les armes de la critique

Bienvenue sur mon blog

Les libéraux du système libéralo-capitaliste (SLC) ont tué l’Europe

Classé dans : politique — 03/06/2018 @ 11:54

L’UE fondée en 1957 sur ce qui est devenu un mensonge, à savoir y installer la paix, est devenue un mort-vivant. Il est vrai que la voie choisie pour la construire était d’emblée vicieuse : à partir de l’unification et du progrès économique et sur une base libérale de ce dernier.
Les récents événements le montrent à l’envi : Brexit, nationalisme-populisme en Hongrie, en Pologne, En Autriche, en Slovaquie, montée de la droite extrême en Hollande et en Italie ou en France, etc. La bonne question est pourquoi cette déréliction accélérée ?
La raison essentielle réside dans l’idéologie libéralo-économique et dans les décisions et les pratiques des dirigeants européens qui ont passé à l’as la construction d’une Europe sociale et vraiment fédérale. La chose a démarré sous auspices hautement intéressés des Américains qui ont façonné une Allemagne à leur image et poussé à l’unification européenne, notamment via leurs exigences pour disposer des fonds du plan Marshall. Les USA avaient aussi de très bons amis dans la place comme le sieur Monnet accusé par certains d’avoir été un honorable correspondant de la CIA. Il fallait aux USA une Europe libérale et dans leur giron. Or les Doryphores ne pouvaient accepter le libéralisme pur et dur des USA (ce fut fait quand la Gibbye intégra l’UE en 1973). Pourquoi ? Parce que la mentalité luthérienne est très individualiste chacun pouvant se faire sa lecture perso de la bible. On aurait donc eu trop de divergences pour ce qui est du contenu du libéralisme à mettre en place. Solution, puisque les luthériens doivent obéir au pouvoir comme l’a si bien dit Luther, imposer des normes communes ; ça tombait bien un courant socio-économique teuton de l’entre-deux guerres préconisait l’ordo-libéralisme ou libéralisme imposé par des règles décidées démocratiquement par le parlement et inscrites dans la Constitution. Banco : l’UE serait ordo-libérale, ce qui fut accepté par les autres pays largement assez dirigistes mais aussi libéraux devant se reconstruire.
Alors commença la 3ème destruction de l’Europe par la Teutonnie (14/18, 39/45 puis UE). On y installa la concurrence sans bornes tant en Europe qu’avec le monde entier avec l’acte unique de 1986. On eut une floraison de directives bruxelloises (ou bruxellose) imposant la disparition des grands services publics et la mise en concurrence des modèles économiques des différents pays ; on finit par rendre impossibles les coopérations inter-pays et les fusions d’entreprises pouvant créer de grands champions européens ; on installa la libre circulation de tout (marchandises et capitaux et hommes comme les travailleurs détachés), on abaissa les droits de douane, disparus au sein de l’UE, vis-à-vis de l’étranger ; on ouvrit l’UE sans limites aux ex-pays de l’Est (Europe centrale et orientale : les PECOs), pays très hétérogènes et aux coûts de production très inférieurs à ceux des pays occidentaux, ce qui aggrava drastiquement la concurrence (externalisations, délocalisations, importations low cost) ; on installa (via la CJCE puis la CJUE) la supériorité des directives sur les droits nationaux ; on n’harmonisa pas les droits fiscaux (paradis installés au cœur même de l’UE : Irlande, Gibbye [ses îles anglo-normandes, ses Bahamas, Iles Verges, etc.], Pays-bas, Luxembourg, Belgique, Malte, Chypre, Monaco…), sociaux, environnementaux afin de bâtir la croissance sur les différences de modèles sociaux, ce qui développa le moins-disant fiscal, social, écologique au profit du Kapital. On mit donc les peuples européens dans une concurrence échevelée de plus en plus sévère. Et tout cela a été ratifié par les traité de Maastricht et le traité de Lisbonne de 2008 reprenant le TCE avorté de 2005. Il faut souligner qu’à la suite de l’entrée des pays de l’Est dans l’UE à partir de 2004, les règles de décision ont été modifiées de façon à rendre l’UE ingouvernable et à mettre les pays en opposition ou en union tactique afin défendre leurs seuls intérêts. L’UE est devenue une cohue de pays défendant chacun leur bout de gras ; ce qui a donné à la Doryphorie une prééminence de fait qui se voit déjà au fait que les principaux dirigeants européens sont ses nationaux ou ses amis et sont à sa botte.
L’Allemagne finit par mener le bal avec une double idée : atomiser l’Europe et la diviser mais en pensant que le plus puissant des pays, elle, régulerait tout cela à son profit ; réduire la puissance économique des autres grands pays (surtout la France) afin d’imposer son imperium économique à toute l’UE. C’est pourquoi la Chleuie s’est appuyée sur les libéraux britanniques hostiles à toute planification et réglementation, sur les copains luthériens d’Europe du Nord et en même temps trop petits pour lui résister et ayant un grand intérêt à exporter parce que leur marché intérieur ne pouvait pas absorber leur production de plus en plus massive (par suite de la productivité des moyens modernes de production) et sur les PECOs qui lui devaient tout (entrée dans l’UE et emplois procurés comme hinterland teuton). La Tudesquie est allée jusqu’à favoriser l’éclatement de la Yougoslavie en reconnaissant toute seule la Croatie.
Le pire a été atteint avec la création de la zone euro et de la BCE suivant le modèle fridolin du Deutschmark et de la Bundesbank. Ce qui fit perdre aux autres pays la liberté de leur taux de change, de leur politique monétaire et de taux d’intérêt, leur droit d’avoir des avances de leur banque centrale et des financements. Parallèlement la vert-de-Grisie, ne pouvant pas jouer sur sa monnaie (ce qui est contraire à sa doctrine perso et à celle de la zone euro) s’est mise à jouer les passagers clandestins avec de la « désinflation compétitive » (lois Hartz et TVA sociale de 3 points) et le petit jeu de l’euro fort à son seul avantage. Le résultat de tout cela a été des déséquilibres structurels sans cesse aggravés entre les pays de l’UE (exemple la balance commerciale teutonne : plus 258 milliards en 2017, la française : moins 62 milliards).
Cette mise en concurrence permanente et sans cesse accrue des peuples a créé des inégalités croissantes, du chômage, des rivalités, a réveillé les nationalismes (ce qui été aggravé par les problème migratoire car les pays en rivalité ont été incapables d’avoir une législation commune sérieuse et des aides inter-étatique, laissant au passage la Grèce et l’Italie se dépatouiller toutes seules), a détruit l’adhésion des peuples à l’Europe… Tout cela a été évidemment permis parce que les autres pays étaient dirigés par des libéraux quelles que soient les alternances politiques et parce que lesdits pays ont joué à la contrainte extérieure (étau des règles de l’UE et des déficits publics avec la dette les accompagnant) afin de se défausser de leurs responsabilités et de force leur peuple à se soumettre au SLC.
Il ne faut donc pas s’étonner de l’état actuel de l’UE et de sa probable disparition si cette politique SLC continue. Maqueron ne pèse pas grand chose et ne changera rien au processus de destruction sauf à jouer sa seule vraie carte : menacer l’UE du Frexit au cas où sa politique et ses règles ne seraient pas modifiées radicale. Et il aura des alliés si la droite récemment élue en Italie réussit à former un gouvernement. Un de ses leaders a déjà dit : il n’y a pas d’euro, il n’y a qu’un Deutschmark européen. Car il faut continuer de construire l’Europe, cette grande idée de Victor Hugo, à condition qu’elle soit unie, sociale et fédérale intégrale (à la fois économique, politique, juridique et sociale) suivant le projet de Proudhon.

Pas de commentaire

Pas encore de commentaire.

Flux RSS des commentaires de cet article.

 

sans violence et sans haine |
Changer Amiens |
Parti de Gauche. Commission... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | "كُن...
| ALLIANCE POUR LA NORMANDIE
| degaulois.justice.fr