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Les classes sociales en Europe (livre récent chez Agone)

Classé dans : politique — 12/23/2017 @ 11:46

Les auteurs ont accompli un travail difficile car, croyez-vous cela ?, les statistiques européennes n’ont pas grand chose qui permette de détecter le problème, à part les classifications socio-professionnelles, du reste peu homogènes. Ce qui confirme une fois de plus que les systèmes chiffrés de représentation de la réalité étant construits pour servir Mammon et le SLC sont à la seule disposition de leurs commanditaires et créateurs et cela afin de cacher toutes les merdes au chat susceptibles de passionner des opposants et de confirmer la fausseté des justifications idéologiques dudit SLC.
Naturellement dans la doxa européenne et de Bruxelles on ne trouve nulle mention de la notion de classes sociales, de classe ouvrière, de classe salariale. Nous n’avons que des amalgames du genre insiders/outsiders, intégrés/exclus, aisés/pauvres, permanents/précaires, mobiles/sédentaires, qualifiés/ non qualifiés, privé/public, nationaux/immigrés, etc. Rien que du vocabulaire libéral rejetant la domination et l’exploitation économique par les détenteurs des ressources politiques, culturelles, sociales et économiques. Rien que du descriptif tronqué sans analyse des causes et des processus menant aux situations décrites par Eurostat. Rappelons le mot de Churchill : les seules statistiques crédibles sont celles que je truque moi-même. Ou le fameux bien que sexiste : les stats, c’est comme le bikini, ça cache l’essentiel.
La gageure des auteurs est de retrouver derrière les chouchous de Bruxelles la réalité de classes sociales, certes peu homogènes, mais traversant toute l’Europe. Pour ce faire, ils décryptent les natures et effets de la détention de capitaux économique (surtout le revenu car les données sur le patrimoine sont très maigres et ce n’est sûrement pas par hasard), culturel (éducation ou formation et accès aux productions culturelles comme le théâtre ou l’opéra ou le cinoche ou les livres ou internet) et social-symbolique (réseaux de relations et niveaux de prestige). Oh, surprise, il y a bien des classes sociales dans l’UE, que les auteurs réduisent à 3 essentielles : les dirigeantes, les classes moyennes, les classes populaires. Malgré leurs différences internes au sein des différents pays de l’UE, ces classes se distinguent par leurs accès aux capitaux et leur position dans la hiérarchie et la division du travail social induites par la mise en place du SLC néolibéral en Europe, mise en place facilitée par la disparition de l’URSS et de son glacis et la victoire de l’expertise économique du libéralisme. Et la progression des inégalités de même que l’accélération des écarts et la dégradation du sort des classes populaires et des classes moyennes. Et il convient d’observer que les relations entre classes, de même que la composition de ces dernières,ne sont pas arrêtées ; elles évoluent en fonction même des changements de la structure SLC des pays de l’UE. Elles changent aussi en fonction des migrations internes à l’UE, migrations amplifiées par la crise de la dette publique en 2010. Elles dépendent aussi de la position relative des pays dans la hiérarchie des Etats de l’union. On distingue d’ailleurs trois types d’Etats. D’abord, ceux qui donnent le là et dirigent de fait l’Union (Europe du Nord mais les auteurs ne disent pas qu’en réalité c’est la Doryphorie, aidée par ses compères luthériens, qui est le dirigeant en première instance de l’UE par suite de sa puissance économique et surtout des abandons de souveraineté par les autres pays). Ils y mettent gentiment la France qui à mon avis ne pèse plus rien et est devenue le toutou de die Grosse Angela, laquelle est le caniche des USA avec la Gibbye. On a les Etats subordonnés et acquis récemment au SLC via leur intégration dès le début des années 2000 à l’UE ; ce sont les pays de l’Europe centrale et orientale (PECO(s) ex-cocos et arrivés en masse sur pression de la Teutonie voulant reconstituer son « hinterland » et son « lebens raum ». Ces Etats sont rançonnés par les Etats dominants tout en voulant montrer leur engagement en faveur du libéralisme conter le soviétisme dont ils tant souffert. Mais ils sont reconnaissants à la Teutonie de créer des usines délocalisées ou sous-traitantes qui donnent du boulot à leurs habitants, le tout sans bien voir qu’il y a bien plus de destruction d’emplois liée à la concurrence sauvage que de créations. Il y a enfin l’Europe du Sud qui subit les foudres « austéritaires » de l’UE hyper libérale et et luthérienne. Cette Europe hétérogène et hiérarchisée a été sciemment voulue afin d’exacerber la concurrence entre pays et disposer d’une « armée industrielle de réserve » en travailleurs issus de l’EST (délocalisations remplaçant les anciennes usines, privatisations des ex-firmes publiques rachetées par l’Europe du Nord, immigrés, travailleurs détachés). Il est clair que le statut des 3 classes mentionnées supra n’est pas le même en fonction du pays d’appartenance et de sa position dans les relations entre Etats de l’UE. Par exemple, la classe moyenne des PECO(s) dispose d’à peine le revenu des classes populaires de l’Europe du Nord. Et la classe dirigeante des managers des PECO(s) ou de la Grèce est en fait dirigée par les managers du Nord.
Mais partout, les classes dirigeantes se distinguent par leur qualification, leur accès à la culture, le prestige symbolique de leur statut social, leur style de vie (dont vacances et sorties) et de consommation, leur rapport au logement, leur tendance au séparatisme social (écoles et résidences surveillées), leur capacité d’employer des domestiques low cost ou des services à la personne. Leur rôle le plus important est l’organisation du travail des autres, ce qui se développe par exploitation et domination. Elles sont mobiles et cherchent toujours mieux au sein de l’UE (notamment les toubibs et les managers). Elles sont acquises au SLC dont elles sont les grand bénéficiaires ; elles continuent de jouer au jeu électoral de la démocrassouille représentative comme le monter l’accès de Maqueron au pouvoir en France. Elles sont plutôt à l’abri de la précarité qu’elles organisent pour les autres. Elles ont du patrimoine et des revenus financiers en plus de leur salaire. Hélas nos auteurs n’ont pas eu les stats nécessaires à la distinction entre le premier décile des classes dirigeantes et leur premier centile (le fameux 1 % qui a accaparé en 2015 27 % des ressources du monde). C’est utile car cela permet de camoufler de écarts gigantesques derrière le voile du raisonnement en revenus médians. Mais c’est aussi l’effet Bill Gates : quand il entre dans un bistrot, le revenu médian ne bouge pas mais le moyen explose. Donc les statisticiens et les pouvoirs établis préfèrent des stats en médiane… Or les classes dirigeantes sont en fait largement dominées par le 1 %, ce qui ne les empêche pas d’adhérer au SLC car elles en bénéficient elles aussi largement..
Les classes populaires (ouvriers, employés du public ou du privé, intermittents du spectacle, petits agriculteurs…) sont toutes marquées du sceau de la précarité liée à la logique du SLC et de la grande difficulté à joindre les deux bouts. Celles des PECO(s) sont à un niveau de revenu 3 fois inférieur en moyenne à celui des classes populaires du Nord ; même cas en Grèce ou au Portugal mais pour cause d’austérité accélérée par suite des oukases de la Tudesquie. Dans les PECO(s), elles n’ont pas accès au confort électroménager moderne, à la bagnole, à la culture, aux études coûteuses, aux vacances… Elles ont des logements de piètre qualité et difficiles à chauffer. Elles sont souvent conduites à émigrer pour avoir un job même saisonnier. leur situation se dégrade via la concurrence due aux différentiels de productivité, de compétitivité et de fiscalité ou de droit du travail ou de l’environnement. elle se détachent du jeu politique ou se réfugient dans le vote extrême. Les femmes servent de travail d’appoint ou de domestiques; elles sont victimes du travail à temps partiel subi. Les classes populaires sont dans le travail prescrit dont la pénibilité n’a pas diminué malgré l’automatisation. Elles vivent dans l’insécurité du lendemain et souvent la pauvreté (Grèce, PECO(s). Elles subissent tous les effets de l’avancée incessante du SLC.
Les classes moyennes, très difficiles à définir bien qu’elles soient la référence pour les prétendus progrès de l’UE? En outre, les gens des classes populaires eux-mêmes disent leur appartenir afin de se sentir intégrés et ceux des classes dirigeantes minimisent leur position privilégiée. Ce qui est sûr, c’est qu’elles sont de plus en plus fragilisées par le SLC, par la robotisation de la production et par la diminution des emplois publics attaqués par le néolibéralisme et l’austérité. Ces classes sont essentielles dans les jeux politiques et, du reste, les politicards ne cessent de s’y raccrocher comme ressort de légitimité tout en poursuivent une politique SLC qui les lamine sans cesse. dans ce cadre, elles sont à la fois exploitées, dominées et elles servent de relais et de tampon entre les 2 autres classes, ce qui contribue à occulter la domination absolue des classes dirigeantes qui organisent leur position sociale dans la division du travail.
De tout cela, il ressort que, malgré leur hétérogénéité interne et leurs divergences de position et d’intérêts, les classes moyennes et populaires ont une situation commune qui devrait bientôt les fédérer: leur position dominée, leur dégradation, leur insécurité. leur ennemi commun est le SLC et ses sbires-classes dirigeantes, dont la fraction externe aux 1 % aurait intérêt, elle aussi, à s’unir avec les autres. cela commence de se faire dans les mouvements indépendantistes qui en ont assez de voir leur peuple exploité par un gouvernement central aux ordres du SLC.

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