les armes de la critique

Bienvenue sur mon blog

Morale et système libéralo-capitaliste (SLC)

Classé dans : politique — 01/04/2018 @ 11:58

Le SLC est un système social total où culture, morale, économie sont profondément imbriquées. Pour assurer croissance, accumulation, profits le SLC a besoin d’une morale ad hoc afin de pousser les gens à la consommation et au gaspillage. pour faire du profit, compte tenu de la concurrence exacerbée, il faut vendre au maximum, ce qui permet des économies d’échelle et même des rendements croissants à partir du moment où les investissements et les charges fixes ont été couverts par l’atteinte du « point mort »: les ventes les couvrent et au-delà, c’est du bénef. Cela vient aussi de ce que, contrairement aux vues datées des économistes libéraux, il n’est plus possible de calculer l’utilité marginale de la dernière unité produite (qui est fonction de rendements décroissants, base du calcul libéral et qui n’existe plus); exemple, un DVD; une fois ses frais de conception couverts, toutes les ventes supplémentaires rapportent et il n’y a pas de dernier produit vendu car cela peut être illimité; il suffit que la demande continue et c’est justement ce à quoi pousse la morale du SLC. Voyons comment.
Le SLC a abouti à une morale hyper individualiste et au narcissisme identitaire et des petites différences à faire reconnaître par les autres. Dans ce cadre moral collectif du SLC, car n’oublions pas que « la morale est la révélation du collectif à l’homme » (Proudhon), chacun se compare aux autres et entre en compétition avec eux. la comparaison est actionnée par « l’amour-propre » de Rousseau, le besoin de reconnaissance de son identité particulière. ce qui amène soit à la jalousie (avoir ce que les autres ont, sentiment libéral « positif » en SLC), soit à l’envie (détruire ce que les autres ont sans qu’on l’aie, sentiment destructeur à la base du socialisme collectiviste). Alors, pour être à la hauteur, pour ne pas être déconsidéré par les autres et sa communauté d’appartenance et de référence, on travaille pour acheter et montrer ainsi son rang. On peut alors faire monter de « consommation ostentatoire » ainsi que l’avait génialement vu Veblen. Et si on n’a pas assez de revenu, on peut faire appel au crédit, le SLC ayant ainsi détruit la vieille morale de l’épargne. Et, si on peut emprunter, compte tenu de ses revenus et de son état (en situation de précarité, par exemple), on peut verser dans l’envie et le ressentiment ou compenser par un trafic illicite. La morale SLC signifie donc compétition, atomisation, solutions individuelles au lieu de coopération volontaire avec les autres. rien de pire pour le SLC que celle-ci car on peut s’unir pour mettre en commun des biens utiles à tous, ce qui, naturellement, diminue le volume du marché. Las, le SLC ne peut progresser sans coopération; pour ce faire il a inventé l’hyper division du travail, ce qui conduit à la solidarité « mécanique » chère à Durkheim. Cette coopération est forcée et largement inconsciente, les dirigeants du SLC se réservant le droit d’organiser seuls la division du travail.
Le SLC doit à tout prix créer des besoins, y compris fictifs ou sans intérêt. La morale de la frugalité n’est plus de mise, « l’ataraxie » (se contenter de ce qu’on a et surtout se dégager les plus possible, comme l’enseignait Bouddha, ne pas se laisser aller à la domination par les choses et par le regard des autres): être heureux dépend de soi et de sa capacité à refuser les tentations et les excès. le SLC a donc encouragé la satisfaction de tous les besoins, dont en premier les matériels, et aussi les symboliques (pour la reconnaissance sociale, la gloire, le pouvoir) et même sexuels. Le problème est que le besoin disparaît quand il est assouvi. Mais le SLC a bien compris, via ses agents de marketing, de pub, ses psychologues, ses communicants, que le désir, lui, était insatiable. Il faut donc sans cesse ranimer la flamme du désir via l’innovation, la jalousie, la publicité. Il a compris qu’il n’y a pas de désir intrinsèque pour le matériel qui n’est jamais qu’un moyen, une médiation pour sa réalisation. D’où la liaison permanente que fait la pub SLC entre le sexe et l’objet. Et, ensuite, ses bonnes âmes se plaignent du harcèlement sexuel, de la pornographie, de la dissolution des moeurs…
Le SLC est un matérialisme hédoniste: le bonheur par l’accès aux objets et par l’argent. Cela, c’est à usage privé car la doctrine SLC nous affirme que l’économie n’a rien à voir avec la morale, ni, du reste la politique et le droit qui doivent rester neutres par rapport à toutes les conceptions du monde et à toutes les valeurs morales. Cela signifie qu’en économie tout est permis car les seuls critères de l’action sont l’utilité, la rentabilité, l’efficacité; d’où l’abandon de la « common decency » (solidarité, respect de l’autre et de sa dignité, travail de qualité et bien fait, sobriété…) et des pratiques immorales comme le dumping, l’obsolescence programmée, l’abus de position dominante et bien pis à condition de ne pas se faire bêtement prendre comme Lactalis ou Spanghero (pas vu, pas pris comme on dit dans ces milieux d’affaires). L’avoir et ses apparences (y compris les appas rances pour certains) remplacent l’être et sa spiritualité, le calcul instrumental se substitue aux bonnes relations, aux sentiments, au bien-vivre tourné vers les autres. En politique, les valeurs SLC sont la soumission aux « autorités », fussent-elles illégitimes, la poursuite des intérêts individuels au détriment du bien commun, l’obéissance à l’ordre existant et à ses prétendues forces. On aura observé que, en réalité, le SLC qui nie toute morale en propage bel et bien une dont le résultat est une société hobbésienne de la lutte de tous contre tous. ce qui repose, non sur le consensus mais sur la force.
le SLC repose sur l’accroissement des inégalités car ce sont elles qui sont à l’origine des comparaisons poussant à avoir les mêmes choses que les autres dans un univers darwinien soi-disant fondé sur le mérite, lequel est démontré par le statut social, le patrimoine, la femme-objet à exhiber. Au passage, une valeur essentielle des communautés humaines est jetée par dessus bord, à savoir la Justice qui est recherchée par les communautés humaines depuis le fond des âges.
Et voilà, chers amis, pourquoi les élites sont muettes et les opposants chassés et discrédités, la justice aux ordres et la sécurité policière sur le pavois du SLC..

Pas de commentaire

Pas encore de commentaire.

Flux RSS des commentaires de cet article.

 

sans violence et sans haine |
Changer Amiens |
Parti de Gauche. Commission... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | "كُن...
| ALLIANCE POUR LA NORMANDIE
| degaulois.justice.fr