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Le wigh Maqueron contre les Tories (le 8/2/18

Classé dans : politique — 02/07/2018 @ 9:09

Maqueron a eu une grande idée qui, quand on l’analyse de près, explique ses décisions politiques et économiques : l’opposition droite/gauche, par ailleurs devenue purement formelle car leur pratique du pouvoir est la même, est dépassée. Or elle a structuré la politique française quasiment depuis son apparition lors de la Révolution Française. La bonne antinomie aujourd’hui, c’est celle entre les conservateurs et les progressistes. Pour sortir du jeu droite gauche, il faut créer un rassemblement des « progressistes ». C’est possible à condition de dynamiter les vieux partis PS et UMP. Le pari maqueronien a réussi parce que ces partis qui menaient le bal depuis 1958 se sont auto détruits tout seuls. C’est pourquoi avec 15 % des voix des inscrits au 2ème tour des législatives (cela fait peu de progressistes) Maqueron a obtenu « une chambre introuvable » qui permet de disposer de tous les pouvoirs alors qu’elle est électoralement très minoritaire.
Maqueron nous a donc rejoué le duel britannique du 19ème siècle entre les Whigs (libéraux) et les Tories (conservateurs). C’est moderne, nouveau, révolutionnaire…A la place de l’opposition droite vs gauche, il a monté en épingle celle entre progressistes et conservateurs. Nous devons donc sérier les nouveaux adversaires du conflit politique qui fait renaître l’opposition gibbye entre les « progressistes et les conservateurs ». En fait, la nouvelle ligne de partage est la frontière entre les partisans du SLC, y compris socialos, et les opposants déjà présents quand les Francouis ont voté non au TCE en 2005 ou au traité de Maastricht en 1992.
Qui sont les « progressistes » de l’armada Maqueron, de la cohue de ses députés issus de la « société civile »? Ce sont les « nomades », les flexibles, les « winners », les riches épargnants, les patrons qui investissent avec leur boîte petite ou grande, les « in » du sociétal comme les gays, les trans, les couples « différents », non conformistes, « libérés » comme dans la chanson sur la femme éponyme ou Max, les ouverts sur le monde moderne, les entrepreneurs même en auto, les financiers qui aident à la croissance, les « bobos » curieux de tout, les habitants des métropoles, les innovateurs et patrons de start-up, les membres des professions libérales non soumises à statut (exemple : avocats d’affaires), les inventeurs (pas les chercheurs qui ne trouvent rien), les « risquophiles ». Bref, tous ceux qui aiment les avantages qu’ils tirent du SLC qu’ils soutiennent, ceux qui sont pour le libre-échange sans frein, pour la concurrence illimitée, pour la mondialisation et la suppression des frontières, pour le primat de la société civile sur l’Etat (pas sur le pouvoir politique qui est réservé à Maqueron). Tous ceux qui sont au centre de la société, notamment par leur lieu de résidence dans les capitales ouvertes sur le monde et dynamiques. C’est bien normal : tous ces gens-là ont voté pour lui et ses députés, majoritaires à la chambre mais pas dans l’électorat, en sont issus. On y ajoutera les carriéristes, les ambitieux, les opportunistes comme les socialos qui l’ont rejoint ou les LR et les monceaux de journalistes qui l’encensent car il défend le SLC. Maqueron, loué ton nom ah que n’a-t’on au son du Ra des fanfares ripoublicaines!
Qui sont les conservateurs ? Ce sont les notables de province attachés à leurs libertés locales, les rentiers comme les agents des entreprises à statut et les fonctionnaires, les monopolistes d’une fonction comme les notaires ou les pharmaciens, les titulaires de CDI pas assez mobiles et flexibles, les syndicalistes attachés à la défense « des « droits acquis » comme le chante depuis longtemps François-Water de Closets. Maqueron a oublié dans cette liste les politicards et les hauts fonctionnaires qui ont le monopole et la rente de l’exercice du pouvoir et de la gestion de l’Etat. Ce sont ces illettrés de prolos, les moins-que-rien, les « sans-dents » de Zizi Rider, les descamisados qui n’ont qu’à travailler pour se payer un costume ; ceux-là votent FN et ne songent qu’à la défense de leur emploi. Ce sont les ploucs de la « France périphérique » dans les campagnes, le espaces rurbains, les banlieues qui sont fermés à la modernité et à la mondialisation. Bref, ce sont tous les perdants, chômeurs et précaires en tête, qui sont les grands perdants du SLC depuis 30 ans, ce sont tous ceux qui ont été trahis par la classe politicarde, par « l’establishment » PS et UMP, qui ont vu que les alternances ne faisaient que changer les titulaires des mandats électifs et que la mise en place en France du SLC continuait sans vergogne.
Cela éclaire fortement la politique de Maqueron : des cadeaux mirifiques au 1% les plus riches (IFI au lieu ISF, flat tax de 30 % sur, impôt sur les sociétés à 25 % par étapes) les revenus des capitaux mais tout en brimant la rente immobilière (IFI, taxe d’habitation maintenue pour « les riches » ayant plus de 3 000 euros par mois) ; des miettes de pouvoir d’achat pour les plus petits à condition qu’ils travaillent (vite annulées par des taxes et des hausses de prix en tout genre) ; une taxation à fond pour les classes moyennes supérieures et les retraités (CSG de plus 1,7 points dès qu’on a plus de 1250 euros par mois même pour un couple, maintien de la taxe d’habitation). Tout pour les 1 % très riches, à mort les 9 % qui suivent dans le premier décile, le nez au ras de la fosse à purin pour les plus pauvres. En fait, Maqueron ne marche pas sur 2 pattes, même en boitant fortement à droite, mais sur 3.
La véritable opposition n’est donc pas entre progressistes (tout le monde est pour le progrès et l’espoir mélioratif) et conservateurs (tout le monde st pour protéger ce qu’il a, surtout quand il fait partie des 99% qui n’ont pas grand chose), mais entre les tenants du SLC et les partisans de la solidarité, de la coopération, de l’entraide et du progrès social ; soit au moins 85 % de la population contre les 15 % qui ont voté pour les députains maquereaunistes. La lutte des classes n’est pas morte mais elle s’est déplacée vers toutes les victimes du SLC : ouvriers, employés, artisans, petits patrons, sans -emploi, privé et public confondus car les critères d’appartenance sont la précarité, l’insécurité sociale, la pauvreté laborieuse, la domination par les exploiteurs de tout poil.

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