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Voyage au sein du système de l’or rouge

Classé dans : politique — 12/20/2017 @ 12:17

C’est ce à quoi nous invite le livre éponyme et récent que je viens de lire horrifié ; et pourtant c’est la triste réalité amenée par le système libéralo-capitaliste (SLC) de la libre circulation mondiale des marchandises, des capitaux et de la mise en concurrence généralisée des modèles sociaux des différents pays. Le livre décrit les tribulations et les manipulations de la tomate industrielle et des concentrés de tomate de par le vaste monde. Je ne vais pas vous résumer le livre qu’il vous faut lire pour votre édification sur le SLC car, évidemment, l’exemple concret et documenté de la tomate vaut pour tous les produits agricoles et industriels. Si le contexte est le SLC et la dérégulation mondialisée par absence de réglementation par les Etats, voire pis avec l’émission de règles favorables aux seuls grands acteurs économiques, voyons les trafics, trucages et vols purs et simples au travers des acteurs principaux de cette industrie et de ce commerce de l’or rouge.
L’Italie est un espace regroupant bien des acteurs qui truquent le marché : les gouvernements laxistes et corrompus (règles et contrôles), les mafias du Sud italien acoquinées aux industriels et souvent devenues elles-mêmes des acteurs industriels et commerciaux, les industriels qui produisent au moindre coût sans s’occuper de la qualité et font même des concentrés frelatés et bourrés de produits chimiques, les réseaux commerciaux qui exportent leurs saletés low cost, les distributeurs qui se coalisent pour faire baisser les prix, ce qui amène aux pires pratiques, les employés pressurés à mort, d’autant plus qu’ils sont immigrés et gérés par les mafias qui rackettent, violent et assassinent les résistants et les syndicalistes. Le tout sous l’oeil bienveillant d’un pouvoir politique déliquescent et jamais condamné par l’UE. Laquelle UE, du reste, ne fait rien pour tracer les produits et obliger à afficher leur composition ou leur origine. Il y a une règle UE qui supprime les droits de douane à l’importation en cas de réexportation de la marchandise sous forme transformée ou non; règle contournée faute de contrôle en Italie, ce qui, naturellement, défavorise beaucoup les producteurs locaux.
Autre champion, la Chine qui s’est mise à produire du concentré de tomate en très gros bidons à partir du Xinjiang, terre des Ouïgours, payés avec une fronde, y compris le travail des enfants. L’Italie importe cette mixture pour la diviser par mouillage afin d’exporter des petites boîtes. Cette culture de la tomate industrielle et l’industrie du concentré sont tenues par des firmes d’Etat dirigées par des militaires… les petites boîtes italiennes, le plus souvent dénaturées, sont exportées en Afrique via la complaisance de pouvoirs corrompus. Le Xinjiang a été militarisé et est une colonie chinoise qui y importe des Hans (ethnie majoritaire en Chine; plus de 20 millions de Chinois implantés là en colonisation ethnique). Et des entrepreneurs chinois se sont mis à produire en Afrique où ils ont acheté des terres aux gouvernements dictatoriaux et corrompus en spoliant les propriétaires. La production, souvent à partir de concentrés chinois, est particulièrement désastreuse en termes de qualité et de produits chimiques. la mafia italienne a favorisé des réseaux de diffusion de ces saloperies dans toute l’Afrique. L’Afrique en tant qu’acteur du marché mondial du concentré de tomates en est surtout la première victime: accaparement de terres, produits frelatés, mort des industries et des cultures locales qui ne peuvent soutenir la concurrence des prix très bas fournis par la Chine. L’admission de la Chine à l’OMC peut être considérée, notamment pour la tomate qu’elle consomme fort peu, comme un crime contre l’humanité…
Les USA sont un autre acteur essentiel. La Californie y produit de puis longtemps des tomates. Elle y a exploité à mort des saisonniers agricoles (notamment des fermiers ruinés en 1930 par le crise de 29 et le « dust bowl », des Chinois, des Indiens spoliés de leurs terres lors de la conquête de l’Ouest). Las, la Chine a fait moins cher. Alors les USA ont inventé une tomate industrielle dont le ramassage, le transport, le stockage et le traitement sont possibles à très faible coût et sans l’abimer. Les USA sont des champions du low cost grâce à une automatisation de la récolte et de la transformation. Ce qui maintient des prix mondiaux extrêmement bas et tue, comme toute opération du SLC, la concurrence moins compétitive. On retrouve du concentré de tomate low cost dans énormément de produits agro-alimentaires des firmes mondiales comme Unilever, Nestlé, Kraft, Danone, Heinz, etc.
L’exemple de la tomate industrielle est donc un bon moyen de comprendre les effets de la logique SLC du moins-disant pour les prix du tout venant standard, des tricheries en tout genre, de la complicité des gouvernements pour que les producteurs se concentrent afin de produire moins cher pour « maintenir le pouvoir d’achat » du populo, de la rente de l’innovation en ce qui concerne le nouveau et la qualité, des droits de propriété absolus contre les indigènes, etc.

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