les armes de la critique

Bienvenue sur mon blog

Maqueron et la « noblesse d’Etat »

Classé dans : politique — 03/25/2018 @ 11:24

Le sémillant époux de la douairière Trogneux n’a pas perdu les habitudes antérieurs en ce qui concerne la « gouvernance » de l’Etat : technocratie über alles et appel aux hauts fonctionnaires issus des grands corps de la fonction publique ; Conseil d’Etat, Inspection des finances, Cour des comptes, corps des mines, etc. Car il y en a d’autres moins connus mais tout aussi pernicieux (dont corps des ponts et chaussées). L’honneur n’a plus cours dans ces hautes sphères ; ce ne sont plus les horaces et les curiaces, mais les voraces et les coriaces ; ce n’est plus le service de l’intérêt général mais celui des intérêts privés du Kapital et de la phynance, le fiel et le lucre à la place du miel et du sucre. Comment se fait-il que la recherche du bien commun par la haute fonction publique ait été remplacée par le service du SLC et la poursuite de carrières privées et individuelles ?
la plupart de ces gens viennent des « séminaires de l’aristocratie » où ils ont tous tété le même lait idéologique dans des écoles non pas formatrices mais « formatantes » : Sciences-po, ENA, HEC ou ESSEC (souvent école de commerce plus ENA), Dauphine. On n’y apprend que la doctrine SLC, le management privé, la haine de l’Etat et de l’intervention publique, la merveilleuse mécanique auto-réalisatrice et régulatrice qu’est le libre-échange sans freins ? C’est une culture commune qui fait qu’on se comprend spontanément et qu’on partage les mêmes finalités ; cela rappelle l’histoire des jésuites qui ne pouvaient se croiser sans rire. En plus, on y pratique les mariages endogames car depuis que l’école est à Strasbourg et qu’il leur faut bien se reproduire, les élèves mâles y trouvent des femelles suffisamment attractives par suite de leur réseau de relations. Car, depuis la création de l’ENA dès 1946, ses élèves ont pu aller partout fertiliser la fonction publique et développer leurs connivences.
cette nouvelle noblesse de robe (ne disais-t-on pas autrefois, le Conseil des tatas) a une caractéristique bien française et pourtant totalement contraire à l’idéologie qu’elle véhicule : elle aime fort disposer des moyens publics, des administrations, des entreprises publiques afin d’y mener une carrière assurée, rentière du diplôme et du rang de sortie dé départ. On est donc à la fois hyper libéral (pour les autres et pour être admiré par les collègues et les autres européen de l’UE) et super dirigiste pour avoir son fief. Et il faut que ce dernier soit le plus gros possible (on en saurait être PDG d’une vulgaire PME, ce serait dévalorisant en ce qui concerne la haute estime qu’on a de soi) et, maintenant, le plus juteux possible comme dit l’homme des casernes. D’où l’envahissement par l’énarchie des secteurs financiers (banques, assurances, fonds d’investissement…) qui payent bien mieux que le public. Une condition est exigée pour y accéder : y avoir son trou avant de pantoufler afin d’amener son carnet d’adresses et bénéficier de la complicité des collègues restés dans la fonction publique. Le primat de la finance comme nid de profits privés et sphère d’excellence implique que l’énarchie se contrefout des PME, PMI et autres sans grades qui se salissent en plus les mains dans le cambouis en allant au charbon pour la production et l’industrie françaises qui ont été abandonnées à la Doryphorie et à la finance internationale via la mondialisation de la circulation du pognon. La limitation du pantouflage (malgré un récent décret Girardin sous Zizi Rider) et surtout le contrôle des conflits d’intérêts tant entre époux que lors d’une exfiltration vers le privé sont d’une timidité de violette et d’une pudeur de cardinal pédophile. Notons que cette propension à maximiser son fric est tout à fait dans les nouvelles valeurs individualistes et fricophile que propage le SLC depuis longtemps. Cela entretient une saine émulation que de voir que son camarade de promo partie chez Rotschild gagne bien plus que vous resté un serviteur du soi-disant Etat. De plus cela pousse à élever les rémunérations dans le public sous peine de ne plus y voir de candidat. Dieu merci, après une ordalie de 4 ans on peut aller se faire des bourses en or ailleurs, puis revenir et rester 6 ans (il faut servir 10 ans le pays pour rembourser sa formation gratuite), puis repartir avec son réseau.
l’énarchie (et autres grands corps) se présente comme pur produit d’une méritocratie issue de grands concours difficiles où seuls les meilleurs, eux, ont réussi, ce qui les sacralise comme légitimes pour tout diriger. Le problème devenu patent est que l’ascenseur social de « la circulation des élites » donnant du sang neuf et de la mixité sociale n’existe plus depuis longtemps. Il n’y a que 9 % d’enfants de prolos (employés et ouvriers, soit 52 % de la population) dans les études supérieures de 5 ans et plus. La noblesse d’Etat se reproduit via sa mainmise sur les structures éducatives et on constate même qu’il s’y trouve des dynasties.
La fraternité des aristocrates de la ripoublique a développé réseaux d’amitiés et de complicité, lieux de rencontre où elle se concélèbre (les clubs comme Choiseul ou le Siècle ou les « think tanks » comme Terra Nova et même, ô crime, Jean Jaurès). Le phénomène des allers et retours entre privé, politique, administration fait que les problèmes du pays sont résolus entre autres soi-mêmes de même obédience néolibérale, comme dirait le père spirituel du Maqueron, Paul Ricoeur. Les hauts fonctionnaires font appel aux cabinets conseils, de lobbying et aux avocats d’affaires où siègent leurs copains de promotion ou d’école ; et vice versa quand un pantouflard rejoint à nouveau l’administration afin de continuer de bénéficier de la garantie et de la retraite de son corps d’origine. La loi a été clémente (faite par qui?) : détachement ou mise en disponibilité pendant 10 ans, droit à devenir avocat sans en avoir les diplômes ou le cursus. Même Zizi rider est devenu avocat, comme Copé ou Villepin, pendant sa petite traversée du désert tout en continuant à cotiser pour sa retraite à la Cor des Comptes. Dès lors, maints politicards sont devenus avocats d’affaires, ce qui n’existe que si règne le monde des affaires, c’est-à-dire le SLC.
Cette course au privé par les « revolving doors » entre privé et public est devenue possible quand, dès les années 90, on assista à une vague de dénationalisations et de privatisations, ce qui a été renforcé par les « noyaux durs » de Ballamou assurant par participations croisées la mainmise des excellences d’Etat sur le secteur privatisé. Ensuite, c’est devenu aisé : le privé recrute pour disposer d’un réseau de relations, de lobbying, de connivences, le haut fonctionnaire ou le politicard pantoufle pour devenir riche.
« En même temps », les pouvoirs publics se sont lancés dans la dérégulation en faveur du SLC, dérégulation qui passait par l’émission de lois et autres décrets cassant l’ancien droit protecteur de la société et des salariés. Cette nouvelle complexité, voulue aussi pour créer, comme le fait Maqueron actuellement, un brouillard peu pénétrable, a nécessité un appel sans frein aux juristes (d’où la profusion d’avocats d’affaires tant pour négocier les fusions-acquisitions d’entreprises que pour contourner ou détourner la loi ou profiter de ses failles ou empêcher [lobbying et amitiés de connivence] qu’elle ne régule de trop). Il est alors fort utile d’embaucher un haut fonctionnaire qui connaît le milieu public et sait où sont les failles juridiques. On est ainsi arrivé à une grande famille « tuyau de poêle » où les relations public, privé s’imbriquent dans tous les sens au plus grand bénéfice de la caste.
Parallèlement, le pouvoir politique s’est lancé dans « la modernisation de l’Etat », devenant régulateur au lieu de stratège. Pour singer le « New Public Management », c’est-à-dire l’application au secteur public et à l’administration de la logique, des règles et des techniques gestionnaires du privé, Tsarkozy a installé la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP) en lui intimant la baisse du nombre de fonctionnaires (jusqu’à 500 000 mille). Mais cela ne valait que pour les petits car « en même temps » on dégraissait la haute administration en créant des Conseils, des hauts Conseils, des Kommissions petites ou grandes, des Agences, des Autorités indépendantes (44) en tout genre, soit plus de 1240 organes truffés de gens du privé et offrant prébendes et sinécures à la noblesse d’Etat. Buts de la combine : faire semblant de dégraisser et surtout prétendre que ces agences étaient neutres et donc efficaces car hors politique. ET mon Q car pas neutres du tout par rapport à l’idéologie néolibérale et à la prise en compte en premier des intérêts du privé ?
Dans sa campagne Maqueron a évoqué qu’il mettrait de l’ordre dans ce système de conflits d’intérêts. Cela ne s’est pas bien vu dans la loi de transparence de la vie politique. Cela ne se verra pas car le nouveau prince républicain appartient lui-même audit système et qu’il s’appuie sur lui et ses copains de la promotion Senghor pour pousser à fond les feux de la mise en place du SLC en France. Le tout nouveau monarque a besoin, comme les autres, de petites mains pour agir et contrôler ; il les trouve dans la noblesse d’Etat, ce qui va dans le sens de son jacobinisme foncier.

Pas de commentaire

Pas encore de commentaire.

Flux RSS des commentaires de cet article.

 

sans violence et sans haine |
Changer Amiens |
Parti de Gauche. Commission... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | "كُن...
| ALLIANCE POUR LA NORMANDIE
| degaulois.justice.fr