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Maqueron qui rie, Maqueron qui pleure

Classé dans : politique — 07/08/2018 @ 11:05

Maqueron peut rire car il a réussi à casser le code du travail, le dialogue social et le syndicalisme. Il est adulé par les riches auxquels il a fait de beaux cadeaux fiscaux. Et ce n’est qu’un début ; il peut espérer en finir avec les retraites, les chômeurs, la Sécu et les aides sociales. Las, il a plongé dans les sondages et il devient clair que sa base sociale est fort réduite, c’est-à-dire aux 15 % de Francaouis inscrits qui ont voté pour ses godillots au 2è tour des législatives ou au 18 % qu’il a obtenus lors du 1er tour des pestilentielles. Il peut rire car il a atomisé l’opposition, ce qui n’est pas très difficile car elle était déjà morte avant les élections même si elle ne le savait pas encore. Lui, en a eu la géniale pré-science. Il doit pleurer car ses réformes sociales patinent et sont retardées. Car après avoir tant donné aux riches et très riches et en espérant l’arrivée de la croissance comme on attendait Godot, il se trouve qu’il n’a plus de pognon pour honorer sa prétendue sensibilité de gôche. Il peut pleurnicher car les godillots deviennent moins allant qu’avant et renâclent et car ses sinistres multiplient les déclarations à la con, ce qui l’oblige, avec ses thuriféraires, à ramer et rétropédaler en permanence. In media stat virtus…Et, en même temps, le malhomme s’effondre dans les sondages. Il n’y a pas loin de l’Elysée à la roche tropézienne près de la piscine de Brégançon.
On avait beaucoup glosé sur Tsarkozy (et sa star cosy) qualifié de Zébulon, de lapin Duracell, d’agité du bocal, de malotru ; eh bien Maqueron ne fait guère mieux avec ses petites phrases, ses qualificatifs méprisants, ses palinodies, ses envolées lyriques, son prêchi-prêcha spiritualiste. De plus en plus, les électeurs perçoivent le décalage (le gap, dirait-il) entre les si beaux et généreux discours et les actes ou décisions. Le dernier, en contradiction flagrante avec le blablabla sur la biodiversité, est le fait que la France a voté à l’UE contre l’interdiction de la pêche raclant les fonds marins dans 5 zones fragiles à protéger. Ou la contradiction entre la tendresse affichée pour les migrants et les actes réels, entre la motion nègre-blanc des chefs de gouvernement et d’Etat de l’UE reposant sur « le volontariat », et l’urgence des actions de sauvegarde à mener. Le gouvernement menait la « reforme » du pays à grand train et de façon parfaitement technocratique avec une « gouvernance top down ». L’exercice, qui renvoie à la prétention énarchique de tout conduire à partir de son petit bureau en réformant « la société par décret » a perdu sa belle ordonnance et les résistances se multiplient. C’est pourquoi Maqueron est allé voir le pape francisquain et jésuite pour aborder, notamment, la casuistique de la pauvreté et des migrations. Cela ne fera pas de mal pour se rallier l’électorat catholique tout en maintenant sa présence cathodique dans les médias.
Maqueron doit gémir aussi sur les infidélités de die Grosse Angela, dont il flattait la Krupp à d’Essen pour rassembler l’Europe sous la bannière franco-teutonne. C’est raté et la nouvelle Bertha continue de jouer en solo, par exemple en se ralliant à la CSU sur le problème des migrants ou en prônant une baisse des droits de douane européens (10 %) vis-à-vis des USA afin d’aider les bagnoles tudesques dans le collimateur de Trump. Son projet de gouvernement et de budget de la zone euro est au frigo du gouvernement doryphore. Aujourd’hui, et Maqueron ne l’a pas compris car son idéologie est hyper libéralo-capitaliste, un pays européen n’a pas d’amis; il n’a que des intérêts et des alliances de circonstance en cas de convergence d’iceux. Forte de sa puissance et de son réseau d’alliés, la Doryphorie n’est certainement pas prête à aider Maqueron à l’abaisser au profit d’un collectif eurozonesque.
Lundi, Son Altesse Impériale (SAI) Maqueron 1er va plancher devant le parlement réuni en congrès à Versailles pour entendre la parole de Dieu. Eh oui Emmanuel signifie littéralement « Dieu est parmi nous », ce que l’apostrophe Manu disqualifie en faisant de Dieu un quidam ordinaire qui, de plus, fonctionne manu militari. D’où la réaction (aux deux sens du terme) de SAI contre le lycéen mal embouché qui n’avait pas respecté le corps mystique du Dieu fait homme. SAI aime beaucoup parader à Versailles, lieu de la grandeur et de l’excellence française sous Louis XIV. Mais aussi, endroit où les Versaillais, dirigés par M. Thiers, organisèrent le massacre des Communards. Lieu aussi qui tombait en ruine jusqu’à ce que les Américains financent sa restauration. La formule a changé; ce n’est plus l’Etat, c’est moi mais MOA, c’est l’Etat.
L’étourneau Maqueron est entré sans sonner dans l’Histoirepar la porte de derrière les fagots et les fayots. Las, cela ne lui fait pas une implantation locale et régionale; solution: faire la danse du ventre chez les grands maires LR maquereaux compatibles. Il voulait des listes transnationales pour les européennes de 2019; c’est raté mais il peut, en France, changer le mode de scrutin en le rendant national au lieu de régional; l’avantage est de réduire l’aura des barons régionaux des autres partis. C’est grand, c’est beau la politique électoraliste du monde nouveau prôné par SAI.
Mais comme on dit à Salers (de la peur): c’est à la fin du marché » aux bestiaux qu’on compte les bouses; on verra donc en 2022 combien il y en aura car, comme disait Proudhon, faire de la politique, c’est se laver les mains dans la crotte.

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