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Maqueron et l’Etat-providence du XXIème siècle

Classé dans : politique — 07/14/2018 @ 10:42

Notre résident à l’Elysée vient de blablater pendant 1h30 devant le congrès ; du vent, des paroles verbales, des promesses, de la fausse humilité, rien de concret, tel est le bilan de cette opération de com. Pour se refaire la cerise devant l’opinion publique. Heureusement que le foot de France « black and white » est plus porteur, une fois.
Le Zident nous promet un Etat-providence du vingt-et-unième siècle ». Qu’est-ce que cela veut dire si on se souvient de ce qu’autrefois la providence était divine ? Parallèlement, un LREM propose de remplacer dans la Constitution, sécurité (sociale) par protection. C’est un abaissement car, par exemple, le hérisson derrière ses épines a une protection mais cela ne le met pas forcément en sécurité. Est-ce un test comme pour l’oursin? Auquel cas ne nous hérissons pas. Maqueron, en fait, nous ressort le vieux discours libéral : responsabilité individuelle (ce qui, en creux, signifie que si vous êtes dans le caca, c’est votre faute), droits et devoirs, égalité des chances, mérite, « activation des dépenses sociales », émancipation par le travail (pardon, l’emploi mais quelle que soit sa nature) comme levier universel de rédemption (du genre « arbeit macht frei »?), de ressources et de bonheur. Palsembleu, putains de fainéants envieux qui méritent leur sort. Il n’y manque que les dames patronnesses et la police. Du reste, il n’y a pas de cadeaux fiscaux aux riches mais seulement aux entreprises car elles vont investir et créer des emplois. Ce n’est pas CQFD mais CQRD, ce qui reste à démontrer. La stratégie est claire: il faute faire grossir le gateau (croissance du PIB) pour que la part de chacun augmente mais sans toucher aux règles de répartition des parts en pourcentage des droits de chacun. Remarquons aussi que toute cette idéologie libérale est fondée sur un individualisme forcené qui, naturellement, s’oppose à toute démarche de solidarité et d’esprit collectif. La devise n’est plus l’Etat, c’est moi mais l’Etat-providence, c’est moi…
Le leitmotiv libéralo-maqueronesque est la prise en charge par chacun de sa liberté; auquel cas il suffit de saisir sa chance pour aller vers une progression de sa situation et la réussite. mais cela une condition sine qua non: la réalité de l’égalité des chances. Le Zident promet grâce à ladite égalité des chances une réduction des inégalités sociales, objectif essentiel de l’Etat-providence du futur. Or, « en même temps » il s’applique à développer en France et dans l’UE la logique du SLC, celle-la même qui porte l’accroissement des inégalités comme « la nuée porte l’orage » via « la liberté du renard libre dans le poulailler libre » comme disait Jaurès. Et le 17 juillet, Maqueron Ier reçoit toutes les organisations syndicales pour lancer un calendrier de concertation; sans doute comme pour l’assurance-chômage: vous causez et je décide ou je fous tout en l’air, après vos négociations entre partenaires sociaux, pour en faire seulement à ma tête!
Le malhomme ignore visiblement que l’égalité des chances exige des structures, des moyens, des dispositifs, des règles qui encadrent sa possibilité de réalisation. Cela est particulièrement visible dans le domaine de la formation où l’on observe depuis déjà longtemps la réduction de l’accès des élèves des classes populaires aux Grandes Ecoles et aux formations universitaires les plus renommées. Le pays se prive ainsi d’un sang neuf lié à la « circulation des élites ». Le Zident proclame qu’il s’oppose aux rentes de situation, aux acquis perpétuels (et non pas éternels comme l’écrivent les journaleux qui ne savent pas qu’éternel signifie sans début, ni fin). Belles paroles, mais qu’a-t-il fait contre les rentes de l’énarchie et des grands corps dont le diplôme vaut carrière prestigieuse toute tracée ad vitam aeternam?
On sait par ailleurs que le gouvernement ne sait pas où trouver du fric pour redorer son blason social étant donné que les très riches et les boîtes ont été servis en premier et que le mythe de la croissance s’estompe compte tenu de la situation internationale. Cela tombe bien car la volonté cachée de SAI Maqueron Ier est de n’offrir qu’un mince filet de sécurité aux plus pauvres, aux handicapés de l’innovation et de la concurrence über alles. Les aides sociales seront réservées à ceux-ci tout en étant diminuées pour forcer les chômeurs à accepter n’importe quel emploi ainsi que la Doryphorie l’a fait sous Schröder en 2004. Au passage, sire Maqueron oublie que, les riches ne payant plus rien les plus pauvres étant exonérés, les classes moyennes sont les seules à payer tout en recevant de moins en moins. Un jour, ça va péter… En fait, il ne s’agit pas de sécurité, ni même de protection sociale, mais d’une charité providentielle fort chiche. C’est là qu’on voit quelle est la vraie conception pestilentielle de la liberté: on crée une cage de fer, du style de celle de La Ballue enfermé par Louis XI (on ne pouvait si tenir ni debout ni allongé; Louis Xi venait taquiner La Ballue: que veux-tu? Une cage plus grande…) ou de l’écureuil en train de tourner dans sa boîte, et on dit au prisonnier qu’il est libre de son destin et de ses désirs. La cage SLC est simple: une seule culture assise sur la conso individuelle et l’ostentatoire de compétition; un seul but, le pognon, une seule logique, accumulons et profitons au max, une logique financière et comptable, des institutions, des règles de dérégulation et des politicards au service du seul Kapital. Et que les petits, les sans-grade se démerdent dans ce cloaque. Il n’y a qu’une providence, c’est le marché efficient et auto-régulé. C’est ce qui existait déjà, de façon très moderne, au 19ème siècle… Comme quoi la providence, en tant que pro-évidence, est providentielle…

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