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Luthérianisme, protestantisme et catholicisme

Classé dans : politique — 06/04/2018 @ 11:25

Le sujet des différences théoriques, dogmatiques et pratiques entre ces religions, toutes largement néfastes mais pas au même degré, ni pour les mêmes choses, mérite d’être traité en tant qu’une des clefs de compréhension des cultures en compétition à l’échelle mondiale. Je dis tout de suite que l’hyper libéralisme capitaliste qui domine le monde actuellement est largement d’obédience protestante, de même que l’austérité économique est inspirée par le luthérianisme.
Une différence fondamentale et largement occultée réside dans les théories de la grâce divine en vigueur dans ces religions. Chez les cathos, la grâce est fondée sur les œuvres de son vivant : contemplation ou charité, solidarité, miséricorde, bienveillance, donc phylia (amour du prochain) pour la présence dans les activités terrestres. Ce qui compte le plus, c’est la foi prouvée par les actes et les pratiques, ce qui sera jugé post-mortem par Dieu. Il s’agit ici de dogme et non des pratiques réelles de l’institution-Eglise qui a montré les pires vices et exactions au cours de son histoire  en contredisant ainsi les paroles de l’évangile au profit d’une caste religieuse liée aux pouvoirs politiques. la foi est aussi de nature collective par appartenance à la communauté des croyants, à l’Ecclesia. Cet aspect de collectivité se retrouve dans l’existence d’une hiérarchie religieuse organisée et instituée qui donne le la de l’interprétation des textes, ce qui s’est généralement de façon imposée et souvent par la force. Cette foi collective, nécessitant engagement de tous, se voit dans la profusion des cathédrales, y compris celles qui ont été annexées ensuite par les protestants. Cette force hiérarchique a donné souvent des mauvais résultats par suite de l’émission de consignes poussant à la séparation et à l’exclusion, par exemple la croisade anti cathares, la contre-réforme ou l’inquisition ou le feu vert donné au colonialisme et même à l’esclavage. Enfin, le catholicisme est fortement universaliste, ce qui a donné là encore lieu à l’exclusion et même à l’extermination des non-croyants présentés comme des sauvages. Le catholicisme, comme toute religion, est intolérant et veut imposer as conception des choses quand il en a le pouvoir. Ce qui a été éradiqué en France par la laïcité. Mais il y a bien pire que lui en ce qui concerne le lien social et la solidarité ou l’aval donné à l’expansion du SLC et de sa culture individualiste.
Dans le protestantisme luthérien, la grâce divine est avant tout liée à la foi individuelle indépendamment des actes. Cela a deux conséquences néfastes: on peut déjà faire n’importe quoi pourvu de garder la foi. Cela justifia la conduite des « barons voleurs » (les Carnegie, Rockefeller, etc.) qui firent des tas de saloperies pour asseoir leur domination et ensuite créèrent des fondations (largement détaxées) de charité, de soutien aux grandes universités privées, des musées… Ce temps n’est pas fini avec notamment la fondation Bill Gates, soi-disant écolo, mais qui finance des projets dévastateurs pour la nature. L’autre implication est un individualisme forcené à base de lecture de la bible en solo et d’auto-formation spirituelle (la « bildung »). A quoi ce bon Luther ajouta l’obéissance aux autorités en place, ce qui facilita grandement l’implantation de régimes autoritaires et, in fine, du nazisme. L’individualisme, sis dans l’auto-interprétation de la bible (surtout l’ancien testament qui glorifie des horreurs commises par « le peuple élu »), a naturellement produit une profusion de de sectes protestantes en concurrence sur le marché des entrepreneurs de religion vivant de la crédulité des croyants. Cet individualisme nous a donné une appétence pour la réussite individuelle et matérielle comme ressort du capitalisme en tant que procurant sa valeur princeps, un non-engagement politique d’une énorme majorité silencieuse, une soumission à l’ordre établi, ressort d’un syndicalisme de coopération avec le pouvoir. Evidemment, les innombrables sectes, faisant régner un conformisme de fer dans des communautés locales d’espionnage de tous par chacun et vice versa, ne construisirent jamais les magnifiques édifices de la foi catholique comme engagement collectif des croyants sur plusieurs générations. Westminster n’a pas été construite par les Anglicans mais par les catholiques comme la cathédrale de Strasbourg ou celle de Cologne… Ce luthérianisme a été – et est toujours – propice au SLC, c’est-à-dire à une version sauvage du libéralisme capitaliste. Mais le capitalisme existait avant (billets à ordre, monnaie de crédit, comptabilité en partie double, mercantilisme…): il a été inventé par les catholiques d’Italie avec, notamment la République de Venise ou Gènes dans une version encore soft car contrôlée par le catholicisme.Si proche de la notion de peuple élu, le protestantisme a grandement favorisé aux USA l’extermination des indiens et l’esclavage des Noirs bien après que le catholicisme soit revenu de sa contribution à ces exactions.
Le pire est advenu avec le calvinisme et sa théorie honteuse de la prédestination. la grâce existe à la naissance et seulement pour les élus. Las, ils ne le savent pas et essaient de se prouver en réussissant dans leurs activités économiques car la richesse est le meilleur signe de Dieu et pour la vue des autres. Et réussir passe par l’épargne et l’investissement. Evidemment, il faut aussi se comporter conformément aux canons de la communauté C’est aux yeux de Weber, le déclencheur du capitalisme moderne accumulateur et expansionniste. Vrai, mais seulement pour sa variante hyper libérale, immorale pour ce qui est collectif et sans pitié pour les non-prédestinés.
Rappelons que tous les pays protestants, ceux qui pratiquent le SLC anglo-saxon (y compris l’Allemagne, dont viennent justement les peuples saxons) sont en froid avec la laïcité, jurent sur la bible et laissent se développer les sectes, dont certaines (évangéliques) vont faire de la propagande partout, à commencer dans les ex-pays soviétiques pour les convertir et, au passage, implanter le SLC et la démocrassouille en trompe l’oeil. Quand l’Europe des dominants excipe de « ses racines » chrétiennes, prenez bien garde à spécifier lesquelles car sa source catholique (solidariste et charitable et compatissante) n’a rien à voir avec son obédience protestante (individualiste, matérialiste et amorale en économie) qui doit être combattue dans toutes ses implications socio-économiques. Ce n’est pas qu’il faille soutenir le catholicisme mais il faut éviter les pires religions pour l’esprit de solidarité et l’amour des prochains. Et constatons que toutes les religions objectent fort peu à la logique SLC.

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