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Islamisme et système libéralo-capitaliste (SLC)

Classé dans : politique — 06/24/2018 @ 11:21

Il y a belle lurette que les idéologues libéraux ont accoutumé d’assimiler le communisme, le marxisme, le socialisme à une religion profane. Ces trucs ont un peuple élu, le prolétariat, une bible, le Kapital, un prophète, Marx, une flèche du temps, le progrès, une promesse, le bonheur dans ce bas monde, un rituel, la grève, la manif, la pétition… Les mêmes idéologues avaient stigmatisé les millions de morts du communisme sans jamais faire le même calcul pour le capitalisme (esclavage, colonisation, guerres, pollutions, catastrophes chimiques, barbouzeries et coups d’Etat, famines…).
Maintenant, je vais énoncer que le SLC fonctionne exactement comme l’islamisme (à distinguer de l’Islam en tant que religion fondée sur le Coran). Après une période de magnificence (7è/14è siècles), cette religion s’est ossifiée, formalisée, codifiée, ritualisée sous la double emprise des « entrepreneurs de religion » (Ulemas, Ayatollahs) et des despotes détenant le pouvoir politique. Cette stérilisation, cette normalisation de tous les aspects de la vie sociale (politique, moral, culturel, religieux, hygiénique, alimentaire, vestimentaire) s’est définitivement encroutée sous le califat ottoman. L’islamisme, en lieu et place de l’Islam, est devenu depuis des siècles un système totalisant et souvent totalitaire. Il y eut des tentatives de réforme, de renaissance mais jusqu’à présent elles ont toutes été combattues victorieusement par les docteurs de la loi alliés à des pouvoirs politiques instrumentalisant la religion pour faire obéir les masses, en excipant du futur bonheur dans l’autre monde si on était un bon musulman observant les prescriptions et obéissant au pouvoir terrestre, Dieu ne s’occupant pas de politique. Ne rigolez pas trop en tant qu’Occidentaux car c’est le fondement du luthérianisme dévoyé en rituel. Les seules réformes réussies, si j’ose dire, ce sont les retours aux origines (salafisme et autres frère musulmans…). Défense de se moquer car c’est la même chose que pour les Amish dont on sait que pour les curetons évangéliques US les Amish de nos Amish sont nos amis. Las, ainsi menotté et « camisolé » le musulman de base n’a comme secours que sa foi, l’observance des rites et pratiques, la croyance en un monde meilleur ; ce qui ne procure que répétition mortifère sans innovation. Et, ainsi, le système (SLC ou islamiste) se met en pilotage automatique de retour aux vieilles solutions, ce qui le rend inadaptable aux évolutions, lesquelles sont, du reste, attaquées et repoussées par tous les bénéficiaires dudit système islamiste : émirs, politicards, religieux, exploiteurs. Eh bien le SLC, c’est itou.
Islamisme et SLC ont un Dieu unique, Allah ou Mammon, le fric, le flouze, l’oseille, le pognon, le grisbi, le kapital, l’artiche que les ratichons de toute obédience prennent avec leurs ratiches. Ce dieu est universel en tous temps et en tous lieux. Ces deux religions sont donc universalistes, atopiques et atemporelles.
Les deux ont un livre sacré, le Coran ou « la richesse des nations », dont le dogme est imprescriptible, soit comme vérité divine révélée, soit comme répondant à des lois naturelles ou scientifiques. Ces livres on été complétés par des dires, soit du prophète, soit de théories économiques d’obédience libéralo-capitaliste (marginalisme, monétarisme, TEG, public choice, capital humain, etc. Les deux systèmes ont leurs exégètes et défenseurs de la vraie foi; les ulémas, d’un côté, les économistes main stream, de l’autre. Ces officiels glosent à l’infini mais sur les mêmes bases, ce qui produit une idéologie figée, réductrice et surtout intériorisée par la plupart des habitants où elle sévit. les deux gloses sont binaires: vous êtes dedans ou dehors, vous croyez ou vous êtes impie. Il y a ce qui est halal et et ce qui est haram. Le marché est halal, le public ou le collectif est haram. Les écritures promettent le bonheur, dans le ciel (où on pourra faire tout ce qui est interdit sur terre) ou sur terre via le bien-être, amené par le progrès, promu par l’économie éponyme. Mais dans les deux cas, c’est toujours demain comme chez le coiffeur qui rase gratis.
Islamisme et SLC fonctionnent par formatage des esprits, conformation aux prescriptions des saintes écritures, excommunication des déviants, punition des réformistes. Ce qui produit naturellement les bonnes pratiques attendues par les ulémas et finit par fossiliser le système dans une doxa unidimensionnelle incapable de faciliter les adaptations aux changements: il faut toujours en revenir à la pureté dogmatique des origines ou des règles de vie (« salaf » ou « consensus de Washington »).
Les deux systèmes sont institutionnalisés; ils ont des organisations, des règles, des normes, des acteurs officiels. Les acteurs du SLC sont, sans exhaustivité, les « organes » internationaux (FMI, BM, BRI, OCDE, l’OMC, les  » G », les sections spécialisées de l’ONU comme la FAO, l’UNESCO, l’OIT, etc.; les Universités d’économie et les grandes écoles comme l’ENA, les think tanks, les firmes de conseil, conseil, audit, les fondations, les agences de notation, les normalisateurs (surtout en comptabilité, statistiques, critères de gestion; la finance (banques et assurances, fonds de gestion et d’investissement y compris de pension) et les paradis fiscaux: les politicards libéraux qui font de l’Etat et de la démocrassouille représentative les « fondés de pouvoir » du Kapital); les médias et les journaleux aux mains des puissants; les multinationales et pas mal d’ONG financées en fait par le kapital; les publicitaires et autres communicants.
Les deux religions sont hyper individualistes; les uns sont concentrés sur leur foi (genre « bildung » luthérienne) et l’observation des rituels et prescriptions dans un formalisme strict, les autres répondent par la compétition, la réussite exigée comme norme, le mérite montré par le patrimoine et le revenu, la démonstration de leur responsabilité personnelle… On ne s’occupe donc pas de politique, ni de solidarité; on reste soumis aux pouvoirs institués comme le préconisait Luther. Les deux religions propagent et imposent une morale (une « moraline » plutôt) qui, dans le SLC, est valeur efficacité, consommation, hédonisme matérialiste, auto-gouvernance, libertarisme, esprit de compétition sans merci. Soulignons que le libéralisme prétend être neutre par rapport à toute morale, ce qui est absolument faux puisqu’il en contient une.
Les deux systèmes sont totalisants car ils régentent l’ensemble des dimensions de la vie: politique, morale, économie, culture, alimentation, hygiène, rapports à autrui ou à soi-même. Ce qui finit par déboucher sur un totalitarisme de fait où la liberté est restreinte aux choix des queues de cerise. Ils interdisent tout pluralisme et tiennent la démocratie (la vraie, pas la démocratie Canady dry qu’est la représentative) en suspicion. la seule différence dans ces systèmes est que l’islamisme part de la religion pour étendre son hégémonie à tout alors que le SLC part de l’économie pour phagocyter tout le reste. Autre petite différence: l’islamisme a 1300 ans (quand les ulémas ont codifié le Coran, les Hadith) alors que le SLC généralisé n’en a que 50. L’islamisme, en fait, ne dérange pas le Kapital car grâce à lui les budgets d’armement et de guerre sont florissants. De plus, comme toutes les religions, il n’a rien dit sur l’économie, pas même en termes de social, de justice et de solidarité. Et, in fine, ils se ressemblent trop pour se combattre vraiment.

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