pouvoir. L’autorité est la raison pour laquelle l’assujetti justifie son obéissance aux commandements.
M. Blanquer, qui montre autant d’idées neuves que de poils sur son caillou (c’est pourquoi ce chauve sourit), veut donc rétablir l’autorité dans les lieux d’enseignement. Comme on vient de le voir cela ne dépend pas de lui et il ne peut que faire appel au pouvoir et à ses forces répressives. Pour que les élèves et les parents d’élèves se remettent à respecter les maîtres et les institutions scolaires, il est nécessaire qu’il y ait maints changements dans tous les domaines qui régissent l’enseignement, à commencer par le retour à sa mission essentielle: assurer la possibilité pour chacun d’arriver au maximum de son potentiel d’appropriation critique des connaissances, ce qui suppose bonne orientation, saine évaluation et non sélection punitive. je n’insiste pas car je vais publier un livre sur la question, livre qui montrera que le libéral Blanquer aborde « la transformation » de l’enseignement par le petit bout se la lorgnette. Son but réel n’est que d’adapter le système de formation aux exigences de la mondialisation et de respecter, in petto, le monopole des classes dirigeantes sur l’accès aux formations les plus élevées et les mieux rémunérées. On sera très loin de la méritocratie républicaine et de l’égalité libérale des chances. on en a un avant-goût avec la prétendue fin de la sélection à l’entrée à l’université: elle sera faite en douce sur dossier de candidature, le seul point positif étant la suppression du tirage au sort. pas question non plus de toucher au système des grandes écoles, ces « séminaires de l’aristocratie », comme disait Proudhon. En fait B(l)anquier est à l’image de Maqueron et de sa clique libérale: voyez mes ailes, je suis oiseau (de gôche), voyez ma peau je suis, souris (de droite). C’est pourquoi notre grand chauve sourit. le tout est camouflé par une fuite en avant sous forme de faux fil et d’aiguille savonneuse. Blanquer est un des poissons torpille de l’anguille Maqueron.

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