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Maqueron-Rambo et le bateau ivre de l’UE

Classé dans : politique — 04/03/2018 @ 11:36

Se présentant comme Rambo, notre zident a excipé de ses muscles pour nettoyer un peu les écuries d’Augias que sont devenues die grosse Kommission de Bruxelles et l’UE. Le problème est complexe car on ne peut pas « à la fois » propulser le SLC en France et aider à le faire progresser ailleurs et réformer des institutions dont l’objectif depuis 1986 (acte unique) est de l’implanter en Europe en tant que libre-échange intégral. Mais il y a bien d’autres paramètres qui font de cette réforme, pardon « transformation » une « mission impossible » si l’on joue avec les règles du jeu actuel.
Quand l’UE a été élargie aux pays de l’Europe centrale et orientale (PECO) à partir de 2004 et sur pression doryphorienne forte, il n’y a eu aucun approfondissement pertinent des règles et des institutions. Bien au contraire, on a créé un bazar institutionnel à 28 pays complètement hétérogènes (ce qui a été sciemment voulu afin de faire profiter le kapital des différences permettant de faire baisser les coûts via une concurrence échevelée entre pays). Dans ce foutoir, on voit qu’à la Kommission et au conseil européen, le Luxembourg et Malte (300 000 à 500 000 habitants) pèsent autant que la France (67 millions) ou l’Allemagne (80 millions). On aurait pu se rattraper sur le parlement mais ce dernier, malgré quelques fort timides avancées dans la partage de certaines décisions, est demeuré un « parlement croupion ».
On a rien non plus de positif dans les règles de prise de décision au conseil européen. Des domaines super importants requièrent toujours l’unanimité comme celui de la fiscalité. Ce qui a permis à l’alcoolo Junker, ex-premier ministre du Luxembourg de pondre « des rescrits » (petits arrangements fiscaux entre firmes, multinationales là, et gouvernement) faisant gagner quelques dizaines de millions à son pays contre des pertes colossales de rentrées fiscales dans les autres. L’Irlande a prospéré avec sa fiscalité à 12 % sur les bénéfices des entreprises et s’est liguée avec les Pays-Bas pour créer un « triple sandwich » favorisant «l’optimisation fiscale » des multinationales. La Gibbye a bien profité de sa foultitude de paradis fiscaux (Jersey, Man et îles exotiques) pour attirer les capitaux en fuite. La Tudesquie a produit low cost dans son hinterland de l’Est reconstitué et a attiré des travailleurs détachés (TD) en masse. Il n’y a eu aucune harmonisation dans les domaines du droit social, du droit du travail, des normes écologiques. Hors l’unanimité, la règle la plus importante de prise de décision est la « majorité qualifiée » qui est une usine à gaz (plus de 55 % des membres du conseil, soit au moins 15 sur 28, au moins 65 % de la population de l’UE ou 72 % des membres du conseil). Le grand gagnant est la Teutonnie qui a des amis en nombre : les PECO, qui ont des usines teutonnes et envoient des TD, et les pays d’Europe du Nord, tous copains luthériens. Seule l’Allemagne peut aisément obtenir une majorité qualifiée. Forte de tous ses amis, la Doryphorie a pu truffer les institutions de l’UE de ses copains, dont Junker qui vient, tout seul comme un grand, nommer son secrétaire général de la Kommission (28 commissaires avant départ avant Brexit). Elle y donne donc le la en y imposant les règles de son « ordo-libéralisme » et son austérité budgétaire. De plus, l’Allemagne a profité de l’absence d’harmonisation sociale et fiscale pour faire de la « désinflation compétitive » (lois Hartz sous Schröder et 3 points de « TVA sociale » sous die grosse Angela) pour faire passer son industrie au dessus de celles des autres pays et exporter à mort.
La création de l’euro avec ses institutions (eurogroup qui n’ en fait aucune existence légitime et BCE directement branchée sur Berlin) a aggravé énormément la concurrence entre pays de ladite zone mais aussi avec ceux hors zone. Les premiers ont en effet perdu la liberté de leur politique de taux de change, de leur politique monétaire (masse monétaire et taux d’intérêt), de leur budget (accord Tsarkozy-Merkel de 2012 sur des règles drastiques de maîtrise des budgets, des déficits et de la dette publique). L’Allemagne peut donc exciper de ses règles-là pour faire régner l’austérité en Europe. Cela a créé d’énormes déséquilibres entre économies exportatrices, d’un côté, et économies emprunteuses, de l’autre, car le déficit commercial est toujours compensé, afin d’assurer la stabilité de l’euro, par une importation équivalente de capitaux ; c’est ainsi que les banques allemandes ou françaises ont prêté par exemple à tire-larigot à la Grèce et à l’Espagne à titre privé jusqu’à ce que ces pays se retrouvent insolvables tant dans le privé (pour l’Espagne et ses dettes immobilières) que dans les comptes publics (pour la Grèce dont les budgets étaient truqués) lors de l’après krach de 2008).
Règles commerciales d’hyper libre-échange et financières (Maastricht puis euro) ont crée un étau mettant tous les pays en concurrence sauvage. Dès lors, au Conseil européen et à la Kommission, c’est devenu chacun pour ses fesses et Dieu pour tous ; l’UE est devenue une cohue de pays en concurrence et ne défendant que leurs intérêts. Tout effort vers une harmonisation des règles en tout domaine, vers des coopérations inter-étatiques, vers une institution fédérale et fédérative des pays est voué à l’échec dans ce contexte de concurrence trop libre et très faussée par les pays jouant « les passagers clandestins » sur le dos des autres et vice versa. Avec, naturellement, un grand gagnant à cause de sa puissance économique : la Tudesquie. Qui ne fera donc rien pour aider Maqueron à changer les règles du jeu, même pas en surface pour sauver l’honneur du maître des règles du Je. 500 millions d’européens et moi et moi… Maqueron n’a qu’une carte à jouer, mais dont il n’usera pas par peur de perdre l’amitié de ses copains SLC à l’UE : menacer d’un retrait de la France s’il n’y a pas de profondes transformations de l’UE. Pour l’instant, Maqueron n’a pensé qu’à confédérer (union d’Etats et non pas fédéralisme ) la zone euro alors que le vrai et bien plus important problème est le primat du SLC en Europe ; à quoi s’ajoute la nature même des institutions et des règles qui le régissent dans l’UE.

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