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Du système libéralo-capitaliste (SLC)

Classé dans : politique — 06/06/2018 @ 10:57

Le SLC est un hyper libéralisme économique qui a éliminé la vieille césure entre le politique et l’économique en mettant le premier au service unique et unidimensionnel du second. Le premier libéralisme, celui des origines, issu des guerres de religion et de la lutte contre la monarchie autocratique, veillait à la séparation des 2 domaines ; s’il laissait trop l’économique agir à sa guise, il tenait à la démocratie représentative en tant que gardienne du bien commun et, peu à peu, soucieuse de régulation de la société en faveur des plus faibles, jusqu’à accepter ce qu’on a appelé l’Etat-providence.
La contre-réforme néolibérale, issue de la propagande idéologique des libéraux (Hayek, société du Mont-Pélerin, groupe de Bilderberg, la Trilatérale, Friedman et monétarisme, libertarisme à la Nozick) contre le socialisme et le marxisme et mise en place à la suite des victoires électorales de Thatcher et Reagan, accélérée par la ruine du bloc de l’EST en 1989 a consisté surtout à mettre le politique sous le joug des intérêts économiques d’un capitalisme sauvage soi-disant mieux régulé que sous le libéralisme des origines. Les dirigeants politiques se sont alors mis à déconstruire totalement les vieilles régulations de la sphère économique, notamment en France celles issues du programme du Comité national de la Résistance » (CNR). L’Europe a été mise sous la coupe, à grands coups de directives, de la « concurrence libre et non faussée », des marchés en libre circulation pour le capital, les marchandises et les hommes (là, si peu), donc d’un libre-échange échevelé.
Cette dérégulation a fait du SLC un système automatique, qui plus est renforcé par les nouvelles techniques de l’information et de la communication, la productivité immense des moyens de production automatisés et maintenant robotisés (en attendant l’intelligence artificielle à plein régime), la baisse drastique des coûts de transports (containers et équipages low cost et baisse du prix du pétrole), le primat de la finance largement spéculative et off shore, les règles juridiques de l’OMC pour un libre-échange sans freins… Dès lors plus personne n’est en mesure d’arrêter la marche folle du SLC, notamment parce que les pouvoirs politiques ont abandonné toutes les armes susceptibles de le réguler. Dès lors, tous les gouvernements sont contraints par une concurrence sans limite et allant toujours vers la concentration et le moins-disant. On ne peut plus parler de règles car le SLC est en quelque sorte, comme disait Proudhon, autocinétique comme s’il s’agissait de lois physiques mécaniques ou prétendues « naturelles ». Rappelons que la prétendue science économique libérale s’est construite en s’inspirant de la mécanique et a laissé de côté les sciences modernes comme la thermodynamique (celle qui régit largement l’environnement), la relativité et la mécanique quantique, le systémisme, les sciences sociales… Abandonné à ses lois, le SLC a détruit la planète et continuera de la faire, mis les pays en concurrence, fait exploser les inégalités, conduit à la montée des extrêmes et aux démagogues et, un peu, amélioré la situation, notamment alimentaire, des plus pauvres (un peu car très en-dessous de ce que permettent les techniques modernes et car la baisse des prix de production a surtout profité à l’explosion des dividendes). On voit poindre des guerres pour les terres, les ressources, l’eau…
Tout joueur sait que pour jouer dans un jeu quelconque, il faut en appliquer les règles, en l’occurrence pour le SLC, ses automatismes sans foi ni loi, tout fiel et tout lucre, amorales. C’est ce à quoi joue Maqueron, et il est pleinement dans la logique du système auquel il adhère, en utilisant de toutes les ressources de son pouvoir légal, quoique largement illégitime, pour forcer la France à devenir un des pays de Cocagne du SLC et, aussi, recevoir les bises de ses pairs, telle die Grosse Angela dans le club du G7 et au sein de la plouto-technocratie bruxelloise. Maqueron supprime « en même temps » toutes les règles gênant les affaires. Ce qui, mécaniquement, fait tomber tous les délits et peut aboutir à une délinquance économique zéro. En revanche, pour le petit peuple les lois répressives prolifèrent ce qui entraîne l’expansion des détenues (plus de 70 000). le rêve est l’absence totale de lois substantielles en matière économique.
Comme au 19è siècle!
Les adversaires de Maqueron (FI, CGT, etc.) n’ont pas l’ombre d’un projet de société et font de l’agitation défensive et stérile. Ils sont eux aussi dans leur logique car s’ils sont contre le SLC, ils sont « en même temps » en plein dedans et vivent de celui-ci. Pro système et anti système forment système d’intérêts pour le sauver et donc qui peut durer pour la meilleure place possible de ses apparatchiks et de ses opposants qui, sans lui, n’existeraient pas. Tant pis pour les représentés qui, eux, n’en bénéficient pas. Ce qui compte, c’est de sauver l’appareil.
Si on ne veut vraiment plus dudit système, on ne saurait se maintenir dedans, même en contre. Il faut d’abord se donner un projet, puis une stratégie de changement expérimentale et à long terme qui en prenne le contrepied, prépare l’avenir en faisant du travail à la base dans des formes qui préfigure la société future. Même, hélas, si on est obligé de rester dedans, cela ne devrait pas empêcher de l’éroder et enfin le remplacer quand la logique espérée l’aura fait tomber par simple inutilité. Pour cela, il faut commencer par saper ses ressources, à commencer par la consommation.

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