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Référendum à la SNCF et maqueronisme

Classé dans : Non classé — 05/14/2018 @ 10:31

Les syndicats, pour une fois uns, ont décidé de faire voter le personnel de la SNCF à propos de la réforme de l’entreprise. C’est pour contrer le pépiement de Pépy qui prétend que 80 % dudit personnel est pour la réforme. Sur quelles bases ? On ne sait, mais c’est manifestement faux car déjà la plupart des conducteurs et des aiguilleurs sont encore dans la grève, qui, du reste, montre un beau regain d’activité aujourd’hui. Pépy, enfourchant le discours gouvernemental, nous dit aussi que ce référendum est illégitime car une corporation ne saurait détenir l’intérêt général ; lequel appartient au pouvoir élu par le peuple tout entier et non par une fraction d’icelui. Dire qu’une profession n’a pas le monopole de l’intérêt public est naturellement un truisme et les syndicats ne le prétendent évidemment pas. Et cette banalité consensuelle (car un bon critère de pertinence de ce qui est dit est tout bêtement de se demander si on peut dire le contraire et si ce n’est pas le cas on enfonce des portes grandes ouvertes) a été préparée pour l’opinion en se dépêchant de faire voter l’assemblée nationale afin de couper l’herbe sous le pied des négociations et surtout de pouvoir exciper d’une décision légitime prise par les représentants du peuple tout entier, comme disait Staline.
On est donc amené à s’interroger sur la légitimité de cette décision prise à toute vitesse et sans concertations préalables, décision qui plus est non annoncée dans le programme du candidat à la pestilentielle. Donc déjà non sanctifiée par le vote dudit peuple ou plutôt du seul corps électoral. 1er point de soupçon d’illégitimité.
La légitimité pose aussi un redoutable problème de contenu de la décision ; celle-ci ne peut être légitime que si elle est conforme à l’intérêt général, notamment au préambule de la Constitution qui prévoit le retour à la nation des grands moyens de production. Chose régulièrement violée depuis 50 ans par les privatisations des EPIC et des services publics. Or, ce qui a été voté à la chambre des députés, avant passage au Sénat, ne permet pas d’évaluer cette conformité car c’est un texte trop général et flou et, en réalité, assez vide de contenu. Du reste, ce genre de texte tout-terrain fait partie de la stratégie maqueronesque : ordonnances hyper générales, puis lois amendées par des apports pirates et non prévus de la majorité, amendements émanant souvent de la pression des lobbys et qui modifient les principes de départ, et, enfin, décrets d’application qui changent encore la donne mais sans vote du parlement. On perçoit facilement que cette démarche, si efficace du point de vue d’un pouvoir autoritaire qui veut imposer ses solutions, pose quelques problèmes de légitimité sauf à ériger la force, la ruse et la manipulation au rang de principes généraux de l’art de gouverner. Et si on se réclame de la démocratie il apparaît tout de suite que cette façon de procéder n’obéit pas à ses valeurs et à ses règles. Cette approche résume assez bien l’ordo-libéralisme (gouverner par les règles) sauf que chez ses inventeurs teutons ce n’est pas l’exécutif qui fait les lois mais bel et bien le parlement. La copie française de la doctrine doryphorienne est là encore une falsification alors même que Maqueron voudrait imiter le modèle tudesque.
Autre problème de légitimité en ce qui concerne l’imputation de servir l’intérêt général : la chambre et le zident sont-ils habilités à se parer des plumes de la légitimité ? La réponse est non. En effet, le résident à l’Elysée n’a eu que 18 % des votes des inscrits au 1er tour de la pestilentielle de 2017 et 44 % au deuxième. De plus la majorité absolue de LREM à la chambre (55 % des sièges) repose en moyenne sur le vote de seulement 15 % des inscrits ( il faut tenir compte de 57 % d’abstentions et de 10 % de blancs et nuls, soit presque 70 % de non exprimés. Reste donc 30 % de votes pour LREM alors qui leur faut 50% plus une voix ; donc en moyenne 30 par 50 donne 15 %. A quoi il faudrait rappeler qu’il y a environ 10 % de non-inscription sur les listes électorale). Ces chiffres incontestables, et jamais mis en relief par les médias, montre que si le pouvoir a été légalement élu, cela n’a rien à voir avec sa légitimité qui n’est donc pas plus assurée que pour le référendum syndical ! Cela est factuel.
Mais il demeure des questions de principe sur la caractère légitime de la démocrassouille francouie. L’élection pestilentielle ressemble fort au plébiscite de Napoléon le Petit. Il a été largement démontré que ce n’était guère démocratique. Les élections législatives sont déformées par le mode de scrutin et la découpage des circonscriptions. Bien plus grave est le fait que dans le scrutin d’arrondissement en vigueur la doctrine soit : l’électeur vote pour l’intérêt général (IG) et non pour des buts particuliers, notamment locaux ; c’est de la foutaise car l’électeur vote non pour l’IG mais pour sa représentation d’icelui et pour ses intérêts personnels ou partisans. Le vote est atomisé, ce qui lui confère la maigre valeur d’un sondage commercial. En fin, les élus sont eux aussi censés représenter l’IG comme si la chambre élue devenait par la grâce du scrutin un microcosme hologrammatique de la nation ; ce qui l’habilite à se prétendre détentrice de « la volonté générale ». Ce n’est alors plus le peuple qui est souverain mais la chambre élue ! Il faudrait quand même que nos politicards fassent un peu de philosophie politique au lieu de se retrancher derrière une théorie qui ne tient pas la route dans un monde pluraliste. Mais cette théorie est trop commode : elle leur permet de se présenter démagogiquement comme les vrais représentants du peuple et comme légitimes propriétaires de l’IG. C’est ce qui permet à Maqueron, qui détient les principaux leviers du pouvoir, d’implanter en France le SLC contre la volonté du peuple, ce qui lui vaut l’admiration de ses confrères, tous libéraux de chez libéral. Car que sont les « organes » internationaux ? Un simple club d’admiration mutuelle. Rappelons le mot de Marx  (Groucho pas Karl): je n’entrerai pas dans un club qui voudrait m’y recevoir. je renvoie donc les plaideurs dos à dos: ni l’un ni l’autre ne sont légitimes.

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