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Comment les Francaouis sont-ils rackettés ?

Classé dans : politique — 07/04/2018 @ 10:08

Pas seulement les Français mais aussi tous ceux qui vivent en France et y paient impôts, taxes, redevances, services publics y compris ceux qui sont en délégation au privé. Une des combines du pouvoir est de nous parler que des impôts alors qu’il y a une foultitude de moyens pour faire cracher au bassinet. Je me rappelle que pour faire lever une hypothèque (dont la prise avait entraîné des frais de dossier non négligeables) sur un prêt immobilier que j’avais remboursé par avance il me fallait payer 7000 francs de « main levée d’hypothèque », laquelle n’avait presque rien coûté à l’Etat ! La solution pour éviter ce racket fut d’attendre tout simplement l’échéance du prêt. Le pouvoir entretient les confusions entre impôt (à payer sans contrepartie), taxe (qui est la contrepartie d’un service rendu), redevance (prix d’accès à offre de service public comme l’accès aux programmes de la télé et aux ondes qui les transportent), contribution (qui remplace une cotisation obligatoire). Voyez la taxe d’habitation qui est en fait un impôt car la moitié des assujettis ne la payent pas… Voyez la CSG-RDS qui est un impôt camouflé en cotisation sociale. Savez-vous que votre facture d’eau en tant qu’usager domestique comporte une taxe sur les voies navigables que vous n’empruntez jamais ! Comme disait Colbert la fiscalité s’apparente à l’art de plumer une oie : obtenir le maximum de plumes avec le minimum de cris. Le taux de prélèvement obligatoire est de 46 % du PIB, celui des dépenses publiques de 57, soit 11 points d’écart. Cette différence réside déjà dans le déficit (environ 80 milliards, soit 4 % du PIB) et dans les dividendes reçues des participations de l’Etat (dans les 5 milliards mais en chute constante par suite de leur vente par un Etat impécunieux et faisant du court-termisme), soyons généreux et arrondissons les autres recettes de l’Etat à 2 points de PIB. Manquent donc 5 points de différence. Eh bien ce sont tous les impôts, taxes, redevances camouflées parce que vraisemblablement l’Etat n’en est pas le percepteur direct, par exemple où passent les redevances de concession payées par EDF aux collectivités territoriales ou les frais d’hypothèque?
Pour être concret, je vais prendre l’exemple du racket sur l’eau et, plus généralement des prédations des concessionnaires de services publics.
Voyons quelques chiffres éloquents. Les consommations de flotte de l’agriculture, de l’industrie et des pékins domestiques font respectivement 70 %, 22 % et 8 % des volumes. En revanche, les taxes à verser aux agences des bassins d’eau (il y en a 6, un bassin étant tout ce qui est couvert par un fleuve jusqu’à son embouchure, y compris ses affluents) sont respectivement de 1 %, 14 % et 85 % ! Ainsi les pékins subventionnent-ils les agriculteurs, ces derniers pompant 70 % de l’eau et ne payant que 1% ! C’est pareil pour les carburants car les agriculteurs et les routiers sont largement exonérés de la TIPP. Et vive l’écologie.
Maintenant, regardez votre facture d’eau. Voici ma dernière : en gros 100 euros (28 mètres cube) répartis comme suit : le concessionnaire (le SEDIF présidé par l’inénarrable Santini, 77 ans aux prunes), 25 %, les organes publics, 25 %, les diverses taxes sur l’eau 50 %. C’est pourquoi il faut compenser un peu afin que les plus pauvres aient quand même de l’eau. Rappelons que les taxes sur l’électricité à Paris font plus de 35 % du prix et cela sans compter une « redevance de concession » de 60 millions d’euros qu’EDF verse à la ville pour avoir le droit d’y distribuer l’électricité !
Nombre de services publics payant ont été délégués au privé via le système antique des concessions ; c’est le cas de la plupart des dessertes d’eau déléguées et trustées par l’oligopole Véolia, Suez et la SAUR (desservant 61 % de la population) ; restent les très nombreuses régies directes mais la plupart sont minuscules.. Le contrat de concession est par construction léonin ; en effet il prévoit que les installations construites par le concessionnaire reviendront sans bourse délier au concédant à l’issue de la concession. Le concédant est alors libre de monter une régie ou d’offrir une nouvelle concession à un concurrent (ou non) moyennant un droit d’entrée et/ou une redevance de concession. Il est évident que c’est le consommateur qui paye toutes ces largesses via les tarifs comme on le voit aujourd’hui dans les concessions de parking ou d’aéroports et même de stationnement sur la voie publique (voirie). Ce type de contrat a évidemment la faveur du privé car il est juteux et car, en fait, c’est le concédant qui prend les risques d’une sous-utilisation des infrastructures que, d’ailleurs, il est souvent le seul à payer, le concessionnaire n’assurant que le transport de l’eau. Les compagnies des eaux ont été le fer de lance de la corruption des concédants, en général des collectivités locales sans expertise ou cédant la concession contre des commissions occultes. Il y a une exception à la corruption : EDF car la loi de nationalisation de 1946 ne donnait aux collectivités locales qu’un concessionnaire possible sauf à demeurer en régie. (Bordeaux, Strasbourg). C’est pourquoi l’UE s’est évertuée à obliger EDF à la concurrence, par exemple dans le renouvellement des concessions étatiques des grands barrages hydrauliques ; en clair, le privé, y compris étranger, pourra récupérer les barrages, payés par les usagers d’EDF et amortis, pour lui faire concurrence. Ce qui prive EDF d’une ressource peu coûteuse permettant de faire baisser le prix moyen de l’électricité ! En position de force vis-à-vis des petites collectivités locales, les compagnies des eaux en ont profité pour établir leurs prix à l’instar des autoroutes privatisées par Villepin contre uns soulte de 15 milliards largement sous-évaluée. Et, grâce à des autorités libérales les contrats de concession s’étendent à tout; par exemple les plages de Deauville, ce qui va faire raquer à mort les plagistes et hôtels-restaurants de bord de mer.
On sait que le discours libéral, celui qui prétend que la gestion publique est plus chère que la privée, est faux; exemple:les mutuelles-santé ont 28 % de frais de gestion quand la Sécu n’a que moins de 4 ; la santé aux USA, c’est 18 % du PIB, en France 12! Ce devrait être une évidence car dans le privé il y a en plus le profit. Mais il y a aussi l’explosion des frais de PUB, de Com.pour étendre sa part de marché en concurrence. Il y a aussi les intérêts des emprunts finançant des fusions-acquisitions et les frais liés aux restructurations…
Les libéraux oublient toujours que, in fine, ce sont les consommateurs qui payent tout: pub, taxes, cotisations, redevances. L’antique Fabius du sang contaminé avait fait payer des sommes monstrueuses pour l’achat par les opérateurs Télé ou de Télécom des fréquences d’émission. Il est à rappeler que ces fréquences ne sont pas une création de l’Etat mais que leur affectation est un pur arbitraire régalien ou monétisable pour boucler le budget. C’est comme si le gouvernement créait une taxe pour l’usage de la langue ou de l’alphabet! Qui a payé en réalité les droits d’utilisation des fréquences? Les consommateurs doublement rackettés par les prix et les autres taxes en tout genre. L’exercice a une limite car le pouvoir ne peut racketter que les activités en France et pas les importations étrangères qui ne sont pas, elles, surchargées de taxes. D’où les efforts gouvernementaux depuis 30 ans pour baisser les charges des entreprises tout en faisant l’incroyable connerie d’exonérer tout le monde, même ceux qui ne sont pas en concurrence! Quand le pouvoir crée une charge, il devrait veiller à ce qu’elle ne soit pas répercutée sur les consommateurs. J’ai ainsi proposé que les frais de Pub et de Com soient exclus des coûts d’exploitation (déductibles avant IS) pour n’être pris que sur les bénéfices après impôt. C’est prêcher dans le dessert libéral soutenu par le pouvoir. Et qui paie les conséquences des catastrophes sanitaires, médicamenteuses ou chimiques?
Les prédations étatiques se trouvent aussi dans les mensonges ou les présentations spécieuses des problèmes par le pouvoir. Exemple, le fameux trou de la branche maladie de la Sécu dont on nous rebat les oreilles (et pas rabat en style de journaleux modernes) depuis 30 ans. Pour le diminuer, on taxe les usagers (augmentation du reste à charge, déremboursement de médocs, taxe sur eux et autres opérations de soin, frais d’hébergement dans les hostos…), on les culpabilise (alcool, tabac, mode de vie) et on excipe du vieillissement et des plus coûteuses nouvelles technologies). Ce qui est systématiquement caché, ce sont les conséquences des produits chimiques, de la pollution, des perturbateurs endocriniens, de la course à la productivité dans les boîtes (stress, burn out, troubles musculo-squelettiques…). En gros, plus la « chimisation » du pays augmente, moins les firmes en payent les effets nocifs.
Mais il n’y a pas que les vols étatiques; nous avons aussi les prédations bancaires (intérêts, agios, commissions, pénalités), les marges excessives des industriels, les rackets des grande surfaces, l’explosion des dividendes financés par le travail et la consommation, les fraudes aux cotisations sociales, l’évasion fiscale, la corruption, les magouilles en tout genre, les normes abusives et favorisant le kapital, les contrôles « techniques créant un marché obligatoire… Tout cela, c’est la logique du SLC soutenu par le pouvoir soi-disant démocratique. .

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