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SNCF : Borne monte au créneau

Classé dans : politique — 04/02/2018 @ 9:06

La sinistre des transports descend les grévistes de la SNCF en flamme ce matin dans Le Parisien ; belle opération de dressage de la population contre les cheminots montrés du doigt, stigmatisés, qui plus est avec des arguments fallacieux. Quand il y a une Borne, il y a trop de limites via aussi un raisonnement borné.
Mme Borne se prévaut de la concertation en cours en faisant mine d’ignorer que la concertation, c’est très limité et surtout, sous l’ère Maqueron, largement truqué. C’est du « je vous écoute, mais je déciderai tout seul » ou « chante fauvette, j’irai mon train » ou « les chiens aboient, la caravane passe »…
Mme Borne fait état de garanties données aux cheminots comme leur reprise, en cas de volontariat, par un nouveau concessionnaire de lignes, le maintien de leur statut (pour donc, seulement les anciens) et de leurs « privilèges », la conservation nationale des lignes TGV, le report de tout changement en Ile de France à 2039 (soulignons que le pouvoir maqueronien peut s’arrêter en 2022!), etc. Que valent ces « garanties » ?
C’est sans doute du pipeau car rien n’obligera un futur concessionnaire à embaucher des cheminots ; il pourra, en l’état du droit européen, employer des « travailleurs détachés » de n’importe quel pays low cost ou de chez lui, genre Ryanair. Et si aucun cheminot n’est volontaire, qu’est-ce qu’on en fait ? On les laisse à la SNCF devenant alors en sureffectif plombant ses comptes face à la concurrence ? On voit que cette promesse n’est guère crédible tant elle ouvre la porte à maintes difficultés. Qui nous dit que les régions, attribuant les lignes TER, ne vont pas faire dans le moins-disant ? Comment l’usage du réseau sera-t-il facturé aux nouveaux concessionnaires, sachant que c’est ce tarif qui a aussi plombé les comptes de la SNCF car l’Etat lui a laissé l’intégralité de la dette due aux TGV  et l’a mise dans une situation intenable : facturer son réseau (on le lui avait rendu) à son trafic, la SNCF ayant à la fois le réseau et la mobilité des trains sur icelui. Si le coût d’usage du réseau est trop élevé qui paiera ?: les usagers dans les prix ? Et si ce n’est pas eux, qui voudra de lignes bien trop chères à exploiter ?
Mais il y a surtout le fait que les gouvernements ont perdu depuis longtemps toute crédibilité et légitimité. On apprend que M. Lemaire a commandé 100 nouveaux TGV à Alstom sans consulter la SNCF ; va-t-elle devoir les payer alors qu’elle serait exsangue aux yeux même dudit Lemaire ! De qui se moque-t-on, tontaine, tonton ? Et depuis longtemps les syndicats et les salariés savent que la parole d’un gouvernement peut être annulée par le suivant.
Et il y a pis. Le pouvoir, quel qu’il soit, a accoutumé de jouer au tunnel sans cesse prolongé au moment où on pense être arrivé au bout et voir la lumière, à la stratégie du salami, au découpage des opérations par petites étapes, chacune constituant un point de non-rebroussement vers la destination finale, soigneusement cachée au départ. Mais l’enchaînement des opérations montre assez rapidement le but final visé, à savoir en l’occurrence, la privatisation du rail. Cela ne trompe plus personne, même Bornée et donc ce ne sont pas les invectives de Borne qui vont faire stopper le mouvement de protestation. Cela fait des lustres que les politicards francaouis facilitent la construction d’une Europe hyper libérale et favorisent le SLC ; ils vont très progressivement par peur d’une révolte du peuple et font tout pour l’y forcer grâce à « la contrainte extérieure ». Et Maqueron ne fait qu’accélérer le processus via sa maîtrise totale des institutions politiques et administratives. Ils touchent au but et c’est pour cela que ledit Maqueron a engagé une bataille duraille et décisive contre le modèle social francoui. Il peut la gagner et alors ce sera la fin des haricots ; provisoirement car il risque alors d’être renvoyé en 2022. Hélas, on sera alors très imbriqué dans le SLC.
Dans l’idéologie du SLC qui fait le fond de la pensée de nos pseudo-élites politiques et managériales, le service public, c’est caca-boudin. Encore faut-il pouvoir le démontrer. C’est ce qu’ont fait les gouvernants en prenant des décisions visant à rendre les services publics inefficaces et dispendieux. Puis, quand le fruit de la décrépitude est mûr, ils hurlent à la nécessité de les réformer, disons plutôt reformer aux normes du SLC. Ce qui veut dire les privatiser car le kapital privé est sans cesse à l’affût de nouveaux champs de profit à investir; par exemple ceux de la santé et des assurances sociales ou de l’éducation. Or tout service public bien géré est moins coûteux que la gestion privée tout simplement parce qu’il n’y a pas de dividendes à servir. Las, les politicards s’en sont servis comme vaches à lait: manipulation des tarifs, placement des copains, charges indues (comme le service de la dette du réseau SNCF), achats forcés à des firmes amies ou en difficulté, etc. Qui veut tuer son chien, l’accuse de la rage après la lui avoir inoculée!
Et il ne faut pas oublier que Maqueron a conçu la réforme de la SNCF comme la mère des batailles. S’il la gagne, alors il s’attaquera au gros morceau : la fin des fonctionnaires à statut. C’est ce que fit Thatcher avec la grève des mineurs : elle remporta la guerre et on sait ce qu’il advint du modèle social gibby après. Les cheminots sont donc tout à fait habilités à être le fer de lance de l’opposition aux « transformations » maqueroniennes. On ne peut que déplorer que, là encore, les syndicats agissent en ordre dispersé et n’essaient pas un mouvement général au lieu d’une guérilla secteur par secteur !

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